■ff^m^^is T- ^ :• - ,1^.'. m^^ -•».-?} .^- n*,:^ '^■V::. *■:'. K ^.m ■«»•■ -r.*lr ", '.dtk •?* ^pWrORKBOTANICALGABPÉ .a/ mi- ANNALES DE LA SOCIETE BELGE DE MICROS TOME XXT BRUXELLES A. MANCEAUX, LIBRAIRE-ÉDITFAÎR 3, rue des Minimes, 3 1897 ANNALES DE LA SOCIETE BELGE DE ilCROSCOPIE TOME XXI LIBRARY NEW YORK BOTANICAL BRUXELLES A. MANCEAUX, LIBRAIRE-ÉDITEUR 3, rue des Minimes, 3 1897 ANNALES DE LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE yWEMOIRES NOTES MYCOLOGIQUES PAR E. DE WILDEMAN Docteur en sciences naturelles. (Fascicule IX) NOTES MYCOLOGIQUES Les noies qui suivent, continuent la série dont nous avons conimencé la publication depuis quelques années dans les Annales de la Société belge de microscopie (i). Elles renferment la description de quatre Ciiampi- gnons inférieurs qui nous ont paru nouveaux pour la Science, et des observations sur certaines formes déjà connues. Ce neuvième fascicule a été rédigé d'après des maté- riaux provenant : de Java,d'oîi ils m'ont été rapportés par M. J. Massart; des Ardennes belges, où ils se trouvaient dans des récoltes algologiques de M. El. Marclial. Quel- ques renseignements épars ont été glanés dans les récoltes faites à notre intention en Belgique par M. Goftart de Leuze et par M. Massart. Nous y avons joint la description d'une espèce nouvelle observée il y a déjà plus d'un an pendant un de nos séjours à Nancy, au laboratoire de la Faculté des Sciences. Parmi ces quatre espèces nouvelles deux appar- tiennent à l'ordre des Chytridinées, une constitue un Pifthium nouveau pu* son babitat, les cellules de yHij- drodiclyon. La quatrième entin forme un type curieux de Zygomycète, duquel nous ne connaissons malbeu- reusement qu'une pbase de développement; elle est peut-être le représentant d'un genre nouveau, les con- (1) Voyez Annales de la Sociélc belge de Miscroscopie, l. XX, 1896, p. 107. ' SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. (litions dans lesquelles elle vit, sont en tous cas des plus particulières, et il il n'est nullement étonnant de voir un organisme développé dans un tel milieu prendre un aspect différent de tout ce qui nous est connu. Nous avons créé, pour cette espèce qui provient de Java, un nom générique provisoire. Le peu de données que nous avons pu réunir, nous oblige à être très réservé sur la place qu'il doit occuper dans la classification, nous le rangeons parmi les genres peu connus. Le nombre de Champignons aquatiques décrits n'est guère considérable, et cependant si on examine avec soin des Algues on en rencontre fréquemment dont les cellules sont bourrées de filaments mvcéliens. Le nombre de Champignons parasites d'Algues doit être certainement plus considérable qu'on ne le croit, malheureusement celui qui veut en faire l'étude se heurte à plusieurs diffi- cultés. Le parasite se présente à lui souvent sous un seul aspect, à une des phases de son développement et est dès lors difficile à rapporter parfois même à un genre surtout, s'il n'y a pas certains caractères très saillants qui le font reconnaître à première vue Une seule et même espèce peut-elle attaquer indiffé- remment plusieurs espèces différentes d'Algues, ou bien chaque espèce de parasite est-elle liée à un certain sup- port? Le premier point semble avoir été prouvé pour un certain nombre de Champignons, mais dans d'autres cas le rapprocliement de plusieurs formes de parasites a été fait uniquement sur la similitude extérieure du thalle. Et ce dernier caractère est-il de bien grande valeur, une même espèce ne pourrait-elle pas prendre des aspects différents suivant la forme de l'hôte dans laquelle elle s'est développée, et deux espèces bien diffé- MÉMOIRES. 7 rentes ne pourcaient-elles prendre dans certaines condi- tions des aspects semblables, par réduction du thalle par exemple. Le seul moyen de résoudre la ditTiculté serait la cul- ture expérimentale, mais tous ceux qui ont essayé ce mode d'observation savent combien il donne peu de résultats. Aussi ne doit-on pas s'étonner de trouver dans cette partie de l'étude des Champignons, tant d'indécision et un si grand désaccord entre les auteurs. Le botaniste décrit de simples formes qu'il décore du nom d'es- pèce, un jour peut-être si les renseignements qu'il a fournis sont suffisants, on pourra ramener ces individus à de véritables espèces. Il est donc de tout intérêt de décrire minutieusement toutes les formes que l'on peut rencontrer et d'en donner des figures, ce seront là des documents qui ne seront jamais perdus. Dans ce but nous avons décrit et figuré déjà dans ces c Notes », et nous comptons le faire encore dans la suite, un assez grand nombre de Champignons dont plusieurs devront être rattachés un jour, peut-être, à des espèces connues plus anciennement et dont on sera forcé de modifier la diagnose. Bruxelles, Octobre 189(>. XXIII CHVTIfilUllÉES I. — Lagemdiim Marchalianum nov. spec. (PI. I, fig. I à 9). Sous ce nom nous ferons connaître ici une espèce nouvelle, provenant de nos Ârdennes belges, d'où elle nous a été rapportée par M. Kl. Marchai, à qui nous la dédions. Elle se trouvait bien représentée dans des cel- lules d'Oeclogonium, dont elle avait détruit le proto- plasme ne laissant en général que fort peu de résidus et empêchant même dans certains cas, la formation des cloisons séparatrices des cellules en division. Par ce caractère notre Lagenidium se rapproche du Lagenidium Sij ncg lioriim Klebahn, mais les figures de cette dernière espèce publiées par l'auteur ne cadrent nullement avec la forme que nous avons observée. En effet notre nouveau Lagenidium possède une particu- larité de laquelle nous tirerons le principal caractère différentiel. Le thalle n'est pas localisé dans une cel- lule, il peut se prolonger dans une file parfois de 6 et 7 cellules; avant de passer d'une cellule dans une autre, le deinicr élément cellulaire, celui situé le plus près de la cloison à percer, se renfle fortement acquerrant souvent un diamètre double de celui du reste du thalle, et se ter- mine vers la cloison en un prolongement très fin, plus ou moins allongé qui perce la cloison tranverse pour s'épanouir en un filament de diamètre normal dans la cel- MEMOIRES. Iule voisine. Les autres cellules, du thalle rameux consti- tuant le Champignon, sont tojites plus ou moins cylin- driques. Une cellule quelconque, même la cellule renflée, peut former un zoosporange, pour cela il se forme en un point quelconque de la surface cellulaire, un bourgeon plus ou moins épais. Ce bourgeon s'allonge, vient toucher la paroi interne de la meinbrane cellulaire de YOcdogo- uiiim, perce celte dernière et se prolonge dans le liquide ambiant sous forme d'un tube plus ou moins allongé. En général, les cellules qui renferment le parasite bien développé montrent une membrane plus ou moins colorée en brun, ce qui est dans certains cas un empê- chement à bien voir l'allure des filaments du Cham- pignon. Cette coloration est-elle due à la présence du Lagenidiiim, est-elle accidentelle ? La coloration des membranes cellulaires des cellules d'Algues, envahies par des parasites, parait s'observer assez fréquemment. Nous ne savons pas si des auteurs ont déjà fait ressortir ce caractère, et s'ils en ont donné une explication. C'est là tout ce que nous avons pu voir du développe- ment de notre Lacicnidium. Comment se fait l'infection des cellules de l'hôte et comment s'opère la reproduction sexuée, si elle existe? Nous ne pourrions le dire. C'est donc par pure analogie de forme que nous rap- portons notre parasite au genre Lagcnidium, dont il rappelle à première vue certaines formes habitant de préférence les cellules des Conjuguées. I^e renflement des cellules a vaut la traversée des cloisons transversales, répété plusieurs fois dans un même fila- ment se prolongeant dans plusieurs cellules, donne au thalle du Champignon un aspect très particulier que nous n'avons rencontré jusqu'ici dans aucune 10 SOCIÉTÉ BELGE DE MICUOSCOPIE. autre espèce du genre, ni même de tout le groupe. Le thalle est bien entendu pluricellulaire, et les des- sins qui accompagnent ces notes, feront bien saisir les caractères du nouveau l^agenidium, dont nous donne- rons la description suivante : Lagenidium Marchalia?l.l, tig. 1-9). Thalle filamenteux, rameux, f/e 4 à 5 /x de diamètre, constitué par des cellules plus ou moins régulièrement cylindriques, parfois irrégulièrement renflées, se pelo- tonnant dans les cellules de l'hôte, et passant d'une cel- lide à l'autre. Avant de pénétrer dans la cellule voisine, la dernière cellule du thalle se renfle (7/x env. de diam.) et se termine par un prolongement fin plus ou moins allongé ou parfois légèrement contourné, c'est par ce prolongement que le Champignon pénétrera dans la cellule voisine en perçant la cloison transverse; dès que le filament mycélien se trouve dans la cellule voi- sine il s'élargit et reforme un fragment de thalle (i cellules plus ou moins régulières, cylindriques, dont les derniers articles avant de passer dans une nouvelle cellule se renfleront à nouveau. Le parasite empêche la formation de la cloison transverse dans les cellules en division. Toutes les cellules du thalle sans excep- tion, aussi bien les cellules régulièrement cylindriques que les cellules renflées, peuvent devenir des zoospo- ranges. Ces zoosporanges donnent un col qui perce la membrane de l'hôte et se prolonge plus ou moins loin dans le milieu extérieur. Zoospoi^es et spores inconnues. MEMOIRES. M Hab, — Dans les cellules des Oedogniniini à Mirwart (El. Marchai 1895). 2. — Rhizophidium Pythii nov. spec. (PI. I, iig. 10-17). Ce que nous signalons sous un nom nouveau est peut- être une forme du [{liizopliidium glohosiui ou d'une des espèces affines, mais elle s'écarte de toutes les espèces connues par son habitat. En effet, le Champignon que nous considérons comme nouveauté parasitait sur les oospores du Pythium com- pleus, qui lui se trouvait logé dans des tissus de plantes aquatiques, récoltées au mois de novembre 1895, au Jardin botanique de Nancy, ^oive RizoplikUiun détruisait complètement le contenu deToospore, ses rhizoïdes très ténus après avoir traversé la paroi externe de l'oogone, pénètrent dans l'œuf lui-même. Plusieurs parasites peu- vent se rencontrer sur un œuf, nous avons parfois observé de i à 6 zoospores autour d'un oogone. Les zoospores nombreuses ont la constitution de la plupart des zoospores de Chytridinées; elles sont globu- leuses, munies d'un cil ^ à 5 fois aussi long que le corps de la zoospore, et possèdent vers le centre, un gra- nule réfringent. Si en général, le zooporange est globuleux et possède une seule papille terminale, j'ai cependant observé dans la même récolte et sur le même support des zoospo- ranges rappelant fortement le Cliijlridium iransvemum Br., figuré par Braun dans les Abhandl. Herl. Ac, 1855, t. IV, fi-. 4-6. 12 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Pour certains auteurs cette dernière espèce est incer- taine, nous penchions primilivement pour l'autonomie de cette espèce, mais ce que nous pouvons observer ici peut faire naître quelques doutes. Ce que Braun a pris pour un caractère spécitlque important n'est-ce pas une simple modification morphologique pouvant se présenter chez beaucoupd'espèces.Maisdèslorsmedira-t-on,la nouveauté que vous proposez, mérite-t-elle plus que celle de Braun le nom d'espèce nouvelle? Nous ne le savons pas, et nous serions même très porté à rapprocher notre forme de celle de Braun et du R. globosum, si l'hahitat n'était différent. Or, l'on sait que l'habitat est considéré, et peut l'être dans beaucoup de cas, comme un caractère distinctif d'assez grande valeur. Nous donnons donc notre espèce pour ce qu'elle vaut; nous avons préféré décrire le Champignon sous un nom spécifique que de le rapporter comme variété à une espèce ancienne. De cette façon nous attirons plus vivement l'attention des spé- cialistes sur ce parasite. Nous résumerons dans la courte diagnose suivante les caractères du Champignon qui viendra se classer d'après les données de Fischer dans la section des « multiporia ». quoique beaucoup de zoosporanges ne possèdent qu'une seule ouverture. RmzoPHiDiuM Pytiui nov. spcc. (PI. l, fig. 10-17). Mycélium intracellulaire très menu, rameux. Zoos- pùranges de 1 à 4 par cellule de l'Iiôte, (jlobuleitx, à membrane lisse, munis de 1 à 2 coit^tes papilles. Zoos- MEMOIRES. 13 poranges de grandeurs assez diverses. Zoospores, globu- leuses munies d'un long eil 2 à 3 /ois aussi long que le corps delà zoospore, et contenant à l'intérieur un globule réfringent. Hab. — Parasite sur les zoosporani^es du Pi/thiuni complens, dont il détruit entièrement le eonlenu des oospores, au Jardin botanique de Naney. 7). luATHOSTIUM COMPRIMENS Zopf. Dans un des fascieules antérieurs de ces notes (I), nous avons atliré l'attention sur la dispersion de cette espèce, en signalant sa présence en Suisse et en Belgique où elle avait été trouvée il y a quelques années par M. le professeur Errera. Aux indications «pie nous avons relevées dans notre « Census Cliytridinaearum » il faut ajouter une nouvelle localité pour la Belgique, les envi- rons de I^euze d'oii elle nous a été envoyée en beaux échantillons par M. Gotï'art. C'était encore à l'état de spores que j'ai retrouvé le parasite dans les oogones du Vaucheria racemosa, deux et trois spores se trou- vaient parfois dans un seul oogone ayant réduit à presque rien le contenu protoplasmique, dont la plus grande partie avait servi à la nutrition du parasite. La présence de cette curieuse espèce sur plusieurs points de notre ter- ritoire, vient appuyer la supposition que nous avions faite relativement à la dispersion de cette intéressante Cliytri- dinée, elle doit-ètreplus répandue qu'on ne le croit actuel- lement. Des recherches la feront découvrir sans doute sur d'autres points de notre territoire et dans les pays voisins. s (1) Aim. Soc. belge d" microscopie, t. \X (1896). 14 SOCIÉTÉ belgf: de migroscopie. 4. — Sur le genre OLPIDIUM. Nous avons eu daus ces derniers temps, l'occasion d'observer un assez crand nombre de formes de certaines espèces de ce genre parasitant dans les cellules des Desmidiées. Nous nous sommes demandés quels étaient les vrais caractères spécifiques dans ce genre. Les auteurs qui ont étudié les Chytridinées, n'ont pas toujours songé à comparer entre elles les diverses espèces, aussi ont-ils attiré l'altenlion sur des caractères qui ne sont nullement comparables. Nous voulons nous occuper pour le moment des Champignons de ce groupe qui se logent dans les cellules des Algues. Dans notre « Census Chytridinearum » (I), nous avons signalé les espèces sui- vantes : 0. endogenum [Br.] Sclirôter. 0. entopbylum {Br.). 0. immersum Soroli. 0. OEdogoniarum (SoroA.) De Wikl. 0. pusillum Sorol,'. 0. saccatum 8o?-o/.. O. Sorokinei De Wild. 0. Zygnemicolum Magnus. A ces 8 espèces il faut ajouter : 0. Gillii De Wild. 0. Mesocarpi De Wild. 0. rostratum De Wild. que nous avons décrites depuis le dépôt de notre manus- crit à la Société royale de Botanique. La question qui se pose immédiatement est : Faut-il (1) Bull. Soc. roij. de Bol. de Bely., t. XXXV (1896), p. 63, MÉMOIRES. 45 admettre ces onze espèces, n'y en a-t-il pas qui devraient être supprimées pouF passer dans la synonymie? C'est ainsi par exemple que l'on peut se demander si YOlp. immersum Sorok. ne doit pas être considérée comme un Olp. euclogcuum (Br.) Sciiroter. Quoique ayant défendu il n'ya pas bien longtemps encore, l'autonomie del'espèce créée par M. Sorokine, nous croyons d'après nos obser- vations récentes qu'elle doit être abandonnée. Nous la considérons actuellement comme une simple forme, sans vrais caractères différentiels, de VOlp. cndoijemim; telle était, il est vrai, l'opinion de Fischer dans la Flore cryp- togami(fue d'Allemagne. Nous avons antérieurement attiré l'attention sur VO. saccatum Sorok. que Fischer essayait de ramener aussi à VO. endoijcnum, nous étions partisans de la conservation de cette espèce nous basant sur la non proéminence du col. Mais ce caractère peut-il être considéré comme ayant del'importancc.Dansles figures publiées par M. Sorokine, dans les formes observées et figurées par nous dans les fascicules antérieurs de ces « Notes », on remarque l'absence d'un col extérieur à l'hôte. Il n'y a, à franche- ment parler, pas de véritable col, une hernie du zoospo- range vient s'appliquer contre la paroi de l'hôte et la perce. Dans une des figures publiées par M. Sorokine (in Arclt. liai, du Nord de la France, p. 29, fig. 35 d), il y a cependant un zoosporajige dont le col dépasse légè- rement la'membrane de l'AUue. Mais dans les récoltes que M. Massartnous a rapportées de son séjour en (]ampine limbourgeoise, nous avons trouvé des zoosporanges rappelant fortement ceux de VOlp. immersum Sorok., mais dont le col était privé de renflement; ils rappelaient donc VOlp. saccatum, mais 16 ils possédaient un col très nettement différencié du zoos- porange et très proéminent. Nous en avons mesuré un dont la longueur à l'extérieur du Cosmarium, dans lequel était logé le zoosporange, mesurait 120 y.. M. Magnus a considéré cette non proéminence du col du zoosporange, comme un caractère de certaine valeur car il le cite tout particulièrement dans la description de son Olj). Zijgucm'icoium . M. Fischer donnait comme caractère de 17). cntoplnjlum : « Entleerungshals meist weit hervortretend ». Or, dans les 0. AU/anim var. hut/irofitriDU et surtout hreviroslnim figurées par M. Sorokine on rencontre des zoosporanges dont le col n'est pas très proéminent. Faut-il maintenant considérer les zoosporanges dont le col n'est pas proéminent comme appartenant à une espèce particulière, ou faul-il réunir toutes ces formes : 0. alganim et var., 0. tuha, 0. saccalum à VO. ento- phijtion lîraun. Nous adopterons celle manière devoir. Il ne peut être question naturellement de rapprocher YO. saccalum Sorok. de VO. cndoiicnum comme semhle- rait le l'aire croire la remarque de M. Fischer; le col du zoosporange n'étant pas minii d'ini i'ennement(ù\st hien à X(}. cnloj)liijium qu'il faut rapporter les diverses formes rappelées plus haut. Les espèces du genre Olpidium seront toujours dilïi- ciles à déhrouillcr, car les élémenls de détermination manquent; les caractères des Olpidium peuvent se retrouver dans d'autres genres et l'on est souvent très emharrassé pour dénommer certaines formes que l'on rencontre. Nous avons dans une récolte, faile celle année à Kin- roy, par !M. Massart, ohservé une cellule de Tchnemo- MÉMOIRES. n ms, dont le protoplasme était remplacé par deux zoos- poranges vides, à col très court; le diamètre de ces sporanges mesurait de 16-18 fx, l'un des deux mesurait 74 /z, l'autre lOcS fx de long. Cette forme constitue-t-elle une espèce nouvelle du genre Olpidium, ou appartient- elle à un autre genre? Nous n'avons osé trancher la ques- tion, les indications, fournies par les auteurs, ne sont pas toujours complètes, nous ne savons pas si les espèces décrites peuvent atteindre la grandeur de la forme dont nous venons de parler; aussi avons-nous préféré laisser de côté ce Champignon dont nous avons pu observer trop peu d'exemplaires pour pouvoir nous faire une bonne idée des caractères spécifiques. Il est à rechercher et nous attirerons sur lui l'attention des mycologues et des algologues. En acceptant les coupes artificielles, faites dans le genre, par M. Fischer, il reste, malgré l'élimination des deux espèces, créées par M. Sorokine,etque nous avions encore maintenues dans noire Census, quatre espèces pour lesquelles il est difficile de trouver des caractères différentiels pouvant entrer dans une clef analytique. Ce sont : 0. Oedogoniovnm De Wild., 0. pusiUum Sorok. et 0. Gillu De Wild. Ces trois formes sont-elles vraiment distinctes, ne sont-elles point le même parasite, se logeant dans des Algues différentes. C'est ce que des essais de culture pourraient seuls démontrer, mais on sait combien de telles cultures sont difficiles à réussir et combien les résultats, si même on en obtient, sont sujets à caution. Nous essayerons dans le tableau suivant de donner une clef analytique des espèces de la première section du genre; nous la ferons suivre d'une diagnose des XXI 2 18 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. 9 espèces, examinées, en renvoyant pour chacune d'entre elles à notre Census où l'on trouvera des renseignements bibliograj)liiques plus détaillés. Olpidium Fischer. De Wild. Census Chylrid. in roif. Bot. Bull, soc.l^ deiklcj.,\. XXXX, 1896, p. 11. - ^ A. Zoosporanges lisses, sans épines. a. Col du zoosporange dépassant ou ne dépassant pas la paroi exté- rieure de la cellule de.l'liôie. a. Col du zoosporange se renllant avant sa sortie de la cellule. 0. endogenum Schroet. û. Col du zoosporange non renflé. a. Zoosporange globuleux, elliptique ou en forme de biscuit. Zoosporanges petits, globuleux . . 0. pusillian Sorok. Zoosporanges globuleux, elliptiques ou en forme de bis- cuit 0. entophytum Br. b. Zoosporanges elliptiques, allongés. Parasites des cellules d'Oedogonium. 0. Oedogouioruni De Wild. Parasites des cellules de Confervn. 0. Sorokiiiei De Wild. Parasites de Diatomées 0. Giltil De Wild. b. Col du zoosporange ne dépassant pas la membrane externe de l'Algue; zoosporange logé entre le protoplasme et la membrane cellulaire 0. ZygnouicolumiMagn. c. Zoosporange sans col, s'ouvrant par une papille, occupant toute la lumière du lilament de l'Algue. . . . 0. Mesocarpi De Wild. B. Zoosporanges, nmnis d'une épine il l'une des extrémités. 0. roslralum De Wild. 1. 0. endogenum (Br.) Schroet. in Krypt. FI. v. Schlesien (1889), p. 180; De Wild. in BulL soc. roij. de Bol, de Bely., l. XXXV, 1" partie, p. 12.. 0. immersum SoroU. in Arch. Bot. du Nord de la France, t. II, p. 29, fig. 7^î; De Wild., loc. cit, p. 14. Sporanges solitaires ou réunis par plusieurs dans une même cellule, MÉMOIRES. 49 globuleux, ovoïdes ou elliptiques très variables dans leurs dimensions. Zoosporanges munis d'un col plus ou moins allongé, qui se renfle avant de sortir de l'hôle, et peut se prolonger assez loin hors de la cellule de l'hôte sous forme d'un mince boyau. Membrane, du zoosporange lisse, contenu incolore. Zoospores globuleuses de 5 i-. environ de diamètre. Spore globuleuse de lo [a environ de diamètre (Schroter), à membrane lisse assez résistante, entourée d'une seconde enveloppe, lisse également. Hal). — Dans diverses Desmidiées. Europe : Allemagne, Silésie, Espagne, Russie, Bel- gique, Suisse. — Asie centrale. Loc. nouvelles pour la Belgique : Genck, Molenbeer- sel (J. Massarl). 2. 0? pusillum (Sorok.) De Wild. in Bull. Soc. roij, de Bot. de Belg., t. XXXV, V^ partie (1896), p. IG. Sporanges généralement assez nombreux dans une même cellule, glo- buleux de 4,5 /-c de diamètre. Zoosporanges, munis d'un col court, ne dépassant pas la membrane de la cellule nourricière. Membrane du zoo- sporange lisse. Hal). — Oedogoniiim. Asie centrale (Sorok.). 5. 0. cntopliytum A. Braun; De Wild. loc. cit., p. \7). 0. saccatum Sorok. in Arcli. bot. du Nord de la France, t. II, p. -28, fig. 55; De Wild. loc. cit., p. 16. Sporanges solitaires, ou ii plusieurs dans une même cellule, globu- leux, elliptiques, ovoïdes ou pyriformes, très variables dans leurs dimen- sions. Zoosporanges munis d'un col plus ou moins allongé, non renflé avant sa sortie de la cellule de l'hôte, non proéminent se prolongeant parfois fort loin en dehors de l'hôte Membrane du zoosporange lisse, contenu incolore. Zoospores globuleuses de 5 /x environ de diamètre. Spore globuleuse de 10-17^ environ do diamètre, entourée de deux membranes concentriques. 80 SOCIÉTÉ RELGK DE MICROSCOPIE. Hab. — Dans les cellules de diverses Algues : Spiro- (jym, Vauclicria, Clailophora. EiRoi'E : Silésie, France, Russie, Belgi(|ue. — Asie centrale. Loc. nouvelles pour la Belgique : Kinroy, près de Maeseyck (J. Massa ri). 4. 0. Ocflogoniorum (Sorok.) De Wild. m Mcm. Soc. bel (je de m'icr. t. XVI II, 180i, p. 15i, pi. V, tig. 9-10 et in Bull. Soc. roij. de Hot. t. XXXV, 1'" par- tie, (1806) p. 15. Zoosporanges solitaires, cliipliqucs allongés dans le sons de la cellule nourricière. Zoosporanges munis de un ii deux cols courts, peu proé- minents. Membrane du zoosporange lisse. Zoospores inconnues. Hab. — Oedogonmm. Europe : France. — Asie centrale. 5. 0. Soroli'uici De Wild. in Jhill. Soc. roy. de Bot. de BeUj., t. XXXV, V partie (1890) p. U). Zoosporanges solitaires, ellipliijucs allongés, très étroits comparative- ment à la longueur. Zoosporanges munis d'un col court, non ou fort peu proéminent. Membrane du zoosporange lisse. Zoospores globuleuses à un cil. [lab. — Conferva. Europe : Belgique. (). O.diUii De Wild. in Mcm. Soc. belye de micros- copie, t. XX, 1890, p. il. Zoosporanges eiliiiliques solitaires, ou à 2-5 dans une même cellule. MEMOIRES. 21 Col du zoosporanfjc unique, souvent assez foriemcnt proéminent à l'exlérieur et pouvant altciiidre en longueur la moitié de celle de la Dia- tomée. Membrane du zoosporange lisse. llalj. — Diverses Diatomées. Europe : Angleterre. 7. (J. /ijijiicmicoliDn Magiius in Vcvlmndl. Prov. UramL, t. XXVI (IHSo), p. 79; De Wild. in Ihdl. Soc. rojj. de hol. de Belg., t. VXXX, V partie (1870), p. 17. Sporanges globuleux, logés entre la membrane cellulaire et le prolo-. plasme contracté de i'hole. Zoosporanges, munis d'un col court, ne dépassant pas vers l'exléricui- la paroi de l'Algue. Spores globuleuses logées dans le coiitcim protoplasmiquc contracté, contenant des goutte- lettes huileuses et munies d'une membrane épaisse lisse ou l'aiblomenl granuleuse. Hab. • — Zjjgnema; ne poussant pas dans les cultures sur d'autres Algues. Klhope : Allemagne. 8. 0? Mcsocarpi De Wild. in Mém. Soc. behje de Microscopie, t. XX (1890), p. ^25, pi. I, fig. 15-10. Zoosporanges lisses elliptiques, plus ou moins allongés de 10, « environ de diamètre et de 20 à 28 .« de longueur, solitaires, parfois à deux dans dans une cellule de l'hôle, occupant toute la largeur du filament. Col du zoosporange nul, émission des zoospores par une papille perforant la paroi de l'Algue^ non proéminente, et laissant voir une ouverture circu- laire dans la membrane après la sortie des zoospores. Zoospores et spores inconnues. Hab. — Mesocarpus. Europe : Belgique. 9. 0. roslralum De Wild. in iSotarisia, 1895, p. 55, 22 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. et in Mém. Soc. belge de Microscopie t. XX (I8U6), p. 59, fig. 1. Zoospores ellipliqiios, nllongés, souvent réunis \\ jilusieurs dans une cellule tie l'hôte. Zoosporanges de 6 ij. environ de diamètre et de 28-40 1^ de longueur. Col du zoosporange relativement court, peu proéminent au-delà de la membrane de la cellule de l'hôte. Membrane du zoospo- range lisse, hyaline. Zoosporanges munis à une de leurs extrémités d'un prolongement épineux un peu recourbé vers le bout, épine de 4-o/-t de longueur. Zoospores el spores inconnues. Hab. — Closlerinm. Europe : Norwège. * * * Citons encore la découverte d'une espèce intéressante nouvelle pour la Belgique, le Myzocijtium proliferum. Nous l'avons observé dans des récoltes algologiques faites à Ebly (Prov. de Luxembourg) par M. El. Marchai. Nous avons observé le M. megaslonum De Wild. dans des récoltes de M. Massart à Kinroy. Dans une récolte provenant de Kessenich, nous avons relvoiwé h Plilyctochijlrmm Sclienku (Dang.) sur des iilaments i\'Oe(logomuim. XXIV PYTHIUM Pythium Hydrodictyorum nov. spec. (PI. II, fig. 1-5). Dans les cellules de Yllijdrodiclyon rcliculalum récol- MEMOIRES. lées par M. Massart entre Tjihodas et Tjipanas près de Buitenzorg à Java, nous avons observé de beaux exem- plaires d'un Piflhium avec oospores. Par ses caractères généraux, ce Champignon se rapproche du P. gracile Sclienk si l'on admet que la foime décrite et figurée par Marshall Ward dans le Quarterly Journal ofmicr. Science 1885, p. 611, pi. XXXVI, iig. 57-59 représente le stade sexué. Le thalle mesure 5 .v. environ de diam. Les oospo- ranges, seuls organes que nous avons observés, sont remplis presque complètement à maturité, par l'oospore; celle-ci mesurant de 1()-17 y- de diam. L'oosporange est intercalaire ou terminal, en un mot tous les caractères des deux formes que nous signalions plus haut. M. Mar- shall Ward, ne nous a, il est vrai, pas donné de mensu- rations des oosporanges de son Champignon. Si nous décrivons ici ce Pijtlihun sous un nom nouveau, c'est surtout pour son habitat ; jusqu'à ce jour on n'avait point signalé de Piflhium dans les cellules de celte Algue. Le P. gracile se localise, lui aussi, dans les cellules d'Algues, mais on n'en connaît que les zoosporanges, car c'est avec doute que l'on a rapporté à cette espèce la forme décrite sans dénomination par M. Marshall Ward. Pour toutes ces raisons nous avons pensé qu'il pouvait être utile, en publiant cette espèce sous un nom nouveau, d'en fournir également un certain nombre de ligures. Nous résumerons dans la diagnose suivante les carac- tère du P. Ilijdrodiclijorum, que nous classerons avec un point de doute dans la section Apliragmium (Fischer in Rbh. Krijpl. FI. Bd. 1. Ablh. IV, p. 507) car nous ne connaissons rien de la forme zoosporée. 24 SOCIKTÉ IJKLGli; \)E MICKOSCOI'IE. PVTIIIIM HyDKODICTVOKUM IlOV. Sp. (1>1. II, fig. 1-5). Mijcéiuuu parasilc, formé de filaments fins, ramifiés irrégulièrement. Filaments mijcéliens de 5 /x env. de diam. Zoosporancjes ineonnus. Oogones nombreux se développant dans les cellules de l'Iiôte, formant Un œuf unique. Antliéridies solitaires. OEuf formé par la con- traction du protpolasme de l'oogone; après la fécondation le volume de l'œuf augmente et l'oospore mûre finit par remplir presque complètement l'oogone. Oospore lisse de 10-17 fx de diam., globuleuse ou plus rarement ovoïde, (i membrane externe légèrement colorée en jaune. Hab. — Dans les cellules de Yllgdrodictyon utricu- latum à Java (.1. Massait). 2. — Pythium comi'lens Fischer. Nous rapportons à cette espèce une forme de Pytliium que nous avons trouvée en abondance dans des tissus pourrissant dans l'eau d'un bassin au Jardin botanique de Nancy. Nous n'avons malheureusement pu apercevoir les zoosporanges, il reste donc certains doutes, quant à la détermination de l'espèce, La plupart des oogones observés étaient intercalaires, et munis d'une seule anthéridie constituée par un rameau né en dessous de l'oogone. En général nous avons observé des oogones à une oospore mais dans quelques cas il y avait deux oospores dans un oogone; MEMOIRES. une d'elle globuleuse, l'autre elliptique aplatie. Le genre d'habitat de ce Champignon est donc nouveau, car ce n'était ni sur des mouches mortes ni dans de jeunes plantules de Crucifères, que se iogait le Cham- pignon que nous avons observé et que tous les caractères rapprochent bien du /*. repUiiis DBy et du /*. gracile DBy, dont M. Fischer a constitué avec assez de raison nous semble- t-il le I\ comj)lt'ns. XXV MaSSARTIA JAVAiNICA gCU. Ct Sp. UOV. (Zygomyeètes, Mucorinées). (PI. II, fig. 6-14). Quoique, comme nous le disons plus haut, nous ayons trouvé une seule phase du développement de ce Cham- pignon, nous avons pensé qu'il était intéressant de créer un genre nouveau, car le mode de vie de cette forme est si particulier qu'il mérite de fixer tout particulièrement l'attention. C'est dans une récolte d'Algues faile par M. J. Massart que nous avons trouvé cette plante dont le mycélium très fin, toruleux se ramifie dans le mucus qui entourait les éléments cellulaires d'une A1g;uc unicellulaire à forte gaine gélatineuse paraissant appartenir au groupe des Gloeocapsacées, mais que son état de conservation ne permettait pas de délerminer. Les filaments mycéliens étroits se ramifient, à un moment, très fortement et donnent naissance à des rameaux plus épais, enchevêtrés, formant de petites pelotes 26 SOCIKTÉ BELGE DE MICHOSCOPIE. dans lesquelles il est difiicile de suivre les divers rameaux mycéliens. Certaines extrémités de rameaux, se renflent et se soudent. Il se sépare dans ces extrémités, une cel- lule terminale par la constitution d'unecloison transverse. La cloison qui séparait les deux extrémités des iilaments arrivés au contact disparait et la cellule résultant de la l'usion du protoplasme des deux extrémités des rameaux mycéliens, s'agrandit forten)ent, devient globuleuse. On reconnait alors que cette cellule globuleuse est bien une zygospore à ce qu'elle possède, généralement sur un des côtés assez près l'un de l'autre, deux sortes de pédicelles base des cellules qui se sont fusionnées pour former la zygospore. L'aspect présenté par la zygospore de notre Massarlia dont nous avons donné plusieurs figures dans l'une des plancbes suivantes ne s'observe pas souvent dans les espèces du groupe des Mucorinées. En général il ne reste pas ainsi deux pédicelles qui indiquent nettement l'origine de la spore. Quant à cette dernière est-elle entourée de deux mem- branes à maturité, est-elle incolore ou colorée, c'est ce que nous ne pourrions dire ayant eu à notre disposition des matériaux fixés et conservés en solution cbromo-acé- tique. Nous attirons donc tout spécialement sur cette forme l'attention des botanistes résidant à Java, par des rechercbes sur le vif et par des cultures appropriées ils parviendraient peut-être à compléter le cycle d'évolution de ce Cliampignon et à en donner ainsi une description complète. Car comme on le comprend aisément, les caractères exposés plus baut doivent faire placer notre Massarlia parmi les genres douteux. Nous résumons dans la courte diagnose suivante, les MKMOIHKS. 27 caractères génériques du Mussarlia javanica, caractères qui se confondent actuellement avec ceux de Tunique espèce constituant le genre. Mieux qu'une longue descrip- tion, les figures de notre planche H feront saisir les caractères du Champignon. MASSARTIA gen. nov. Mycélium se ramifiant dans le suhstratum. Sporanges inconnus. Zygospores nées dans un glomérule de filaments enchevêtrés, plus épais que les autres portions du mycé- lium. Zygospores globuleuses, formées par la fusion de deux extrémités de rameaux mycéliens et montrant d'un côté et assez proches l'une de l'autre, les bases des cellules soudées. Membrane séparant la zygospore des filaments mycéliens souvent épaissie ainsi que la membrane de la portion du filament avoisinant la zygospore. Zygospores lisses, à paroi relativement épaisse, réunies souvent en amas formésd'unassezgrand nombre de zygospores(l-15). Massartia javanica nov. sp. (PI. Il, fig. 6-li). Caractères du genre. Le mycélium parcourt le mucus de l'Algue se rami- fiant en tous sens, fréquemment par une sorte de dicho- tomie et formant par ci par là des glomérules de fila- ments dans lesquels naissoU les zipjosporcs. Celles-ci mesurent de 35-42 y^ de diamètre. Hab. — Dans le mucus d'Algues terrestres, sur une écorce d'arbre (Pangerango, entre '2000 et 5000 m. d'altitude. Java) (J. Massart). EXPLICATION DES PLANCHES PLANCHE I Lagenidium Marchalianum Nob. FiG. 1. — Fragment d'une cellule à' Oedor/onium attaquée par le Lagenidium. On y volt trois fragments de thalles dont l'un est ramifié, et dont deux ont donné naissance à des cols pour l'élimination des zoospores. Les extrémités renflées terminées par des lîlaraents étroits traversent la paroi transverse, ces rtlaments s'élargissent dès leur entrée dans la cellule voisine. FiG. 2. — Un seul thalle passant dans plusieurs cellules. Les deux cellules renflées sont munies de cols. Une des cellules inter- médiaires est privée de contenu. FiG. 3. — Deux thalles traversant plusieurs cellules, thalles privés de contenu. FiG. 4. — Cellule dont la division cellulaire n'a pu se parachever elle renferme plusieurs thalles ramifiés. Vers le haut l'on observe des renflements et des prolongements étroits par lesquels s'effectue le passage dans les cellules voisines. FiG. 5, — Cellule comparable à celle de la figure précédente, la division cellulaire était moins avancée quand est survenue la mort de la cellule. FiG.6et7. — Deux thalles dans lesquels, nous n'avons pas observé de cloisons tranverses bien délimitées. FiG. 8. — Cellules CCOedogonium dans laquelle se trouvent logés quatre fragments de thalle; vers la base les renflements. FiG. 9. — Portion d'un tliallo montrant un col se prolongeant assez fortement au dehors de l'Algue nourricière. Rhizophidium Pythii Nob. FiG. 10. — Stade jeune du parasite. Oosporange contenant une 30 SOCIKTK nr.l.f.E DE MICROSCOPIE. oospore à contenu contracté, mais à^structure encore assez bien conservée. FiG. 11. — Oospore attaquée par deux zoosporauges de Rhizophi- dhim inégalement développés. Le contenu de l'oospore est en grande partie détruit, sa membrane flotte dans l'oospo- range. FiG. 12 et 14. — Oospore attaquée également par deux zoospo- ranges inégalement développés. L'un d'eux renferme déjà des zoospores, et aurait produit sans doute deux mamelons éjaculatoires. FiG. 13. — Cas semblables à celui représenté par la figure 11, mais le protoplasme de l'oospore du Pytliium est complète- ment détruit. FiG. 15. —Oospore avec deux zoosporanges; l'un deux au moment où il vient de s'ouvrir, les zoospores sont mises en liberté. FiG. 16. — Oosporange attaqué par 3 zoosporanges du Rhizo- phidium. FiG. 17. — Une zoospore. PLANCHE H Pythium Hydrodictyorum Nob. FiG. 1-4. — Oosporanges du Pi/tJnum montrant les différents aspects du contact entre oosporange et anthéridie ; dans ces différentes figures l'anthéridie est vide. FiG. 3. — Contact entre oosporange et anthéridie, cette dernière contenant encore du protoplasme. FiG. 5. — Fragment de thalle avec oosporange et anthéridie. Massartia javanica Nob. FiG. 6. — Thalle ayant donné naissance à 2 zygospores, on voit nettement les deux supports de la zygnspore, bases des cellules conjuguées. On y observe la différence d'épaisseur entre les éléments et la pelote dans laquelle se forment les zygospores et le thalle initial rarailié. FiG. 7. — Thalle ayant donné naissance à 3 zygospores. Fiu. 8. — Pelote de filaments mycéliens dans laquelle naîtront ultérieurement des zygospores. MÉMOIRES. 31 FiG. 9. — Pelote peu fournie; deux zygospores se sont con- stituées et une conj ugaison s'est opérée récemment entre deux extrémités de filaments. FiG. 10. — Fragment de thalle. Filaments en pelote ayant con- stitué une zygospore. Thalle initial irrégulier dont est issu la pelote. FiG. 11. — Portion d'un thalle dissocié montrant nettement la différence entre les éléments étroits et les éléments renflés. FiG. 12. — Deux extrémitées de rameaux s'étant fusionnés, ayant formé une zygospore à un des premiers stades de développe- ment. FiG. 13. — Stade postérieur à celui représenté dans la ligure 12. La membrane des rameaux arrivés ,,en contract a disparu, les protoplasmes se sont déjà fusionnés. FiG. 14. — Stade primitif, la cloison n'a pas disparu entre les deux filaments, et les extrémités de ceux-ci ne sont pas séparés par des membranes transverses. NOTKS nu DE L'UNIVERSITÉ DE BRUXELLES I XXI NOTES DU LABORATOIRE DE BIOLOGIE AMBULANT DE I/UNIVKRSITK L)K BHUXKLLES o INTRODUCTION Mon collègue et ami M. Mas.sart m'a proposé de réunir, pendant les vacances, les étudiants des doctorats en Bota- nique et en Zoologie de l'Université de Biuxelles et d'aller nous établir avec eux dans l'une ou l'autre localité du pays : nous emporterions avec nous les instruments, les réactifs et les livres indispensables à l'installation d'un laboratoire temporaire et nous ferions des observa- tions sur la flore et la faune. J'applaudis à cette idée et dès cette année ce laboratoire ambulant de Biologie s'est trouvé institué : nous n'avons eu qu'à nous féliciter de notre essai, nous comptons le renouvelerle plus fréquem- ment possible, et nous publierons à l'occasion, sous forme de notes, les faits intéressants que nous pourrions recueillir. (1) Voir : Revue de l'Université de Bruxelles, \\, novembre 1«96. 36 SOCIKTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. EXPÉDITION A KINROY Nous avons séjourné du ITi août au l*"' septemhro à Kini'oy avec MM. Van Rysselherghe, inslituteur et élu- (lianl (lu doctorat en sciences l)olaniques, Enscli, candi- dat en médecine et étudiant du même doctorat et Quei'ton, candidat en médecine et étudiant du doctorat en sciences zoologiques. Kinroy est un modeste village situé au cœur de la Campine IJmhourgeoise à B kilomètres à l'ouest de Maeseyck. Nous avons pu nous y loger li'ès confortable- ment, et nous avons installé le laboratoire dans une grande salledecafé mise libéralement à notre disposition. Les tables, transportées devant les fenêtres, reçoivent les microscopes pour l'observation, d'autres tables se cou- vrent de flacons renfermant les réactifs et de récipients destinés à servir d'aquariums, et sur un banc contre le mur s'étend notre bibliotbèque. Tout le matériel encom- brant est remisé dans une petite annexe. Le pays a conservé sa sauvagerie primitive : c'est l'extrémité de la plaine ballique avec ses ])ruyèrcs, ses pins, ses marais et ses toiu'bières. lllccchrum verticilla- Inm, VÀcula virosa, Mijrica cjale et Lifcopodium initn- (lalum y donnent à la llore soncacbet, comme Pacliytihis (lanicus ci Mpltidiinn dorsale, par exemple, à la faune. Mais ce sont surtout les marécages qui nous attirent : les ciialeurs de l'été les ont presque mis à sec, de sorte que ISjiniphacn alhit et Niipluir lutcion semblent en maints endroits croître en terre ferme. Le peu d'eau que conser- vent encore les dépressions du sol renferme concentrée toute la population des marais, et nous sommes étonnés MÉMOIRES. , ;n du nombre et de la variété des organismes que le mieros- eope nous y fait découvrir. Nous avons trouvé sous ce rapport une différence considérable d'avec les environs de Bruxelles qui sont relativement bien pauvres. Par contre, un grand étang peu profond qui avait con- servé une notable quantité d'eau, nous a offert tort peu d'êtres vivants : la vase qui en couvrait le fond cachait côte à côte Anodonta cijfjnea et Anodonla anatina, et sur la partie immergée des tiges de Phragmites s'étalaient en formant de petits coussinets un Ascomycète qui nous intrigua beaucoup et qui s'est trouvé être Belonidinni piillum Pliill. et Kutb, Champignon qui n'avait jus- qu'ici été observé qu'en Angleterre. Les tourbières, que nous avons explorées d'une manière spéciale, ne nous ont pas offert les types caractéristiques que nous comptions y rencontrer: notamment les Chry- somonadines,sauf 8j//i/n'rt uvcUa, manquaient tout à fait à l'appel. Maiscette légère défection fut largement compensée par la quantité considérable d'espèces que nous pûmes obser- ver dans l'eau des ditïérenles mares explorées : à part les Choanonagellates, les Hydroïdes et les Bryozoaires, tous les groupes de Protistes, d'x\lgues et d'Animaux aquatiques furent représentés, M. Massart s'est spécialement attaché à recueillir les Algues : elles ont été remises à M. De Wildeman qui a bien voulu les déterminer et en dresser la liste annexée à ce compte-rendu. Quant à moi, j'ai dirigé presque uniquement mon attention sur les Rotifères dont j'ai observé 57 espèces que l'on trouvera énumérées ci-après. La longue liste des espèces des autres groupes ne 38 SUCIÉTÉ BELGE UE MICROSCOPIE. représente pas un ensemble sutïisammenl complet pour mériter la publication : je me bornerai à citer, comme documents intéressants pour la faune, le Tardigrade Macrobiolus macronyx, les Araignées Aryijroneta aqua- tica et Dolomedes fimbriatus toutes deux communes dans les mares, Limnocharis holoscricea et Marica mus- culus parmi les Acariens, et entin Cijpridopsis vidua, Cruslacé ne figurant pas encore au catalogue des espèces belges. Nous avons profité de notre séjour à Kinroy pour faire de nombreux essais avec le formol. Employé en solution à 5 p. 100, il a donné de très bons résultats pour la con- servation des Algues ; il s'est trouvé moins favorable à la fixation des Animaux microscopiques qu'il ratatine légè- rement, mais pour les grosses pièces il semble pouvoir remplacer l'alcool très avantageusement. Al G. Lameere. LISTE DES ROTIFÈRES ORSERVÉS DANS LES MARES DE KINROY Par AUG. LAMEERE RHIZOTA Flosculariidae Flosciilaria ornata Ehrhij. — proboscidea Ehrbg. Melicertidae Melicei'la ringens Ehrb(/. Tubicolaria najas Eluinj. Limnias annulalus Z^oi/n/. Lacinularia socialis Eliiinj. BDELLOIDA Philodinidae Pliilodina erytrophthalma Elirbg. — l'oseola Sclirunli. — aciileata Elirhg. Rotifer vulgaiis Sclirank. — tard us Ehrbg. — macrurus Sc/irank. 40 bOCILTÉ BliLGL ItE JIICROSCOPIE. Callidina elegans Elirlnj. — parasitica (îi(/lioli, sur les branchies de Gammarus locuata dans le ruisseau de Tongorloo. PLOIH4 iilorioala NOTOMMATIDAE IVotommata aurita Ehrbg. — lacinulata L7/r//(/. — tul)a Elirhg. Furcularia gracilis Elirlxj. — longisela Elirbg. — gibba Elirbfj. ? Diglena catellina Elirbg. EiOrioala Rattllidae Mastigocerca rat lus Elirbg. — bicornis Elirbg. DlNOCHARlDAE Dinocharis telractis Elirbg. Scaridium longicaudum Elirbg. Salpinidae Salpina mucronala Elirbg. — brevispina Elirbg. Elchlamdae Euchlanis dilatata Elirbg. MÉMOIRES. 41 Catliypna lima Elirixj. Monoslyla cornuta Elirby. COLURIDAE Coluriis uncinatus Elirhfj. Metopidia lepadella Elirbij. Monura dulcis Elirlnj.? Pterodinidae Pterodina patina Ehrbcj. Brachio.nidae Brachionus urceolaris Elirbij. — B a ke r i isA /•//(/. A.MRAEIDAE Anuraea cochlearis Gosse. II LES ALGUES DU LIMBOURG PAR E. DE \A/-ILDEMAN Les récoltes algologiqucs faites pendant le euurant du mois d'août dernier par M. .1. Massart à Kinroy(Lunbourg), ont amené la découverte d'un nombre i-elativement grand d'espèces nouvelles pour la Belgique, et d'un nombre naturellement plus grand encore d'espèces non encore signalées dans la province. Ces faits étaient à prévoir, cette région sera certainement l'une des plus riches de notre pays, aussi le nombre d'Algues que nous relevons plus loin dans ce catalogue, est-il loin de représenter celui de l'effectif de la flore algologique de la province. Nous avons en efïet observé beaucoup d'espèces que leur état de conservation, leur rareté, souvent un exemplaire unique, ou l'absence d'organes de reproduction ne nous ont pas permis d'identifier sûrement avec des espèces connues. L'on sera peut-être très étonné de ce que dans cette région si richeen Algues, il nese rencontre pointd'espèces nouvelles ; nous ne signalons en effet qu'une seule Algue sous un nom nouveau, et encore la rapportons-nous comme variété à un type déjà connu. Cette pénurie pro- MKMOIUES. 43 vient de ce que nous n'avons pas voulu décrire bien des formes observées dans nos préparations; pour décrite des espèces nouvelles et même des variétés, et particu- lièrement dans le groupe des Desmidiées où l'espèce est sujette à tant de variations, il faut avoir observé de nombreux exemplaires afin de saisir les vrais caractères spécifiques, et cela n'est guère possible quand l'on se trouve en présence uniquement de matériaux fixés par des réactifs. Nous avons à diverses reprises, attiré l'atten- tion des spécialistes sur la légèreté avec laquelle on a souvent décrit des nouveautés; pour ne pas tomber dans le même travers nous avons préféré signaler uni- quement les espèces dont la détermination ne nous lais- sait point de doutes. Il serait intéressant d'étudier en détail la florule algobgique des marais campiniens, sur des matériaux fiais ; cette étude donnerait, nous n'en dou- tons pas, l'occasion de faire des remarques curieuses, quanta la variabilité morpliologique d'un grand nombre de types spécifiques. Pour compléter l'énumération des Algues récoltées en Campine Limbourgeoise par M. Massart, nous avons pensé qu'il était intéressant de relever toutes les espèces signalées dans la province de Limbourg, en exceptant toutefois les Diatomées, car celles recueillies par M. Mas- sart n'ont pas encore été étudiées. Nous avons ainsi rédigé une sorte de « Floklle algo- LOGIQUE DU LiMBOLRG ». Dans celte florule, nous n'avons pas fait suivre du nom de M. Massart, les Algues récoltées antérieurement par un autre botaniste dans une des localités visitées par M. Massart. C'est particulièrement aux marais de Genck que nous faisons ici allusion. 44 SOClETi: BlLLGt UL MICIIOSCOPIE. M. Massart a en cflet retrouvé la plupart des espèces que nous avions observées antérieurement à Genck, mais il a aussi eu la chance de taire quelques découvertes inté- ressantes dans cette même localité. Dans l'introduction de notre « Flore des Algues », à laquelle nous renvoyons d'ailleurs pour la plupart des espèces, nous décrivions 251 espèces qui se rencontraient dans la province de Limbourg; dans ce chiffre les Diatomées figurent pour G 1 espèces, ce qui donne le nom- bre de 170 espèces pour l'ensemble des autres groupes. Le relevé suivant comprend '250 espèces, ce qui nous fait donc une augmentation de 60 Algues. Parmi ces 00 Algues, il sont nouvelles pour la Belgique et l'une de ces 41 constitue une variété inédite que beaucoup d'au- teurs, nous n'en doutons pas, élèveraient au rang d'es- pèce. Ajoutons que parmi ces il espèces nouvelles pour notre ¥\ove nous comprenons les Flagellales observé.s par M. Massart, organismes que nous n'avions pas classés dans notre Flore mais dont la place est bien parmi les Algues. Les il espèces nouvelles pour notre Flore se distri- buent : Chlorophycées . . . . . 57 Phéophycées. ..... 2 Cyanophycées 2 Ces nouveautés contiennent des représentants de 1 1 genres nouveaux, dont 8 appartenant aux Chlorophy- cées, 2 aux Phéophycées et 1 aux Cyanophycées. Les 251 Algues du Limbourg se répartissaient comme suit entre les divers groupes : Mf.MOlRES. 43 Cliloropliycées 165 Dialomées 61 Floiidées 6 IMiéopliycées Cyanophycéi's 7 Tolal . . "^ Acluellement la réparlilion des 291 espèces en y coni- prenaiU les Diatomées dont le chiffre n'a pas varié, se répartissent : (Jdoi'opliycées "11^1 Diatomées 61 Floridées 1 Phéopliycées ..... 5 Cyanopliycées 14 Total. . ~m Le nombre total des Algues l)elges étant de 1171), il sera donc porté par suite de l'étude des récoltes de M. Massa rt à 1,2-20. Inutile d'insister, pensons-nous, sur le lait que le cliil- tVe 291 qui réprésente actuellement le contingent des Akues limhoursfcoises est inférieur à la réalité; les nombreuses toiM'bières non encore explorées, doivent renfermer bien des espèces non signalées dans la pro- vince et dans le pays. Qu'il me soit permis en terminant la courte introduc- tion de cette tlorule algologique du Limbourg, tie remercier vivement M. Massart des matériaux qu'il a mis à ma disposition. Les beaux résultats obtenus par l'étude de ces récoltes, engageront peut-être d'autres confrères 46 SOCIÉTK BELGE HE MICROSCOPIE. de la Société à nous fonniir des matériaux d'éludé, afin que dans un avenir pas trop éloigné, nous puissions fournir un tableau de nos Algues belges, plus complet que celui dont nous avons essayé le tracé dans notre « Flore algologique ». MÉMOIRES. 47 CHLOROPHYCÉES COLEOCHAETE Bréh. 1. (]. scuTATA lîrél».; De Wild. FI. Alg. p. 21. — iMolenhcersel, Kinroy (.1. M.). 2. C. iRRRGiLAuis Pi'iiigsli.; Dc WiUl. lo(î. cit. p. 21. r>. C. soLL'TA Priiii^sh.; Do Wild. loc. cit. p. 22. * 4, €. tliv4M>js;oiiM l*riiigsli., De-Toni Syll. Alg. I p. 8. — Gen('k(.I. M.)(l). BlILnOCDAETE Ag. .'>. B. iNTRRMF.DiA DBy. *, De Wikl. lor. cit. p. 23. (). B. SETir.ERA (Bolh.) Ag. ; De Wild. loe. cit. p. 25. 7. B. PYGMAEA (Pringsli.) Wittr. ; De Wild. loc. cit. p. 24. — Molenbcersel (J. M.). OEDOGONIUM Link. \S. Oe. imlmloMiiii (ïïass.) Wittr. ; De-Toni Syll. Alg. l p. — Kiiii'oy (J. M.). 1). Or.. lïzir.soiiMi Dlîy; De Wild. loc cit. p. 25. 10. Ok. Boiiiii (Le Cl.) Pringsl».; De Wild. loc. cil. p. 2(). 1 1 . Ok. LiNuuLATLM (Bi'éh.jBi'. ; De Wild. loc. cit. p. 20 — Kini'oy (J. M.). 42. Or. c.oncatrnatum (llass.) Wittr. ; De Wild, loc. cit. p. 2(>. — Kinroy, Molenheersel (J. M.). (I) l/astérisquo iii(li(iuo les espèces nouvelles pour la pi-ovince, les e.>[iè(OS dont le nom se trouve iniiirioié on oarartôre gras sont signalées pour la première t'ois^en Uelgi(iue. 4S SOr.lÉTÈ BEI.r.E DE Mlf.ROSf.OPlE. 15, Oe. Pring^lieiiiiii Ciam.; De-Toiii Syll. Âlg. I p. — MoIenl)eersel (J. M,). i4. Oe. longatum Kiitz. ; De Wild. loo, cit. p. 28. CïlAKTOSPnAERlDlUM Klobli. * 15. <\ Prîiigslieîmîî f. ««onforla Kk'l>i»lm. — Kiliroy, Molcnheorsel, Genck (J. M.). Obs. — Celle espèce que nous signalons ici pour la première fois avait déjà été observée par nous en fort beaux exemplaires dans des malériaux provenant des fanges de Hockay (Liège). HERPOSTEIRON Naei^. MO. H. Rrainu Naeg. ; De Wild. loc. cit. p. 58. — Kinroy, Kessenich (J. M.]. MICROTHAMMON Naeg. * M. M. KuETZNiGiANUM Nacg. ; De Wild. loc. cit. p. 58. — Molenbeersel, Genck (J. JM.). CIÏAETOPHORA Scbrank. '18. G. Gohnli-Damae (Rolb) Ag. ; De Wild. loc. cil. p. 50. — Kessenicb (J. M.). \\). G. pisiFORMis (Rolb) Ag. ; De Wild. loc. cil. p. 40. *-20. G. ELEGANs (Rolb) Ag. ; De Wild. loc. cil. p. iO. Kinroy (J. M.), DRAPARNAEDIA Rory. *21. D. l'MiMOSA (Vaucb.) Ag. ; De Wild. loc. cil. p. i-2. — Près de Maeseyck (J. M.). MKMOIRKS, 49 STIGEOCLONIUM Kuelz. 22. S. TENUE Ag. ; De Wilcl. loc. cit. p. 45. CONFERVA Liniv. 2,1. C. BOMRYCiNA Ag. ; Dc WilcI. loc. cit. p. 45. BOTRYDIUM VValIr. 24. B. (]RANULATUM L.; Dc WilcI. loc. cit. p. 01. — Kinroy (J. M.). VOLVOX L. *25. V. GLOBATOR L. ; Dc Wilcl. loc. cit. p. Gi. — Kinroy (J. M.). PANDORINA EIhI). 2G. P. MORUM Ehrb.; De Wild. loc. cit. p. 05. — Kinroy (J. M.). GONIUM Millier. *27. G. PECTORALE Miill.; Dc WilcI. loc. cit. p. 00. — Près deMaeseyck (.). M.). SCENEDESMUS Mey. 28. S. VARiABiLis De WikI. — var. coRMiTus Franzé; De WikI. loc. cit. p. 71. — Près de Maeseyck, Kin- roy, Genck, iMolenbeersel (J. M.). — var. ECORNis Franzé ; De Wild. loc. cit. p. 70. — Kinroy, près de Maeseyck (J. M.). XXI 4 30 SOr.lfiTfi BELr.E DE MICROSCOPIE. 29. S. HYSTRix Lagerl).; De Wild. loc. cit. p. 71. 30. S. OBLiQUL's (Turp.) Kùtz.; De Wild. loc. cit. p. 1^. — Kinroy, pièsdeMaeseyck, iMolenbcersel (J.M.j. COELASTRUM Naeg. 7)[. C. sPHAERicuM Naeg. ; De Wild. loc. cit. p. 75. r>2. c. PULCHUUM Sclimidie; De Wild. loc. cit. p. 75. — Kinroy (J. M,). PF.DIASTRIIM Meyen. 55. P. BoRYANi'M Tiirp. ; De Wild. loc. cit. p. 75. — Molenbeersel, près de IMaeseyck, Kinroy (J. M.). * — var. GRANULATLiM Bi. ; Dc Wild. loc. cit. — Genck(J. M). 54. P. ANGULosuM Ralfs; De Wild. loc. cit. p. 75. 55. P. Ehrenbergii Br. ; De Wild. loc. cit. p. 70. — Kinroy, près de Maeseyck, Kcssenich, Molen- beersel (J. M.). *5(). ■•. vagum Kuetz. ; Dc-Toni Syll. Alg. I p. 584. — Kinroy (J. M.). *57. P. iricornuiiiiu Borgc. — Genck (J. M.). OPHIOCYTIIIM Naeg. 58. (). cocHLEARE Br. ; De Wild. loc. cil. p. 79. — Kessenicb, Molenbeersel, Kinroy (J. M ). RÂPHIDIIIM Kiitz. 59. R. POLYMORPHUM FlCS. — var. ACicuLARE Rbh.; De Wild. loc. cit. p. 80. — Kinroy (J. M.). MÉMOIRES. Si R. POLYMORiMiiM vai'. F.vLCATUM Rbli. ; De Wilcl. loc. cit. — Kinroy, près de Maeseyck, Mulcnbeersel (J. M.). TETRAEDRON Kiitz. 40. T. MINIMUM (A. Br.) lïansg. ; De Wild. FI. Alg. p. 81. — Molenbeersel (J. M.), il. ï. CALDATUM (Coi'da) Haiisg. ; De Wild. FI. Alg. p. 81. — Molenbeersel, près de Maeseyck (J. M.). — f. iiieii^iiiii De-Toni Syll. Alg. I p. G05. — Molenbeersel (J. M.). 4^. T. REGULARE KiUz. ; De Wild. loc. cit. p. 8:2. 45. T. ENORME (Ralfs) Hansg. ; De Wild. loc. p. 82. — Molenbeersel, Kinroy (J. M.]. CHARA.CILM Biaun. 44. C. SiEBOLui Br.; De Wild. loc. cit. p. 83. 45. C. AMBiGuuM Herm.; De Wild. loe. cit. ïi). C. LONGiPES Rlb. ; De Wild. loc. cit. SCHIZOCHIAMYS Rraun. 47. S. GELATiNosA Kùtz. ; Dc Wild. loc. p. 80. KIRCHXERIELLA Schmidle. 48. K. LUNATA Scbmidle; Dj Wild. loc. cit. p. 80. STAUROGEiMA Kuelz. 49. S. RECTANGLLARis Br. ; Dc Wild. loc. cit. p. 88. — Kessenicb (J. M.). 82 SOCIÉTft BELGE OE MICROSCOPIE. DICTYOSPHAKRIUM Naeg. 50 D. Ehkenbergianum Naeg. ; De Wild. loc. cit. p. 89. NEPHROCYTIUM Naeg- 51 N. Agabdhianum Naeg.; De Wild. loc. cit. p. 90. OOCYSTIS Naeg. 52. 0. soLiTAKiA Wittr. ; De Wild. loc. cit. p. 90. CHLOROCOCCUM Fr. '55. C. gîgas Grun. ; De-Toni Syll. Alg. I p. — Molen- beersel (J. M.). PLEUROCOCCUS Menegli. 54. P. vuLGARis Menegh. ; De Wild. loc. cit. p. 95. — Kinroy (J. M.). STICHOCOCCl S Naeg. *55. S. flaccidus (Kiitz.) Gay ; De Wild. loc. cit. p. 94. — Kinroy (J. M.). SCHIZOGONIUM Kueiz. 56. S. MURALE Kùlz. ; De W^ild. loc. cit. p. 95. 57. S. crenl'latlm Gav; De Wild. loc. cit. PIIACUS Ehil). (1). *58. I*. ploui'oiieci*"* Nit.sch. — Molenheerscl (J. M.). (I) Nous avons classé ici les (luelqucs genres de Flajïellates veris ou incolores observés par M. Massari. Ce n'esii)as la vraie place que devraient occu|)er ces organismes, ils viennent se placer à la base des Chlorophy- cées. Mais comme nous n'avons pas suivi dans cel exposé un ordre sys- lémaiique ascendant régulier, la place accordée à ces organismes n'a pas grande importance. MÉWOIHKS. 33 *o9. P. pyriim (Erlib.) Stein. — Kinrov (J. M.). EUGLENA Ehib. . *60. E. oxyuri»i Schmarda. — Kinroy (J. M.]. *61 . E. viridi»^ Ehi'b. — Kinroy (J. M.). *62. E. gracîlîs Ehib. — Kinioy (J. M.). *65. E. deses Ehrb. — Kinroy (J. M.). 64. E. sanguiiiea Ehib. — Kinioy(J. M.). *iifé * i\K TRACHELOMOXAS Ehrb. 05. T. hispida Stein. — Kinroy (J. M.). HHIPJDODENDRON Stein. * 66. K. »pk'iididiiui. — Kinroy (J. M.) SYIVCRYPTA Ehrb. *67. s. %'olvox Kinroy (J. M.). iMESOCARPUS Hass. 68. M. scALARis (Hass.) DRy; De Wild. loc. cit. p. 97. 69. M. PARvuLus (Hass.) DRy; De Wild. loc. cit. p. 98. 70. M. PLEURocARpus DRy; De Wild. loc. cit. p. 98. — Molenbeersel, Kessenich (J. M.). STAUROSPERMUM Kuetz. *71. S. viRiDE Kùtz.; De Wild. loc. cit. p. 100. — Kinroy (J. M.). U SnciKIK HKIXE DE MICKOSCOI'IE. ZYGNEMA Kuctz. *72. Z.cRuciATiiM(Vaii{'li.)Âg.;r)eWil(l.Ioc.cit. p. 10-2. — Kinroy, Genck (J. M.). 75. Z. EHicETOKiM (Kiilz.) Hunsg.; De Wild. loc. cit. p. 105. 74. Z. LUTESCENS (Kiitz.); De Wild. loc. cit. p. 104. SIMROGYRA Link. *75. S.iNFLATA (Vaiich.) Rhli.; De Wild. loc. cit. p. 105. — Moienbeersel (J. M). *76. S. NiTiDA (Dillw.) Link; De Wild, loc. cit. p. M-2. — Kessenicli (.1. M). 77. S. jiiGALis Kiitz. ; De Wild. loc. cit. p. 115. — Moienbeersel, Kessenich, Kinroy (J. M.). DESMIDIUM Ag. 78. D. cYLiNDRicuM Grcv.; De Wild. loc. cit. p. 116. — Kinroy (.1. M.). 79. D. SwARTzii (Ag.) Ralfs; De Wild. loc. cit. — Kinroy (J. M.). HYÂLOTHECA Ehrb. 80. H. DissiLiENS (Smitb) Ralfs; De Wild. loc. cit. p. 117. — Kinroy, Moienbeersel (J. M.). ONYCHONEMA Wall. *8I. O. laevc Nordst.; De-Toni Syll. Alg. 1 p. 790. — Genck. Obs. — Cette curieuse et très intéressante espèce aurait été trouvée en Europe, dans la Ravière seulement. On la connaît d'Amérique, d'Asie. MÉMOIRES. S5 SPHAEROZOSMA Corda. 82. S. VERTEBRATUM Ralfs; De Wild. loc. cil. p. 118. 85. S. ExcAVATUM Ralfs; De Wild. loc. cit. p. 119. — Molenbeei'scl, Kinroy (J. M.]. 84. S. PLLCHELLUM Aicli.; De Wild. loc. cit. p. 119. GYMNOZYGA Ehib. 8o. G. MONiLiFORiMs Elii'.; De Wild. loc. cit. p. 120. — Molenbeersel, Kinroy (.1. M.). GONATOZYGOrV DBy. 86. G. Brebissonii DBy; De Wild. loc. cit. p. 120. .SPlROTAEiMA Bréb. 87. S. coNDENSATA Bréb.; De Wild. loc. cit. p. 122. MESOTAENlUiM Naeg. 88. M. Braunii DBy; De Wild. loc. cit. p. 123. CLOSTERIIM Nitzsch. *89. €. Lundellii Lagerh.; De-Toiii Syll. Alg. l, p. 818. — Genck (.1. M.]. Obs. — Nous rapportons à cette espèce une Algue trouvée en quelques exemplaires dans une récolte de M. Massart. Elle mesurait de 5.75 ^c à 4 /z de diamètre et 155-171 [JL de long. Elle est donc plus petite que le type tel qu'il a été proposé par M. Lagerbeim, et que l'avait signalé pour la première fois Lundell sous le nom de C. gracile Bréb. Il est certain que la forme de Genck ainsi que le C. Liuulcllii ont avec le C. gracile de fortes 56 SOCIÉTÉ BELGE HE WICROSCOPIE. ressemblances. Nousn'avons pu malheureusement obser- ver de zygospores. 90. C. oBTisuM Bréb.; De Wilcl. loc. cit. p. 125. 91. C. JUNciDiiM Ralfs; De Wild, loc. cit. p. 125. 92. C. AîNGusTATUM Kiilz. ; Dc Wild. loc. cit. * 95. C. DiDYMOTOcuM Corda ; De Wild. loc cit. p. 126. — Kinroy, Molembeersel (J. M.). * 94. C. ACERosoi Ehrb,; De Wild. loc. cit. p. 126. — Près de Maeseyck (J. M.). 95. C. STRioLATUM Ehrb. ; De Wild. loc. cit. p. 127. Obs. — Cette espèce avait déjà été indiquée à Genck où M. Massart l'a retrouvée, certaines des formes obser- vées mesuraient 50 /x de diam. et 210 yw de long seule- ment. 96. C. ATTENUATUMEhrb.; De Wild. loc. cit. p. 128. 97. C. LUNULA Ehrb.; De Wild. loc. cit. p. 128. — Kinroy, Molenbeersel (J. M.). * 98. C. cosTATUM Corda; De Wild. loc. cit. p. 128. — Kinroy (J. M.). * 99. C. iNTERMEDiiM Ralfs ; De Wild. loc. cit. p. 129. — Genck (J. M.). 100 C. AcuTUftiBréb.; De Wild. loc. cit. p. 150. 101. C. AcicuLARE West ; De Wild. loc. cit. 102. C. DiANAE Ehrb.; Dc Wild. loc. cit. 105. C. PARvuLiM Naeg.; De Wild. loc. cit. p. 151. 104. C. Jenneri Ralfs; De Wild. loc. cit p. 151. — Près de Maeseyck (J. M.). 105. C. Ehrenbergii Mencg.; De Wild. loc cit. p. 151. — Molenbeersel (J. M.). MEMOIRES. S7 * 10() (]. MOîsoLiFEiuM Eliib.; DeWild. loc. cil. p. 15:2. — Kinroy (J. M.). !07. C. Leibleimi Kiitz. ; De VVlId. loc. cit. — Kinroy (J. M.). 108. C. SETACEUM Elir. ; DcWild. loc. cit. p. 155. — Kinroy (J. M.). PEiMUM Bréb. \[d. p. MARGARiTACEi.M (Elu'.) Bréb.; DeWild. loc. cit. p. 151. — Kinroy (J. M ). 1 10. P. CYLiiNDRus Bréb.; De Wild. loc. cit. 111. P DiGiTis (Ehr.) Bréb.; De Wild. loc. cit. 11^. P. iNTERRUPTLM Bréb.; De Wild. loc. cit. p. 155. — Genck (J. M.). 115. P. CLosTERioiDES Balfs; De Wild. toc. cit. — Kinroy (J. M.). * 114. P. Maegeiii Bréb.; De-Toni Syll. Alg. I p. 861. — Genck. 115. P. NAviciLABréb. ; De Wild. loc. cit. — Kinrov (J. M.). 116. P. Brebissoinh (Menegh.) Ralfs; De Wild. loc. cit. p. 156. 117. P. TRUNCATUM Bréb.; DeWild. loc. cit. TETMEMORUS Ralfs. 118. ï. BREBisoNn Ralfs ; DeWild. loc. cit. p. 157. — Kinroy (J. M.). 1 19. ï. LEV1S Ralfs ; De ^^'ild. loc. cit. — Molenbeersel (J. M.]. *120. T. GRANiuTus (Bréb.) Ralfs; DeWild. loc. cil. p. 158. — Kinroy, Molenbeersel, Genck 'J. M.). 58 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. DOCIDIUM Bréb. I^l. D. BACULUM Bréb. ; De Wild. loc. cit. p. 158. i22. D. Ehrenbergii Balfs; De Wild. loc. cit. p. 159. — Molenbeersel (J. M.). 125. D. MiNUTiM Ralfs; De Wild. loc. cit. — Kinroy, Molenbeersel (J. M.). 12i. D. NODULosuM Bréb.; De Wild. loc. cit. p. 159. — Kinroy (J. M.). DISPHINCTIUM Naeg. *125. D. Ralfsii (Rûtz.) Hansg.; De Wild. loc. cit. p. 1 iO. — Kinroy, Genck (J. M.). 12(3. D. coNNAToi (Bréb.) DBy ; De Wild. loc. cit. 127. D. cucLRBiTA (Bréb.) Reinscb; De Wild. loc. cit. p. lil. XÂNTHIDIUM Ehrb. 128. X. ARMATiM Bréb.; De Wild. loc. cit. p. 145. — Kinroy (J. M.). 129. X. FAscicuLAiuM Ehrb.; De Wild. loc. cit. p. 144. — Kinroy (J. M). 150. X. cRisTATLM Bréb. ; De Wild. loc. cit. — Molen- beersel (J. M.). COSMARIUM Corda. *151. €. Myiunnniaiiuiu Griin. ; De-Toni Syll. Alg. p. 964. — Genck. Obs. — Cellules de 56 [j- de haut et de 55 ^ de diam. M. De-Toni (loc. cit.) signale comme mensuration ; 44.58/" de hauteur et 55-58 h- de diam. MEJIOIKES. 59 * 1.1:2. r>. (]. GRANATLM Biélj.; De Wild. loc. Cit. p. 146. loi. C cLCLMis Corda ; De Wild. loc. cit. p. 1 i6 155. C. PVRAMiDATi .M Brél).: De Wild. loc. cil. p. liT. — Molcnbecrsel, Kesscnicli, KinroyiJ. M.). \7)Ç). C. TAXicuo.Miiu M Wollc ; De Wild. loc cit. *I57. €. p»einlo-|»yrHiiiid«liiiii l.und.; Dc-Toili Syll. Alg. I p. 04(i. — Molenbeersel. lôS. C. TiNCTiM Ralfs; De Wild loc. cit. p. 148. l.yj. C. Mknkghi.m Brél).; De Wild. loc. p. 149. — Molenbeersel (.1. M.). *liO. V. oalearcimi Witt. ; De-Toni Syll Alg. I, p. 1048. — Kessenich (J. M.). Obs. — Nous raj)porlons à celte espèce une forme trouvée dans les récoltes de M. Massart, (juoique les données relatives au diamètre et à la hauteur de la cel- lule ne concordent pas complètement avec celles de la description originale. Les i'ormes observées à Kessenich mesuraient :22 /x environ de diam. et 2i /j. de haut; les autres caractères étaient semblables dans nos échantillons et dans le type de M. Wittrock. lil. C. LNDULATCM Corda ; De Wild. loc. cit. p. 150. — Près de Maeseyck (J. M.). 142. C. s.MOLANDicL.M Liiud.; Dc Wild. loc. cit. p. 151. \Ï7). C. coNSPERsu.M Ralfs; De Wild. loc. cit. p. 15:2. — Kinroy (J. M.). 14i. C. MARGARETiFERUM Mcncgh.; Dc Wild. loc. cit. — Molenbeersel, Kinroy (J. M.). 145. C PoRTiANLM Arch.; De Wild. loc. cit. 60 SOCIÉTÉ «KU.K DE Mir.UOSCOI'IK. lit). ('-. lioTUYïis Mono^l).; Do Wilil. loc. lil |>. \^>7t. — Kinrov, près do Maesovck [}. M.). 147. (i. Bhoomki Thw. ; De WiUI. loc cit. p. 155. — MoIoiibcHM'wsel (J. M.). 1 i8. C. coNFisiM Cooko : Oo WiKl. Ioi\ cit I iî). r. ooliiodc* Nordsl. : Dc-Toni Svll. Ali; I p. !M)l>. — : Molenhoersel (J. M.). 150. C ouNvriM Ualfs; Do AViKl. loo. cil. p. 15 i. — Kimov [] . M ). 151. C. Kjelui.4nm Willo; Do WiKl. loc, lil. p. 155. " I5-. C. oHBicri.ATiM Ixalfs; Do M'ild. loo. oil. — (îoiiok ^,1. M ]. 155. C. MOMi.uouMt: (Turp.) Ualt's; Do Wild. loo. cil. p. I5(). AliTllHODKSMlS Fdul). 154. A. iNo.Lis Hass.; Do Wild. loc. oit. p. 150. — Kinrov, Molonboorsel (J. M.]. Obs. — Certains ôohantillons montraient un do leurs hémisoniatos garnis d'épinos, l'autre de grandeur nor- male muni seulement do mamelons, 155. A. ooNVF.nc.KîNs Khrl).; Do >Vild. loo. oit. p. 157. — Molonboorsel ^.1. M.). 150. A. ocTocoRNis Ebrb.; De Wild. loo. oit. p. 157. — Kinroy, Molonbeorsel (J. M.). EUASTUUM Kiirb. 157. E. viîuuucosrM Eiub.; De\Yil(l. loo oil. p. 158. — Kinroy (J. M.). 158. E. PECTiN.vTOM Bréb. ; Do Wild. loc. cit. — Kinroy, Molenbeersel (.1. M.). MKMOIP.F.S. 61 150. E. BiNALK HmICs; De Wild. loc. cit. p l.'iO. — Molonbeorsel, Kiiiroyf.1. M.). * — v;ir. uKNTKXLvri M Kiiclin ; De Wild. loe. eit. |). KiO. — Genck (J. M.). * 1f)0. K. v*.n.im.im lîiél). ; De-Toiii Syll. \\^. I p. 9i5. — Molenheersel (J. M,]. 101. K. of{LO.Nf;i:.\ lîalfs; De Wild. loc. cit. p. 100. — Kiiiroy(J. M.). Wrl. K. ciîKS.siM fliréh) Kiitz.; De Wild. loc. cit. pHU. — Kinroy .1. M.;. ♦105. K. pinnahim W.Aïs ; Dc-Toni Svll. .\lg. I p. 1089. — Kinioy 'J. .M.). *104. K. AFUNr: r.alf.s : De Wild. loe. cit. p. 101. — Kinroy (.1. .M.). IO»j. 1'^. A.Mi'LLLACKLM llalls ; De Wild. loc. cit. — Kinroy fJ. M.). 100. K. AN.SATLM (Khr.) Rails; De Wild. loc. cit. p. 10"). — Molen[)eer.sel, Kinroy (J. iM.). * h)7. K. f'.osTHATiM Ralfs; De Wild. loc. cit. p. IOr>. — Kinroy (.1. M.j. 108. K. i;LKOA.Ns(Bréh.)Kiil/..; De W ild. loc. cil. p. 105. — Kinroy (.1. M. . * lOÎ). K. NiiliMpiiiosiiiii Ttiin. in Kongl. \et. AK. Handl. I»d. -2'), n" ."), p. Si, pi. \, f. 17 et 57. — Kinroy, (îciiek .1 . .M.;. MICP.ASTKHIAS A-. 170. .M.o.scrrAN.s(lla.s.s.) Kalfs; De Wild. loc. cit. p. 105. — var. piN.NATiFiDA lîhli.; DeW'ild. loe.cil. 171. .M. Ti'.LNCATA (Corda) Hréh.; De \\'ild. loc. cil. p. 100. 172. M. jKNNKiti IImITs; De Wild. loc. cit. 6-2 SOCifiTfi BELGE HE MICUOSCOPIE. 175. M. DENTici'LATA Br(''l).; Dc Wild. loc. cil. — Kinroy (J. M.). 174. M. FiMBRUTA Ralfs; De Wild. loc. cit. M7o. iW. fm-caia Ag.; De-Toni Syll. I. p. 1114. — Kinroy, Genck (J. M.). 17G. M. CRENATA Bréb. ; De Wild. loc. cit. p. 1G8. — Molenbeersel, Kinroy, Genck (J. M.). *177. m. radiosaAg., De-Toni Syll. Alg. l p. 1155, Genck (J. M. V '178. 11. i-oiaia (Grev.) Ralfs ; De-Toni Syll. Alg. 1, p. 112(). — Molenbeersel, Kinroy, Genck (J. M.). *179. m. apioiilaia (Ehrb.) Menegb.; De-Toni Syll. Alg. I p. 1155, Kinroy (J. M.). Obs. — Nous rapportons à cette espèce une forme observée dans une récolte de Kinroy quoique la totalité (les caractères ne concorde pas. L'écbantillon unique étudié par nous, ne possédait que 5 dents à chacune des extrémités latérales du lobe médian, la forte dent l'ccourbée n'existait pas. En outre, des épines qui recou- vrent la surface et sont disposées en ligne plus ou moins régulières, plus nombreuses que dans le type, la surface elle-même était finement pointillée. Notre forme mesuiait 210 /-^ de diam. et ^^o y- de haut, épines non comprises. STAIJRASTRUM Mey. 180. S. UEJECTUM Rréb.; De Wild. loc. cil. p. 109. — Kinroy, Molenbeersel (J. M,). M81. S. DîckîeîRalfs; De-Toni Syll. Alg. I p. 1159. — Genck (J. M.). * 18-2. G. CLSPiDATUM Bréb.; De Wild. loc. cit. p. 109. — Kinroy, Genck (J. M.). MKMniRES. 63 * 18"). S. ARisTiFERL'M Ralfs; DeWiUl. loc. cit. p. 170. — Genck(.I. M.). IKi. S. puNGENs Bi'él).; De Wild. loc. cit. 185. S. AvicuLA Bi'éb.; De Wild. loc. cit. 180. S. spiNosiM Ralfs; De Wild. loc. cil. p. 171. 187. S. musLTLM Ehrb.; De Wild. loc. cit. — Kiiiroy (J.M.). 188. S. TKLii'ERLM Ralfs; De Wild. loc. cit. p. 172. — Kinroy, iMolenbcersel (J. M.). M80. S. llvsTRix Ralfs; De Wild. loc. cit. p. 175. — Molenbeci'scl, Kinroy (J. M.). 190. S. l'OLYTRicHUM Peitv 1 Dc Wild. loc. cit. *19l. S. Asj'ERLM Bi'éb.; De Wild. loc. cit. p. 174. * 192. S. ORBicuLARE Ralfs ; De Wild. loc. cit. — Près de iMaeseyck (J. M.]. 195. S. i.NcoNSPiGuuM Nordst.;DeWild. loc. cit. p. 175. ~ Kinroy, (J. M.). I9i. S. pu>!CTLiL.\TL'M Bréb. ; De Wild. loc. cit. — Kinroy, près de Maeseyck, Molenbcersel (J. M.). M95. S. ALTER.NANS Rréb.; De Wild. loc. cil. p. 176. — Kcssenicli (J. M.). * 190. S. DiLATATUM Elirl).; De Wild. loc. cit. — Kesse- nicb (J. M.). 197. S. QiiADR.ANGULARE Brél).; Dc Wild. loc. cit. 198. S. RRAGniATUM Ralfs; De Wild. loc. cit. p. 177. — Molenbcersel, Kinroy (J. M.). 199. S. GYRTocERLM Bréb.; De Wild. loc. cit. p. 178. — Molenbcersel (J. M.). 200. S. POLYMORPHUM Bréb. ; De Wild loc. cit. — Kinroy, Molenbcersel (J. M.]. 201. S. GRACILE Ralfs; De Wild. loc. cit. — Kinroy, Molenbcersel (J. M.). H} SOCIKTK RELGR IlE MICROSf.OrMF:. 20-2. S. PARADoxuM Mey.; De Wild. loc. cit. p. 179. — Kinroy (J M.). *20o. S.ophlura Liind.; De-Toni Syll. Alg. I p. 1-212. — Genck. Obs. — Cette belle espèce s'est présentée sous sa forme à 8 rayons, elle avait les mômes mensurations que le type. C'est la première fois qu'elle est rencontrée dans une station si méridionale. Elle a été indiquée en Suède, Finlande, Norwège et en Amérique boréale. *204. s», elongatiim Bcrk.; De-Toni Syll. Alg. 1, p. 1212. — Kinroy. 205. S. ACULEATUM Mcucgb.; De Wild. loc. cit. *206. S. sexangulare Lund. ; De-Toni Syll. Alg. I p. 1224. — Genck. 207. S. FURCiGERUM Bréb.; De Wild. loc. cit p. 180. 208. S. LAEVE Ralfs; De Wild. loc. cit. p. 180. 209. S. MARGARiTACELM (Ebr.) Meucgli.; De Wild. loc. cit. 210. S. ARACHNE Ralfs; De Wild. loc. cit. — Molen- beersel, Kinroy (J. M.). 211. S. TETRACERUM Ralfs; De Wild. loc. cit. p. 182. 212. s. salians Josbua ; De-Toni Syll. Alg. I p. 1254. — var. bolgîcum var. nov, Hémisonales vus latéralemenl plus ou moins qua- (Irangulaires munis ù leur partie supérieure, à droite et à gauche d'une épine. Un peu au-dessus se trouvent des prolonçiements en forme de bras, garnis de dents courtes au nombre de 4 à 5, disposés sur 2l rangs, bras termi- nés par deux dents divergentes. Hémisonates séparés par un isthme étroit non garni de granules. Distance de l'extrémité des bras ^^8,50 f^, hauteur de iMKMOIlŒS. S. SALTANS var. liELGicuM Nob. la cellule 38-30 fy^ épines comprises, 31-34 !x sans épines. Islhme 9 /x environ, largeur de lliémisonale dans sa partie la plus large au point de naissance des bras 18,50 fx environ. Hab. — Parmi d'aiilres A'giies à Genck (J. M.). Obs. — Nous rappor- tons à celte variété une forme trouvée en assez nombreux exemplaires dans une récolte de GcncU. Les caractères nous ont paru suffisants pour faire de cette Algue une variété nouvelle. Pour la forme extérieure, notre variété est semb'able au type comme le montre d'ailleurs le croquis ci-contre. Mais pour les mensurations, les différences sont consi- dérable.*!. M. Joshua donne : « long. 45 /x, lalit. 95 f^, cum spina 150 /x. » Cliez notre forme, la dislance, des bouts des deux bras variait entre 48 et 50 fx, la bauleur de la cellule en la considérant dans le sens perpendiculaire à l'istbme, mesurait 58 ou 59 /x, épines comprises, 51 à 54 y. env., sans épines ; la largeur de l'isllimc mesurait 9 y. env., les bras au nombredetrois avaient chacun 17/xenv. de long. Notre variété est donc dans toutes ses parties plus petites que le type, quoique nous ne comprenions pas très bien la manière dont il faut appliquer les mensura- tions à la figure publiée par M. Josliua dans le Journal oftlie Linnean Society Bot., v. :2i, pi. XXll, fig. :2I. XXF 65 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. PHEOPHYCÉES DINOBRYON Ehrb. (1) *215. D. scrliilai'ia var. dîvergeiis Iinh. — Geiîck , Kiiiroy, Molenbeersel (J. M.]. PERIDINIUM Ehrb. 214-. P. TABULATUM Clap. et Lachm.; De Wild. loc. cit. p. 574. — Molenbeersel, Genck(J. M.) CERATIUM Schrank. *215. C. letraceros Schraiik. — Genck, Kinroy (J. M.). RHODOPHYCEES BATRASCHOSPERMUM Roth. *21G. B. VAGUM (Ag.) Sii'dt.; De Wild. loc. cit. p. 407. — Kinroy (J. M.). (1) Faut-il classer les trois genres Dinobryum, Pendiniiim etCeratiuin dans les Phéophycées, faut-il les ranger parmi lesChlorophycées oubieu encore les considérer comme formant avec les Euglcnoïdes un groupe spécial (Flagellâtes) placé en dehors des Algues. Nous avons laissé ces trois genres à cette i)lace, parce que beaucoup d'algologues considèrent ces organismes comme des Algues brunes. Les Péridiniens proprement dits, se rappprochent nous scmble-t-il beaucoup plus des Uiatomées que des Phéophycées, aussi pensons-nous que c'est dans le voisinage de cette l'amillc que se trouve la vraie place de ces organismes. MÉMOIRES. 67 CYANOPHYCÉES CLÂTHROCYSTIS *217. C. aeruginosa Heiifi*. — Kini'oy (J. M.). COELOSPHAERIUM Naeg. *218. C. KuETziNGiANUM Naeg.; DeWild. loc.cit p. 446. — Genck (J. M.). MERISMOPEDIA Naeg. 119. M. GLAUCA Naeg.; De Wild. loc. cit. p. 447. — Molenbeersel, Kinroy (J. M.). CALOTHRIX Ag. 2-20. C. FuscA Born.et Flali.; De Wild. loc. cit. p. 449. GLOETRICHIA Ag. 221. G.NATANsRbh.; De Wild. loc. cit. p. 451. — Kessenich (J. M.]. HAPALOSIPHON Naeg. 222. H. PUMiLus Kirchn.; DeWild. loc. cit. p. 452. STIGONEMA Aq. *225. s. panniroriiie Boni, ct Flah. — Molenbeersel, Kinroy (J. M.). — Obsv. : Diam. max. 28 /x env. 224. S. ocELLATUM Thur.; De Wild, loc. cit. p 455. G8 SOCIÉTÉ miLGE DE MICUOSCOPIE. TOLYPOÏHRIX Kuetz. *225. T. LANATA Wai'tm.; De Wild. loc. cit. p. 454. — Kcssenicli (J. M.). *2-26. T. disioiia Kiitz. — Genck (J. M). 227. T. TENLis Kùlz.; De Wild. loc. cit. p. 455. NOSTOC Vauch. *228. M. LiNCKiA Born.; De Wild. loc. cit. p. 456. — Kessenicli (J. iM.). CYLINDROSPERMUM Kûlz. *229. G. LicHEMFORME Kûlz.; Dc Wild. loc. cit. p 462. — Kesseiiich (J. M.). OSCILLATORIA Yaucli. *250. 0. PRiNCEPs Yauch.; De Wild loc. cit. p. 466. — Genck (J. M.). SUR LA CROISSANCE ET LES COURBURES DU PHYC03IYCES NTTENS PAR G. BULL-OT SUR LA CROISSANCE ET LES COURBURES DU PHYCOMYCES NITENS I DISTRIBUTION DU PROTOPLASME AU NIVEAU DES COURBURES HÉLIOTROPIQUES ET GÉOTROPIQUES DU FILAMENT SPORANGIFÈRE Quand la courbure fiéliotropique ou géotropique du filament sporanfjijère débute, il n'y a ni accumulation protoplasmique au côté concave ni raréfaction proto- plasmique au côté convexe; celles-ci commencent à se montrer dès que la courbure s'accentue et augmentent alors rapidement. Lorsque Kohl (1) en 1885 eût montré qu'il se produit une accumulation de protoplasme au côté concave et une raréfaction au côté convexe des courbures géotro- piques et héliotropiques du tilament sporangifère du Pligcomifccs nitcns et qu'il eût cru y trouver la cause immédiate de ces courbures, Elfving (2) fit voir que le (1) Kohl : PlasmaverlhcUunri nnd Kriimminigscrscheiniingcn. (For- schuiigen aus deiii bol. Gartcn zu Maibuii;, ISbîj). (-2) Ei.FViNG : Zur Kcnnlniss der Krïnnmunqsersclieinungen der P/lau- zen. (Ofversigt af fuiska velenskaps Socictelens. Forhandlingar, 1887-88). 7-2 socii':!!': Rr.i.c.R uk micuoscoimi;. même phénomène s'accomplit si on oi)lige mécanique- ment le filament à se courber et en conclut, qu'on ne peut considérer comme cause dans un cas, ce qui est un effet dans l'autre. Les auteurs comme Wortmann (I), dont l'observation d'Elfving contrariait les opinions sur les courbures des végétaux supérieurs, n'en tinrent pas suiïisamment compte; ceux aux idées desquels elle était favorable l'admirent sans restriction. En elï'et Kobl (^), con- vaincu par EH'ving, explique les courbures des végétaux supérieurs sans avoir recours aux déplacements proto- l)lasmiques, qui pour lui surviennent après les cour- bures. 11 n'est cependant pas impossible que plusieurs tacteurs produisent cette modification dans la répartition du protoplasme, d'une part elle pourrait être due à l'in- fluence d'un excitant extérieur, d'autre part aux condi- tions mécaniques fournies par la courbure elle-même. C'est pourquoi il y a lieu de recliercher sur des filaments soumis à une action géotropique ou héliotropique si réellement l'accumulation et la rarétaclion protoplas- miques, ne se manifestent pas avant la courbure ou tout au début de celle-ci. Afin d'examiner sous le microscope la zone de courbure dans toute son intégrité, on procède de la ftiçon suivante : Des tranches de pain épaisses de 1 centimètre et stéri- lisées à la ilamme du gaz sont arrosées de jus de pru- neaux et ensemencées. Chacune d'elles est placée sur une pUuiue de verre dans une assiette recouverte d'une cloche de verre; le fond de l'assiette est humeelé d'eau (1) WoRTMANN : Zur KcinUiiiss (1er Rc'i.tl>ctvc(jun(jen (Botaiiisclie Zci- lung, 1887). (-2) KOHL : Die Mcchanik der ReizkriniiDiiingen. Marburg, 1894. MEMOIRES. 73 pour que l'atmosphère intérieure de la cloche soit con- stamment humide. Enfin un support stérilisé, un vase de Pétri par exemple, est interposé entre le fond de l'assiette et la plaque pour que l'eau ne mouille pas celle-ci. Les cultures ainsi préparées sont mises à l'obs- curité à une températui'c moyenne de 20". Lorsque le mycélium s'est étendu sur toute la surface du pain et que les filaments sporangifères ont atteint plusieurs centi- mètres de hauteur, ces derniers sont arrachés en masse à l'aide d'une pince flambée et la tranche de pain est partagée en cubes de 1 centimètre de côté environ. 5()heurcs après les cubes se sont recouverts de nouveaux filaments sporangifères déjà arrivés à la 4- période (1), c'est-à-dire à leur phase de croissance la plus active. On choisit sur chacun d'eux un filament bien vigoureux qui soit placé près d'un des bords et on écarte tous les autres en les rabattant contre les différentes faces, opéra- tion aisée, car les filaments de la seconde poussée sont beaucoup moins nombreux que ceux de la première. Les morceaux de pain sont alors placés sous une cloche en verre recouverte de papier noir et présentant une fenêtre linéaire à grand diamètre vertical, de telle manière que le bord près duquel se trouve le filament soit dirigé vers la fente qui donne accès à la lumière d'un bec de gaz situé à 50 centimètres de la fenêtre de la cloche. Il en résulte que le plan de la courbure héliotropique ulté- rieure est sensiblement parallèle à la face latérale près de laquelle le filament est implanté. Après une demi- heure d'exposition, on soulève de temps en temps la docile, et chaque fois que le filament d'un des cubes (I) Errera : Die grosse Wnchslhumsperiode bel den FruchUrujern von PInjcomyces. Bolaniiche Zeitung, 188i. 74 SOCIÉTÉ BELGi; DE MICROSCOPIE. commence à se courber, on transporte ce cube sous le microscope. Dans les intervalles où aucune nouvelle courbure ne se présente, on examine des tilaments encore droits. Les observations portent donc sur des tubes sporangifères non encore couibés ou tout au début de leur courbure. Le porte-objet dont on se sert se compose (fig. 1) : c \ j) c r 1 A Fig. 1. 1" D'un grande lame de verre A. "â" D'un lame plus petite B (porte-objet ordinaire) collée sur la grande lame. 5" De deux petits carrés de verre C d'ime épaisseur supérieure à l'épaisseur du filament et fixés sur les deux exirémités de ce porte-objet. On peut ainsi, en coucbanl celle des deux faces du cube parallèles au plan 'de la courbure qui est située près du filament, faire en sorte que le filament repose suivant son plan de courbure sur la lame B sans qu'il ait subi de torsion d'aucune sorte. Les deux petits carrés de verre sont destinés à supporter le couvre-objet et à l'empêcber de comprimer le filament ; on a du reste soin de débarrasser celui-cide son sporange MEMOIRES. 15 par attouchement au moment de l'examiner. On s'est assuré que cette opération ne modifie en rien la distribu- tion du protoplasme. Enfin en examinant non pas dans l'eau qui est trop mobile et provoque des déplacements du filament, mais dans une solution de gélatine à 5 p. 100, maintenue liquide à une température de 20" à 25" et en plaçant convenablement le couvre-objet, on arrive à observer le filament sans qu'il ait pour ainsi dire bougé. Sur 10 filaments encore droits, pas un ne montre de modification protoplasmique appréciable à un grossisse- ment de 400 diamètres au niveau de la zone de courbure. Sur 12 filaments présentant un début de courbure 8 donnent le même résultat (PI. 111, fig. 1), 4 présentent une très légère accumulation au côté concave, une très légère raréfliction au côté convexe, mais ils ont une cour- bure plus accentuée que les autres (PI. III, fig. 2). Les 8 premiers ont respectivement pour durée d'expo- sition : 5/i h., 5/4 h., 1 b., 1 h., 1 1/0 h., 1 1/4 h., 1 1/2 h., 1 1/2 b. Les 4 derniers : 1/2 h., 1 h. 1 1/2 h., 2 h. Des filaments examinés une demi-heure après le commencement de la courbure montrent le plus souvent une accumulation et une raréfaction très prononcées. D'un autre côté une série des filaments soumis à l'action géolropique et examinés dans des conditions identiques fournissent des résultats analogues. Donc si l'accumulation n'existe pas au début de la courbure au côté concave, elle se produit pourtant rapi- dement dès que celle-ci augmente. Une raréfaction du protoplasme du côté convexe l'accompagne constamment, débute en même temps qu'elle et s'accentue simultané- ment. SOCIÉTÉ RKLGE DE MICROSCOPIE. H EFFETS DE L'ABLATION DU SPORANGE PENDANT LA 4^ PERIODE DE CROISSANCE Lorsqu'on enlève par alloucliement le sporange adulte d'un filament durant la quatrième période de croissance, en général lacroissance dece filament se ralentit aussitôt ou se ralentit bientôt pour cesser complètement au bout de 1 à3 heures. Quelques heures plus tard se forme an rameau dans l'ancienne zone de croissance. Souvent d'autres rameaux se développent dans la même zone. C'est seulement après, qu'une cloison transversale prend naissance dans le filament au-dessus du point d'insertion du rameau : elle peut manquer. Exceptionnellement la croissance continue; il ne se produit alors ni rameau ni cloison. Errera (1) cite le cas de rameaux latéraux survenant dans la zone de croissance des filaments fructifères à la suite de l'ablation du sporange. Il ajoute que l'apparition de ces rameaux est accompagnée d'un arrêt de croissance du filament et de la formation d'une cloison située au- dessus du point d'attache du rameau. Quel est l'ordre dans lequel se succèdent ces phéno- mènes? La production du l'ameau est-elle antérieure ou postérieure à l'arrêt de croissance, et la cloison elle-même se forme-t-elle avant ou après le rameau? Des filaments à la quatrième période sont isolés sur de petits cubes de pain suivant la méthode décrite plus (1) Errera: Loc. cit. MÉMOIRES. 77 haut. Ils sont maintenus à Tobscurilé sous une cloelie à atmosplière humide. Avant d'enlever leur sporange, on s'assure de leur croissance. A cet effet, on les touche à quelque distance en-dessous du sporange à l'aide d'une aiguille chargée d'encre de Chine. Quelques particules adhèrent au filament et l'on choisit l'une d'elles comme point de repère. On mesure au microscope horizontal (Zeiss : objectif ag oculaire 5) la dislance qui la sépare de la partie inférieure du sporange. Cette distance est mesu- rée une demi-heure plus tard, ce qui fournit la valeur de la croissance de la portion envisagée pendant une demi- heure. Les mensurations sont faites à la lumière du gaz. Elles ne demandent en moyenne qu'une minute. Dans l'intervalle des mensurations les filaments sont gardés à l'obscurité. Les filaments dont la croissance est bien constatée, sont immédiatement après la deuxième men- suration, débarrassés de leur sporange. Cela s'exécute très facilement, pourvu que les filaments aient atteint leur quatrième période de croissance depuis plusieurs heures; la membrane du sporange est alors très friable et, si on frôle légèrement le sporange à l'aide d'une aiguille, elle adhère à l'aiguille qui l'entraîne. La colu- melle intacte reste attachée au filament. Au début de la quatrième période, le sporange est encore trop résistant et toutes les tentatives sont inutiles. L'opération achevée, les filaments sont régulièrement mesurés de demi-heure en demi-heure jusqu'à ce que l'arrêt de croissance soit définitif. Le tableau suivant donne les résultats de ces mensu- rations prati(|uées sur l?. filaments et indiquées en divi- sions du micromètre oculaire : 78 SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE. CA •o a. eo fa JS 3 es (U S a u o ■a m a, (U S S D o 3 « & ts u c o 3 a o S ea 3 Q oi 3 (U S a u a co 3 ca M O o . 1 % . c to — 2.§ 3-a ^.!£ "g. Q •a « *j -^ 3 t 5" " C .»£ < o - " 3 c — M _ «g O ^ 2« 3 M -H 3 ^- 3^ C O a, O ■aZ £ « e:h •^ o a. «aï 6 o c a w w o u o •a ai c ■ai u t. u . j= 3 -e to g c -J u 1- u u ta 1 .ïï © ta" s «ri .C t- ai ^-^ 3'" - 3 -CD 5 S 32 ta Cl. *;. 0) 03 o co -a- «0 co 13 •H ^a* «0 co •* •gSuBJods np 1U9U]9\91U9 sajde "q g -a- iro 1 ^3- o co *a- «0 co ^a* 20 co •-a* •aSuBJOds np 1U91U9A91U9 s9JdB -q z/l l 3<1 05 20 o •* co «a- 1 CD co rT3 -a' -a- co •r< ^a* ■gâucjods np •»U9tU9\9IU9 s9jdB -q p 5q ciî -a- o co co -a- co co *1 -* co -a- co •gSuBJods np ^U9ai9A01U9 sojdB -q pi »* n ce (M o o co ^a* co co (M -a' co co co 93ucJods np 5U9U19A0|U9 sojdc -q pi o CT5 Vf o co co co !0 co co in isinus uiul Helio- (ropismus. Siizungsberichle der kaiserl. Akadcmic dcr Wissensehafloii in VVien. Math.-nalurw. Classe. Bd CIV, 1895. 88 SOCIÉTÉ I5KLGE DE .MlChOSCOI'IE- Toutes les recherches faites pour constater des diffé- rences dans la structure du mycélium de ces zones fertiles et stériles sont demeurées sans résultat. Les ampoules mycéliennes sont aussi nombreuses dans les unes que dans les autres. Ces cercles ne corres- pondent pas à des alternations de croissance diurne et nocturne. Le même phénomène se présente souvent chez beaucoup d'autres moisissures. 4. Dans beaucoup de cultures il se produit au début de la quatrième période une petite dilatation sous- sporangiale qui ne s'allonge pas et est souvent colorée en bleu foncé, alors que la zone de croissance située sous elle est incolore. Certaines cultures présentent celte ampoule sur presque tous leurs filaments. D'autres en sont totalement dépourvues. Il faut la distinguer de l'ampoule sous- sporangiale signalée par Dewèvre (I) qui, elle, se déve- loppe dans toute l'étendue de la zone de croissance et dont le développement est toujours accompagné d'un arrêt de croissance du filament. La figure 5 donne une idée de l'ampoule dont il est question ici. Elle est presque invisible à l'œil nu. Pri- mitivement incolore, elle ne se colore en bleu foncé que plus tard ; parfois même, ne se colore pas. Sa mem- brane est rigide. On le démontre en plongeant le filament dans l'alcool : la zone de croissance et les parties situées plus bas se ratatinent, l'ampoule ne se modifie pas. D'autres faits semblaient du reste l'indiquer : i" elle (I) Dewèvue : Rrcherrhes expérimenlnies sur le Plnicomyces. Comptes rendus de la Sociélé royale de Botani(|ue de Belgique, 1891. MÉMOIRES. 89 conserve sa forme et ses dimensions pendant toute la durée de la croissance du filament; 2" quand dans cer- taines conditions la zone de croissance se renfle aussi en ampoule, il se forme une ligne de démarcation nette entre elles, sous forme d'étranglement (fig. 5); 5" les rameaux latéraux qui se développent à la suite de l'abla- tion du sporange ne naissent jamais sur cette ampoule. Souvent le protoplasme de cette région, au lieu de tapisser la membrane sous forme d'une coucbe épaisse et granuleuse, comme c'est toujours le cas pour la zone de croissance, est constitué par des bandes droites qui pénè- trent dans la columelle suivant différentes directions, (fig. o). 5. Dans beaucoup de cas d'arrêt de croissance des filaments sporangifères, les bandes protoplasmiques au lieu de courir parallèlement à l'axe du lilament, comme dans les filaments normaux, se disposent en hélice à tours plus ou moins rapprochés. C'est la règle dans les cas où l'arrêt de croissance coïncide avec le développement de la dilatation ampul- laire de la zone de croissance (fig. 5). On constate en effet que les bandes protoplasmiques qui commencent à se montrer vers la partie médiane de l'ampoule, prennent immédiatement une direction oblique tout en restant accolées à la membrane, de manière à décrire une bélice. L'obliquité de ces bandes par rapport à l'axe est plus ou moins grande suivant le filament et la région consi- dérés (fig. 4). La figure 4 représente un filament dont en un point, une des bandes est même dirigée perpendiculairement à 90 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. l'axe. La couche protoplasmique n'est jamais plus épaisse que dans les filaments normaux. Les mouvements y sont lents. On peut se demander, si cette déviation des bandes protoplasmiques n'est pas due à une poussée venant d'en bas et produite par l'afflux du protoplasme, qui conti- nuerait pendant un certain temps au moins à passer du mycélium dans le filament comme cela arrive dans les filaments en voie de croissance. La forme de l'ampoule, qui a l'aspect d'une poire à grosse extrémité dirigée vers le haut, est en rapport avec les données fournies par Laurent (1) sur l'inégale exten- sibilité de la membrane aux différents niveaux de la zone de croissance. C'est dans les portions supérieures, en effet, que la membrane est de beaucoup plus extensible. Jamais cette ampoule ne se colore. Presque jamais, les filaments qui la possèdent ne donnent naissance à des rameaux latéraux bien que leur croissance soit arrêtée. L'obliquité des bandes protoplasmiques est également très fréquente dans les cas où l'arrêt de croissance est dû à une rupture spontanée de la membrane au sommet du filament et où des rameaux se développent consécutive- ment (fig. (5). 6. Rameaux nés sur des filaments présentant au cours de la 1'" ou de la 2" période une rupture spontanée de la membrane du sommet. Dewèvre signale des filaments présentant spontané- ment des rameaux dans des cultures vieilles de plusieurs jours faites sur gélatine contenant du moût de bière. Des (I) Laurent : Éludes sur la lurgescence chez les Plnjcomyces. Bulletin de l'Académie royale de Belgique. Tome X, 1883. MEMOIRES. 91 cultures sur jus de pruneaux peuvent également leur donner naissance, rarement il est vrai. Ces filaments n'ont pas encore formé leur sporange ou sont au début de sa formation Ils montrent tous à leur extrémité des débris protoplasmiques accolés à la partie externe de la membrane, indice de la rupture de celle-ci à ce niveau. Comme la même rupture s'observe sur beaucoup de filaments qui n'ont pas donné de rameau, on peut en conclure que l'apparition du rameau est consécutive à la rupture. Certains d'entre eux présentent, comme le dit Dewèvre une cloison transversale au-dessus du point d'insertion du rameau. La figure 6 montre un rameau né sur la cloison même et s'engageant dans la portion terminale nécrosée du filament. Le nombre des rameaux est très variable : la figure 7 représente un filament qui en a produit 7. Ce travail a été fait avec les conseils de M. Errera, et de MM. Massart et Clautriau. Institut botanique de Bruxelles. i-2aoùt, 1896. EXPLICATION DES FIGURES DE LA PLANCHE III FiG. 1. — Courbure d'un fllaraeut sporangifère après 1 1/2 heure d'action héliotropique. Pas d'accumulation protoplasmique au côté concave. FiG. 2. — Courbure plus marquée après 1/2 heure d'action hélio- tropique seulement. Très légère accumulation au côté concave. FiG. 3. — Ampoule sous-sporangiale. FiG. 4. — Schématique. Portion d'un filament sporangifère ù zone de croissance ampullaire. La paroi supérieure est mise au point. FiG. 5. — Demi-schématique : filament à zone de croissance ampullaire. La paroi supérieure est mise au point. FiG. 6. — Demi-schématique : filament sporangifère à rupture terminale montrant un rameau né sur la cloison transversale. FiG. 7. — Filament sporangifère montrant 7 rameaux développés à la suite d'une rupture de son extrémité. NOTES SUR QUELQUES ESPÈCES DU GENRE TRENTEPOHLIA (martius) PAR É. DE WILDEMAN DOCTEUR EN SCIENCES NATURELLES /orne fascicule) NOTES SUR QUELQUES ESPECES DU GENRE TRENTEPOHLIA (mar™^) Dans un volume antérieur des Mémoires de la Société belge de microscopie, nous avons publié un premier fas- cicule de «Notes sur quelques espèces du genre Trenle- po/ilkn^ (1); nous annoncions alors l'apparition d'études nouvelles sur diverses espèces du même genre. Mais par suite de diverses circonstances nous n'avons pu jusqu'à ce jour donner suite à notre projet, et reprendre les études détaillées de certaines espèces. Nous avons cependant, dans ces derniers temps, publié des diagnoses d'espèces nouvelles et un census général des espèces dans la Notarisia. Ces diagnoses se rapportent à des espèces que nous a rapportées M, Massart de son séjour à Java; mallieureu- semcnt le travail et les planclies acbevées depuis long- temps n'ont pu être publiées encore. Il se fait ainsi que plusieurs des observations des plus intéressantes rapportées dans le dernier travail de M. Scbmidie « Epipbylle Algen ncbst einer Pilliopliora und Dasija aus Neu Guinea )^ (2), se trouvent signalées dans notre manuscrit. (1) Me'in. Soc. belge de microscopie^ l. XVIII, p. 5. (2) Flora, lîd. S3 (lb97). XXI 7 98 SOCIÉTÉ BELGE UE MICROSCOPIE. Nous ne pouvons donner ici toutes les observations accompagnant clans notre travail, sur les Algues de Java, les diverses espèces de ce genre, mais nous pensons qu'il y a lieu d'attirer plus spécialement l'attention sur certaines espèces décrites et figurées par M. Schmidle parce que nous ne sommes pas dans tous les cas d'accord avec lui. Nous étudierons dans la première partie de ce fascicule Tr. pinnala Schmidle, Tr. cijanca Karst., et reprodui- rons en outre quelques observations que nous avons émises dans la Notarisia sur le Tr. gcrmanica Gluck. Dans la deuxième partie nous tiendrons compte des dernières remarques de M. Schmidle, sur la séparation des espèces du genre en deux sections. I Trentepohlia piNNATA Schmidlc in Flora, Bd. 85 (1897), p. 510, «g. B. 1-5. Cette espèce considérée par l'auteur comme une nou- veauté et dont il dit : « Dièse schdne und iiusserst regel- massig gebaute Alge konnte ich ebenfalls nur in weni- gen Raschen an einem Baumblatte finden. Auch si geliôrt zu section Ileterothallus und zwar zweit'ellos in die Nàhe von Tr. (liU'usa De AVild. », est plus voisine qu'il ne le croit de notre espèce, elle est même identique. M. Schmidle se base pour déclarer le T. pinnala dif- férent du T. Dl/l'usa sur la figure publiée par M. Hariot dans ses «Noies sur le genre Trcnlcpohl'ia ^^ , et sur la description de cedernierauteur ainsi que sur celle publiée par M. De-Toni dans le S}'ll. Alg. I, p. 1 40, celte dernière MK.MOlllKS. 99 étant la traduction latine de notre diagnose originale, publiée en 1888 dans les Bulletins de la Société belge de microscopic, p. 18:2. Nous n'avons, depuis la publication de cette dernière espèce, eu l'occasion de revenir sur elle, nous n'avions point revu cette Algue. C'est dans ces derniers temps, que dans les récoltes de M. Massart, nous avons retrouvé cette Algue. Disons tout d'abord que notre diagnose était préliminaire et que nous l'avons modifiée dans notre travail, sous presse, sur les Algues de Java. En outre la figure publiée par M. Hariot est assez grossière et ne fait pas saisir nettement les caractères du Tr. di/fusa. Dans les planches qui accompagneront les études sur les Algues javanaises, nous avons refiguré cette plante et les dessins de notre pi. Vil, fig. 18-:20, sont tout à fait comparables à ceux publiés par M. Schmidle. Nous avons remarqué chez le Tr. di/jusa des zoospo- ranges pédicelles et des zoosporanges sessiles, ceux-ci sont généralement situés sur les filaments couchés du thalle; les zoosporanges pédicelles terminent des rameaux dressés. Les rameaux qui se dirigent perpendiculaire- ment à la feuille, sont rarement rameux du moins dans les échantillons de Java, dans ceux de Ceyian, nous n'avions guère observé de ramification. La cellule sup- port du zoosporange peut ici également, de même que chez la plupart des espèces du genre, au lieu de donner naissance directement à un zoosporange, reformer une cellule support qui formera alors le zoosporange; dans une des figures de la planche citée plus haut nous repro- duirons cet aspect. D'ailleurs les caractères tirés de la ramification du 100 SOCIÉTÉ BELGE UE MICUOSCOI'IE. tliallc, n'est pas me senible-t-il d'une grande valeur, de même que celle de la forme de la fructification. Ce sont là des caractères sujets à varier, et qui sont certainement sous la dépendance des agents extérieurs. Quant à la longueur des cellules des filaments dressés, autre argument que présente M. Schmidle pour différen- cier les deux espèces, il est certain que nous avons donné un chiffre trop petit. Si en général dans les fila- ments que nous avions étudiés dans notre premier échantillon, les cellules ne dépassaient guère en longueur le double de la largeur, on trouvait parfois des cellules beaucoup plus hautes; dans les matériaux de Java cela se présentait fréquemment, comme on pourra d'ailleurs le voir dans les dessins cités plus haut. Nous croyons qu'il ne sera pas sans utilité de donner ici la description que nous comptions faire paraître en premier lieu dans notre travail sur les Algues de Java, nous ferons voir ainsi que cette description se rapporte complètement au Tr. pinnala Schmidle. Ce dernier nom doit donc entrer dans la synonymie de notre T. dij- /usa, dont la description plus ou moins complète sera : Tr. diffusa De Wild. in Bull. Soc. roy. de Bot. de Belgique, t. XXVII (1888) p. 182; llariot. Notes sur le genre Trenlcpohim, p. 51. Tr. pinnala Schmidle in Flora, Bd 85 (189G), p. 510, fig. B. 1-5. Thalle liéléromorplie. Filaments primaires rampants à la surface du support, formés de cellules cylindriques de 2 à 4 fois aussi longues que lai-ges, de 12 y. environ MKMOIRES. Kll de diamèlre; rameaux primaires fortement rameux. Dernières l'amilications latérales courtes, (jénéralement opposées, à cellules plus ou moins irréyulières, les der- nières forment une croix. Cellules des bras de la croix, coniques, souvent courbées. Filaments dressés, cylindri- ques, rarement rameux, et quand ils le sont assez forte- ment, présentant des cellules irrégulières [Schmidle). Cellules des filaments dressés de 1-5 fois aussi longues que larges, cette dernière mesure ne s observant guère que dans les cellules support de zoosporange. Filaments dressés de 8 iz environ de diamètre, les stériles ci cellule terminale conique. Zoosporanges scssiles ou pédicellés sur une cellule support renflée à son extrémité et parfois un peu recourbée. Zoosporanges scssiles naissant sur le thalle rampant, globuleux ou ovalaires de 12-19 [^ de diamèlre. Zoosporangespédicellés terminant les rameaux dressés, èi zoosporange de 12 [^ environ de diamètre, la cellule support atteignant environ 10 i^ de diamèlre. liai). — Sur les feuilles de divers arbres. Disp. — Ceylan (Thwaites), Gogol-Oberlauf (Nou- velle Guinée) (Schmidle), Gorge du Tjiapoes(Java)(J. Mas- sa ri). Trentepohlia cyanea Karst. M. Schuiidle a retrouvé dans les récoltes qu'il a étu- diées, cette espèce connue jusqu'à ce jour des Indes néerlandaises seulement. J'ai également eu l'occasion d'étudier cette espèce sur de forts beaux matériaux rap- portés par M. .1. Massart, de l'endroit môme où l'Algue avait été récoltée pour la première fois par iM. Karstcn, 102 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. ce qui ne peut faire douter de rauthenlicité des échanlil- lons que j'ai pu examiner. Comme nous le disions dans le travail manuscrit que nous avons déjà rappelé plusieurs fois, la description publiée par M. Karsten est si incomplète que déjà dans nos notes nous avions considéré cette espèce comme nou- veauté et ce n'est qu'après coup, lorsque M. Massart nous a donné tous les renseignements sur la récolte, que nous avons rapporté notre Algue au T.cijanea. Les figures du travail de M. Karsten sont d'ailleurs, on doit l'avouer, très insuffisantes. Nous dirions presque la même chose des croquis de M, Sclimidlc, ils ne me semblent pas présenter avec netteté les caractères si saillants et si par- ticuliers de l'espèce découverte par M. Karsten. Un de ces caractères qui avait été remarqué par moi lors de mes recherches, et dont la présence avait passé inaperçue à M. Karsten, a été bien vu par M. Schmidie qui se trouve ainsi être le premier à l'avoir publié, c'est la présence d'une gaine nette autour des filaments rampants appli- qués contre le suppoi't. Ces gaines épaisses, irrégulières se remarquent fort bien, et elles ne peuvent être long- temps confondues avec une enveloppe d'hyphes mycé- liennes, à laquelle M. Schmidie avait cru devoir la rap- porter un instant. M. Schmidie a observé des zoosporanges portés sur une cellule renflée terminant un rameau dressé, mais nous savons, parde nombreuses recherches, que ce mode de fructification se retrouve chez presque toutes, pour ne pas dire toutes, les espèces de ce genre. Par contre, M. Schmidie n'a observé qu'une fois un zoosporange sessile latéral. Or, dans les échantillons de Java, c'était ce mode de fructification qui était le plus fréquent et les MÉ.MOIHKS. 103 zoosporanges sessiles se présentaient avec des caractères très spéciaux. Aussi dans nos observations manuscrites nous avons attiré tout spécialement l'attention sur ces organes de reproduction. Ils sont ovalaires ou pyrifortnes, la queue de la poire dirigée vers le bas, dressés le long du filament dressé qui les porte et la cloison séparatrice n'apparaît pas au niveau de la cellule du filament dressé, mais bien perpendiculairement à la plus grande longueur du zoos- porange. Cette disposition particulière de la cloison com- munique un aspect tout particulier à ce Trentcpolilia. L'ouverture du zoosporange se fait par un pore terminal. Quant à la ramification des filaments coucbés du thalle, elle se fait toujours perpendiculairement à la direction de la cellule dont est issu le rameau, ce que M. Sciimidle ne semble pas avoir nettement reproduit dans la figure B. i, p. 512, loc. cit. Nous croyons donc utile de donner ici aussi la descrip- tion complète de ce Trentepohiia telle que nous l'avons écrite dans notre manuscrit sur les Algues de Java. Trentepohlia cyanea Karst. in Ann. Jard. bot. de Bui- tenzorg, t. 8 (I89I), p. 14, pi. Il, fig. 6 et (Sa; Sciimidle, loc. cit. Thalle liéléromorphc. Filaments primaire fi , rampants formés de cellules cijUnilriques de 2 à 4 fois aussi lon- (jues que larges et de 7 à 10 y, de diamètre; rameaux disposés perpendiculairement et irré(iulièrement des deux côtés du filament. Filaments couchés entourés d'u)ie gaine gélatineuse hgaliue. Filaments dressés pouvant 104 SOCIETE IJELCE DE MICROSCOIME. (Uleindre jusqu'à 380 i^. de long, cnHudriques plus ou moins aigus, composés de cellules de lj2 à 3 fois aussi longues que larges et de 7 à 9 /x de diamètre. Zoospo- ranges ovalaires ou pijri/ormes sessiles ou très courle- mentpédicellés, latéraux dressés à ouverture terminale, toujours localisés sur les rameaux dressés, solitaires ou en série de 2 à 3 sur des cellules voisines. Zoosporanges latéraux de 15 à 19 {x de diamètre et de 25 « 34 fx de long. Les zoosporanges pédicellés portés sur une cellule support plus ou moins recourbée et terminant dans ce cas les rameaux dressés, mesurent 12 et II y. de long et de 10 Cl 12 /x de diamètre (Sclimidle). Les échan- tillons sécliés posséderaient la propriété de se colorer en bleu noir foncé quand on les humecte. Hab. — Sur les feuilles de divers arbres. Disp. — Java (Karsten, J. Massart), Nouvelle Guinée (Sattelberg) (Scbmidie). Trentepohlia germanica Gluck in Flora, Bd. 82 (1896), p. 208--285 c. ic. Dans un article « Ein deutscbes Coenogonium » paru dans le dernier fascicule du Flora (M. le D' H. Gluck vient de décrire un Trentepohlia qui formerait les goni- diesdu nouveau lichen, Coenogoniumgermanicum Gluck. Ce Trentepohlia que l'auteur rapproche avec raison du Tr. uneinata Gobi, est désigné sous le nom Tr. ger- manica. Il ne peut, à notre avis, être considéré comme espèce, ni même comme variété; il ne diffère pas du Tr. aurea (L.) Mart. L'absence de cellule uncinôe, support du zoosporange, MKSIOIUES. ^05 que M. Gluck considère comme caractère distinctif, n'a, comme nous l'avons déjà t'ait rcmarquei' à maintes repri- ses, aucune valeur systéuiatique. Les deux modes de i'ructiticalions peuvent se rencontrer chez la plupart des espèces du genre. 11 sulïit d'ailleurs de comparer les dessins, intercalés par M. Gluck dans sa notice, avec les nombreuses repré- sentations du Tr. aurca publiées un peu partout pour s'assurer que l'on se trouve, dans le cas présent, devant une des formes de cette très polymorphe espèce. Dans celte même notice, M. Gluck, tient à citer, dit-il, 4 espèces signalées en Allemagne et non relevées par les auteurs de Flores, ce sont : Tr. iincinala (Gobi). Tr. suhsimplcx Casp. Tr. arborum Ag. Tr. maxima Karst. De ces quatre espèces, les deux premières et la qua- trième doivent passer dans la synonymie du Tr.aurea; il suffît d'examiner comparativement les descriptions et les iigures de ces espèces pour se ranger à l'avis de la plupart des auteurs et en particulier à celui de M. ïlariotcjui a l'ait ces rapprochements soit dans son étude monographicjue du genre Trcntcpolilia,so\{.(\c\ns les observationspubliées ultérieurement dans le Journal de botanique de Morot. M. Deckenbach a, comme nous l'avons fait ressortir antérieurement, poussé les choses plus loin. Il a créé un nom nouveau Tr. pohjiuorplm, et a fait entrer dans ce vocable, non seulement toutes les formes de Tr. aiirea, mais encore les Tr. uinhrina et Tr. liKjcuif'cra, Algues que la plupart des auteurs admettent encoi'e comme spé- cifiquement distinctes. 106 SOCIÉTÉ BKLGE DE MICHOSCOPIE. Le T. f/crmanica GliKîk disparaîtra donc de la lisle des espèces du genre Trentepohlia, nous le rangeons dans la synonymie du T. aurea (L.) Mart. Cette dernière espèce aura donc comme synonymie les espèces suivantes, sans tenir compte des deux formes ou variétés assez bien marquées que M. Hariot a proposées dans sa revue monographi(pie , les var, gemdna et polijcarpa. T. AUREA (L.) Martius FI. Crypt. Erlang. (1817), p. 551 ; cfr. Notarisia XI (189()), p. 8(3.' Byssus imrca\ùi\genuin(i Hariot. in Journ.de Bot., t. 111.(1889), p. 574. T. — var. poiijcarpa Hariot loc. cit. (1). T. veiulina (Kutz.) T. uncinata Wille. T. capitcllata (Ripart). 7'. poiycarpa'Sees et Mont, in Ann. se. nat., sér.ll, t. V(185G), p. 71. T. Tuckennaniana Mont. FI. Chili VIII, p. 274. T. villosa De-Tony Syll. Alg. I. (1889), p. 259 p. p. T. maxima Karst. in Ann. Jard. bot. Buitenzorg t. X. (1891), p. 8, pi. I, p. i-IO. r. Monlis-Tabulac De-Toni Syll. Alg. 1. (1889), p. 240. r. gcrmanica Gluck in Flora (189G), p. 268c. ic. Cliroolepns muséum Kùlz. Phye. gêner. (1895), p. 284 et Spec. Alg., p. 426, c. syn. C. velutimim Kûtz. Pliyc. gêner. (1845), p. 228. C. suhsimpicx Cas p. C. oleifenun Kiilz. Pliyc. gêner (1845). C. Monlh-Tabulae Ueinscli in .Tourn. Linn. Soc, t. XVI. (1878), p. 245. MfiMOMlES. 107 C. flavum Kiilz. Pliyc. gêner. (18i5), p. i':2 Correspondance : M. le docteur Rouffart, président, empêché d'assister à la séance de ce soir, ainsi que le docteur Pechère font excuser leur absence. Ouvrage reçu en konimage : Rupert Jones. — Dimorpliisni in ihe Miliolinae and 28 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. in olher Foraminifera. (Ann. and Magaz of Nat. Hist., 1894.) Des remerciements sont votés à M. Rupert Jones. Élection : Monsieur le docteur Van Bambeke et M. le docteur Funck sont nommés à l'unanimité membres effectifs de la Société. Communications : M. Demoor expose le résultat des dernières recher- ches de Hamburger sur la pression cellulaire. Il com- mente les résultats obtenus par cet auteur et indique quelques modifications à apporter dans la pratique médi- cale à la suite de ces recherches. Cette communication donne lieu à un échange d'ob- servations entre MM. Errera et Demoor. M. Errera invite M. Demoor à rédiger sa communica- tion et à l'envoyer au secrétaire. La communication de M, Demoor paraîtra dans le Bulletin. M. Clautriau montre à la société des cultures de Bac- téries lumineuses ; il attire surtout l'attention sur des clichés photographiques de ces cultures; il les a obtenus en exposant en chambre noire photographique ces Bac- téries devant une plaque sensible. Le président remercie M. Clautriau de sa communi- BULLETIN DKS SÉANCES. 29 cation et le prie de bien vouloir résumer sa communica- tion. La communication de M. Clautriau paraîtra ultérieu- rement dans les Bulletins de la société avec la reproduc- tion des clichés présentés par l'auteur. M. Errera développe ensuite la communication qu'il avait intitulée : La feuille comme plaque photogra- phique. Le résumé de cette communication sera publié dans le Bulletin de la séance. M. De Wèvre fait annoncer le dépôt d'une note myco- logique qui paraîtra dans le bulletin. L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 10 I/i heures. LA FEUILLE COMME PLAQUE PHOTOGRAPHIQUE (résumé de la conférence de m. errera.) Si l'on veut réduire la photographie à ce qui est indis- pensable, on sait que tout le système de lentilles peut être supprimé : une boîte à cirage percée d'une très petite ouverture suffit à constituer une chambre obscure, au fond de laquelle l'image des objets extérieurs se pro- jette fidèlement. Les seuls éléments essentiels sont donc : un corps lumineux (soit par les rayons qu'il produit, soit par ceux qu'il reçoit), et une plaque sensible. M. Clautriau vient de vous montrer des clicîhés pour lesquels des êtres vivants formaient la source de lumière. Peut-être verrez-vous avec intérêt l'expérience en quel- que sorte inverse : des êtres vivants constituant la plaque sensible, avec l'amidon comme produit de l'action pho- tochimique et l'iode comme révélateur. La réaction de l'iode sur l'amidon vous est bien connue, et il y a longtemps que les micrographes en font usage. C'est même là, je pense, la réaction qui forma le point de départ de la microchimie. Mais à côté de son emploi sous le microscope, celte réaction permet aussi de s'assurer rapidement de la présence ou de l'ab- sence d'amidon dans les tissus végétaux, examinés à l'œil nu. Et comme on peut alors embrasser d'un seul regard tout un organe ou même une plante entière, le BULLETIN DES SÉANCES. 31 traitement par riotlc fournira de précieux renseigne- ments sur la distribution de l'amidon dans les végétaux. C'est Bôhm (i) qui, le premier, a tiré parti de cette méthode à la fois si simple et si démonstrative. Il opé- rait sur de jeunes plantes en germination : il les déco- Jore d'abord par l'alcool, il les traite par la potasse, les lave à l'eau, à l'acide acétique, puis de nouveau à l'eau et, enfin, les plonge dans de la teinture d'iode diluée. L'intensité plus ou moins grande de la coloration violette dans les ditïérents individus et dans leurs divers organes indique leur richesse en amidon. Quelques années plus tard, Hanstein (2) fait connaître un procédé analogue et l'applique à des plantules variées {Crtica, Ijwmœa, Ra plia nus, etc.) Sachs eut le mérite de se servir de cet essai par l'iode (« Jodprobe ») — comme il l'appelle — pour une vérifi- cation méthodique des principaux phénomènes relatifs h la formation et à la migration de l'amidon dans les plantes (5). Les feuilles, fraîchement récoUécîi, sont simplement bouillies pendant une dizaine de minutes dans l'eau; plongées ensuite jusqu'à décoloration dans de l'alcool fort, que l'on peut, pour aller plus vite, chauffer au bain-marie à SO-OO"; puis, déposées pen- dant deux ou trois heures dans de la teinture d'iode étendue d'eau. Parfois il importe de rendre les feuilles tout à fait (1) J. BÔHM, Ueber SUirkebUdung in den KehnbliiUern der Kresse, des Retiigs und des Leins, Siizungsb.cl.K. Akad. Wien, 18Ti, I, p. 10 du tiré h part. (2) Hanstein, Sitzungsb. d. Niederrliein. Gcs. f. Natur-u. Heilkunde, IGjuillel 1877. (5) J. Sachs. Ein Beilraci ;. Kcnnlniss der ErnaliranqslIiiUigMt der Blatier, Arb. d. bot. Inst. Wilrzburg, lli, I, IHSL p. 2 (Gesainin. Abliaiidl.. 1, p. ôoo). 32 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. transparentes, afin de pouvoir éventuellement les exa- miner au microscope : on aura recours pour cela à « l'essai par le chloral iodé » (« Chloraljodprobe «), préconisé par Schimper (i). Les feuilles décolorées par l'alcool sont laissées pendant 12-24 heures dans une solution d'iode dans l'hydrate de chloral dilué (8 parties de chloral pour 5 d'eau). Les spécimens que je vous présente reproduisent quelques-unes des expériences fondamentales; ils ont été traités suivant le procédé de Sachs. On y voit que l'assimilation de l'acide carbonique et la synthèse primaire de l'amidon n'ont lieu qu'à la lumière et dans les parties vertes; tandis que la disso- lution de cet amidon et sa migration des feuilles vers la tige se poursuivent jour et nuit. Les quantités d'amidon que l'on voit ainsi apparaître et disparaître sont très considérables, et encore savons-nous, grâce aux recher- ches de Schimper et d'autres, que ce n'est point là la totalité des hydrates de carbone qui dérivent de la réduc- tion de l'acide carbonique : en effet, une partie voyage sans cesse vers la tige, une partie reste dans la feuille sous une forme soluble, et c'est le surplus seulement — le trop-plein en quelque sorte — qui s'y dépose à l'état d'amidon. Voici des feuilles dePlujtolacca esculenta cueillies en plein été, à différentes heures de la journée : à 5 heures du matin, presque pas d'amidon; à 9 heures, quantité modérée, surtout vers la pointe de la feuille; à 8 heures du soir, la feuille est littéralement bourrée d'amidon et-, sauf les nervures, elle est colorée partout en violet- (1). A. F. W. Schimper. Veber Bildimg iind Wanderung der Kohle- liydrate in den Laiibbliittcrn, bolan. Zeil., 1885, col. 759 BULLETIN DES SÉANCES. 33 noir opaque, avec un reflet métallique. Le lendemain malin, presque tout l'amidon a disparu de la feuille. Dans ces feuilles panachées de Negundo fraxlnifo- lium, la coloration violette reproduit exactement le dessin des parties qui renfermaient de la chlorophylle : les parties qui étaient blanches dans la feuille vivante se montrent toutes privées d'amidon dans l'essai par Tiode. Enfin, j'avais privé d'amidon cette feuille de Haricot, en mettant la plante pendant quelques jours à l'obscu- rité. Puis, tout en laissant la feuille attachée à la tige, je l'ai enveloppée soigneusement de papier d'étain dans lequel j'avais découpé les quatre lettres du mot « Iode », et le tout fut exposé au soleil. Après deux jours, la feuille fut coupée. Traitée par l'eau bouillante et l'alcool, elle devint complètement incolore et ne semblait rien présenter de remarquable. Mais les quatre lettres étaient reproduites, sous forme d'amidon, et, pour « déve- lopper )) cette image écrite par le soleil dans les tissus vivants, il a sulïi de plonger la feuille dans une solution d'iode. Après avoir été séchée ensuite au moyen de papier à filtrer, elle conserve son iode pendant des années. Les quatre lettres, comme vous voyez, sont parfaite- ment lisibles. Mais c'est là, en somme, une image peu compliquée. Gardiner (i) est allé plus loin. Au lieu d'un simple papier d'étain découpé, il a appliqué sur une feuille, privée d'amidon, un négatif photographique : les rayons solaires provoquent la formation d'amidon, (1) W. Gardinek, a iiew application of plwfoqraplui to the démons/ ra- tion of certain pliiisiological processes in plants, Ximahof Boi.,Nov. 1889, p. IG5. XXi 3 34 aux divers points de la feuille, en raison inverse de l'opacité du cliché. L'iode fera donc apparaître sur la feuille une épreuve positive du cliché employé. Gardiner ajoute que l'on pourrait rendre cette « épreuve » plus durable en traitant par un sel soluble d'argent qui for- merait de l'iodure d'argent partout où il y avait de l'iodure d'amidon. Une application plus intéressante encore de l'enregis- trement photographique par la feuille a été indiquée, il y a peu d'années, par Timiriazetf (i). Afin de démon- trer que les rayons absorbés par la chlorophylle sont aussi ceux qui produisent la décomposition de l'acide carbonique, ïiujiriazetï' projette, au moyen d'un héliostat, d'une lentille achromatique et d'un prisme, un spectre solaire sur une feuille privée d'amidon. Après une exposition de 5 à 6 heures, la feuille est détachée et soumise à l'essai par 1 iode : l'amidon s'est formé aux endroits correspondant aux bandes d'absorption et le spectre de la chlorophylle s'est inscrit, en quelque sorte, de lui-même dans le tissu de la feuille. Au lieu de prendre la production d'amidon comme indice de l'action lumineuse, on peut aussi laisser des organismes mobiles s'accumuler aux endroits les plus éclairés. Des zoospores vertes ont pu servir à Gardi- ner (2) à obtenir ainsi la reproduction positive des néga- tifs photographiques ; et vous connaissez tous les recherches classiques d'EngcImann, dans lesquelles la lumière attirait indirectement des bactéries, grâce à l'oxy- gène dégagé sous son intluence par les cellules vertes. (1) C. TiMilUAZKi'F, Enrc(jislremcnt pliutoyrapliu/ue de la fonction chlorophyllienne par la plante vivante, Comptes-rcntius, 18'JO, !<''' sem., l, ex, |). 1546. (2) Loc. cit. BULLKTIN DES SKANCKS. 33 Je n'insiste pas, car ce serait sortir de notre sujet et j'en ai dit assez pour vous montrer que la feuille mérite une place honorable, dans les traités de photogra|)hie, à côté — et, à certains égards, au-dessus — de la gélatine au bromure d'argent. A PROPOS d'un GENRE NOUVEAU DE MUCORINÉES Par A. I>E\%ÈVRE Dans un travail américain, au sujet des Mueorinées, paru récemment, l'auteur, M. Pound (i), parle d'un genre de Champignons appartenant à cette famille, dont j'ai fait mention dans une note publiée antérieure- ment (2). L'auteur fait remarquer que ce genre est insuffisam- ment connu, les caractères n'en ayant point été donnés ; c'est ce qui m'amène à m'expliquer d'une façon plus complète à son égard. M. El. Marchai (3), conservateur au Jardin botanique de Bruxelles, trouva, il y a quelques années, un petit Champignon bien curieux, qu'il plaça parmi les Mortie- rella, sous le nom de M. capitala, El. Marchai, faisant toutefois remarquer que cette espèce s'isole tout à fait dans le genre. Ayant repris l'étude de ce végétal, il me parut que ce (1) RoscoE PouND. A revision of flie Mucoraccae witli rspecial réfé- rence lo species reported Irom Nortli America, Minnesola Bolanical studies. {Bitlletin. n° 9, p. 87.) (2) A. Dewèvue. Conlribution à l'étude des Mueorinées, Grevillca, 1893-1894. (5) El. Marchai,. Mueorinées et Sphaeropsidées nouvelles. {Bull, delà Société roiiale de botanique de Belgique, année 1891, t. \XX, 2'ne fasci- cule, p. 154.) BULLETIN DES SÉANCES. 37 petit organisme présentant des particularités si spéciales, méritait d'être élevé au rang de genre. M. Carnoy, professeur à l'Université de Louvain, ayant été l'un des premiers, en Belgique, qui se soit occupé des Champignons de cette famille, il m'a semblé juste, de faire porter son nom à l'un des genres, c'est pourquoi j'ai baptisé le nouveau genre du nom de Carnoya. Le genre Crtr«o}/rt, ainsi formé, est au genre Mortie- rella ce que le genre Sijnceplialaslrum, Schr. est au genre Sijnceplialis. La tribu des Mortierellées, se trouve ainsi com- prendre trois genres, qui sont : Mortierella, Coem ; Herpocladium , Schr.; Carnoya (nobis). Caractères du genre. — Mycélium ramifié, non anas- tomosé, à filaments blancs; tube fructifère, dressé, pré- sentant à son extrémité un renflement sur lequel viennent s'insérer de petits rameaux simples, terminés par un sporange, et dont l'ensemble constitue une ombelle; sporanges petits, hyalins polysporés; spores sphéroïdales incolores. Description du Carnoya capitata (March.), A. Dew. = Mortierella capitala, El. March. Mycélium rampant, continu, ramifié, flexueux, blanc; filaments fructifères droits, parfois un peu courbés à leur partie inférieure, pourvus à leur base d'appendices mycé- liens élargis, leur hauteur varie entre 550 et 500 ,al de la si»éaiice iiiciisiielle »oii Zeiss Par 1». Drosten. I Un nouvel appareil à dessiner basé sur le principe de la chambre claire d'Abbé. Cet appareil, décrit par le docteur S. Czapski, dans la Zeitschrift fur ivissensc/iaft. Microscopie, Bd XI 1894, p. 289-:298, réunit maintenant tous les avantages -d'un outillage à dessiner parfait, surtout en l'employant avec la table à dessiner de Bernhard modifiée par Zeiss. La partie essentielle de la chambre claire d'Abbé se compose d'un cube formé par deux prismes collés ensem- ble par leurs faces de l'hypothénuse dont une est argentée. Dans cette argenture une petite place reste libre pour donner passage à l'image de l'objet. Un miroir d'assez grandes dimensions A (pi. I, fig. 1) tenu latéralement par un bras en aluminium, projette vers ce prisme l'image du papier de dessin. Le cube de prisme ordinaire, qui a une ouverture de 1 m/m de dia- mètre peut être remplacé par un autre prisme (ajouté à l'appareil), présentant dans son argenture une ouverture de 2 m/m de diamètre. Ce changement sera apprécié, quand il s'agira d'utiliser entièrement la pupille d'émer- gence plus large des faibles grossissements, notamment quand l'éclairage sera peu intense, par exemple dans les observations à la lumière réfléchie. Toute la partie supérieure de l'appareil (prisme, dia- phragmes et miroir) pivote sur l'axe Z(v. pi. I, fig. 1, 2) et découvre ainsi entièrement l'oculaire; cette disposition BULLETIN DES SÉANCES. S3 permet de passer rapidement du travail avec l'appareil à l'observation oculaire ordinaire et vice-versa. Ramené au dessus de l'oculaire, l'instrument reprend toujours exac- tement sa position, grâce à un encliquetage spécial. Le centrage de l'appareil dans la direction verticale se fait facilement au movcu de l'anneau de serrai>e A.S (pi. I, fig. 1] qui fixe la chambre sur le microscope. Le centrage dans le plan horizontal est obtenu par un méca- nisme très finement construit qui est manœuvré par deux vis L et //(pi. I, fig. 1-2), qui lui impriment deux mou- vements perpendiculaires l'un à l'autre. L'appareil permet donc une mise au point exacte de toute l'étendue du champ. Pour faire varier l'éclairage relatifau papier et à l'image on se sert : 1" d'une espèce de chapeau R qui emboîte le prisme et qui est muni sur son pourtour de verres enfumés (pi. I, tig. 1); ^^ d'un disque excentrique B garni, lui aussi, de verres enfumés (pi. I, fig. 1). Disque et chapeau ont chacun un trou complètement vide; ils peuvent donc rester sur l'appareil, même quand il n'est pas nécessaire d'amortir l'éclairage de l'image, ni celui du papier. Le verre de lunette dont les observateurs à vue anor- male peuvent avoir besoin pour distinguer nettement le dessin, est centré sur le trou supérieur du couvercle R et introduit dans son ouverture après avoir été au préalable taillé convenablement. Cet appareil permet donc les variations d'ajustement les plus diverses pour obtenir les conditions les plus avantageuses au dessin. Pour éviter toute distorsion il est à conseiller d'employer avec l'appareil le pupitre à dessiner du docteur ^Y. Bernhard modifié par Zeiss 64 SOCIÉTÉ BELGE UE MICIIOSCOPIE. {Zeilsclu'ift fur wissenscliaft. Microscopie, Band D, p. i'50, 1892, et Bd II, page 208) et dont nous donnons Fig. 1. ici la figure (fig. 1). Ce pupitre lend de bons services pour l'ajustement du papier par lapport au microscope. L'élévation de ce pupitre se laisse varier pour l'ajuster suivant la grandeur du microscope employé et suivant la distance de vue de l'observateur. Pour éviter toute distorsion et pour obtenir un dessin correspondant aux dimensions du grossissement du microscope, le plan de dessin se laisse incliner par rap- port au plan horizontal dans un angle de 55°. Le micioscope même se fixe sur la plaque fondamen- tale de ce pupitre; de cette façon la position du papier, par rapport au microscope, ne se dérange pas et l'image BULLETIN DES SÉANCES. 8$ reste toujours exacte sansque l'on ait à faire de nouveaux ajustements. Le prix de la chambre claire est de 75 fr. Le pupitre se fait en deux exécutions : 1" pour l'emploi avec un microscope placé verticalement fr. 45-75; 2° avec un mécanisme d'inclinaison, pour l'incliner en même temps que le microscope fr. 52,50. H Nouvelle platine mobile pour statif I". Cette platine, d'une construction très soignée, a l'avantage de rendre superflu l'emploi d'une seconde platine massive séparée en caoutchouc durci. Notre planche II, nous montre le statif muni de la nouvelle platine mobile. Voici la description de ce mécanisme. L'un des petits côtés du porte-objet est, comme d'ordi- naire, appuyé contre l'équerre A (fig. 2), tandis que l'un des grands côtés est pressé contre le rebord du cadre II. A l'aide de la deuxième équerrc B qui glisse dans une rainure longitudinale, il est facile de bien fixer le porte- objet. Pour s'adapter aux différents formats des porte- objets, l'équerre A peut être placée à plusieurs points du cadre à l'aide de la vis h, d'une goupille et d'une série de trous percés dans le métal du rebord (i). Le cadre avec ses équerres et le porte-objet peut être (1) C'est avec intention que la vis h nécessite l'emploi d'un tournevis; elle est lixéc une fois pour toutes p;ir le inicroi;ra|ilie qui se sert de rinstruuioul. Si elle pouvait ùlrc dépluct3e trop facilement, la sûreté du ri'péragc serait compromise. 56 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPJE. déplacé vers la droite de 50 m/m, au moyen du pignon K qui engrène dans une crémaillère; il est guidé dans ce W Fig. 2. mouvement par une queue d'aronde placée immédiate- ment au dessous de la crémaillère. Le vcrnier Ni de la division S, permet de mesurer le déplacement du cadre; sa lecture sert en même temps à caractériser la position du cadre. Le bouton TFqui dépasse la platine sur le côté droit de l'instrument, actionne une crémaillère perpendiculaire à la première, et fixée au dessous de la platine T; ce bouton déplace la platine d'avant en arrière. Deux glissières vissées sur la table supportant la pla- tine mobile (invisibles dans la figure, parce qu'elles sont complètement recouvertes), assurent à celle-ci une marche à la fois exacte et douce. On voit par contre sur la figure quatre bandes surélevées sur la table G; ces bandes sont soigneusement aplanies et polies et servent d'appui au lîULLETlN DES SEANCES. 87 mouvement de la platine mobile. Le déplacement est encore mesuré et par conséquent la position de la platine caractérisée par la lecture du vernier A2 sur l'échelle S-r, le mouvement peut atteindre dans cette direction 55 m /m. La platine mobile Test percée d'un trou ovale allongé dans la direction du mouvement; ce trou s'élargit en forme de cône vers le bas; la table G qui supporte la platine mobile est percée d'un trou circulaire; on assure ainsi le contact du porte-objet avec la surface supérieure du condensateur. On sait que ce contact est indispensable pour la microscopie moderne. La construction est solide et massive, ses surfaces de glissement et ses mécanismes de mouvement sont garantis contre la poussière et contre toute action atmos- phérique ou mécanique. On peut même, si on le désire, Fig. 3. découvrir avec la plus grande facilité toute la surface de la table : en desserrant le bouton X on enlève le cadre x\i 58 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. H qui n'est iixé que par deux goupilles et la vis L, la table prend alors l'aspect représenté par la fig. 5. En fait, on peut poser sur la table une plaque de cul- ture qui la couvre de toute son étendue, c'est-à-dire atteint la bride du prisme. Il est possible aussi de fixer un porte- objet d'un format quelconque sur la table à l'aide des valets FF et qu'on pique dans des trous ménagés à cet effet dans la table. Grâce au bouton ]F, on pourra encore déplacer mécaniquement l'objet dans une seule direction; le déplacement sera mesuré à l'aide du vernier lYo sur l'écbelle S.. Le bouton W sert en même temps de manette pour faire tourner la platine; on choisira donc à son gré la direction du mouvement de la platine, soit d'avant en arrière, soit de gauche à droite, soit encore dans toute autre. III Modification du condensateur permettant le passage commode de la lumière ordinaire à l'éclairage d'Abbé. Le stalif figuré pi. III, fig. 1 est muni d'un nouveau mécanisme, ayant pour but de passer d'une façon très commode de la lumière avec le condensateur Abbé, à la lumière ordinaire à diaphragmes. Le condensateur est appliqué au moyen d'un mécanisme spécial, de façon à pouvoir être écarté par un petit levier. On peut observer ainsi à la lumière simple, variée par un diaphragme-iris. Quand on veut de nouveau avoir la lumière du conden- sateur, on remet ce dernier en place par un simple mou- vement du petit levier. BULLETIN DES SÉANCES. S9 Ce contlensaleiir Ai)bé est fourni maintenant sur demande à tous les slatifs de là Va contre une majoration de prix fr. 51,2-^« IV Nouveau statif de petites dimensions (statif Yl'). Ce statif réunit toutes les pièces nécessaires pour l'usage normal des objectifs les plus forts, il est d'un prix peu élevé, suffît pour tous les travaux à faire dans la médecine, biologie, etc. Notre planche IV fournit la figure du nouvel appareil construit par la maison Zeiss. Ce statif suffîi a au médecin praticien, il pourra lui servir pour des recherches sérieuses; il sera certainement employé dans les laboratoires pour les élèves travaillant déjà avec des objectifs forts (immersion). Il est construit d'après le type de tous les microscopes ordinaires de la maison Zeiss ; ses dimensions et tout son arrangement tiennent le milieu entre le statif IV et VI. Un pied en fer à cheval lui assure une s-tabilité sufli- sante; toute la partie supérieure peut s'incliner jus([u'à l'horizontale. La platine massive, noircie au feu, de 80 X 80 m/m (distance de l'axe optique jusqu'à la péri- phérie de la bride du prisme = 40 m/m) est assez grande pour permettre l'emploi des porte-objets ordinaires, mais non des plaques de culture, etc. Au-dessous de la platine est fixé le manchon employé par la maison Zeiss depuis quelque temps déjà : on peut y introduire com- modément et sûrement, et par suite échanger entre eux avec rapidité les appareils suivants : GO SOCIÉTÉ BELGE DE MICKOSCOI'IE. a. le diapliragme-cylindre ordinaire (avec trois dia- phragmes de grandeurs différentes). b. le diaphragme-cylindre à iris nouvellement construit; l'ouverture de ce diaphragme peut être agrandie et rapetissée d'une manière continue (fig. 4). c. ie système d'éclairage N" 19 de 1,0 ouv. num., muni d'un diaphragme-iris fixé au centre de son plan focal inférieur. Ce système d'éclairage est indispensable quand on veut travailler avec des objectifs forts (fig. 5 Fig. 4. Fifl. 5. Le système d'éclairage N" 19 suffit même pour les études bactériologiques à « éclairage plein » ; car lorsque le porte-objet n'est pas relié au condensateur par une couche d'huile ou d'eau (et ordinairement cela ne se fait pas), les grands condensateurs eux-mêmes ne donnent qu'un cône d'éclairage d'une ouverture numérique de 1,9, quand le diaphragme-iris est ou enlevé, ou conqilèlement BULLETIN DES SÉANCES. 6! ouvert. Le reste du cône se perd par réflexion totale à la surface supérieure du condensateur. Cette ouverture de 1,0 est absolument suffisante pour les besoins de l'éclairage axial. Naturellement ce système de condensateur ne permet pas l'emploi de l'éclairage oblique ; les micrograplies qui, pour leurs recherches, auront besoin de ce mode d'éclairage, devront choisir l'un des grands statifs (l' II' IV^ V"). La lumière est envoyée dans le condensateur par un double miroir plan et concave (de 56 m/m de diamètre) capable de tourner dans toutes les directions. Le prisme qui guide le mouvement micrométrique pour la mise au point exacte, est fixé sur la platine. Ce mouvement micrométrique est tout aussi précis pour le statif VP que pour les grands modèles ; il permet l'emploi des objectifs les plus forts, même des objectifs à immersion. Ce qui caractérise le statif YP c'est son mouvement rapide par crémaillère et pignon. Le tube (qui ne porte pas de division), a au maximum une longueur de 160 m/m, longueur pour laquelle sont ajustés tous les objectifs. Quand on se sert d'uii revolver — ce qui peut se faire très commodément avec ce statif — la longueur du tube doit être diminuée de la hauteur du revolver (environ \o m/m). Un trait marqué sur le tirage indique exactement la longueur à donner au tube quand on se sert du revolver. Le prix de ce statif avec diaphragme-cylindre ordi- dinaireestde fr. 151.25; avec diaphragme-iris fr. lil.:25 et avec le condensateur et le diaphragme-iris fr. 150. 62 SOCIÉTÉ BELGK DE MlCKOSCOl'IE. M. Drosten montre encore un nouvel instrumenl construit par la maison Zeiss : les jumelles stéréosco- piques ou télestéréoscope; il met à la disposition des membres et intéressés des descriptions détaillées de ces instruments. Bulletin de la Société belge de Microscopie, t. XXI. PI. I. Fig. 1. Bulletin de la Société belge de Microscopie, t. XXI. PI. II. Bulletin de la Société belge de Microscopie, t. XXI. P. III. i'W'''''"''iiiiii!Œ^ f||||ljïliiii;iiii!!iiiiiiip[iiii!Baaii[[|ll|^ Fiîï. 1. R Fig. -2. J Bnlletin de la SocJéT>r \te\^f; <]fi Microscopie, t. XXI. PL rv' C.ZEISS JEMA. BULLETIN DES SÉANCES. 63 COMPTES RENDUS Eï ANALYSES M. Bourquclot (Bulletin de la Société botanique de France, t. 41, session extraordinaire de Genève, août 189i, p. XAXVII) a démontré dans la racine de certains Polygala, la présence de l'essence de ^Yintergreen ou éther 3Iethylsalicylique. Ce produit avait été trouvé jusqu'à ce jour dans les Betula lenta, Gaulleria procnmbeus, Gaulteria Lesche- naultii, Cm. punctala, G. leiicocarpa enfin dans les Polij- f/ala senega et al ha. L'auteur a pu déceler la présence de ce corps dans les Pohjfjala vulgaris, P. depressa, P. calcarea et dans le Monotropa Ilijppopitys. C'est surtout dans la tige de cette dernière plante que se trouve localisé le principe, tandis que c'est dans les racines des Pohjgala, qu'on le trouve le plus abondamment. Il était assez intéressant de signaler la présence de ce corps chez ces plantes si différentes. Le mode d'extrac- tion du principe est différent suivant les deux cas, il est exposé en détail dans la note de M. Bourquclot. É. D. W. * * w M. Mangin après avoir étudié les principes constituants de la membrane des cellules, a entrepris l'étude des mucilages; ceux-ci peuvent se classer en trois groupes. Ils se rapportent aux trois groupes de constituants des membranes [Uidlelin Société bolani(fuc de France, ses- sion de Genève 1894, p. XL). 6i SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Il distingue les mucilages simples, les mucilages mixtes, formés par le mélange de mucilages simples, et cite enfin un certain nombre de mucilages qui ne pré- sentent pas les réactions colorantes caractéristiques. Les mucilages cellulosiques sont coagulés par l'alcool clilorhydrique, insolubles dans l'oxalale d'ammoniaque. Ils se gonflent par l'eau, mais lentement. Ils s'illumi- nent de teintes irisées entre les niçois croisés, comme la cellulose. Ils se colorent par l'orseilline BB, le noir napthol en bain acide, et par le rouge Congo, la benzo- purpurine, la delta purpurine, la benzoazurine en bain alcalin. L'iode n'a que peu d'action, elle colore parfois le mucilage en brun. Ce genre de mucilage parait rare, l'auteur l'a rencontré uniquement cbez le Salep. Les mucilages pectosiques se gonflent très rapide- ment par l'eau, dans laquelle il se dissolvent. Cette solution devient très fluide quand on y ajoute des alcalis ou des acides bouillants. Ils n'ont pas d'action sur la lumière polarisée. Ils se colorent par le bleu de méthylène, safranine, bleu de napthylène, rouge neutre et surtout par le rouge de ruthénium en bain neutre. Ces mucilages sont beaucoup plus communs. Ils se rencontrent chez beaucoup de phanéroganes, chez cer- taines Algues et chez certains Champignons. Les mucilages callosiqucs, sont solubles dans les alcalis, le bichlorure d'étain. Ils se liquéfient, mais sans se gonfler. ; de même que les précédents, ils n'agissent pas sur la lumière polarisée. Ils se colorent par la rosa- zurine, l'azo violet, l'azo bleu en bain alcalin, et parle triphénylméthanc (bleu d'aniline], en bain acide. Ces mucilages sont également assez abondants et sur- BULLETIN DES SEANCES. 63 tout parmi les Champignons; clans les Phanérogames on les rencontre dans les cellules mères des anthères. Quant aux mucilages mixtes, ils jouissent à la fois des réactions des mucilages dont ils sont formés. Parmi les mucilages indéterminés, M. Mangin range un mucilage qu'il a ohservé dans l'alhumcn de certaines graines et en particulier dans celles du ('arouhier. É. D. W. BlLLETIi\ DES SÉA1\CES DE LA SOCIÉTÉ BELGE UE MICROSCOPIE ÏOME XXI. N" VI. 1894-1895. i*rocès-voi*I)al de la séance iiieiisuelle «lu 18 maiv^ 1805. Phésidence de m. Rouffart, président. La séance est ouvcrle à 8 1/2 lieures. M. Errera fait excuser son absence. M. De Wildcman rappelle à l'assemblée la mort de M. Bommer. M. J. É. Bommer professeur à rUniversité et conservateur au Jardin botanique de l'Etat à Bruxelles, fut l'un des membres fondateurs de la Société. Il avait quitté celle-ci il y a peu de temps, parce que ses éludes s'éloignaient un peu de la microscopie. Sur la proposition du seci'étaire, il est décidé que quelques lignes seront consacrées, dans le Bulletin, à la mémoire de J. É. Bommer. BULLETIN DES SÉANCES. 67 Communications : M. Nypels expose, d'après les travaux- récents et ses recherches personnelles, le résumé des ohservations qui ont été faites sur la sexualité des Urédinées. Il montre à l'appui de ses ohservations une fort belle série de prépa- rations microscopiques. M. Nypels veut bien se charger d'écrire une courte notice sur le sujet qu'il a traité; cette notice paraîtra dans le Bulletin. M. De Wildeman signale quelques-unes des espèces nouvelles de Champignons aquatiques qu'il a étudiées pendant son dernier séjour à Nancy, au Laboratoire de botanique de la Faculté des Sciences. Le résultat de ses observations paraîtra ultérieurement dans les publica- tions de la Société. M. Francotte montre une série de préparations microscopiques et de clichés photographiques des plus intéressants. M. Francotte attire surtout l'attention sur les noyaux des Vorticelliens et sur une question qui sera étudiée ultérieurement par deux de ses élèves, MM. Sand et Joris. J. É. BOMMER ('82n-i80o) Né à Bruxelles, le 17 novembre 18'29, Jean-Edouard Bommer qui compta parmi les membres fondateurs de la Société belge de microscopie, est mort dans cette même ville le ]9 février dernier. La carrière scientifique de Bommer, commença bien modestement, il débuta comme ouvrier typograpbe. Tous les loisirs que lui laissait son métier étaient passés à l'établissement Van der Maelen. Cet établissement sorte de Musée encyclopédique que les frères Van der Maelen avaient fondé à Molenbeek, renfermait des col- lections appartenant à toutes les branches des sciences. Mais parmi toutes, c'étaient les produits végétaux exoti- ques, les grands troncs de Cycadées et de Palmiers; et un assez bel herbier que possédait l'établissement qui attiraient l'attention du jeune Bommer. Les frères Van der Maelen encouragaient fortement tous ceux, qui s'intéressaient d'une manière quelconque aux sciences naturelles, ils poussèrent Bommer vers la botanique et l'attachèrent même pendant quelque temps à leur Musée. En 1855, il fut attaché au Jardin botanique de Bruxelles, qui appartenait à cette époque à la Sociale royale dliorlicuUiire de Hchjicjiic. Quand en 1870 la Société céda son local et ses collections à l'Etat, ce fut Bommer que l'on nomma conservateur des collections. Toute l'histoire assez mouvementée de la Société cllior- liciiUure a été racontée par Bommer lui-même dans l'excellente notice sur le «Jardin botanique de Bruxelles», BULLETIN DES SÉANCES. 69 qui a été publiée en 1870 dans le Bulletin de la Société royale de Botanique de Belgique. Cette même année il fut nommé professeur de bota- nique à l'Ecole d'borticulture de l'État à Yilvorde et en 187:2 on le nomma professeur extraordinaire à l'Univer- sité de Bruxelles. Ce fut en 1879, qu'il fut promu à l'ordinariat, il enseignait en ce moment toutes les bran- ches de la botanique, même la i)otanique industrielle. Ses recherches portèrent sur toute une série de points intéressants, mais il s'était voué surtout à l'étude du groupe des Fougères. Une première partie de ces études comprenant l'historique des classifications a paru. La monographie du genre Adiantum qu'il pré- parait depuis de longues années, et à laquelle il mettait la dernière main quand la mort est venue l'enlever, sera publiée par les soins de son fils, M. Ch. Bommer. rSous ne voulons point faire ici l'analyse complète des travaux du regretté professeur Bommer; nous avons tenu à consacrer quelques lignes à celui qui pendant tant d'années fut un de nos confrères. Mieux que nous ne pourrions le faire, M. le professeur Errera a retracé dans la leçon de réouverture du cours de botanique à la Faculté des sciences de l'Uuiversité, la vie et la carrière L scientifique de Bommer (1). ' É. D. W. (l) BuUelin Soc. roij. de Bol. de Belgique, l.ôi, première partie, p. T. La prôsciicc «l^or^aiie^i» »exiicl$ii chez les L'i'édiiiéeis, par P. Nypels. Dans une note parue en 1888 {Annals of BoUnuf, .Tune 1888, p. 47 avec Planche IV.) M. Massée publiait des observations faites par lui sur VAecidium ranuncii- lacearum : Sur des coupes faites dans des feuilles de Ficaire, chez lesquelles la présence du parasite ne se manifestait encore que par une légère décoloration, il aurait rencontré des organes sexuels bien caractérisés. Après fécondation, il se produirait sur toute la surface de l'oogone un grand nombre de protubérances destinées à former plus tard, les externes le péridium, les autres les chapelets de spores. 31. Neumann a étudié récemment (Hedwigia, 1894, p. 540, avec planches) le développement complet des écidies et des spermogonies chez un certain nombre d'Urédinées, parmi lesquelles un-^ecidium ranuncuUi' ceariim peut-être différent de l'espèce étudiée parMassee. Il est arrivé à la conclusion que les écidies et les sper- mogonies se formaient directement aux dépens d'un amas de filaments mvcéliens. J'ai fait des recherches analogues et suis arrivé aux mêmes conclusions que M. INeumann. Mes résultats étant, dans leur ensemble, identiques à ceux de cet auteur, je crois inutile de les détailler ici. Pas plus que lui, je ne suis parvenu à retrouver, soit dans les amas mycéliens et les jeunes fructifications, soit avant la for- BULLKTIN DES SÉANCES. 71 mation de ces amas, les organes sexuels Hgurés par M. Massée. Je me suis servi surlout des coupes microtomiques après inclusion à la paraffine, mais j'ai employé égale- ment d'autres méthodes de recherches : les coupes à la main dans les matériaux frais ou fixés à l'alcool, les inclusions à la celloïdine. J'ai répété mes ohservations un très grand nombre de fois. Il est assez difficile d'obtenir des préparations dura- bles ; la plupart des procédés de montage et de conser- vation font dispai'aitreàlalongue les détails de structure. J'ai cependant obtenu des préparations qui se sont assez bien conservées, par la double coloration à la brésilinc et à l'hématoxvline et le montage au dammar ou au baume. Des préparations plus démonstratives encore s'obtiennent par l'emploi d'un produit d'altération de l'hématoxyline, rencontré dans un extrait de campêche du commerce. Ce produit colore uniquement l'Urédinée et laisse non colorés les tissus de la plante nourricière; mais il est difficile à isoler et ne semble pas pouvoir être utilisé pratiquement. Ce n'est que par des tâtonnements et des essais répétés que je suis arrivé à obtenir, sur une centaine de préparations, quelques colorations bien pures. La seule espèce étudiée d'une façon complète et appro- fondie est XAecidium Eupfiorbiae [Uromyces Pisi/) sur Euphorbia Cijparissias. Cette Urédinée qui peut envahir toute la plante d'Euphorbe et y hiverner, modifie consi- dérablement l'aspect extérieur de celle-ci ; les feuilles sont entières ou presqu'entières, plus épaisses; elles portaient, dans les échantillons étudiés par moi, de nombreuses écidies et spermogonies à la face inférieure, 72 SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE. des spennogonies à la face supérieure. Les euphorbes utilisées par M. Neumann ne portaient que des spermo- i'onies. Le mycélium des Urédinées est en général intercellu- laire, se bornant à envover des haustories à l'intérieur des cellules, et ne pénétrant guère dans celles-ci tant qu'elles sont intactes (Cfr. Neumann, loc. cit., p. 558). Cependant, en parcourant les notes prises par mois au cours de mes recherches, je vois signalée la présence fréquente de lilaments circulant dans les cellules libé- riennes et, chose assez curieuse, également dans les laticifères. Les cellules épidermiques surmontant les écidies et les spermogonies étaient aussi envahies par rUrédinée. Dans les matériaux étudiés, les spermogonies se trouvaient habituellement en rapport avec les trachées par des filaments mycéliens allant s'appliquer extérieu- rement contre celles-ci (à l'intérieur des trachées, je n'ai jamais trouvé de filaments). Peut-être y a-t-ii avantage pour le parasite à mettre en relation directe avec la source d'eau ses spermogonies. Ces fructifications produisent chez certaines Urédinées et notamment chez VAccidium Euplwrbiac un liquide visqueux, ayant une odeur et une saveur spéciale. Une auti'e espèce, XAccidium Frmujidae Sclium, [Piicciiiia caronala Corda p. j).) a été également étudiée. Mais les échantillons recueillis étaient envahis par divers parasites. A la surface se trouvait une forme Cladusporiiun, qui est sans doute tout simplement le Cladosporiiim lierba- rum, ayant un habitat particulier {Cladosporiiim accidii- colum Tliùmcn?) Il n'est pas rare de rencontrer sur les BULLETIN DES SÉANCES. 73 Urédinées ce Cladosporium, soit en saprophyte dans le liquide déversé par les spermogonies, soit dans les sores ou sur les écidies. Dans ces derniers cas, il peut fonctionner comme parasite; j'ai vu ses filaments mycé- liens pénétrer dans les téleutospores de Puccinia fiisca et en absorber le contenu. Sur YAecidium Frangulae que j'étudiais, cet Hyphomycète semblait superficiel. Mais dans les amas mycéliens et les écidies, et dans le parenchyme voisin, fructifiait abondamment un autre ennemi de l'Urédinée, le Dariiica fitum, et dans ou sur les filaments mycéliens eux-mêmes semblait se trouver encore un troisième parasite. D'après l'apparence sur certaines coupes, c'était probablement une Chytridiacée. (Un C/iijtridiiim a été décrit par Lagerheim dans des urédospores). J'ai trouvé dans mes préparations de cet Aecidium ainsi attaqué des aspects très bizarres, variant d'une coupe à l'autre, dus sans doute à l'action des parasites et qu'on aurait pu interpréter de façons très diverses. Il y aurait des observations très intéressantes à faire sur les déformations parasitaires des filaments mycéliens d'Urédinées et sur les organismes qui les produisent. J'ai été obligé d'interrompre brusquement mes recher- ches et je ne les ai jamais reprises. Cet Aecidium Frangulae présentait encore une autre particularité ; la présence d'écidies situées dans la pro- fondeur des tissus et ne s'ouvrant pas au dehors. On s'explique très bien que des sores de téleutospores se forment dans la profondeur des tissus. Ces spores passent par une longue période de repos et peuvent être mises en liberté, avant leur germination, par la destruc- tion des tissus environnants. J'ai observé cette formation 7-i SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. interne de sores chez XUromijces Ficariae Lev. (Cfr. : Botanisch Jaarboek Dodonaea, 1805, p.5i).W.G. Smith (Gardeners Chronicle. Août 1885, p. 2io) dit avoir trouvé des téleutospores de Piœcinia graminis à l'inté- rieur de grains d'avoine. Mais en ce qui concerne les écidiospores, on est assez habitué à les considérer, sans preuves certaines, il est vrai, comme conservant peu de temps leur vitalité; il semble dès lors peu probable que ces spores formées à l'intérieur des tissus puissent servir. Il y a là soit une simple anomalie, soit l'effet de l'action excitante d'un parasite. W. G. Smith (Gardeners Chronicle. March 1886, p. 508 et 500), décrit et figure également des fruits de Berberis attaqués par VAecidiiim Berberidis et présentant des écidies à l'intérieur des graines. Je reviendrai peut-être plus tard sur la question de la fécondation chez les Urédinées, à propos des travaux récents de MM. Dangeard, Vuillemin, etc. Les recherches mentionnées ci-dessus ont été faites en 1800 et 1801 à l'Institut Botanique de Liège, où M. Gravis avait bien voulu mettre à ma disposition les instruments et objets nécessaires. Mars 1805. Li^Ox^cliroiualiiie et la basieliroiiiatiiie claiiii» les noyaux des ^'orticellleiis, par V. Fmncotte. Messieurs, j'ai l'honneur de vous soumettre quelques préparations microscopiques qui me paraissent avoir un véritable intérêt. Elles ont été confectionnées dans les conditions suivantes : deux de mes élèves, MM. Sand et Joris, que vous venez d'admettre comme membres asso- ciés, m'apportèrent au mois d'octobre dernier un certain nombre d'exemplaires de VArgiUus foliaceus qu'ils avaient trouvés sur différents poissons. Je leur ai pro- posé, à ce moment d'étudier ces intéressants crustacés par les méthodes que je leur ai indiquées. Quelque temps après, ils me montrèrent les coupes de l'animal dont il s'agit plus haut; elles étaient on ne peut plus intéressantes ; mais plus intéressantes encore étaient les vorticelliens qui vivaient attachés au corps de VAi^gulus. Ces protozoaires avaient été débités en tines tranches, en même temps que le crustacé qui les portait. Le liquide de Biondi, employé comme colorant, avait produit dans le macronucléus, comme dans le micronu- cléus, des différenciations réellement instructives. Le macronucléus que vous verrez là avec l'objectif N. A = 1.50, 2 millimètres, Apoch. de Zeiss, a l'aspect d'une bandelette recourbée d'une teinte générale ver- 76 SOCtÉTÈ RRLGE DE MICROSCOPIE. dâtre; vous verrez d'une façon remarquable et colorées en rouge rubis, de très petites spbères, des microsomes, qui constituent ce que Heidenbain (i) a appelé lanlha- nine ou oxycliromaline. Cette dernière substance que l'on rencontre dans la cbromatine absorbe la Rubine S ou fuscbine acide qui entre dans le réactif de Biondi. Parce qu'elle se colore par une couleur d'aniline acide, Heidenbain lui a donné le nom d'oxycbromatine. Dans la cbromatine, cet auteur a décrit une autre substance qu'il a appelé basichromatine, parce qu'elle prend le vert de métbyle, couleur d'aniline, qui est au contraire basique. De très petits microsomes, colorés en vert, existent dans le macronoyau; ils sont plus difficiles i\ découvrir; il faut même quelques instants d'attention pour les voir nettement. Tous les macronoyaux, sur les nombreux vorticelliens que vous trouverez dans les préparations, montrent nettement ce que je viens de décrire. Voici un pbotogramme obtenu avec l'objectif N.A=1 .i0,5millim. apocb. et l'oculaire projecteur 4 (Zeiss) qui reproduit d'une façon saisissante les petites perles d'oxycbromatine que vous observez au microscope au sein du macronoyau. Le grossissement est déjà considérable, il est de 1000 diamètres. J'estime que c'est grâce à la métbode des couj)es que la découverte de l'oxycbromatine a été faite cbez les vor- ticelliens : comme vous pouvez vous en assurer, l'oxy- cbromatine à l'état de spbérules se trouve toujours incluse assez profondément dans le noyau. La coloration Martin Heidenrain. Neue Untersuch. liber die Centralkôrper und ihre Bcziehungen zum Kern-und Zelleti proioplasma : Arcliiv fur m'ikrosk. Anatomie, 4^3 Bd., drille Hefl, mai 1894. BULLETIN DES SÉANCES, 77 générale du macronoyau étant verte, une mince couche de vert doit nécessairement éteindre la couleur rouge qui lui est complémentaiie. Sans coupe, sur des animaux entiers, le noyau n'aurait offert à l'observation que des sphérules d'aspect d'un gris clair qu'il eût été impos- sible d'identifier à l'oxychromatine. Tandis que dans le macronoyau, l'oxycbromatine se montre plus nettement, dans les micronoyaux, au con- traire la basichromatine est mieux diffenciée. Remarquons que Heidenhain a observé que dans les micronoyaux au repos d'un infusoire de l'intestin du Triton lielveticus, il n'existait pas de basichromatine. Mais il a trouvé dans les fuseaux qui sortaient de ces micro-noyaux des masses basichromatiques. Ceci ajoute le savant histologiste semble prouver que l'oxychromatine peut se transformer en basichromatine. Nous avons engagé MM. Sand et Joris à vous présenter le résultat des recherches qu'ils ont entreprises sur le sujet dont je viens de parler; je m'abstiendrai donc de donner en ce moment de plus longs détails sur la question. M. Francotte attire ensuite spécialement l'attention sur trois clichés positifs représentant, photographiés d'après nature, des œufs A' Ascaris megatocepliata pro- venant d'une même femelle; l'un offre au stade de l'étoile mère, cinq chromosomes parfaitement différenciés, le second, au même stade, montre trois anses chromatiques, enfin le troisième n'en montre que deux. Quelques expli- cations sont données à propos de cette anomalie, qui n'a, croyons nous, pas été signalée jusqu'ici. 78 SOCIÉTÉ BELGE DE MICKOSCOPIE. Le Président remercie M. Francotte d'avoir bien voulu présenter à la Société quelques-unes de ses belles pré- parations. Élections : MM. R. Sand et H. Joris, étudiants en médecine, présentés par MM. Francotte et Rouffart, sont admis au titre de membre associé. L'ordre du jour étant épuisé la séance est levée à 10 heures. La prochaine séance aura lieu le quatrième lundi du mois d'avril, c'est-à-dire le 22 avril. BULLETIN DES SÉANCES. 19 COMPTES RENDIS ET ANALYSES Dans ces derniers temps l'on a étudié les Champi- gnons fossiles; des travaux assez importants ont paru sur les organismes que l'on rencontre dans les prépara- tions de bois fossiles. Nous trouvons un travail assez important dans la Zeitsclirift der deutsclie geol. Ces. 1894, travail reproduit dans la Revue myco logique du 1" avril 1895. Certes les formes sont intéressantes, mais dans bien des cas incomplètes, et leur description me paraît devoir être diiîicile à interpréter. M. Renauld, du Muséum de Paris, bien connu par ses recherches paléontologiques, a également publié dans ces derniers temps deux articles sur les Cliytridi- nées fossiles du Dinantien et sur les Parasites des écorces de Lepidodendrons (Le Naturaliste 15 mars et 1" avril 1895). Dans le premier de ces articles l'auteur décrit VOocliijlrium lepidodendri qui vient se ranger dans le voisinage des Cladoclujlrium,et qui à notre avis même est tout simplement une forme de ce genre. Dans le second article, l'auteur figure simplement les formes qu'il a observées, leur détermination n'est pas possible dans l'état, où elles se trouvent dans ces tissus. Il me paraît même déjà des plus osé, d'affirmer que les globules que l'on observe dans les cellules sont des oospores de Chytridinées. Des cellules de cette forme se retrouvent fréquemment dans les tissus vivants sans qu'il soit possible de les rapporter avec certitude à des orga- nismes végétaux déterminés. 80 SOCIÉTÉ BELGE UE MICROSCOPIE. M. Renault a également trouvé des bactéries, l'une d'ellequi envahit les cellulesdu liège des Lcpidodcndrous et Sigillaires, est désignée sous le nom de Micrococcits prisais. L'auteur en fournira la description plus tard. É. D. W. lîLLLEllX DES SÉAACES DE LA SOCICTÉ BELGE DE MICROSCOPIE Tome XXI. N" VII. 1894-1895. l*roeès-verl>al de la séance iiieiiiiiiielle du tî2 avril 18f>5. Présidence de M, Rouffart, président. La séance est ouverte à 8 J^ heures. M. De XYilJcman, fait part de la mort d'un membre effectif, résidant à l'étranger, M. Julien Debv. M. Deby, qui fut pendant longtemps un des membres actifs de la Société, est décédé à Slieffîeld le 1 i avril dernier. Ses recherches microscopiques ont porté sur- tout sur le groupe intéressant des Diatomées, dont il possédait de riches collections. M. le D' H. Van Heurck, veut bien se charger d'écrire une notice sur la vie et les travaux de notre regretté collègue. M. De Wildeman, présente quelques préparations XXI 7 83 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. niiei'oscopiquos il'iuio Aliiuo, nouvelle et intéressante, qu'il a trouvée dans la eoUeelion Sehleielier, eonservée au Musée de Lausanne. Cette Algue appartient au genre Vauchcr'm, et l'auteur propose de la dédier à Sehleielier, sous le nom de V. Schlcic/uii. La deseription de eette espèee aeeonipagnée de ligures sera publiée ultérieurement dans le iUilletinde l'Herbier lîoissier (^Cliambésy, Cienève). M. De \Vildema[i, eommunitiue à la suite de eet exposé une lettre signée P. Otlel et H. Lafonlaine, ilans laquelle ees Messieurs demandent l'adhésion de la Soeiété au projet de réunir dans un même loeal, les diverses Sociétés scientifiques de l'agglomération bruxel- loise. A la suite d'une courte discussion il est décidé (pi'il n'y a pas lieu pour la Société de microscopie d'aban- donner son local, vu que dans les nouvelles construc- tions que l'État érige en ce moment au Jardin botanique, il lui a été réservé un emplacement pour ses collections. Il est décidé que M. le Président voudra se charger d'écrire en ce sens à >LM. Otlet et La Fontaine. La séance est levée à 10 heures. SDR L'ATTACHE DES CLOISONS CELLULAIRES CHEZ LES VÉGÉTAUX PAU Km. I>E 1VILDE.U4:% Depuis que nous avons publié nos Rechcrc/ics sur rattaclie des cloisons cellulaires (i), MM. Knyet Walir- lieli ont fait paraître sur la formation et l'accroissement en épaisseur ou en surface des membranes des cellules végétales, différents travaux où se trouvent attaquées, si pas directement au moins implicitement, les résultats auxquels nous étions parvenus dans nos études h). Les recherches de MM. Kuy etWahrlich, que nous associons ici, n'ont pas donné des résultats complètement semblables, elles sont d'ailleurs le résultat d'études sur des objets parfois très difïérents. Ces opinions ne sont pas toujours en accord, avec les idées qui commencent à se faire jour actuellement sur la mécanique cellulaire. Nous avons essayé de démontrer que le cloisonnement des cellules se fait en général, suivant une règle ou même une loi générale de la physique. Cette loi M. le Prof. Errera l'avait déjà énoncée en 188 7 à la réunion des naturalistes de Wies- baden;d'après elle, les membranes nouvelles qui naissent (1) Études sur Catlachc des cloisons cellulaires in Meni. cour, et Mcin. des savanls étrangers de l'Ac. des Se. de Beltjique^ t. LUI. (2) Kny, Ueber das ZuslanJekominen der Membranfalten in sei>-eii BczieluDujen znr Turgordruck [Ber. d. deulscli. Bot. Gfw/^v/j. Cil. M, j). 577. \\\H\\uc\^. Zur A)ialoinie dcr Zelle bei Pilieu un Fadenatgcn in Seri/Ha botaniea, t. IV, p. 101. 8i SOCIÈTH; belge UE MICUOSGOIME. dans une cellule au sein du protoplasme, s'attachent à angle droit, quand elles viennent s'appliquer sur des membranes anciennes; elles forment entre elles des angles voisins de 120% quand elles sont constituées en même temps. D'après celte n)ême loi, si une cloison vieillit, c'est-à-dire lorsque sa tension se rapproche de celle de la cloison sur laquelle elle s'attache, l'angle primitivement de 90", acquiert une valeur se rapprochant de 120". En d'autres termes, l'attache et la direction des cloisons est réglée par les lois régissant la disposition des lames liquides minces. Ces lois ont été fort bien étudiées par le physicien Plateau et par l'un de ses élèves M. le Prof. Yander Mensbrugge de l'Université de Gand. M. Kny a essayé de rejeter, ou du moins de jeter un doute sur cette théorie de la mécanique cellulaire. Il cite contre les lois de la physique appliquée à la structure cellulaire, les replis des membranes des anlhéridies des Cliara, des cellules épidermiques des pétales d'un assez grand nombre de fleurs, des cellules de la couche palis- sadique de certaines feuilles et enfln les cloisons trans- verses repliées des Spii-ogyra et les bourrelets des Oedo- ijoniiim. M. Knv écrit dans les conclusions de son article cette phrase; elle est dirigée contre les idées de MM. Errera et Berthold et par suite contre celles que j'ai développées dans le travail déjà cité : « Das Proloplasma ist ja nicht, \vie eine schr moderne Richtung der « Protoplasmame- chanik » annimmt, ein Kôrper, welcher nur den Moleculaïkràften zàher Flussigkeilen gehorcht; er ist vielmehr ein lebcndiger Organismus, der die Fàliigkeit der Formengestaltung besitzl «. Or tous les arguuients invoqués par M. Kny, ne peuvent, me semble-t-il, servir BULLETIN DES SÉANCES. 80 à réfuter le principe de la mécanique cellulaire, tel (juc M. Errera l'a énoncé pour la première fois à savoir : « Une membrane cellulaire, au moment de sa yenèse, tend à prendre la forme que prendrait, dans les mêmes conditions, une lame liquide sans pesanteur. » En effet presque tous les cas cités par M. Kny, ne sont pas primordiaux; les replis apparaissent après coup, sou- vent très longtemps après que la cellule où ils naissent a revêtu une forme en rapport avec les lois de la physique moléculaire. Jamais M. Errera n'a dit, jamais non plus je n'ai soutenu, que le principe régissant l'agencement des lames de cellulose devait s'appliquer à ces formations tardives. Nous avons envisagé la membrane lors de sa genèse, c'est-à-dire au moment où elle se différencie du protoplasme ambiant. M. Kny le reconnaît pour bien des cas lui-même, et pour les cellules des Cliara et pour celles de l'épiderme, il dit que les replis ne se constituent pas au moment de la formation de la cellule, mais bien qu'il s'écoule un certain temps avantleur formation. On peut observer dans les épidémies et dans les anthéridies de Cliara jeunes des cellules sans replis ; mais la forme de ces cellules, la manière dont elles sont agencées les unes avec les autres, est tout à fait en accord avec les données de la physique moléculaire. Nous pouvons également, pensons-nous, rejeter l'ar- gument tiré des replis des cloisons transverses des cellules de Spirogijra. D'après les données que l'on possède sur la formation de ces cloisons, et comme je l'ai vu souvent au microscope, les replis apparaissent quand la cloison a commencé à se former, quand elle a déjà formé un bourrelet assez 80 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. conséquent vers l'intérieur de la cellule. Or ce bourrelet est à attache rectangulaire contre la paroi de la cellule, c'est-à-dire en accord avec les lois de la physique. On nous a parfois fait encore cette objection ; la lame séparatrice de deux cellules, a lors de sa naissance une composition analogue à celle du protoplasme qui l'en- toure; or pour avoir une disposition semblable à celle des lames d'eau de savon, il faut qu'il y ait deux sub- stances bien différentes en présence, telles par exemple de l'air et de l'eau de savon. Cette objection ne me semble guère valable, il se peut, et il est même fort pro- bable, que lors de sa naissance la lame de cellulose ait la plus grande analogie avec le protoplasme ambiant; mais il suffit pour l'application de la loi que lors de la genèse, elle possède une consistance et une composition difïérente de celle du protoplasme environnant. Or, n'est-ce pas ce qui arrive ; quand la membrane est visible, , elle se différencie facilement du reste des composants de la cellule, par sa réfringence et par ses caractères chimiques. Cela est très suffisant me semble-t-il,pour justifier une comparaison entre les lames d'eau de savon et les cloisons cellulaires. M. Kny touche d'ailleurs accidentellement la ques- tion de la mécanique cellulaire dans son travail; celui-ci est plutôt dirigé contre les idées de M. Strasburger qui voit, dans l'accroissement de la cloison et dans la formation des replis, un résultat de Vapposilion. M. Kny au contraire admet la théorie de \intussusceplion. Mais nous n'avons pas à combattre ici l'une ou l'autre de ces théories, nous croyons d'ailleurs qu'elles entrent toutes les deux en ligne de compte dans l'accroissement en épaisseur ou en surface des cloisons cellulaires. BULLET!N DES SÉANCES. 87 Le travail de M. Walirlit'li s occupe du cloisonnement des cellules, dans le but de savoir si la membrane se forme de la périphérie vers le centre, apparaissant sous forme d'un bourrelet appliqué contre la paroi cellulaire; ou bien si la nouvelle séparation, n'est qu'un repli d'une couche interne de la membrane cellulaiie. Il admet cette dernière manière de voir, et il essaie de la démon- trer. Il prend comme texte de ses recherches un principe formulé par M. Gobi, dans un travail publié en langue russe. M. Wahrlich traduit de cette manière les idées de M. Gobi : « Bei der Theilung zerfalt das Plasma in zwei glciche Portionen, von welchen jede, sich mit cincr eigenen Membran umgebend,zu einer neuen Zelle Avird, wobei die Membran der alten Zelle erhalten bleibt. So ist denn jede in der Zelle auftretende Quer- wand nicht eine einfache lamelle, entstanden in Folge des Wachslhums der alten Zellmembran nach innen, d. h. sic ist nicht ein in's Innere der Zelle hineinvvach- sender Thcil der alten Membran, wie das Strashurger zu zcigen bemiiht ist, sondern eine doppelte Lamelle, welche dadurchensteht,dass die jungen Membranen der beiden sich mit ihren Enden beridirenden, neugebil- deten Zellen sich hier fest an einanderlegen. » Les idées émises par M. Gobi n'ont guère été discutées, elles ont paru comme nous le disions, en langue russe, accessible à peu de botanistes. Les expériences installées par M. Wahrlich pour prouver sa thèse, ont eu pour sujet des Algues et des Champignons. Parmi les Algues l'auteur a étudié la formation des cloisons chez trois espèces de Spirogura, une espèce (\'Ulollirix et deux iV()c(ln(f()nium. Plusieurs 83 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. espèces de Champignons ont également servi à ces recherches. Mais les Champignons sont des matériaux beaucoup plus délicats que les Algues, le diamètre de leurs fila- ments est en général trop petit pour pouvoir suivre la formation des cloisons séparatrices. Les cellules en division, des Algues citées plus haut, ont été observées à l'état frais, fixées par l'acide chro- mique à 1 p. iOO, ou plasmolysées par la glycérine ou une solution de sucre. A l'aide d'un objectif fort, l'auteur parvient à observer, surtout dans les préparations fixées à l'acide chromique, non pas une lame séparatrice unique, mais un repli annulaire de la couche interne de la membrane ancienne de la cellule mère. Et dans les dessins joints au travail, il nous montre la formation du repli. Nous avons répété pendant notre séjour au laboratoire de botanique de la Faculté des Sciences de Nancy, les expériences de Wahrlich, en employant des matériaux analogues et surtout des Spirogijra. J'ai fait agir sur des filaments de ces Algues, de l'acide chromique, de la glycérine, du sucre et de fiodure de potassium. Je n'ai pu observer dans les cellules récemment divisées, le dédoublement de la membrane cellulaire. Une seule fois j'ai rencontré une cloison transverse qui présentait l'apparence d'un repli, mais j'ai pu m'assurer que cette paroi n'était pas mince; que la cellule présen- tait un cas pathologique, le repli était formé de lames déjà épaissies. Supposons même, que le mode de division des cellules de ces Algues, soit bien celui indiqué par M. Wahrlich. Quand on plasmolyse des cellules récemment divisées, BULLETIN DES SÉANCES. 89 l'on observe facilement le peu de consistance de la cloison nouvelle qui ondule. Ceci suffit donc encore pour que la loi que nous rappelions plus haut, doive encore s'appli- quer ici ; nous nous trouvons en effet en présence de lames de tension très inégales, il faudra même si elles sont doubles qu'elles s'attachent sur la membrane primi- tive en formant des angles de 90% et c'est ce qui arrive. Nous aurons probablement l'occasion de revenir encore sur cette question, aussi ne discuterons nous pas plus avant les idées de MM. Gobi et Wahrlich qui sont aussi un peu celles de M. Kny. Si nous reparlons ici de l'attache des cloisons cellulaires, c'est que nous avons eu dans ces tous derniers temps l'occasion d'étudier une cloi- son des plus intéressantes, mal observée pensons-nous par M. Goebel qui l'a figurée pour la première fois. Il s'agit de cloisons des rhizoïdes d'une forme à'EpItc- mœrœ de Java, dont M. Massart a bien voulu, nous communiquer des matériaux récoltés pendant son séjour au Jardin botanique de Buitenzorg. Cette Mousse, vivant sur les feuilles, forme un grand nombre de filaments mycéliens rameux, fixés par des espèces de crampons à la surface de la feuille. A première vue ces rhizoïdes ne rappellent en rien les rhizoïdes de nos Mousses européennes, comme on le voit en exami- nant les figures jointes au travail de M. Goebel, (voyez Ann. Jard. bot. de Bnitenzory, t. VH, p. ()G, pi. IX). Un certain nombre des cloisons de ces rhizoïdes sont planes, en accord avec la loi de l'attache rectangulaire. Mais dans la figure 97 de la planche citée nous trouvons le dessin d'une cloison qui devrait faire excep- tion. Quoique ce dessin fût antérieur à la publication de notre travail nous ne l'avions pas remar(pié; mais 90 SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE. l'exception est encore une fois apparente, et la cloison de ces rliizoïdes est en tout comparable à celle du Ballia callilriclia, dont nous avons étudié la disposition dans nos recherches antérieures. La ligne figurée par M. Goebel dans la cellule du rhizoïde de celle Epliemerœ, comme celle dessinée par M. Magnus dans ses études antérieures sur la morphologie du Ballia, n'est pas la coupe de la cloison ; elle représente au contraire l'attache de la membrane transverse contre la paroi interne de la cellule. Pour pouvoir être en harmonie avec les lois de la physique moléculaire et ne pas faire exception à la règle que nous avons essayé de démontrer, il faudra trouver dans la membrane des courbures telles qu'en chaque point il existe des courbures compensatrices, e'est-à-dire égales et de signes contraires et en outre sur tout son pourtour la cloison doit être à attache rectangulaire ; en d'autres termes, la membrane devra prendre la forme d'une selle, ou l'aspect donné dans la figure 20 p. 65 de nos recherches (i). Il faudra donc que dans les cellules des rhizoïdcs de cette Epliemerœ, on trouve les deux points d'attache latéraux (coupe optique) réunis par une ligne (coupe de la cloison) beaucoup moins concave que celle représentant la ligne d'attache sur la paroi. Or, c'est bien ce que l'on observe; en faisant mouvoir la vis de rappel, on voit très bien le dos de la selle et la courbure double de la membrane. 11 est même souvent plus aisé de se rendre compte ici de la double courbure de la membrane que chez le Ballia, car, les rliizoïdes se ramifient assez difïéremment et permettent d'observer des cloisons sous difïérenles faces. On reproduit facile- (I) De Wildeman, loc. cit. BULLETIN DES SÉANCES. 01 ment une telle cloison en faisant adiiérer à une forme en fil de fer, une lamelle d'eau de savon. La seule différence existant entre la cloison (\uliallia, et celle envisagée dans les rliizoïdes de la Mousse ici en question, réside dans l'orientation de la membrane; le dos de la selle est dirigé vers l'extrémité du filament dans la cellule du Dallia, tandis qu'il est dirigé vers le bas dans le rbizoïde de notre Epliemerae. Mais si l'on trouve dans les rliizoïdes de cette Mousse des cloisons transverses dont les points latéraux d'at- tache (coupe optique) sont sur une même ligne horizon- tale (la cloison est en forme de selle); on peut aussi en rencontrer, dont les points d'attache se trouvent sur une ligne oblique, c'est-à-dire à des niveaux différents. Dans ce cas la cloison devra se rapprocher beaucoup de ce qu'elle est dans les rhizoïdes de nos Mousses d'Europe ; mais jamais cependant on n'observe chez cette Epliemei^ae des cloisons dont les points d'attache se trouvent sur la paroi, à des niveaux aussi éloignés l'un de l'autre qu'ils se trouvent chez nos Mousses. La cloison à première vue si particulière des cellules du Ballia, est donc une variation du type de la cloison à double courbure des Mousses, cloison qui se présente également dans d'autres cellules comme nous l'avons vu dans notre travail antérieur. Dans les cel- lules des rhizoïdes des Epliemerac épiphylles de Java, on observe entre les deux extrêmes, toute une série de variations de courbure. Si la distance des points d'attache n'est pas très consi- dérable, et si la ligne d'attache ne présente, vue d'un côté, qu'une seule courbure assez fortement accusée, la (I) De Wildemam, Loc. cit., p. 6i. 92 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. coupe Optique de la cloison sera à courbure prépondé- rante unique et relativement faible. Si par contre la ligne d'attache présente comme chez les Mousses de nos régions une courbure double (vue d'un côté), il faudra que la coupe optique de la cloison soit aussi doublement courbée, les deux courbures dirigées en sens inverse; c'est ce qui se présente. Il serait donc on ne peut plus intéressant de suivre sur des échantillons vivants la formation de la cloison transverse; il est fort probable que l'on observerait dans cette Mousse, comme nous l'avions observé nous même la courbure du phragmosplaste, avant son attache à la paroi de la cellule mère. Les lois de la physique moléculaire interviennent probablement dans la structure de bien d'autres élé- ments cellulaires, celle du protoplasme, par exemple se ramène d'après les recherches de M. Butschli, à la struc turc de la mousse de savon. Cette manière de compren- dre la structure de cette partie de la cellule, nous paraît être la vraie, car quelle que soit la nature du liquide protoplasmique, il doit se produire en présence du suc cellulaire et des différents éléments de la cellule et par suite du mouvement du protoplasme, une espèce de mousse au détriment du cytoplasme. Dans cette mousse, le liquide formant les lamelles sera soumis aux lois de la physique moléculaire. L'opposition qui existe entre les idées de divers auteurs et celles que M. Butschli défend avec talent depuis plusieurs années, est peut être appa- rente, il y a là me semble-t-il une question de mots sur laquelle on ne s'entend pas. Cette structure alvéolaire du protoplasme se remarque facilement chez beaucoup d'Algues et de Champignons, BULLETIN DES SÉANCES. 93 nous Tavons observée dans les rliizoïdes des Mousses. C'est surtout par l'examen de matériaux vivants que l'on peut se rendre compte de cette structure du protoplasme et de la modification des alvéoles par suite des courants siégeant dans la masse du protoplasme. Si dans certains cas cette structure n'a pas été encore observée ou mise en doute, c'est, pensons nous, parce qu'elle est plus difficile à bien saisir. D'après certains auteurs, M. Cralo, par exemple on ne peut trouver d'alvéoles dans le protoplasme des cellules à tout âge ; à certain moment de sa vie il existe des filaments. ïl nous semble que même dans ces filaments s'ils ne sont pas eux-mêmes des parois d'alvéoles, on devra trouver la même structure, et l'étude approfondie avec des grossis- sements suffisants la fera probablement découvrir. Peut être dans les cellules toutes jeunes de certains tissus, là où il existe un protoplasme très compact, celui-ci n'a-t-il pas encore pris sa structure alvéolaire. Et cela se comprendrait; pour prendre l'aspect de mousse de savon, il faut en présence, et le protoplasme et des liquides ou des corps de nature chimique diffé- rente. Le protoplasme de jeunes cellules peut être très uniforme, et ne renfermer encore à ce moment aucun produit, dont le contact avec lui, occasionne la forma- tion de masses alvéolaires. Pour les cloisons cellulaires au moins, la loi que M. le professeur Errera avait proposée nous paraît donc s'appli- quer dans la généralité des cas. Il n'y a pas actuellement un grand nombre d'exceptions, et parmi celles-ci la plu- part disparaîtront sans doute, quand elles auront été étudiées en détail. Avril 1895. COMPTES rf:ndus et analyses Dans une communication faite à la « Naturforschende Gesellscliaft in Ziiricl). » (voir : Vierteljahrschrijt der Naturforsclienden Gesellsclialt in Zurich, 59" Jahrgang, i89i, S. 2i5), M. E. Schuize compare la constitution chimique des végétaux avec celle des animaux et énu- mère les substances communes aux deux règnes. Il était d'autant mieux placé pour ce travail, que les recherches faites dans son laboratoire ont contribué à faire con- naître un grand nombre de faits nouveaux. Nous résumerons brièvement ici cette communication intéressante. Les matières albuminoïdes animales qu'on a distin- guées et nommées jusqu'ici n'ont pas été retrouvées dans les plantes. Mais il n'en est pas moins vrai, que lés réac- tions et les produits de décomposition sont lès mêmes dans les deux cas ; ce qui permet d'admettre une consti- tution chimique analogue. On trouve dans les plantes des représentants des trois groupes que l'on admet chez les animaux : les albumines, les globulines et les nucléo- albumines. L'on trouve en abondance chez les végétaux les acides stéarique, palmitique et oléique combinés à la glycérine pour former des matières grasses. L'acide myristique, isolé de la noix de muscade, se retrouve dans le fiel de bœuf (Lassar-Cohn). Les acides arachique et caprinique de l'arachide, se retrouvent dans le beurre (Heintz). Le sucre de raisin, très répandu chez les plantes, se rencontre en petite quantité chez les animaux. BULLETIN DES SÉANCES. 9S La présence du glycogènc a été démontrée cliez les Champignons et chez des Algues. Le galactose, produit de dédoublement du sucre de lait, existe à l'état combiné dans le cerveau (Thicrfelder); on trouve dans le règne végétal des anhydrides de ce corps et des matières sucrées (raffînose, stacliyose) donnant par dédoublement du galactose. Il parait donc probable que ce corps lui-même doit exister dans les sucs végétaux. Dans VAchras sapola, une plante de la Martinique, Bouchardat aurait retrouvé du sucre de lait. La tunicine, ou cellulose animale des Tuniciers, parait très analogue sinon identique à la cellulose ordi- naire; elle a la même composition et les mêmes réac- tions. Or cette tunicine se retrouverait encore(Ambronn) dans d'autres animaux, des Céphalopodes, des Crustacés, des Myriapodes, les abeilles, les araignées et les saute- relles; il est vrai que dans ces cas elle n'a pas encore été isolée. L'amidon est représenté chez les animaux par une substance analogue, le Paramylum, existant dans le cerveau humain (I^. Hermann), les Flagellâtes, les Spon- giaires, etc. Il existe des nucléines dans les deux règnes. Quant à la lécithine, elle est très répandue chez les plantes comme chez les animaux (Hoppe-Seyler, Likicr- nik et Schuize). Les différences sont très minimes entre la cliolesté- rine animale et les diverses choleslérines (paracholesté- rine, phytostérine, paraphytostérine, etc.) extraites de végétaux. Un constituant de la lécithine, la choline, est très 'M SOCIÉTÉ BELGE UE MICIIOSCOI'IE. répandu chez les plantes et a été extrait notamment de beaucoup de i; rai nés. La bétaïne ou trimélhvla;lveocolle, extraite d'abord du Lijcium barbarum et de la betterave et retrouvée plus tard dans beaucoup d'autres plantes, existerait aussi dans l'urine humaine (Liebreich) et dans le Mijlilus edulis (Brieger). Les matières xanthiques, produits de décomposition des nucléines, se retrouvent chez les plantes. La théo- bromine, la caféine, la théophylline, la vernine sont très voisines de ces matières. La leucine et la lyrosine ont été extraites de plantules é['io\ces de Cuciirbila et du suc des tubercules de pommes de terre (Schulze et Barbieri). La première de ces sub- stances a encore été décelée dans des plantules étiolées de Vicia (Gorup-Besanez, Cossa); la seconde, dans les tubercules de Stachys et de Dahlia (A. von Planta, Leitgeb). La butalanine ou acide amido-valérianique, plus rare que les précédents dans l'organisme animal, existe dans les plantules étiolées de lupin et de vesce (L. Schulze et Barbieri). L'urée, l'acide urique, l'allantoïne, la créatine et la créatinine sont des produits de la décomposition des matières azotées chez les animaux. L'un d'eux, l'allantoïne, a été retrouvé dans les jeunes pousses de platane et de deux espèces d'Ace?' (L. Schulze) et dans l'embryon au repos du froment (Bichardson et Crampton). Si on ne trouve pas d'urée végétale, l'on trouve une substance voisine, la guanidine; et l'on peut peut-être placer à côté de la créatine et de la créatinine l'arginine, lîULLETIN DES SÉANCES. 97 une substance azotée observée dans les plantules étiolées de lupin et de Cucurbila. On sait enfin, depuis peu de temps, que l'acide citrique existe normalement dans le lait de vache (Henkel). Dans une seconde partie de son travail, l'auteur com- pare ensuite les diverses fonctions dans les deux règnes et montre l'analogie frappante entre l'ensemble de la vie d'un animal et celle d'un végétal privé de chlorophylle ou n'utilisant pas celle-ci (embryons, plantes étiolées, bourgeons). Dans les deux cas, on trouve comme produits de décomposition de l'albumine des produits analogues ou même identiques (leucine, lyrosine, sulfates). Le dédoublement de l'amidon en maltose et dextrine, du glycogène en sucre de raisin, des graisses en glycé- rine et acides gras, etc., a son équivalent pour le règne végétal dans le dédoublement de l'amidon, de l'inuline ou de la cellulose de réserve en glucoses, dans le dédou- blement des glucosides. Aux enzymes animales, ptyaline, trypsine, pepsine, correspondent des enzymes végétales, diastase, inver- tine, tréhalase, synaptase, papaïne et les enzymes ana- logues trouvées dans les plantes insectivores et les jeunes plantes d'orge, froment, mais, pavot et betterave (Neu- meister). De la même façon qu'il se forme de l'acide hippurique aux dépens de l'acide benzoïque et du glycocolle, et des matières grasses aux dépens de la glycérine et des acides gras, il se forme chez les plantes du saccharose, de l'amidon, des glucosides, par un processus semblable. Mais il existe aussi des différences notables entre les deux règnes : XXI 8 98 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Les animaux sont incapables d'élaijorcrdes substances albuminoïdes en empruntant l'azote nécessaire à des sels minéraux (nitrates, sels ammoniacaux) ou à des substances azotées très simples (urées, asparagines). Même si on fait abstraction de l'élaboration cbloro- phyllienne, les syntbèses cfïecluées cbez les plantes sont encore en général autrement compliquées et faciles. C'est ce qui explique la richesse considérable des végétaux en substances diverses (alcaloïdes, substances amères, essences, résines, matières colorantes, etc.), beaucoup de ces substances étant spéciales et particulières à une seule espèce. Ces matières ne peuvent avoir pour l'organisme une importance aussi grande que les albuminoïdes, les graisses et les hydrates de carbone, et doivent être con- sidérées plutôt comme des produits accessoires. Peut- être certaines d'entre elles sont-elles, comme le pense Reiniizer, des substances de fatigue, scories nuisant par leur accumulation à la vitalité du plasma. En terminant, l'auteur fait remarquer que, si les animaux possèdent un système nerveux jouant un rôle important, les plantes ne sont pas dépourvues de sensi- bilité et que leur plasma répond aux excitations ther- mique, électrique et autres, soit par des mouvements apparents, soit par des réactions non apparentes immé- diatement à l'extérieur. P. X. S. WiNOGRADSKv. — Heclierclies sur rassimilalion de l'azote libre par les liacléries f Archives des sciences lnolofji(iues de Sainl-Pélershourg, t. IIF, n" ï.) Il est peu de questions de biologie qui aient suscité i BULLETIN DES SÉANCES. 99 • autant de recherches que celle de la fixation de l'azote libre par les plantes, et, cependant, on est forcé de convenir qu'à mesure que la solution en parait serrée de plus près, de nouveaux problèmes viennent se poser à la sagacité des expérimentateurs. Quoi qu'il en soit, dans l'état actuel de nos connais- sances on peut considérer comme capables d'assimiler l'azote élémentaire : 1" Les légumineuses, grâce aux microbes qui vivent en symbiose dans leurs nodosités radicales (Recherches de Hellrieghel et Wilfarth et de Schloesing fils et Lau- rent) ; 2" Certaines Algues et tout particulièrement les Nostocs (Recherches de Schloesing fils et Laurent). Kossowitch a soulevé récemment la question de savoir si la fixation d'azote observée chez les Nostocs était bien le propre de ces derniers, ou bien résultait de l'activité des Bactéries qui vivent habituellement, en grand nombre, dans la gaine gélatineuse particulière de ces orga- nismes. Ce point intéressant appelle de nouvelles recherches rendues malheureusement très délicates par la ditliculté d'obtenir des cultures de Nostocs rigoureusement dépou- vues de bactéries. Quant aux Bactéries elles-mêmes, à la suite des tra- vaux de Schloesing démontrant la non-fixation d'azote par la terre nue, pourvue cependant de microbes — résultat corroboré d'ailleurs par les expériences de Schloesing fils et Laurent — on admettait généralement qu'elles sont inactives vis-à-vis de l'azote élémentaire. Dans l'important mémoire que nous allons résumer, Winogradsky fait connaître ini organisme bactérien dOO SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. jouissant, d'une façon incontestable et très marquée, de la capacité d'assimiler l'azote libre. Ces reclierclies exécutées avec la sagacité expérimen- tale, la minutieuse précision de détails, avec lesquelles l'auteur nous a déjà familiarisés précédemment, consti- tuent une contribution extrêmement importante à la question de l'azote. Découvrir et isoler un organisme fixateur d'azote, tel a été le but initial de l'auteur. A cet eiïet, il a eu recours à ce qu'il appelle la méllwde de culture élective qui lui avait fourni de si remarquables résultats dans ses recberches sur les organismes de la nitrification. Cette métbode consiste dans l'emploi d'un milieu nutritif d'une composition telle que seuls les organismes jouissant de la propriété recherchée puissent s'y déve- lopper. L'auteur s'était arrêté à la solution suivante : Eau distillée 1000 gr. Phosphate de polasse. . . . 1 gr. Sulfate de magnésie .... gr. 5 Chlorure de sodium . . . . ) Sulfate de fer [ gr. 01 à gr. 02 Sulfate de manganèse . . . . ) Dextrose purifiée 20 à 40 gr. Une série de dosages exécutés par la méthode de Kjeldahl, légèrement modifiée par l'auteur, a montré que le milieu ainsi constitué ne contenait aucune trace appréciable d'azote. Des flacons coniques contenant cette solution, ense- mencés à l'aide d'une pincée de terre, furent disposés sous de grandes cloches ti vide placées sur des plaques rodées, et sous lesquelles l'air ne pouvait pénétrer BULLETIN DES SÉANCES. 401 qu'après avoir passé sur de la ponce sulfurique et potassée. La plupart d'en(re-eux restèrent stériles ou ne présentèrent que quelques flocons mycéliens chétifs. Mais dans quelques cultures une fermentation bien caractérisée se déclara, un abondant dégagement gazeux prenait naissance de masses zoogléiques mamelonnées, rappelant assez bien les grains de Képliyr; en même temps l'odeur devenait fortement butyrique et la réaction nettement acide. En neutralisant à plusieurs reprises l'acidité à l'aide d'une solution de carbonate de soude, la fermentation put s'acbever jusqu'à disparition complète du sucre. Quelque temps après se développaient dans le liquide de vigoureux mycéliums de moisissures diverses, aux- quels succédait une végétation abondante d'Algues vertes. Des dosages comparatifs démontrèrent qu'à la suite de la fermentation butyrique, la culture contenait des quantités très notables d'azote combiné dues à l'activité fixatrice d'un microbe. Il s'agissait d'isoler ce dernier du mélange complexe que renfermaient les cultures. Par un chauffage métho- dique vers 75" l'auteur débarrassa des espèces asporo- gènes, la semence qui ne contenait plus, après cette opération, que trois organismes : 1° En quantité tout à fait prédominante un bacille de la forme Closlridium formé d'éléments cylindriques à l'état jeune; plus tard renflés sur le milieu par la pro- duction d'une grosse spore; ils se colorent en bleu par l'iode. Par ses caractères morphologiques, le Closlridium de Winogradsky se rapproche beaucoup de VAmylobactcr, iOi SOCIÈIÉ iîKLl.K OK MICnOSl.OPlE. ilont il a aussi \c pouvoir de trausloi'uior lo suoiv on aoide butyriquo. Quoi qui! en soit, jusqu'à iilontitioalion avor un typo ooniui. l'autour oonsiilèro son intérossanto liactcrio oomnio une t'oruio nouvoUo qu'il appelle Clostiidiuni Pastcuriammi. "■1' l'n très tin bacille à louus tilanients sinueux. 5" In bacille à gros éléments sporogènes arrondis. Pour arriver à isoler à l'état de pureté le Clostriiiiiini (|u'il soupçonnait être l'agent essentiel de la fixation, l'auteur a elVet^tue des cultures très variées. Dans la solution minérale précitée soliditiée par iî pour 100 de gélose, seuls les organismes :2 et 5 se développèrent. Sur gélatine au bouillon-peptone aucune colonie n'apparut. Vu contraire, sur fragments de carotte et de pomme de terre, dans le vide, le ClostridinDi se déve- loppa à l'état pur, tormant des masses compactes mamelonnées disloquées par un abondant tlégagement iia/.eiix. NVinoiïradskv a fait cette intéressante constatation que le ClostriiUion , strictement anaérobie, ne se développait en culture aérobie que grâce aux espèces commensales ^ et r> qui absorbaient l'oxygène du milieu. Une expérience décisive en atmospbère d'azote démontre que le Closlriilii(i)i pur était bien l'agent essentiel de la tixation observée. Dans la dernière partie de son mémoire l'auteur com- pare les résultats avec ceux de Bertlielot (i). (I) Comptes rendua, t. 115, y. 758. BULLE7IX UZi SÉAXCE.S. 403 Pour ce fJerriicr il exi.slerait ^ie<( microorfjaniamei deapèccH fort divevHCH aptes d fixer l'azote. \\<:(i \(: concours de Guigriard il aurait isolé du sol piiT le procédés ordinaires un certain nombre de Bactéries hpinaie^ qui se seraient montrées aptes à Jixer l'azole élémentaire. Winogradsky a exécuté de très nombreuses expérien- ces pour vérifier ce fait. Des nombreuses formes bactériennes qu'il a isolées, aucune n'a montré de pouvoir fixateur notable. Contrai- rement à l'opinion de Berlbelot, la fixation de l'azote libre apparaît donc comme une fonction tout à fait spécifique, elle n'est nullement répandue dans le monde des microbes et à l'beure actuelle, le Clostridium I^asleuriaiium constitue la seule espèce bactérienne qui l'accomplisse d'une façon indiscutable. La fixation de l'azote libre par les Bactéries présente- t-elle une importance réelle? Est-elle à prendre en sérieuse considération dans le cycle de circulation de cet élément dans la nature? Il est actuellement impossible de répondre à ces questions. Nous ne savons rien, en effet, de l'aire de dispersion du microbe fixateur; nous ignorons s'il peut rencontrer dans le sol les conditions si particulières indispensables à son existence, s'il est capable de puiser l'énergie nécessaire à la combinaison de l'azote libre à des com- posés autres que la dextrose, aux matières liumiques, par exemple. Nul doute que l'auteur ne songe à compléter son œuvre par quelques recliercbes dans cette direction. Kmile Map.chal. 104 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Nous devons attirer l'attention sur le très intéressant travail, que vient de publier dans Flora oder alUjemeine botanisclie Zeiliing, M. F. Oltmans (i). Ce travail intitulé : Uebei' die Enlwickelung der Sexualorgane bel Yalcheria, étudie surtout le sort des noyaux dans l'oogone de ces Algues. L'auteur arrive à des résultats très curieux. Jamais jusqu'à ce jour les auteurs ne s'étaient occupés de cette question, l'on avait recherché les modes de reproduction de l'Algue, mais on n'avait pas cherché à pénétrer, à saisir les phénomènes intimes qui précèdent ou qui suivent la fécondation. C'est cette partie de la question que M. Oltmans a cherché à élucider. Pour arriver à un résultat, il a employé une méthode assez particulière à recommander à tous ceux qui veulent faire des études de même ordre. Les matériaux employés sont fixés par l'acide chromo-acétique ou par l'acide chromique à 1 p. 100, et débités en tranches fines parle microtome après inclusion à la paraffine. L'auteur est arrivé ainsi à faire jusqu'à dix coupes dans un oogone. Les coupes sont colorées au violet de gentiane éosiné, qui a donné, parait-il, à l'auteur de forts beaux résultats. C'est surtout pendant la nuit que se passent les prin- cipales phases de la fécondation et du développement sexuel, aussi les matériaux étaient-ils fixés la nuit. On peut cependant arriver à faire retarder les phénomènes, (1) Loc. cit., V. 80, 1895, p. 388. \ BULLETIN DES SÉANCES. lOu en plaçant les Algues dans de la glace, on observe alors souvent les phases de développement pendant le jour. Le thalle du Vauclicria est unicellulaire ou acellulaire et renferme dans son protoplasme un très grand nombre de noyaux. Dans les jeunes oogones, comme dans les jeunes anthéridies, avant que la cloison transverse qui séparera l'oogone du reste du filament se soit formée, il existe un très grand nombre de noyaux globuleux et relativement petits. Ces noyaux paraissent en plus grand nombre vers le bec de l'oogone que vers la base. Mais au fur et à mesure que l'oogone se différencie du reste du thalle, on voit les nombreux noyaux se retirer dans les filaments et au moment où se constitue la cloison séparatrice, il reste dans l'oogone un unique noyau; celui-ci deviendra le noyau de l'œuf. Quant à la masse protoplasmique que plusieurs auteurs ont vu sortir de l'oogone avant la fécondation, elle n'est pas comme ils l'ont cru un corpuscule résiduel « (Richtungs kôrper », elle ne contient pas de noyau, et sert simplement à faciliter l'ouverture de l'oogone. Dans l'anthéridie les noyaux restent naturellement en assez grand nombre, chacun d'eux constitue, avec une petite portion de protoplasme, un anthérozoïde. Quant à la fécondation elle-même, elle s'opère comme d'ordinaire par la fusion des deux noyaux, celui de l'œuf et celui de l'anthérozoïde. Les résultats du travail de M. Oltmans ont été obtenus par l'étude des Vauclieria fluilans, V. clavata et y. rtye/'Srt;pour ces trois espèces, nous n'avons pas à discuter ici leur valeur au point de vue systématique, les résultats ont été les mêmes. Sur les cinq belles planches (jui accompagnent le iOG SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. travail, M. Schilling, rexécuteur des dessins, a reproduit les diverses phases, dont nous avons parlé plus haut. Nous attirerons surtout l'attention sur les figures qui nous montrent le retrait des nombreux noyaux au moment de la formation de l'œuf, et sur celles qui montrent les rapprochements et enfin la fusion des noyaux mâle et femelle. É. D. W. * * Le même Journal renferme, dans son premier fasci- cule, un travail de M. Klebalm (i), sur un constituant de la cellule des Phycochromacées formant les fleurs d'eau. On pouvait se demander et on l'avait fait souvent, par suite de quelle circonstance des organismes plus lourds que l'eau, arrivaient à flotter à la surface. Pour les orga- nismes pourvus de cils vibratiles, on comprend que le mouvement exécuté puisse les amener à la surface. M. Klehahn, après de nombreuses recherches failes pendant un long séjour à la station biologique du lac de Pion, sur le (iloiolrichia ccliinulata (Engl. Bot.) Richt., très répandu dans les eaux de ce lac est arrivé cà déter- miner dans cette Algue, la présence de vacuoles renfer- ment un gaz, celui-ci plus léger permettant aux Algues de s'élever à la surface de l'eau. Ces vacuoles sont simplement les corpuscules rou- geâtres, dans lesquels Richter avait cru pouvoir déceler la présence du soufre. Mais les diverses expériences entreprises parM. Klebahn (1) Flora ordcr nllg. bot. ZciL, 1895, Heft, I. BULLETIN DES SEANCES. ^Q^ ont prouvé qu'il n'existait pas de soufre libre chez ces Algues; l'analyse chimique ayant produit à ce sujet un résultat négatif,aété faite par M. le docteur Hausmann. Ces corps, indiscutablement des vacuoles, nous n'en- trerons pas dans tous les détails des observations de M. Klebahn, qui le prouvent surabondamment, sont bien la cause du mouvement ascensionnel des colonies des Gloilricliia., MM. Klebahn et Strodtmann ont entrepris pour le prouver des recherches sur les Algues vivantes et sur des Algues mortes, mais non privées de vacuoles. Aussi longtemps que les vacuoles existent les Algues surnagent. Mais si au lieu de tuer les Algues au moyen de réactifs n'entamant pas la vacuole, on emploie une solution d'acide picrique, de l'acide acétique, de l'alcool, de l'éther, du chloroforme qui détruisent eux la struc- ture vacuolaire, les Algues descendent au fond de l'eau. Quant à la nature du gaz contenu dans les cellules, elle n'a pu être définie d'une manière très nette ; ce ne serait en tous cas ni de l'acide carbonique, ni de l'oxygène que contiendraient les vacuoles. Les spores mûres ne renferment pas trace de vacuoles, elles doivent donc tomber au fond de l'eau, comment se lait dès lors au printemps qui suit la sporulation, l'as- cension de la jeune plante? Cette question l'auteur n'a pu encore l'élucider. M. Klebahn a pu déterminer la présence de vacuoles analogues dans toute une série d'autres Cyanophycées, parmi lesquelles des espèces très éloignées des Nostoca- cées hétérocystées, par exemple les Clallirocyslis airii- (jiiiosa Ilenfr. et Coelospliacr'nun Kïilziugianum Niig. Quant aux Algues du même groupe, même les espèces fort voisines qui ne forment pas des fleurs d'eau, on ne 108 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. . rencontre pas dans leurs cellules de telles vacuoles. D'autres Algues, comme beaucoup de Conjuguées [Spirogijra, Motigeotia] souvent réunies en masses à la surface de l'eau, ne possèdent pas non plus de vacuoles dans leurs cellules. Si elles restent nageantes, c'est grâce à de l'air maintenu entre leurs filaments, chacun d'eux pris isolément n'est pas capable de surnager. Beaucoup d'espèces marines, qui possèdent elles aussi la propriété de nager à la surface des mers, posséderaient également à l'intérieur de leurs cellules, des vacuoles de gaz. L'auteur a joint à son très intéressant travail, une belle planche où il a figuré le contenu des cellules de la plupart des Algues, dont il a pu étudier la structure intime. É. D. W. BliLLETIlV UES SËÀKCËS I DE LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE Tome XXL N» Mil. 1894-189o. ■•foeôs-%oi*l»al «le la sôaiiee iiicii«iiiiollc fCE DE M. BaLWENS, MEMBRE DU CONSEIL. La séance est ouverte à 8 \ il heure. M. le D' Rouffart et M. Massart font excuser leur absence. Communication : M. De Wildeman rend compte des premières observations, faites sur les récoltes d'Algues d'eaux douces et saumàtres que M. Massart a bien voulu recueillir pour lui, pendant son séjour au Jardin bota- nique de Buitenzorg à Java. 11 montre un certain nombre de préparations micros- b 110 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. copiques (le ces organismes, et attire tout spécialement l'attention des membres présents sur une forme du genre Vuuclicria trouvée par M. Massart dans des fossés d'eau saumâtrc. Cette Algue constitue un type intermé- diaire entre deux espèces déjà connues. Elle sera décrite ultérieurement dans un travail d'en- semble sur les Algues rapportées par M. Massart. M. De Wildeman montre ensuite quelques prépara- tions d'Algues parasites intéressantes. Il attire l'attention surtout sur une forme d'Algue verte appartenant au genre Endoderma. Cette forme se loge dans la paroi cellulaire des Cladoplwra, les écbantillons exhibés, pro- venaient du Jardin botanique de Nancy. Une notice sur cette espèce paraîtra dans le Bulletin de la séance. La séance est levée à dix heures. SUR QUELQUES ESPÈCES DU GENRE - ENDOOERMA PAR Km. I>E WII.DEMAX Pendant le courant du mois d'avril et au comnienco- mment du mois de mai, nous avons eu l'occasion de récolter dans le bassin du Jardin botanique de Nancy et d'étudier au Laboratoire de la Faculté des Sciences, une plante appartenant au genre Emlodcrma tel que le comprend M. Huber dans ses Contributions à la connais- sances des Cliaetophoracées (i). Cette Algue végétait, comme son nom générique l'indique, dans l'épaisseur de la paroi d'une autre plante qui était dans le cas présent un Cladoplwra . Déjà à l'œil nu le parasite était visible, sa présence avait en effet modifié assez fortement l'aspect des fila- ments de l'Algue. Ceux-ci, au lieu d'être raides d'un vert gai, étaient irrégulièrement courbés, parfois même fortement contournés; les portions des filaments ainsi modifiées étaient plus foncées en couleur que le reste de l'Algue. Transportés sous le miscroscope, ces écbantillons montraient bien vite la présence d'une Algue logée sur la cellule. Mais il n'était pas possible dans les parties fortement colorées de juger d'un des caractères de (I) A>m. de Se. mit. !"■ scr., Bol., t. IG, p. 512-5-20. 412 SOCIKTÉ BELGE DE MICROSCOI'IE. l'Algue, celui de sa pénétration dans la paroi cellulaire. Cette particularité ne s'observait seulement dans les échantillons relativement jeunes, car comme on le com- prend assez facilement quand le nombre des cellules se multiplie, le thalle de l'Algue finit par taire céder la paroi qui le protège et à mettre ses cellules à nu. C'est alors seulement dans les portions jeunes de l'Algue que l'on trouve des cellules recouvertes par une des couches de la membrane du Cladopliora. Dans les jeunes thalles, dont les filaments n'ont pas entouré complètement la cellule du Cladopliora, on voit très bien le thalle logé dans la membrane et entouré complètement par une couche de cellulose. Les soies peu nombreuses, qui naissent des cellules de thalles pareils, percent la mem- brane cellulosique, recouvrant les cellules de VEndo- denna . Le genre Endoderma Lagerh., tel qu'il est admis par M. Huber, comprend deux sections, l'une caracté- risée principalement par l'absence, l'autre par la présence de poils hyalins ou soies. Dans nos échantillons il existait des poils, la forme observée par nous appartient donc à la section Ectochaete. Cette section contient 5 espèces, ce sont : Endoderma leptochacle Huber. Endoderma endopliytum (Mobius) Huber. Endoderma Jadinianum Huber. De ces trois espèces, la première est marine, elle est donc à écarter, ce n'est pas à celle-là que se rapportera l'Algue des VAadophora du Jardin botanique de Nancv. Restent donc les deux autres espèces, habitant toutes BULLETIN DES SÉANCES. 113 les deux les parois des cellules des Claclopltora d'eau douce. L'/s. cndoplnjlum (Muhius) Iluber; est le Jfollocolcou endoplujtiun Mobius, décrit en 1891 dans la >(Ola- risia (i). L'Algue de Nancy, répond assez bien par ses carac- tères à la diagnose de M. Môhïus ; VE. cndoplujluui occasionne chez \csCladupliora les mêmes modifications. En effet M. xMobius nous dit dans sa diagnose [toc. cil. p. 1^95) : « Alga endopliylica effîcitur,ntCladopho- rae membrana plus minus inlumescat et ejus fila incui- venlur, conlenlu cellularum incolomi (?) manente; forma crispa et crassiludinc filorum loca infecta oculo inermi perspici possunt. » Quant à VE. Jadinianum, M. llubcr ne nous dit pas si par suite de son dévelopj)cment, il provoque aussi des renflemenls des filaments de l'Algue et des courbures dans ces filaments. Les échantillons observés pour la première fois, le furent dans un ruisseau des Pyrénées Orientales, où elle formait sur la pierre des croûtes mamelonnées; depuis M. Huber a réussi à voir des thalles plus jeunes se développer dans la cloison des Cladopliora et former des coussinets assez épais autour des filaments de cette Algue. Si nous comparons, et les dessins de MM. Môbius et Huber, et leurs descriptions nous ne trouvons pas de fort grandes différences entre ces deux espèces. Les prin- cipales sont bien celles citées dans l'essai monographique de M. Iluber [loc. cil., p. 5^6], l'auteur cite ces carac- tères. {\) }il6[i[[]s, Couspeclns aljaniin in Nolarisia, v. VI, 1391, p. l'i'J2, avec lig. X.M 9 ili SOr.ll-TK BELGE DK MICFtOSCOPIE. E. endoplnjliun (Môbius) liuher. — Largeur des ee!- liilcs 8-15,3, :2-5 pyrénoïdes. E.Jadinianum liuber. — Largeur des cellules iO-:20/^, rarement :20-50,'-i, Ô-G pyrénoïdes. Comme on le voit il n'y a guère moyen de différencier à l'aide de ces caractères ces deux espèces l'une de l'autre, une Algue endodermique, dont les cellules auraient 10-15 /x d'épaisseur et posséderaient 5-i pyré- noïdes pourrait aussi bien se rapporter à r/i\r/i(/o/;/ de Ch. Agardh. (liiill. Soc. Belg. M 1er., lom. IV, Bruxelles, 1877.) Liste supplémentaire aux Diatomées de Belgique. (Bull. Soc. Belij. Micr. lom. IV, 1877-78, p. 151, 8°. Bruxelles, 1870-77. Sur les Diatomées des Alpes. (Annal. Soc. Belg. Micr., tom. IV, 8". Bruxelles, 1877.) Les Diatomées terrestres. [Bull. Soc. Belg. Micr., 8". Bruxelles, 1879. J. B. M. S. vol. 11, p. 762, 8". London. Liste des Diatomées de Villefranche. (Bull. Soc. Belg. Micr., tom. IV, p. loi, Bruxelles, 1877.) What a Diatom is. A translation by F. Kitton. (Se. Gossip., vol. XIV, pp. 10i-l-2G, 8». London, 1878.) Observations sur une notice intitulée « Le Thalle des Diatomées, par le D' Matteo Lanzi » dans « Brebis- sonia », Anno 1, n. p. 115, 8". Paris, 1879. J. R. M. S. vol. II, p. 008, 8'\ London, 1878. Les apparences microscopiques des Valves des Diato- mées Nitzscliia pt, I, Amphora pt. IL {Ann. Soc. Belg. Micr., tom. V.-VI, 8% fig. Bruxelles, 1880. Summary in J. R. M. S. vol. III, p. 1055, 8^ Lon- don, 1880. Idem : ïlie microscopical appearence of tbe valves of Diatoms. A Study ot'the genus Amphora Northern Microscopist, vol. I, p. 218, 8". London, 1881. Quelques considérations relatives au travail de M. Prinz sur les coupes de quelques Diatomées. (Bull. Soc. Belg. Micr., p. 79, 8°. Bruxelles, 1880.) Receipts for Microscopists, with plate, 8°, J. Q. M, C. London, 1880. XXI 40 130 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. How to arrange Diatoms. J, Q. M. C, vol. YI. p. IGG, S\ London, 1880. J. R. M. S., vol. lY. ser. 2, p. G5G, 8°. London. A Bibliograpliy of ihe Diatomaceae « A bibliography of the microscope », vol. III, 8", London, 1882. Idem : Bibliographie diatomologiqiie. Journ. Microg., tome XI, n"G, p. 217, 8% Paris, 1887. Le Diatomepelite de Séville : nouvelles espèces de Cyclotella. Fig. Journ, Microg. vol. YIII, p. 49, 8". Paris, 1884. Notes diatomiques. Sur la structure des Diatomées d'après Prinz et Van Ermengem. Terpsinoë musica en Espagne. Diatomées arrangées. Journ. Microg., vol. YIII, p. 228, 8». Paris, 1884. On the microscopical Structure of the Diatom valve J. Q. M. C. vol. II, sér. 2, pp. 508, 550, 8°. London, 188G et in J. R. M. S., vol. YI, sér. 2, p. 1024. London, 188G. Sur la sculpture microscopique des valves des Diato- mées : Communication faite au Quek. iMicr. Club, de Londres, le 20 mai 1886. Idem : Structure intime de la valve des Diatomées. Journ. Microg. tom. X, p. 410, 8% Paris, 188G. Zeitschr. f. wiss. Mikrosk. Bd. III, p. 25G, 8". Brauns3hweig, 1886. Test Diatoms J. R. M. S. vol. VI, sér. 2, p. 172. Lon- don, 1886. The mouniing of Diatoms. A. M. M. J. vol. YII, p. 65, 8". London, 1886. Imbedding média for Diatoms. J. Q. M. C. vol. II, p. 508, 8% London, 1886. J. R.M.S. \o\. YI, sér. 2, p. 885, 8". London, 1886. BULLETIN DES SÉANCES. 131 Littérature récente des Diatomées. Joiirn. Microg. vol. XI, p. -217,8». Paris, 1887. Introduction à l'étude des Diatomées, dans l'ouvrage : « Les Diatomées, histoire naturelle, classification et description des principales espèces », par le D' Pelle- tan, 8°. Paris, 1888. Bibliographie récente des Diatomées. I, Notar. Ann. IV, p. 8-29, 8». Venezia, 1889. Bibliographie récente des Diatomées II. Nuova Nota- risia, 15 Giugno 1890, p. 49. Réponse à M. J. Brun, lettre ouverte à M. De Toni. Nuova Notarisia 15 Giugno 1890, p. 159. Bibliographie récente des Diatomées III. Nuova Nota- risia 1890. L'APPAREIL A PROJECTION DU D' EOINGER PERMETTANT DE DESSINER OU DE PHOTÛGRAPUIER DES PRÉPARATIONS MICROSCOPIQUES SOUS UN FAIBLE GROSSISSEMENT PAR Ém. I>E M'IIiDË^IAX PI. V et VI. En 1891, dans la « Zeilsclirift fur ivissenscliaftliclie Mikroskopie iind fur mikroskopisclie Technik, Bd YIIÏ, p. 179-181, » M. le docteur L. Edinger, a fait con- naître un appareil simple permettant de dessiner des préparations microscopiques sous un faible grossisse- ment et cela avec grande facilité. Cet appareil construit et mis en vente à cette époque par la maison Leitz de Wetzlar (i) a déjà été amélioré : on y a adapté la chambre noire, ce qui permet la photo- graphie directe de la préparation grossie; on a modifié légèrement le tube métallique, de manière à condenser plus fortement la lumière sur la préparation microsco- pique, dont on veut faire le dessin. Cet appareil n'est guère connu en Belgique, aussi en donnerons-nous la description et des dessins, persuadés qu'il pourra ren- dre à beaucoup de naturalistes de grands services. L'appareil se compose d'un plateau en bois poli ser- (1) Agent pour la Belgique, M. A. Fisch, rue de la Madeleine, 70, Bruxelles. Bull. Soc, belge de microscopie. T. XXI, pi. V. Bull. Soc. belge de microscopie. T. XXI, pi. VI. BULLETIN DES SÉANCES. 133 vant de table à dessiner. De ce plateau s'élève perpen- diculairement une monture également en bois, qui porte d'un côté un support pour lampe,, pouvant monter ou descendre à volonté et se fixer par une vis de pres- sion. De l'autre côté se trouve un bras à l'extré- mité duquel s'adaptent les loupes et un bras pour supporter la préparation microscopique qui doit être projetée sur la table à dessiner. Ces deux bras sont indépendants l'un de l'autre, et peuvent se mouvoir le long d'une crémaillière. La monture en bois est terminée par un tube métallique placé parallèlement à la table et con- tenant une lentille condensatrice et un miroir; celui-ci disposé à 45 degrés, réfléchit donc à angle droit les rayons lumineux provenant de la lampe, sur la prépa- ration microscopique. Il convient naturellement de placer la table à dessiner dans une obscurité plus ou moins grande, de façon que les rayons lumineux traversant la préparation micros- copique et la projetant sur une feuille de papier blanc, fixée sur la table ne soient pas amoindris par la lumière diffuse ambiante. On obtient ainsi de fort belles figures, bien stables ; le crayon peut facilement suivre les contours du dessin, l'opérateur peut même sans inconvénient interrompre son travail. L'appareil est fourni muni de deux loupes, grossissant de 5 à 15 fois; on peut forcer le grossissement en éloignant loupe et préparation de la table à dessiner. Mais M. Edinger ne conseille pas de dépasser un gros- sissement de 50 diamètres, « Mehr von ihm zu verlangen wâre Unrecht, m'écrivait M. le docteur Edinger, er soll nicht mclir kônnen, aber was er kann soll er gut 434 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. kônnen. » Nous avons reproduit cet appareil dans la figure de notre planche V. Comme nous le disions la maison Leilz a appliqué à l'appareil une chambre noire; la loupe grossissante sert dans ce cas d'objectif. La chambre noire est munie laté- ralement d'un petit volet; par l'ouverture la mise au point peut se faire sur un papier blanc remplaçant le verre dépoli. La mise au point terminée, on remplace le châssis à papier blanc par un châssis renfermant une plaque sensible. Comme on le voit par la planche ci-jointe, cet appareil est d'une grande simplicité (pi. VI), mais n'en est pas moins fort pratique; il donne des résultats des plus satisfaisants surtout pour le dessin, sous un grossisse- ment relativement faible des préparations microsco- piques. L'appareil de M. Edinger convient donc tout particu- lièrement pour les études histologiques et pour les études morphologiques des organismes inférieurs, soit végétaux, soit animaux. COMPTES RENDUS ET ANALYSES L'étude de la division nucléaire a donné lieu, dans ces derniers temps, à toute une série de travaux dont les résultats sont assez différents. Nous n'entrerons pas dans les détails de ces divers travaux, mais nous signalerons ici un travail récent de Sargant, que nous trouvons dans le Journal de la Société de microscopie de Londres (i). La courte notice porte pour titre « Some détails of the first nuclear division in tlie poUen-mother-cells of Lilium Marlagon L. » ; elle a pour objet surtout l'étude de la division transversale des anses nucléaires. Cette division ne se fait pas tout à fait comme on l'avait cru de prime abord. Il y a deux scissions qui se produisent, mais dont l'une est incomplète. Un certain nombre de figures intercalées dans le texte font saisir les explications données par l'auieur. L'étude des phénomènes qui se passent dans le noyau, réserve probablement encore bien des nouveautés à l'observateur. Il est d'ailleurs problable que l'on ne pourra former un schéma général répondant à la division caryocinétique de tous les noyaux, il existe sans doute des modes de division variant suivant la cellule envi- sagée, si pas pour la fragmentation des anses, au moins pour la formation des fils achromatiques qui se ratta- chent aux anses. 11 serait à désirer que l'on publiât un relevé très complet des travaux nombreux écrits sur ces diverses (l) Journ. oftlie Roy.micr. Soc. of London, 189S, p. 283. 136 SOCIÉTÉ DELGE DE MICROSCOPIE. questions et qu'un botaniste se charge de résumer les résultats positifs auxquels on est arrivé à ce jour. É. D. W. M. Renault vient de publier dans le « Bulletin du Muséum d'histoire naturelle de Paris (1895, n''4,p. 168)», un très intéressant articulet, accompagné de 4 photo- graphies, « Sur quelques Bactéries des temps pri- maires ». L'auteur a pu observer des Bactéries dans les milieux suivants : 1" Coprolithes des schistes permiens dç toute la for- mation d'Autun; 2" Dans les schistes houillers de différents gise- ments, dans les silex de Grand'Croix et des environs d'Autun ; 5" Au milieu des débris de plantes siliciliées appar- tenant au terrain anthracifère des environs de Régny, Comhres et Ernest. Les Bactéries sont conservées ou par le phosphate de chaux ou par la silice. L'auteur désigne les espèces ayant attaqué les végé- taux de cette dernière localité sous les noms de Bacittns vorax, Micrococciis prisais et Micrococcns emoslensis. Quant aux végétaux houillers, ce seraient les Micro- coccns Guirjmirdii et M. Iiij mcnoplia g us , ([ui les auraient envahis. L'auteur signale encore un Bacillus Ticfjlicnii voisin du B. amijlubacler. Les figures, ayant beaucoup perdu de leur netteté par ) BULLETIN DES SÉANCES. 137 la reprotliiction sur zinc, nous montrent des coupes dans divers tissus attaqués ou envahis par les Bactéries. M. Renault tire les conclusions suivantes de l'exposé sommaire de ses recherches : 1° Les Bactéries paraissent s'être montrées sur le globe en môme temps que les premières plantes; 2*" D'après les recherches faites jusqu'ici elles ont été presque aussi nombreuses et aussi répandues que de nos jours; o" Leur rôle vis-à-vis des plantes semble avoir été le même que celui des Bactéries actuelles. É. D. W. * * CoNN. — Cream ripcning willi Bacllliis, n" il {Ccntralb. f. Bakt. 2^ Abt., Bd. I, n" 11). Depuis que les recherches de Storch et de Weigmann ont fait connaître les agents de la maturation de la crème, on admettait généralement que ce processus consistait essentiellement en une aciditication, en une production d'acide lactique qui, en agissant sur les glycé- rides, mettait en liberté de petites quantités d'acides volatils sapides et aromatiques. Aussi, est-ce uniquement dans le groupe des ferments lactiques que l'on a jusqu'à ce jour, cherché les espèces à employer pour la pratique de la maturation pure de la crème. Au cours d'expériences prolongées pendant plusieurs années sur l'action de Bactéries très diverses sur le lait et la crème, Conn a été amené à découvrir un orga- 138 SOCIÉTÉ lîELGE DE MICROSCOPIE. nisme non acidifiant, dont rinoculation à la crème produit un beurre de qualité tout à fait supérieure. Cette Bactérie, que l'auteur désigne sous le nom de Bacille n" 4j, a été isolée d'un lait imparfaitement stérilisé envoyé de l'Uruguay à l'Exposition de Chicago. C'est un bacille court, asporogène, se développant sur les milieux ordinaires sans toutefois y donner de cul- tures bien caractéristiques; cultivé dans le lait, il fait naître un arôme des plus agréables qui fait graduelle- ment place à une odeur forte rappelant celle du fromage avancé. Des expériences très méthodiques de maturation ont été conduites à l'aide de ce ferment. Un lot de crème bien homogène était divisé en trois parties. L'une d'elles était abandonnée à une maturation spontanée; la seconde, préalablement pasteurisée, était inoculée à l'aide du bacille n" 41 ; la troisième était également pourvue de ce dernier sans avoir été débar- rassée de ses ferments propres. On avait soin d'opérer la maturation, le barattage et les manipulations du beurre, dans des conditions aussi identiques que possi- ble. Les résultats furent très constants. Les crèmes inoculées fournirent toujours un beurre exquis, présen- tant au plus haut degré de délicatesse le « grass flavour » recherché par les palais yankees. Sous ce rapport, la crème non pasteurisée surpassait même légèrement celle qui l'avait été. A l'heure actuelle le bacille n" 41 est employé cou- ramment dans plus de cent laiteries, travaillant pour le reste dans les conditions les plus variées, et partout avec le même succès. Comme on le voit, la découverte de Conn est suscep- BULLETIN DES SÉANCES. 439 tible d'une application des plus avantageuses! que la suppression d'une pasteurisation préalable de la crème, nécessaire avec les ferments acidifiants employés jus- qu'ici, rend particulièrement aisée. Ém. Marchal. * * * Ed. de Fkeudenreich. — Contribution à Cétude de scaiises de l'amertume des fromages et du lait [Annales de Micrographie. Janvier 1895). L'amertume du lait reconnaît presque toujours pour cause le développement, dans ce liquide, de bactéries. Les organismes qui rendent le lait amer paraissent très nombreux; on en connaît à l'beure actuelle déjà un certain nombre signalés par Duclaux, Conn, Weigmann, etc. L'auteur a étudié, avec beaucoup de soin, un micro- coque que renfermait, presqu'à l'état de pureté, un fromage cuit présentant un goût amer très prononcé. Après en avoir détaillé les caractères microscopiques et le mode de développement sur les milieux ordinaires, il ftiit connaître son action spécifique sur le lait. Le Micrococeus casei amari, ainsi que l'auteur l'ap- pelle, cultivé dans le lait, produit de l'acide lactique, provoque la coagulation de la caséine; en même temps il produit des substances amères spéciales qui semblent être différentes des peptones auxquelles on attribuait jusqu'ici l'amertume engendrée par beaucoup d'orga- nismes. L'auteur a réussi à fabriquer, à l'aide de lait préala- 140 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. blement pasteurisé (i), ensemencé de M. casei amari, un fromage dont le goût était nettement amer. Le microbe n'est pas résistant vis-à-vis des agents extérieurs et des désinfectants. Il succombe rapidement à 70°, en atmosphère humide. Aussi la pasteurisation du lait doit-elle permettre de le détruire aisément et d'éviter les accidents qu'il occasionne. Ém. Marchal. La question : existe-t-il un noyau ou un corps cen- tral en tenant lieu chez les Cyanophycées? est loin d'être résolue. Nous voyons successivement apparaître des travaux appuyant l'opinion deBùtschli et dans lesquels se trouve décrit chez les Bactéries, comme chez les Cyano- phycées, un corps central « central Kdrper », tandis que d'autres travaux ne relatent rien de particulier au centre des cellules de ces Algues ; d'autres comme, M. Errera l'a résumé dans ce Bulletin (-2), considèrent la partie médiane des cellules non comme un corps assez analogue au noyau, mais comme une vacuole. M. Nadson, assistant au Laboratoire de l'Université de St-Pétersbourg, élève de Bùtschli a publié cette année un travail assez étendu sur le sujet. Le mémoire de M. Nadson écrit en russe est heureusement suivi d'un résumé allemand, il est accompagné d'une double plan- che. Il a pour titre : « Ueber den Bau des Cyanophyceen- protoplastes » . Nadson termine son travail par un relevé bibliographique de plus de 80 travaux, parmi (1) Cette opération consistée porter le lait à une température de GO» à 70» et à le refroidir ensuite rapidement. (2) Voyez Bulletin, t. XXI, p. 45. I5ULLET1N DES SEANCES. 141 lesquels plus de 50 ont trait directement à la question. L'auteur a étudié les espèces suivantes : Merismopedia clegans th., Aplianocapsa Grcvillci Rbli., Cliroococ- cus turgidus INag.; Glococapsa \polijdermalica Kùtz. ; Lijmjbija curvata Rbli.; Oscillaria sp.; Tolypollirix AccjcHjropila Kiitz., et Ap/iaiiizomenon flos aquae, Allm., appartenant toutes au groupe des Cyanophycées. Il étudia aussi parn)i les Bactéries : Closlridium biUijri- cum Prazm., Cladotlirix dic/wtoma Cohn. M. Nadson retrouve dans le protoplasme de tous ces organismes, la structure alvéolaire telle qu'elle a été décrite par Biitschli.Dans la vie on peut déjà remarquer cette structure, mais on l'observe surtout après fixation et coloration par l'bématoxyline ou par les anilines. La partie centrale de la cellule, privée de pigment, le « Central Kôrper » de Bùtschli n'est pas un organe de la cellule, c'est le centre de localisation d'un certain nombre des éléments de la cellule. C'est l'ensemble des alvéoles centrales du protoplasme, renfermant une matière spéciale colorableet les corpuscules qui possèdent les caractères de la cbromatine. Ce corpuscule central n'est ni l'analogue, ni le dérivé des noyaux des autres organismes, mais il s'en rapproche dans certains cas. L'auteur est parvenu à déceler dans le contenu cellu- laire des Cyanophycées, trois sortes de corpuscules : les corpuscules chromatiques, les corpuscules de réserve et des microsomes. Les deux premières sortes se rencon- trent toujours; quant au troisième groupe l'auteur n'a pu les observer dans tous les cas, il est probable cepen- dant, nous dit l'auteur, qu'ils existent chez toutes les Cyanophycées. m SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Il est intéressant de voir ce que M. Nadson rapporte à ces trois groupes de corpuscules. Les « Chromatinkôrner » sont équivalents aux corpus- cules rouges de Bi'itschli, aux globules muqueux de Palla et en partie à ceux de Sclimitz et même aux « Kyano- phyceinkôrner » de Hieronymus. Ces granulations sont en général réunies dans le corpuscule central. Les deux autres groupes de granules se rencontrent uniquement dans le protoplasme périphérique. Les corpuscules de réserve de Nadson seraient équivalents aux « Cyanophy- ceinkorner « de Palla et auraient bien l'origine que leur attribue ce dernier auteur. Quant à la division elle-même du noyau, ou corps cen- tral, elle se ferait directement par scission, du moins dans la plupart des cas, l'auteur aurait observé paraît-il des formes de passage vers la division indirecte. Les Bactéries auraient la même structure, cellulaire; dans beaucoup de cas cependant le contenu cellulaire comprendrait seulement le noyau ou corpuscule central, qui deviendrait ainsi l'analogue du protoplaste entier des cellules des autres organismes. Comme on le voit dans les traits généraux les résul- tats obtenus parBùtschli, Palla, Nadson, sont les mêmes. Pouvons-nous tirer de ces divers travaux la conclusion que chez toutes les Cyanophycées et chez les Bactéries, il existe un corps central jouissant de certaines propriétés spéciales et rappelant par quelques caractères le noyau des cellules des autres organismes. Nous ne le croyons pas. De même nous ne pourrions pas affirmer la non exis- tence de ce noyau, et dire qu'il y a dans ces cellules une vacuole centrale, et que le protoplasme n'est pas de struc- ture alvéolaire chez toutes les Bactéries, comme pense BULLETIN DES SÉANCES. U3 l'avoir observé Migiila dans le Ikicillus oxalaticiisZo\sLy et Chodat dans le Chroococcus lunjidus. Or, chez cette dernière espèce Palla «t Nadson disent avoir observé et corps central et plasma péripbérique, chacun avec ses caractères spéciaux. Des observations faites sur les mêmes organismes ayant donné des résultats aussi différents, il est absolu- ment nécessaire que l'on reprenne l'étude de tous ces types en se servant comparativement des diverses méthodes employées par les auteurs, soit pour la fixation, soit pour la coloration des matériaux. 11 serait néanmoins très intéressant de réunir en un tout les observations publiées jusqu'à ce jour sur la structure des Cyanophycées et des Bactéries et de discuter les résultats. Il serait désirable qu'à ce point de vue on sépare les Cyanophycées des Bactéries; de tels travaux rendraient certainement service. É. D. W. Nous avons reproduit dans le n° IV du Bulletin de la Société un extrait de la biographie de de Brébisson publiée par M. Tempère dans le Diatomiste. Nous avons reçu à ce propos la lettre suivante de MM. Herrmann et Tourneux, que nous insérons sans y ajouter de commen- taires. Toulouse, le 19 juin 1895. Monsieur De Wildeman, Nous venons faire appel à votre esprit de justice au sujet d'un article du Bullcl'ui de la Société belge de 144 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Microscopie (n" du 50 avril 1895, pages 4(3-47), signé de vous et parvenu un peu tardivement à notre connais- sance. Cet article reproduit un passage d'un autre journal d'après lequel Ch. Robin aurait tout simplement volé à Bourgogne, père et de Brébisson le manuscrit du Traité du Microscope. Permettez-nous de vous exprimer sans réserve l'éton- nement que nous a causé la lecture de cette étrange anecdote. Vous n'êtes pas sans savoir que le Traité du Micros- cope n'a pas revêtu de prime-abord sa forme définitive. Avant les éditions de 1871 et 1877 avait paru VEssai de 1849 accompagné d'une préface sur les divisions de l'anatomie générale et d'une étude fort remarquable sur la classification des Sciences et sur les principes géné- raux de la biologie. Dans VEssai, la partie technique [Injections et Micros- cope) se réduisait à 258 pages de 1,500 lettres avec 25 figures en texte et 4 planches dessinées par Laeker- bauer. Il y a loin de cette première ébauche au Traité de 1877 dont la partie correspondante compte 550 pages de 2,200 lettres avec 150 figures en texte et 5 des anciennes planches lithographiées, Timité qui comprend en plus une deuxième partie d'égale étendue et entière- ment nouvelle sur les applications du microscope en biologie. Peut-on supposer un seul instant, qu'un auteur de la valeur de Robin, dont l'originalité est à coup sûr la qualité dominante, ait pu ainsi, pendant une période de 28 années, poursuivre et développer une œuvre qui n'aurait pas été la sienne? Considéré en lui-même cet opuscule de technique BULLETIN DES SÉANCES. iiS microscopique tient une place bien restreinte dans l'œuvre si vaste de Robin. Comme le dit fort justement Georges Pouchetdans sa notice nécrologique (Ch. Robin, Sa Vie et son œuvre. Journal de l'Anatomie, 1887), ce qui fait l'intérêt du volume paru en 1849, c'est la partie philo- sopliie et non la partie technique. Celle-ci, par la nature même du sujet, offre bien moins d'originalité; elle ne marque aucun progrès bien notable sur les connais- sances de l'époque, si ce n'est pour certains points d'im- portance secondaire tels que les procédés de mensuration basés sur l'emploi des oculaires micrométriques, etc., points qui n'ont jamais fait l'objet d'aucune réclamation de priorité. On ne s'expliquerait pas que Robin eût commis pour si peu de chose le détournement que d'aucuns voudraient lui imputer, et cela au moment môme où il déployait l'activité vraiment prodigieuse dont fait foi la liste de ses travaux. Et qui donc croira que de Rrébisson ait pu « recon- naître sa prose à laquelle Robin n'avait rien changé, » quand on trouve à chaque page de VEssai les idées et et les tournures de phrase de Robin dont la manière d'écrire si spéciale ne prête certainement pas à confu- sion? D'un bout à l'autre, cette singulière histoire est abso- lument invraisemblable. Mais si l'on peut laisser contester à Robin la paternité de ce modeste Essai sans que son héritage scientifique (risque d'en être sensiblement amoindri, nous ne saurions oublier, d'autre part, que derrière le savant il y avait l'homme. C'est ce dernier que voudrait viser l'accusation déshonorante contre laquelle ne sauraient protester avec trop d'énergie ceux qui ont connu de près le X\l I 1 146 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. grand et lionnête travailleur si gratuitement incriminé. On sait du reste quelles luttes opiniâtres, il a eu à soutenir au cours de sa carrière : s'il avait été possible de l'inculper de vol, il est permis de croire que ses adversaires ne s'en seraient pas fait faute. Il s'agit, en somme, d'un simple on dit, dont rien ne vient corroborer l'exactitude. Nous pourrions, avec non moins d'autorité et de vraisemblance, venir déclarer, par exemple, que c'estRobin qui avait rédigé tel mémoire signé de Brébisson et que c'est de sa propre boucbe que nous tenons le fait. En pareille matière une affirmation pure et simple ne suffît pas. A la vérité, tout homme un peu en vue est exposé à voir émettre sur son compte des assertions plus ou moins désobligeantes ; dans l'espèce, celles-ci sont parfaitement négligeables lorsqu'elles ne sont pas appuyées sur des preuves tangibles et que par surcroît elles émanent d'un milieu étranger au mouvement scientifique. Mais ce qui paraît inadmissible c'est qu'une société savante digne de ce nom se fasse l'écho d'une légende de ce genre, l'admette sans autre vérification et la consigne dans ses comptes rendus. Ce serait donner à un bruit sans consistance une sorte de consécration qui pourrait induire en erreur, dans quelques années d'ici, un historien non prévenu, et vous ne voudrez certainement pas assurer une pareille responsabilité. Nous demeurons persuadés que dans cette circons- tance la bonne foi de la Société de Microscopie et de ses correspondants a été surprise. Votre Bulletin n'hésitera pas à insérer la présente lettre et à s'associer ainsi à notre protestation en faveur d'un maître regretté dont la mémoire pourrait être ternie par des allégations qu'on BULLETIN DES SÉANCES. 147 doit considérer, jusqu'à plus ample informé, comme dénuées de tout fondement. Veuillez agréer, Monsieur, l'assurance .de notre par- faite considération. G. HeRHMANN. F. TOURNEUX. Professeurs à la Faculté de Médecine de Toulouse (Haute-Garonne). * * Les études de pathologie végétale ont acquis avec raison une grande importance dans ces dernières années. Les maladies de la vigne ont attiré tout particulièrement l'attention des botanistes, l'on a étudié d'une manière approfondie des maladies connues depuis longtemps et l'on en a décrit de nouvelles qui seraient dues souvent à des organismes inférieurs spéciaux. Un des derniers travaux sur la question est celui que vient de publier dans la Revue de viticulture, M. F. De- bray avec la collaboration de M. Brive. Cette étude intitulée « La brunissure chez les végétaux et en parti- culier dans la vigne, ses caractères, le parasite qui la provoque » renferme des données très intéressantes au point de vue de la systématique et au point de vue de la biologie de l'organisme, cause de la maladie. « La brunissure, dit M. Debray, est une maladie pro- duite par un Champignon que ses caractères botaniques ne permettent pas de laisser dans le genre Plasmodio- pliora. « L'auteur lui applique le nom générique de Pseudocommis, et comme nom spécifique garde celui proposé par MM. Viala et Sauvageau. Le parasite devra donc s'appeler Pseudocommis vitis (Viala et Sauv.) Debray. Le nom de « Chytridiose » devra être aban- d48 SOCIÉTÉ BELGE UE MICROSCOPIE. donné, car le parasite ne pent être comparé, comme l'avait fait M. Prunet, à une Chytridiacée. L'auteur a pu étudier le développement du parasite, et les différentes phases de la maladie, sur les vignobles des environs d'Alger. Mais ce qui est particulièrement intéressant pour l'évolution de la maladie, c'est le fait que ce parasite, ne se localise pas uniquement, comme on le croyait, dans les tissus de la vigne, on le rencontre encore attaquant toute une série d'autres végétaux, appartenant aux familles les plus diverses L'auteur cite des plantes des familles suivantes : Gra- minées, Palmiers, Liliacées, Amaryllidées, Dioscorées, Musacées, Composées, Caprifoliacées, Asclépidiacées, Solanées, Acanthacées, Ébénacées, Oléinées, Zanlhoxy- lées, Anacardiacées. Aurantiacées, Acérinées, Ampéli- dées, Célastrinées, Magnoliacées, Morées, Mescmbry- anthémécs, Crassulacées, Saxifragées, Grossulariées. Araliacées, Aristolochiées, Laurinées,Rhamnées, Myrta- cées, Granatées, Pomacées, Rosacées, Amygdalées Légumineuses, Amentacées, Gnétacées, Cupressinées, Abiétinées, Cycadées, Fougères. Ce ne sont là probablement pas les seules familles dont les espèces peuvent être attaquées par le Pseudo- commis, qui paraît être, d'après les données du travail de MM. Debray et Brive, la cause d'un grand nombre de maladies d'arbres fruitiers ou d'ornement, décrites sous des appellations diverses. É. D. W. M. Balbiani termine dans les n"' 7-8 des Annales de BULLETIN DES SÉANCES. 149 micrographie, un intéressant article « Sur la structure et la division du noyau chez le Spirocliona gcmmi- para. » L'auteur a observé des faits très curieux relativement à la sortie d'un corpuscule du noyau, corpuscule qui joue ensuite un rôle assez analogue aucentrosome. Il ne sera peut-être pas sans intérêt d'attirer l'attention sur le travail de M. Balbiani, en reproduisant ici le résumé de ces conclusions. Le noyau du Spirocfiona se compose d'une substance chromatique et d'une substance achromatique; ces deux substances sont adjacentes ou incluses l'une dans l'autre, la chromatine entoure la substance achromatique qui reste à nu dans la partie postérieure, ou bien les deux substances sont complètement séparées. Le nucléole des divers auteurs se forme dans la partie antérieure de la chromatine, dans une sorte de vacuole; il émigré ensuite et vient se placer dans la substance achromatique. Le globule central participe à la fois des caractères d'un nucléole vrai et d'un centrosome; il disparaît au début de la division pour reparaître dans les deux noyaux, il condense autour de lui la substance environ- nante sous forme de sphère attractive intranucléaire,ne passant pas dans le protoplasme comme les centrosomes ordinaires. Ce caractère justifierait l'opinion des auteurs ne fai- sant pas de distinction fondamentale entre nucléole et centrosome. Le processus par lequel se reforme le nucléole dans les noyaux permettrait d'expliquer l'origine du centro- some; ce seraient des microsomes de chromatine, libres •ISO SOCIÉTÉ BELGIi UE MICROSCOPIE. OU fusionnés, sortis du noyau, pour pénétrer dans le protoplasme et y jouer un rôle actif. Une belle planche reproduisant les diverses phases de division de ce curieux noyau, accompagne le travail de M. Balbiani. Ces conclusions sont, comme on le sait, assez intéressantes, mais pourront-elles être généra- lisées? É. D. W. E. DE Frendenreich. — De la recherche du bacille coli dans l'eau. (Annales de Micrographie, t. VII, n" 7 et 8.) La recherche du bacille coli présente une grande im- portance dans l'analyse bactériologique des eaux, l'exis- tence de ce microbe étant un indice de contamination par des matières fécales bien que, cependant, il semble démontré aujourd'hui qu'il se trouve dans l'air, dans le sol, des formes bactériennes présentant les plus grandes analogies avec le bacille de l'intestin. Jusqu'ici l'on opérait la recherche du bacille coli en même temps que celle du bacille typhique par les pro- cédés de Vincent ou de Péré, basés sur la propriété que possèdent ces deux organismes de se développer dans des milieux additionnés dans des quantités notables d'acide phénique. L'auteur s'est servi d'un procédé beaucoup plus rapide qui lui a toujours fourni d'excellents résul- tats. On ensemence des doses croissantes d'eau (une, dix, vingt, etc., gouttes,) dans des ballons contenant du BULLETIN DES SÉANCES. \M bouillon additionné de 5 p. 100 de sucre de lait que l'on maintient à 55°. Si le bacille coli est présent dans l'eau une vive fer- mentation s'établit après douze à vingt-quatre heures. La teneur de l'eau, en bacille intestinal, est aisément déduite de l'examen de la série des ballons ensemencés. ÉM. M. i i niLLEIIiX DES SliAI\CES DE LA mMïii BELGli \)\i MICROSCOIUE ToMK XXI. N' X. 1894-1895. l*i*océs-verl>al de ra$^seiul»lée aiiiiiielle du 1» octobre 1N95. Présidence de M. Rouffart, président. La séance est ouverte à H heures. M, le Ministre de l'Intérieur et de l'Instruction pu- blique nous a envoyé le mandat annuel de 500 francs. — Remerciements. P Le Secrétaire donne lecture, au nom du Conseil, du RAPPORT SUR LRS TRAVAUX DE LA SOCIKTF: PENDANT L'ANNÉE 1894-95. Messieurs, Pour se conCormer, aux statuts de la Société, le Conseil d'administration a l'honneur de vous présenter XXI <'^ iU SOClliTÉ BKLGE UE MiCUOSCOPlE. son vingt et unième rapport annuel sur la situation matérielle et seienlifiqiie de notre association. Le nombre de nos membres est resté sensiblement le même, la liste comprend actuellement 7G membres effectifs, 17 membres associés. Les communications faites à nos séances mensuelles sont presque toutes reproduites dans nos publications, Bulletins ou Mémoires. Nous avons en oulre fait impri- mer un certain nombre d'articles présentés à nos séances par nos membres. Nous ne vous citerons point ces travaux, vous en trouverez l'indication dans la table des matières, termi- nant le dernier fascicule de notre tome XXL MM. J. Bordet, Massart, Francotte, Claulriau, Pe- chère ont également fait à quelques-unes de nos séances des communications que nous n'avons pu repro- duire jusqu'à ce jour dans nos publications. MM. Marcbal, Nypels, De Wildeman, ont fourni pour nos Bulletins des comjites-rendus, analyses et notes de technique. Depuis notre dernière séance générale, nous avons achevé la publication du tome XVIII de nos Mémoires et nous avons fait paraître le i*" fascicule du tome XIX. Nous coniptons faire parailie d'ici peu le 2" fascicule de ce dernier tome. Nous n'avons pu, à défaut de local bien disposé, donner cet hiver une nombreuse série de conférences publiques. Nous ne pourrons fort probablement pas le faire cette année, les installations nouvelles qui nous seront réservées dans les locaux du Jardin botanique ne sont pas encore terniinées. Le Conseil renouvelle à M. Crépin, membre de notre BULLETIN DES SEANCES. i"» I Société et dii't'tteiu' du Jardin botanique, ses plus vifs sentiments de reconnaissance pour i'Iiospitalilé qu'il veut bien accorder à la Société. Il le remercie tout spécialement d'avoir bien voulu mettre cette année à la disposition du Bibliothécaire une armoire où ont pu être mis à l'abri, pendant la période de reconstruction des bâtiments, les plus importantes des collections de notre Bibliothèque. Counne le trésorier va nous le montrer, l'état de nos tinances, est beaucoup meilleur que celui que nous accusions l'année passée. La Société a, pendant le courant de l'année, perdu quelques-uns de ses membres. M. le docteur Van Heurck a consacré dans nos BiiUetins une notice à la mémoire de l'un de nos membres fondateurs, J. Deby. Nous avons à enregistrer la mort de deux de nos associés étrangers : Louis Pasteur, membre honoraire, est décédé tout dernièrement; nous consacrerons dans le compte rendu de cette séance une notice à la vie et les œuvres de l'illustre savant. Parmi nos membres correspondants, nous avons perdu le docteur Senoner de Vienne, et Fréd. Kitton, à qui M. Van Heurck consacrera quelques mots dans nos BuUelins. La situation de notre Société est donc,, comme vous pouvez aisément vous en assurer vous-mêmes, en progrès, tant au point de vue matériel qu'au point de vue scienti- fique. Nous espérons, avec l'aide dévouée de tous les mem- bres, voir pendant l'année qui s'ouvre, auguienter le nombre et l'intérêt des communications scientifiques et, en même temps, l'état matériel de notre Société. iS6 SOClfiTÉ UELGI'; l»E MICUOSCOI'IK. BILAN DE L'EXERCICE 1894-95. Le trésorier dépose les comptes de l'année sociale 1894-95. Ils sont approuvés. L'encaisse de la Société, portefeuille compris, com- porte plus de 800 francs. Le trésorier présente ensuite le projet de budget pour l'exercice 1895-90 ; ce projet est adopté. L'assemblée vote des remerciements au trésorier pour les soins qu'il ne cesse d'apporter à la gestion des finances de notre Société. M. Delogne, empêché d'assister à la séance, ne peut déposer le rapport sur l'état de la bibliothèque et des collections. Rien de particulier n'est d'ailleurs à signaler, si ce n'est que M. Crépin, directeur du Jardin botanique, a bien voulu mettre à notre disposition une bibliothèque, nous avons ainsi pu rendre accessible les plus impor- tantes de nos collections, en attendant la reconstruction des nouvelles salles du Jardin, où nous pourrons installer toutes nos collections. SEANCES MENSUELLES. Jj'assemblée décide que les séances mensuelles auront lieu, connue par le passé, le troisième lundi de chaque mois, à 8 l/:2 du soir. Le Secrétaire ainionce, que le Conseil a renommé, BULLETIN DES SEANCES. 157 MM. Ch. Bordet et Péchère, secrétaires-adjoints, pour l'année 1895-189G. ÈLfc:CT10iNS. L'ordre du jour appelle l'élection de divers membres du Conseil en remplacement de MM. Lameere vice- président; De Wildeinan, secrétaire; Bauvvens, tréso- rier; Coomans, membre du Conseil, sortants et rééli- gibles, et Renard, meinbre démissionnaire. Sont nommés : Vice-président : M. Lameere. Secrétaire : M. DeWiideman. Trésorier : M. Bauwens. Membres : M. L. Coomans, M. Van Bambeke. Communications : M. Francotte expose quelques remarques sur la mesure des objets microscopiques. Le résumé de cette communication sera inséré dans le compte rendu de la séance. M. B. Sand résume un travail de Boveri sur les centrosomes ; ce résumé sera reproduit dans le compte rendu des séances. M. De Wildeman dépose une notice algologique; elle paraîtra dans le Ijullelin. i:.8 SOCIÉTÉ BELGK DE MICKOSCOI'IE. Élection : M. Fisch, représentant de la maison Leilz deWetzIar, présenté par MM. Marchai et De Wildeman, est nommé membre effectif. L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 1"2 1/4 heures. Bull, (le la Soc. belge de microseopie. T. XXI, pi. VII. LOUIS PASTEUR 1822-1895 LOUIS PASTEUR 1822-1895 Le 28 septembre dernier, s'est éteint à Garches, près (Je Paris, rnn des plus grands génies de ce siècle, Louis Pasteur, l'illustre fondateur de cette science biologique qui devait révolutionner la médecine, le savant dont les découvertes ont sauvé des milliers de vies humaines et lui vaudront à jamais le titre le plus glorieux qu'un mortel puisse envier : celui de bienfaiteur de l'huma- nité. Rappeler la vie de l'homme, retracer la carrière du savant, montrer l'évolution de son génie, l'enchaîne- ment rigoureux des faits qui l'ont conduit de décou- verte en découverte, de triomphe en triomphe, constitue une tâche qui aurait dû échoir à quelque plume plus experte et surtout plus autorisée que la mienne. Heureusement, un mystérieux et trop modeste ano- nyme a, dans un livre charmant intitulé : Histoire (Cun savant par un ignorant, raconté, avec autant de sincé- rité que d'humour, la vie de celui qu'il appelle son illustre ami. Il a été pour moi un précieux initiateur. Louis Pasteur est né à Dôle (Jura), le 27 décembre 1822. Deux ans après sa naissance, son père, modeste tan- neur, vint s'installer à Arbois; c'est au collège muni- cipal de cette ville que le jeune Pasteur fit ses premières études. 160 SOClÉIft IJELGK DK MICUOSCOl'IK. On raconte, qu'en ces temps lointains, la pêclic et surlout le dessin, disputaient aux thèmes et aux ver- sions les loisirs du collégien, et Ton voit encore, dans quelques maisons d'Arbois, plusieurs de ses portraits an pastel tous signés. Leur facture peu banale faisait dire il y a quelques années à l'artiste Gérôme : « Quelle chance pour nous, M. Pasteur, que vous ayez abandonné la peinture pour la science. Nous aurions eu en vous un terrible concurrent de plus. » Le collège d'Arbois n'ayant pas de professeur de philosophie, le jeune Pasteur, chez qui s'était éveillée l'ardente passion du travail qui forma depuis le fond de son caractère, alla continuer ses études à Besançon, où il tut bientôt reçu bachelier ès-lettres et nommé maître- répétiteur. Mais, encouragé par son père, qui s'imposait les plus rudes sacrifices pour son instruction, il songea à l'École normale. Mettant à profit le peu de loisir que lui laissaient ses fonctions, il se prépara aux examens d'admission à cette institution. C'est à cette époque que se manifesta chez lui un goût marqué pour la chimie; il accablait de questions, sou- vent embarrassantes, un vieux professeur, appelé Dar- lay. Sa curiosité n'ayant pu être satisfaite par ce dernier, il s'adressa à un pharmacien de Besançon, dont il obtint en cachette, les jours de sortie, quelques leçons particulières. Aux examens de l'École normale, Pasteur fut reçu le quatorzième; mais, mécontent de son rang, il recom- mença une nouvelle année de prépai'alion à Paris, dans un modeste établisseuient d'instruction tenu, impasse BULLETIN DES SÉANCES. 161 des Feuillantines, par un Franc-comtois, le père Barbet. Celui-ci, prenant en considération le peu de fortune de son compatriote, avait réduit, pour lui, d'un tiers le prix de la pension. Enfin, en octobre 1845, il était reçu quatrième à cette grande École normale qu'il devait illustrer plus tard de l'éclat de ses découvertes. Il put y donner satisfaction à son amour pour la cbimie qui s'était transformé en une véritable passion. Cette science était, en ce temps, professée à la Sor- bonne, par l'illustre Dumas; cbacune des leçons du maître suscitait, chez Pasteur, un enthousiasme pro- fond. Ses heures de loisirs étaient partagées entre la biblio- thèque et le laboratoire. Il avait trouvé, en la personne de M. Delafosse, maître de conférences à l'École nor- male, un guide précieux dans l'étude de la physique moléculaire. Elève et ancien collaborateur du célèbre cristallo- graphe Haùy, Delafosse avait imprégné le jeune Pasteur des enseignements de son maître sur l'arrangement des atomes et ses rapports avec les formes cristallines. C'est à celte époque que le savant minéralogiste alle- mand, Mitscherlich, envoya à l'Académie des Sciences une note dans laquelle il disait : « Le paratartrate et le tartrate de soude et d'ammo- niaque ont la même composition chimicjue, la même forme cristalline avec les mêmes angles, le même poids spécifique, la même double réfraction, et, par consé- (juent, le même angle des axes optiques. Dissous dans l'eau, leur réfraction est la même. Mais le tartrate dis- IGi SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. SOUS tourne le plan de la lumière polarisée et le para- tartrate est indifférent, comme M. Biot l'a trouvé pour toute la série de ces deux genres de sels. » Ce fait, en contradiction avec les idées d'Haiiy et de Dumas sur l'arrangement des molécules dans les cris- taux, frappa vivement Pasteur. Reçu agrégé des sciences physiques, à la fin de sa troisième année d'école, ce dernier obtint la faveur de rester attaché, comme préparateur, au laboratoire de l'École normale. Il se mit assidûment à l'étude des cristaux, à la détermination de leurs formes, de leurs angles, dans le secret espoir d'infirmer un jour les assertions de Mitscherlich. Un examen minutieux des formes cristallines de l'acide tartrique et de ses combinaisons, lui fit voir que certaines petites faces avaient échappé à cet obser- vateur. La présence de ces faces rompait la symétrie de ces cristaux; ceux-ci, placés devant une glace, ne produi- saient pas une image qui leur était superposable : ils étaient dissymétriques. , Cette dissymétrie se manifestait toujours dans le même sens. Au contraire, l'acide paratartrique inactif, préparé selon les indications de la note de Mitscherlich, se montra constitué de deux sortes de cristaux, les uns identiques à ceux de l'acide actif, les autres présentant une dissymétrie en sens inverse. Pasteur sépara manuellement les deux variétés de cristaux dans le but d'étudier l'action de leurs solutions sur la lumière polarisée, qu'il soupçonnait être en relation avec la dissymétrie moléculaire observée. BULLETIN DKS SEANCES. 163 Les prévisions du jeune savant se réalisèrent avec une netteté mathématique. L'une des solutions pola- risait à droite, l'autre en sens opposé. Ces résultats avaient attiré l'attention de l'Académie des Sciences, et l'un des membres de la docte assem- blée, le physicien Biot, demanda à Pasteur d'en vérifier avec lui l'exactitude. L'épreuve fut convaincante et ce fut avec une émotion mal dissimulée que l'illustre vieillard, après avoir constaté les déviations polarimétriques, prit le jeune Pasteur par le bras et lui dit : « Mon cher enfant, j'ai tant aimé les sciences dans ma vie, que cela me fait battre le cœur. » C'est ainsi que fut introduite, dans la science, la notion de la dissymétrie moléculaire. Sur ces entrefaites. Pasteur fut nommé professeur suppléant de chimie, à la faculté de Strasbourg. C'est dans cette ville, qu'il épousa M"" Marie Laurent, fille du recteur de l'Académie, qui devait être la com- pagne vaillante dont l'admirable dévouement ne se démentit jamais. Pasteur continuait avec succès ses recherches cris- tal lographiques. Étudiant un grand nombre de substances, il fit voir que toutes celles qui déviaient le plan de polarisation de la lumière étaient constituées par des cristaux dissymé- triques ou présentant la dissymétrie lorsque l'on faisait varier la nature des dissolvants, ou que l'on introduisait dans les solutions mères des matières étrangères inca- pables de réagir chimiquement sur elles. Il fit, d'autre part, cette constatation intéressante que la plupart des corps organiques sont dissymétriques. 164 SOCIÉTÉ BELGE UR MICROSCOPIE. tandis que les produits du monde inorganique sont à image superposable. Et généralisant encore : « L'univers est un ensemble dissymétrique, écri- vait-il. Je suis porté à croire que la vie telle qu'elle se manifeste à nous, doit être fonction de la dissymétrie de l'univers. » Ayant abandonné à elle-même une solution étendue de paratartrate d'ammoniaque additionnée de quelques sels, il la vit se couvrir de moisissures, notamment de Pénicillium. En même temps, il constatait que la solution, tout d'abord inactive, déviait de plus en plus, à gauche la lumière polarisée. Le champignon consommait donc l'acide droit, lais- sant le gauche inaltéré. Ainsi, pour la première fois, la notion de la dissymétrie moléculaire apparaissait dans le domaine physiologique. Entre-temps, Pasteur avait quitté Strasbourg pour s'installer à Lille, où il arrivait, à l'âge de 52 ans, avec le titre de doyen de la Faculté. C'est à cette époque que sa carrière scientifique prit son orientation définitive. L'étrange influence d'un être microscopique sur la dissymétrie moléculaire était de nature à lui faire entre- voir des horizons nouveaux sur bien des choses et, notamment, sur les phénomènes, alors si obscurs, de la fermentation. Guidé par sa merveilleuse prescience, il se disait que l'action d'un infiniment petit ne pouvait pas être un cas isolé dans la nature, et devait rentrer dans l'énoncé de quelque grande loi générale insoupçonnée. Les idées de Liebig régnaient alors en maitresses et la théorie du contact, la théorie catalytique, paraissait BULLETIN l»HS SEANCES. i6ïi seule capable de rendre compte de la décomposition des cadavres animaux et végétaux, de l'aigrissemcnt du lait, du bouillonnement du jus de raisin dans les cuves de vendange, de la panification, bref de tous les phéno- mènes obscurs que l'on attribuait à des « ferments », ferments dont on donnait une définition non moins équivoque. « Les ferments, disait Liebig, sont toutes ces ma- tières azotées, albumine, fibrine, caséine... ou les liquides qui les contiennent, le lait, le sang... dans l'état d'altération qu'ils éprouvent au contact de l'air. » Dans cette théorie, l'oxygène constituait donc le primiim moveus, la première cause de décomposition des matières azotées, dont l'ébranlement moléculaire se communiquait alors dans la masse fermentescible et la résolvait en produits nouveaux. Cagnard de Latour en France, Schwann en Belgique, avaient bien fait voir que la levure qui se dépose au fond des cuves de vendange est composée de cellules se multipliant par bourgeonnement, qui pouvaient bien intervenir dans la déconiposition du sucre ; mais ces observations, limitées à un cas particulier, n'étaient pas parvenues à ébranler les idées régnantes. C'est l'étude de la fermentation lactique qui devait fournir à Pasteur l'occasion de réfuter les errements de Liebig et de jeter les bases de la science biologique (18G7). En suivant avec attention les phases de l'acidification du lait, Pasteur avait remarqué, au moment de la coa- gulation, le dépôt d'une matière grise qui, au micros- cope, se révèle formée d'innombrables cellules souvent disposées en chaînettes et beaucoup plus petites que celles de la levure de bière. k 166 SOCIÉTÉ BIÎLGE DE MICHOSCOPIE. 11 imagina alors de constituer un milieu chimiquement défini, capable de subir la fermentation lactique, et de l'ensemencer à l'aide d'une parcelle du dépôt précité. Dans ce but, il mit en ébullition un peu de levure dans quinze à vingt t'ois son poids d'eau, fit dissoudre dans le liquide filtré environ 50 gr. de sucre par litre, et y ajouta de la craie. Prenant alors, à l'aide d'un tube effilé, un peu de la matière grise, il la déposa dans la liqueur sucrée. Dès le lendemain, une fermentation vive se manifestait, carac- térisée par une production abondante de gaz; en même temps, la craie disparaissait, dissoute, et faisait place, peu à peu, à un dépôt granuleux, que l'examen micros- copique montra être constitué de cellules identiques à celles de la matière grise primitive. Cette fois, il n'y avait plus de doute possible. Pasteur tenait l'agent de l'acidification : le feruient lactique. Cependant, les partisans de la théorie catalytique pouvaient encore se tirer d'affaire en prétendant, avec peu d'apparence de raison, il est vrai, que la fermen- tation était due, non pas au dépôt de feruient vivant, mais aux cellules mortes, en voie d'altération, qui accompagnent ce dernier, ou bien encore à la matière azotée que la décoction de levure avait introduite dans le milieu nutritif. Afin de dissiper les derniers doutes, Pasteur fit une expérience décisive et mémorable. Dans une liqueur dépourvue de matières organiques azotées, constituée par une solution de sucre, additionnée de petites quan- tités de phosphates alcalins et terreux et d'un sel ammo- niacal, il introduisit une parcelle de ferment lactique bien vivant : la fermentation suivit son cours régulier. BULLETIN bES SÉANCES. 167 Dans une autre expérience, non moins concluante, il obtint une fermentation alcoolique typique, en inocu- lant, à l'aide d'une quantité infinie de levure, une solution sucrée additionnée de sels nutritifs. Ces résultats portaient un coup fatal à la théorie du contact qui, malgré les efforts de Liebig, perdit du coup beaucoup d'adhérents. L'hypothèse d'une action catalytique des matières organiques azotées, dans la fermentation, était définiti- vement écartée; restait l'influence de l'oxygène de l'air. Pasteui' avait lemarqué que, lorsque le lait, après acidilication et précipitation de la caséine, subissait la fermentation butyrique, il y apparaissait un organisme tout différent du ferment lactique, formé de bâtonnets très agiles, arrondis aux extrémités. Il s'agissait là d'un nouveau ferment chez lequel Pasteur allait découvrir une bien remarquable propriété: l'anaérobiose. Il avait constaté, au cours de ses expé- riences antérieures, qu'une atmosphère confinée, voire même exclusivement composée d'anhydride carbonique, ne nuisait nullement à la fermentation butyrique. Il acquit rapidement la conviction que non seulement le vibrion butyrique peut vivre sans air, mais que l'oxygène constitue pour lui un véritable poison. Fait-on passer un courant d'air dans un liquide où se multiplie le microbe, immédiatement il tombe inanimé au fond du vase et la fermentation qu'il engendrait prend fin. La découverte de la vie anaérobie fut des plus fruc- tueuses ; non seulement elle fit entrevoir à Pasteur tout un monde d'organismes que les conditions d'aération de ses premières expériences avaient tenus écartés, mais 168 SOCIÉTft BELGR DK WICROSCOPIIÎ . elle lui suggéra des idées nouvelles sur le mécanisme intérieur des fermentations. « N'y avait-il pas, se disait Pasteur, une relation cachée entre la propriété d'être ferment et la faculté de vivre sans l'oxygène libre de l'atmosphère? Est-ce que les autres vibrions qui exigent impérieusement, pour leur nutrition et leur multiplication, la présence du gaz oxygène, ne seraient pas eux des vibrions qui n'auraient jamais la propriété d'être ferments. » Plein de ces idées, il imagina alors une série d'expé- riences pour mettre en parallèle ces deux faits physio- logiques si curieux : la vie sans air et le caractère ferment. Il fit fermenter du jus de raisin et du moût de bière dans des conditions d'aération variées : d'une part, en grande surface dans des baquets en bois à fond plat, d'autre part, dans des cuves profondes, et constata que le rapport entre le poids de sucre décomposé et le poids de levure formé est absolument différent dans les deux cas. Tandis que dans les cuves profondes, par exemple, on pouvait voir qu'un kilogramme de ferment décom- pose 70, 80 et jusque 150 kilogrammes de sucre, on voyait que, dans les cuves sans profondeur, 1 kilogramme de ferment correspond seulement à 5 ou kilogrammes de sucre décomposé. En d'autres termes, plus le ferment levure de bière absorbe, pour vivre, de gaz oxygène libre, moins grande est sa puissance comme ferment. L'oxygène agit donc sur la fermentation dans un sens tout opposé à celui que lui attribuait la théorie de Liebig; s'il stimule la uiultiplication cellulaire de la levure et il en diminue considérablement le caractère ferment. BULLETIN DES SÉANCES. 169 L'étude des phénomènes de la putréfaction fournit à Pasteur de nouvelles occasions de mettre en relief l'intime corrélation entre la vie sans air. et la fermen- tation. Il montra comment, après la mort, le cadavre animal ou végétal se trouve immédiatement envahi par les légions microbiennes, les unes superficielles aérobies et comburantes, les autres anaérobies, protégées du contact mortel de l'oxygène par les premières, engen- drant des fermentations qui résolvent les matériaux organiques en composés de plus en plus simples, jusqu'à la désagrégation et la minéralisation finales. Répondant victorieusement à une objection de Liebig qui se demandait : Si les corps organiques sont détruits par les ferments, quels sont les ferments des ferments? il fit voir qu'aussitôt leur tâche terminée, les ferments dépérissent, meurent, ne constituent plus qu'une petite masse de matière organique qui devient la proie d'autres espèces et que, par conséquent, « les ferments des fer- ments sont les ferments ». Entre temps, au mois d'octobre 1857, Pasteur avait été appelé à Paris, où il était chargé de la direction des études scientifiques à l'École normale supérieure. C'est à cette époque qu'il entama, avec les partisans de la génération spontanée, la lutte mémorable qui aboutit à la défaite complète de l'hétérogénie matéria- liste et dans laquelle il témoigna, au plus haut degré, à la fois d'un merveilleux talent expérimental et de cet esprit de combativité qui formait une des faces les plus curieuses de son tempérament scientifique. Dans l'étude des fermentations, la question de l'ori- gine des êtres microscopiques se posait, primordiale et pressante. XXl 13 no SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE. La vie peut-elle apparaître spontanément dans les infusions organiques, ou bien les fermentations pro- cèdent-elles toujours de germes préexistants? Disciple de l'Anglais Needham, Pouchet, directeur du Muséum d'Histoire naturelle de Rouen, s'était fait l'apôtre de la spontanéité. — Il appuyait ses dires, non- seulement de faits et de théories empruntés aux savants et aux philosophes anciens et modernes, mais aussi d'expériences personnelles, souvent fort ingénieuses. Ardent à la discussion, il était de taille à se mesurer avec Pasteur. Aussi, le tournoi scientifique qui s'engagea entre ces deux hommes, eut-il un retentissement considérable non-seulement en France, mais dans tout le monde civilisé. Pouchet avait nettement abordé le problème : « Les adversaires de la génération spontanée, disait-il, prétendent que les germes des êtres microscopiques existent dans l'air, que l'air les charrie, les transporte à dislance. Eh bien, que diront ces adversaires si je par- viens à déterminer la génération de quelques êtres orga- nisés en substituant un air artificiel à celui de l'at- mosphère? » Il avait imaginé, pour démontrer l'exactitude du fait qu'il avançait, l'expérience suivante. Un flacon d'eau bouillante, hermétiquement bouché, était plongé renversé dans une cuve à mercure. Lorsque l'eau était complètement refroidie, il débouchait le flacon sous le mercure et y faisait passer une certaine quantité -d'oxygène pur, puis une petite botte de foin de quelques grammes, préalablement dépourvue de germes par un chauffage prolongé à plus de 100". Après quelques jours. BULLETIN DES SÉANCES. d7l apparaissaient, à la surface de l'infusion de foin, des moisissures diverses. Seule, la génération spontanée, déclarait triompha- lement Pouchet, peut rendre compte de l'apparition de ces êtres organisés. En efï'et, ajoutait- il, l'oxygène produit par une com- binaison cliiinique à la température de l'incandescence, Teau préalablement bouillie, le foin, tout est rigoureu- sement privé de germes. Pasteur découvrit aisément le vice de l'expérience. « Oui, dit-il, dans une mémorable leçon qu'il fit, en 18G4, à la Sorbonne, devant un public immense com- posé de savants, de philosophes, de prêtres et de roman- ciers, — Alexandre Dumas était au premier rang, — oui, l'expérience ainsi conçue est irréprochable, mais irréprochable seulement sur tous les points qui ont attiré l'attention de l'auteur. Je vais démontrer qu'il y a une cause d'erreur que M. Pouchet n'a pas aperçue, dont il ne s'est pas le moins du monde douté, dont personne ne s'était douté avant lui, et cette cause d'erreur rend son expérience complè- tement illusoire, aussi mauNaise que celle du pot de linge sale de Van Ilelmont : je vais vous montrer par oii les souris sont entrées. Je vais démontrer que, dans toute expérience de ce genre, il faut absolument proscrire l'emploi de la cuve à mercure. Je vais vous démontrer enfin que c'est le mercure qui apporte, dans les vases, les germes ou plutôt, pour que mon expression n'aille pas au-delà du fait démontré, les poussières qui sont en suspension dans l'air. )> Pour mettre ces dernières en évidence, Pasteur lit 472 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. arriver clans la salle, préalablement obscurcie, un faisceau de lumière dans lequel apparurent brillantes, tourbillon- nantes, les poussières de l'air, « ces atomes qui, sui- vant la pittoresque expression de Daniel Culverwel, sont invisibles à la cbandclle, mais que le soleil découvre et fait danser nus dans ses rayons. » Restait à démontrer que les poussières qui flottent dans l'air renferment des germes d'organismes vivants. Pasteur fit passer, à l'aide d'un aspiraleur, un courant continu d'air à travers une bourre de coton qui, bientôt, se couvrit de poussière. La bourre fut ensuite malaxée dans un verre de montre avec un peu d'eau. Une goutte de cette eau salie, examinée au microscope, se montra peuplée, à côté de particules inorganiques, de grains d'amidon, de débris d'étoffes, d'œufs d'infusoires, et enfin de germes, de spores de cryptogames. D'autre part, les bourres de coton cbargées de germes, ensemencées dans des liquides putrescibles, comme l'urine, rendus stériles par l'ébullition répétée, provo- quèrent le développement de ferments variés. Craignant toutefois que, dans un dernier esprit de doute, on n'attribuât au coton, en le considérant comme une matière organique, une influence quelconque dans la fécondité des infusions, Pasteur le remplaça par de l'amiante, préalablement chauffé au rouge. Le résultat fut identique. Cependant Poucbct et, avec lui, Mantagazzo, Joly et Musset, discutaient toujours. — « Comment admettre, disait Pouchet, qu'il y ait dans l'air assez de germes pour alimenter toutes les infusions qu'il plaît aux besoins ou aux caprices des liommcs de lui présenter? BULLETIN DES SÉANCES. 173 L'air en renfermerait alors des milliards, par milli- mètre cube; ces corpuscules produiraient d'épais brouil- lards, l'atmospbère en serait complètement obscur- cie. » — « Il ne suffît pas, répondait Pasteur, de mettre la plus petite quantité d'air en contact avec une infusion pour que celle-ci se peuple. Il y a des lieux où l'on trouve plus de germes que dans d'autres ; on en ren- contre, par exemple, davantage dans les endroits bas et humides, et d'autant moins qu'on s'élève au-dessus du sol ou sur les hautes montagnes. » Pour le démontrer, il prit des ballons d'un quart de litre de capacité, à demi remplis d'un liquide très putrescible qu'il faisait bouillir quelques minutes, puis, au moment où la vapeur sortait avec force par le col étiré, il les fermait à la lampe. Un jour, il partit pour le Jura, avec toute une collec- tion de ballons ainsi préparés et restés parfaitement stériles. Arrivé dans les environs d'Arbois, à la cam- pagne, loin des habitations, il en ouvrit vingt; immé- diatement, par suite du vide existant, l'air extérieur s'y précipita et, avec lui, tous les germes qu'il pouvait contenir. En refermant aussitôt les ballons et en les abandonnant ensuite à eux-mêmes, on pouvait facile- ment reconnaître ceux qui s'altéraient, ceux qui avaient été fécondés par les germes de l'atmosphère du lieu. Une autre série de vingt ballons fut ouverte au pied des premiers contreforts du Jura, une troisième au sommet du Montanvert, à 2000 mètres d'altitude. Les résultats confirmèrent, en tous points, les pré- dictions de Pasteur ; des vingt ballons de la première série, huit se troublèrent, tandis que les deuxième et •174 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. troisième ne présentèrent respectivement que cinq et un ballons fécondés. Pasteur avait à peine annoncé ces résultats à l'Aca- démie des Sciences, que Pouchet et Joly déclarèrent qu'ils avaient obtenu des résultats diamétralement op- posés en répétant l'expérience à une altitude beaucoup plus élevée encore, au sommet de la Maladetta, pic du versant méridional des Pyrénées. Pasteur ne perdit pas de temps, il demanda des juges à l'Académie. « Seule, déclarait-il, une commission terminera le débat. « Le 15 juin 1864, la commission et les adversaires se réu- nirent, mais au moment de l'épreuve décisive, les bété- rogénistes se retirèrent. Cette piteuse retraite de Poucbet et de Joly marque la fin de cette joute mémorable qui, pendant près de dix ans, avait passionné le monde scientifique. L'ère de la panspermie s'ouvrait; elle devait être mer- veilleusement féconde. Le problème des générations spontanées n'avait été, pour Pasteur, qu'une sorte de parentbèse imposée à son esprit par le besoin qu'il avait de ne laisser aucune inconnue derrière lui. Aussi, est-ce avec empressement, qu'après avoir remporté la victoire définitive, il en revint à ses chères études sur les fermenlations. C'est alors qu'il reprit ses recberchcs sur la fermen- tation acétique dont il avait, depuis quelques années déjà, reconnu l'agent essentiel : le M\jcoderma aceti. Avant les découvertes de Pasteur, on pensait que l'acétificatîon est un pbénomène d'ordre purement cbi- mique, et que le voile ou inère du vinair/re, qui s'étend à la surface des liquides, aussi bien que les copeaux de liULLETlN DES SÉANCES. 17i; hêtre employés dans la pratique allemande, agissent à la façon de la mousse de platine en condensant l'oxygène. Grande fut la stupéfaction des chimistes, lorsque Pasteur, sur la foi d'expériences irréprochahles, démon- tra que la mère du vinaigre est constituée par l'agglomé- ration zoogléiquc d'innouihrables microbes qui repré- sentent les agents essentiels de la transformation de l'alcool en acide acétique. Passant de la théorie à la pratique, il réussit ensuite à éclairer, par la connaissance des ferments, la fabrication du vinaigre vouée jusque-là, à des procédés aussi défec- tueux que surannés. De l'étude de l'acétification, il fut d'une façon très naturelle conduit à rechercher l'origine des altérations diverses du vin, connues depuis fort longtemps, sous les noms de pousse, de tourne, de graisse, iVamer, etc. Il en découvrit la cause dans l'activité d'organismes dont il étudia minutieusement les mœurs, les conditions d'exis- tence. Bien plus, il indiqua le moyen de prévenir les maladies du vin par un chauffage modéré, opération aujourd'hui courante, que l'on applique aussi à la conservation du lait, et que l'on désigne communément sous le nom Ae pasleurisalion, qui rappelle celui de son illustre inventeur. Pasteur continuait dans cette direction la série de ses découvertes utilitaires, lorsqu'il fut sollicité à se rendre dans le Midi pour étudier le fléau qui désolait les magna- neries françaises et infligeait des pertes incalculables à l'industrie séricicole jusqu'alors si prospère. En 18i9 était apparue, dans les magnaneries du midi de la France, une curieuse maladie à symptômes mul- tiples et changeants. 176 SOCIÉTÉ BELGE DE MICUOSCOPIR. Souvent les œufs, les graines, comme disent les éle- veurs, restaient stériles ou les vers mouraient, quelques jours après leur naissance. Parfois aussi, l'éclosion était excellente, mais les vers effectuaient mal leurs mues, restaient plus petits que les autres, revêtaient un aspect luisant et une teinte noirâtre; leur appétit diminuait et ils mouraient avant de s'en- chrysalider. Le mal était considérable : toute chambrée atteinte était une chambrée perdue. Durant les années 1850 et 1851, la situation s'empi- rait encore, lorsque quelques producteurs, attribuant ces accidents à la nature de la graine, en firent venir de l'étranger. . Le résultat fut merveilleux au début ; la semence introduite d'Italie et d'Espagne fournit une excellente récolte. Mais l'année suivante, on constata, avec effroi, que la graine issue des papillons d'origine étrangèi'e fournissait des élevages oii la proportion de malades était très élevée. Il fallait, en conséquence, se résigner à faire tous les ans de nouvelles introductions. Malheureusement l'épi- démie se propageait avec rapidité, atteignant l'Espagne et l'Italie, puis l'Archipel, la Turquie, la Grèce, ne lais- sant plus bientôt indemne à l'extrême Orient, que le seul Japon. En France, la situation était devenue désastreuse et la récolte de cocons, qui avait été en 1855 de 26 millions de kilogrammes, était tombée à 4 millions en 18()5. C'était une perte de 100 millions de francs. Saisi d'une pétition désolée, émanant do trois mille six cents maires et conseillers municipaux des départe- ments les plus éprouvés, le Sénat avait nommé comme BULLETIN DES SÉANCES. 177 rapporteur Dumas, que désignaient tout particulièrement sa grande autorité scientifique et sa parfaite connais- sance de l'industrie de la soie. Dumas, qui avait suivi, avec autant de joie que d'inté- rêt, les succès scientifiques de son digne élève, devenu son confrère et son ami, était persuadé que seul Pasteur, avec ses conceptions géniales, était à même de conjurer le fléau dont aucun des remèdes préconisés ne parvenait à triompher. Après quelques hésitations bien naturelles. Pasteur cédait aux prières pressantes de son illustre maître, et partait, le 6 juin 1865, pour Alais, centre séricicole im- portant du département du Gard. Les naturalistes italiens, Filippi et Comalia, avaient décrit, chez les vers à soie et chez leurs papillons, de petits corpuscules particuliers, visibles seulement au microscope; un observateur français, Libert, assurait même qu'ils existaient d'une façon constante dans les individus malades. Cette dernière assertion frappa vivement Pasteur dont la conviction fut vite faite. Oui, pensa-t-il, il doit exister une relation de cause à efTet entre les corpus- cules et la maladie. C'est sous l'empire de cette idée préconçue que, vingt jours après son arrivée, dans une note présentée au comice agricole d'Alais, il déclarait, qu'en ayant recours à des papillons exempts de corpuscules, on devait pouvoir obtenir de la graine non infectée, four- nissant des chambrées saines. C'est l'application étendue de ce procédé qui allait sauver de son désastre l'indus- trie séricicole. Après avoir institué des expériences qui devaient lui 178 SOCIÉTÉ BELGE i)E MICHOSCOPIE. permcltrc de vérifier l'exactitude de ses vues a priori, Pasteur repartit satisfait pour Paris. L'année suivante, il venait s'installer à Pont-Gisquet, près d'Alais, dans une cbarniante maisonnette avec sa famille et ses préparateurs. « Des ombrages, de l'eau, raconte M. Duclaux, une orangerie qui faisait un admirable laboratoire, des magnaneries pour les expériences pratiques, des mûriers dans la propriété, une maison d'babitation vaste et com- mode dans laquelle on faisait ménage en commun, tout cela a bien contribué au succès des études, à l'entrain et à la bonne santé des travailleurs et de leur cbef... « Un des premiers soins de Pasteur fut de résoudre la question de la contagion du mal. Il prit des vers très sains, au sortir de leur première mue, et leur donna un repas de feuilles sur lesquelles on avait promené un pinceau trempé dans le liquide de broyage d'un ver atteint. Après quelques jours, les symptômes caractéristiques de la maladie apparurent cliez la plupart des vers; cbez quelques uns, la période d'incubation fut plus longue et le mal ne devint visible qu'après la quatrième mue. La nature, essentiellement contagieuse, de la pébrine était démontrée. Comment cette contagion s'opère-t-elle dans les condi- tions ordinaires de l'élevage? Pasteur démontra que ce sont les déjections des vers malades qui constituent le contagele plus redoutable. Ces déjections, dans lesquelles les corpuscules pul- lulent, souillent les feuilles nourricières et infectent les individus sains qui en font leur pâture. Une autre cause de contagion réside dans ce fait que BULLETIN DES SÉANCES. 179 les vers, en passant les uns sur les autres, s'enfoncent mutuellement les crochets qui garnissent leurs pattes antérieures et s'inoculent, de cette façon, la maladie. Entre temps, le procédé indiqué par Pasteur pour l'obtention de graines pures était mis en pratique sur une grande échelle et fournissait les meilleurs résultats. Cinq années consécutives, Pasteur revint passer quelques semaines à la maisonnette de Pont-Gisquet; c'est au retour de son dernier voyage dans le Midi qu'il fut, en octobre 1868, frappé d'une violente atteinte d'hémiplégie qui faillit l'emporter. Heureusement pour l'humanité, sa robuste constitution triompha de la maladie; mais, paralysé du côté gauche, rillustre savant ne recouvra jamais l'usage complet de ses membres. Pendant bien des mois, incapable de faire le moindre mouvement, il dut souffrir d'une inaction absolue. Cependant il conservait toute sa lucidité d'esprit et passait de longues heures avec ses chers préparateurs, Gernex et Duclaux, à deviser des expériences futures. Mais les critiques que soulevait, de la part de quelques éleveurs, son procédé de grainage des vers à soie, trou- blaient son repos. Il fallait partir : « Il y va d'un principe scientifique et d'un élément de richesse natio- nale, » répondait-il à ceux qui lui représentaient les danûfers d'un tel vova^e. En janvier 1869, encore faible, il s'installait à Saint- Hippolyte-du-Fort, près d'A.lais, dans une froide maison de province. Du fond de son fauteuil, il dirigea les travaux de ses préparateurs et eut la satisfaction de voir ses prévisions vérifiées jusque dans les moindres détails. 180 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Cependant, les contradicteurs ne désarmaient pas. Aussi Pasteur accepta-t-il, avec empressement, la propo- sition que vint lui faire, de la part de l'empereur, le maréchal Vaillant, d'aller exécuter une grande expé- rience de contrôle, en Autriche, dans une villa apparte- nant au prince impérial, la villa Vicentina. Depuis dix ans, par le fait de la pébrine, la récolte des vers à soie à la villa n'avait pas même suffi à payer l'achat de la graine étrangère. Après un pénible voyage à travers la France et l'Italie, Pasteur arriva près de Trieste à la villa impériale. Le résultat qu'il obtint le dédommagea des fatigues encourues; ses élevages réussirent à merveille et firent réaliser un bénéfice net de vingt-six mille francs. Il était à peine rentré en France et installé dans sa maison d'Arbois pour prendre quelque repos, que la guerre franco-allemande éclatait. Ardent patriote, il ressentit avec une douleur poignante les revers et la défaite finale des armées françaises pendant que son fils, engagé volontaire, à peine âgé de dix-huit ans, faisait vaillamment son devoir dans l'armée de l'Est. L'indomptable activité de Pasteur ne pouvait s'accom- moder d'une inaction prolongée ; il eût voulu retourner à son laboratoire, donner suite à des projets d'expé- rience qu'il avait mûris pendant ses longs mois de maladie. Mais la Commune régnant à Paris, il accepta l'hospitalité que lui offrait, dans son laboratoire, son ancien collaborateur Duclaux, devenu professeur à la Faculté des sciences de Clermont-Ferrand. C'est là qu'il mena rapidement à bonne fin ses remar- quables études sur la bière, qu'il avait entreprises dans le secret espoir de relever, grâce à l'application de prin- BULLETIN UES SÉANCES. 181 cipes scientifiques, la brasserie française et de la mettre ainsi à même de lutter victorieusement contre la concur- rence étrangère. 11 étudia les maladies de la bière, les moyens de les prévenir en évitant le plus possible, pendant le refroi- dissement, le contact de l'air et en ensemençant le moût avec une levure dépourvue de germes étrangers. On sait quelle rénovation devait amener, dans l'in- dustrie de la fabrication de la bière, ces découvertes étendues et approfondies par les Hansen, les Jôr- gcnsen, etc. En terminant son célèbre ouvrage intitulé : Éludes sur la bière, Pasteur, après avoir rappelé les principes qui, depuis vingt ans, dirigeaient ses travaux, s'écrie avec conviction : « L'étiologie des maladies conta- gieuses est peut-être à la veille d'en recevoir une lumière inattendue. » Jamais prophétie scientifique ne reçut de plus com- plète, de plus éclatante confirmation. Toutefois, Pasteur hésita longtemps avant de se lancer dans cette voie. «Je ne suis ni médecin ni vétérinaire, >^ répétait-il, avec un sentiment de défiance modeste. Heureusement pour l'humanité, il se décida à aborder l'élude du charbon, terrible maladie qui décimait alors les troupeaux, non seulement en France, mais encore en Espagne, en Italie, en Russie, etc., et qui sévit aussi, avec des caractères différents, sur le bœuf, le cheval et sur l'homme. Davaine avait annoncé, quelques années auparavant, que l'on rencontre dans le sang des animaux charbon- neux « des petites baguettes cylindriques, possédant tous les caractères des vibrions et des bactéries. » 182 SOCIÉTÉ RELGE DE MICROSCOPIE. Après avoir reconnu ces derniers, en avoir étudié le mode de multiplication par scission et par spores, Pas- teur, avec la collaboration de Joubert, réussit à cultiver le bacille du charbon dans des liquides organiques, stérilisés. Partant de ces cultures, il parvint, en injectant sous la peau quelques gouttes de liquide infectieux, à faire apparaître la maladie chez des lapins et des moutons, démontrant ainsi, d'une façon définitive, la spécificité du microbe. Ce fut le point de départ d'une série de découvertes de plus en plus brillantes sur la septicémie, l'étiologie du charbon, le vaccin charbonneux, le choléra des poules, le rouget du porc, etc. Inutile de rappeler ici, avec détails, la genèse de ces triomphes scientitiques qui datent d'hier. Ils sont du domaine de l'actualité plutôt que de celui de l'histoire. Mais ce fut la découverte du virus antirabique qui porta la célébrité de Pasteur à son apogée. Tout le monde se rappelle l'explosion d'enthousiasme qui accueillit, dans l'univers entier, les premiers cas de guérison de la rage et dont les journaux se firent le retentissant écho... OEuvre grandiose, réalisée au prix d'un travail opi- niâtre, d'efforts vraiment surhumains, à l'aide de moyens cependant bien modestes au début, d'installations rudimentaires, de crédits insuffisants! Le laboratoire de l'I^^cole normale! M. Duclaux, à l'occasion du centenaire de cet établissement, a retracé en quelques pages charmantes le développement du petit temple de la rue d'Ulm. C'était, au début, deux pièces placées sousics combles, BULLETIN DES SÉANCES. <83 inhabitées jiisqiie-là, parce qu'elles avaient été jugées trop incommodes. « Ce n'est pas tout que d'avoir un local, il faut à un laboratoire des instruments et des fonds. En fait d'instruments, M. Pasteur n'avait heureusement pas de grands besoins. Il avait fait ses premières recherches cristallographiques avec les polarimètres en bois et en carton noirci de Biot... De leur côté, les recherches sur les fermentations n'exigeaient, en dehors de quelques instruments de mesure que pouvaient prêter les collec- tions de l'École, qu'un microscope, des produits chi- miques et de la verrerie. Tout cela n'était pas très coûteux, mais il allait de l'argent! Où en trouver? « Il n'y a pas au budget de rubrique me permettant de vous allouer cinquante centimes pour vos frais d'expérience », avait répondu, un jour, un ministre authentique de l'Instruction publique à une demande de M. Pasteur. Comme conclusion, on puisait dans la bourse du ménage, dans laquelle une prévoyance trop discrète pour que je la nomme, maintenait toujours ouvert le chapitre qui manquait au budget de l'État. » « Ce qui était plus grave encore, c'est qu'il n'y avait pas de préparateur. Le préparateur, c'est le chien du cloutier : on peut s'en passer, mais il faut souffler soi- même son feu. Il y avait bien des préparateurs prévus par le budget de l'École normale; mais, comme les laboratoires, ils ne l'étaient que pour les services des élèves, et j'imagine que M. Pasteur dut exciter quelqu'é- tonnement et quelque méfiance, dans les bureaux du ministère, quand il réclama un préparateur pour son laboratoire particulier. » Cet étal de choses parcimonieux dura jusque vers 184 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. 1860, époque où Pasteur obtint la jouissance d'une petite construction faisant pendant à la loge du con- cierge et formée de cinq pièces microscopiques réparties en deux étages. L'embarras avait été grand d'y loger une éluve, absolument nécessaire pour l'étude des fer- mentations. ical-joui'nal. 1. A review of the new Conspectus of the families and gênera of Diatomaceie par H.-L. Smith. (Cf. Grevillea, vol. 1.) 1873. 2. Guano Diatoms. 1873. 3. Remarks on Aulacodiscus formosus, Omphalopelta versi BULLKTIN DES SEANCES. 195 color, ^vith description of a new species of Navicula. 1873. 4. A description of some new species of Diatomacea'. (Cf. Grevillea, vol. II) 1873. o. New Diatoms. (Cf. Grevillea, vol. III.) 1874. 6. Number of stria? on the Diatoms in .Moller's Probe- Platte. 1875. 7. Diatomacea? on slides of Santa Monica deposit. 187G. 8. New Diatoms from Honduras by A. Grunow. Publié avec des notes par F. K. 1877. 9. An essay on the classification of ihe Diatomaceaî, traduit d'après le texte français de M. P. Petit. 1877. 10. New diatoms from Honduras, described by A. Grunow, with notes by F. K. 1877. •I«nriial of Royal Micro-Society. 1. New Diatoms. 1878. 2. On some new gênera and species of Diatomacea?, d'après le texte français de M. Paul Petit. 1878. 3. The thallus of the Diatomacea?. Piésumé d'après « Le thalle des Diatomées » du docteur Matteo Lanzi. (Cf. Am. J. iMicr. 1879). 4. New species and varieties of Diatomacea? from the Cas- pian Sea by A. Grunow. Notes additionnelles et trad. de F. Kittow. 1879. o. On dry mounts dampingotf'. 1880. 6. Diatoms of the London Cly, by W. H. Shrubsole. F. G. S. with a list of species and remarks by F. K. 1881. 7. Note on the R''. G. L. Mills'Paper on Diatoms in Peru- vian Guano. 1881. 8. Note on soap for preparingand cleaming Diatoms. 1881. 9. Observations on slria? of Diatoms. 1881. 10. Directions for preparing cuticles of plants. 1881. (Cf. Science Cossip. 1881). 11. Chalk cells for mounting Diatoms. 1882. •196 SOCIÉTÉ BEI.GK DK MICROSCOPIE. i2. Binocular vision in tlie study of Diatoniaceœ. 1883. 13. Magnifying nieasurements. 1883, 44. On Gum Slyrax as a médium for mounting Diatoms. 4884. (Cf. Science Gossip. 1884). 15. Navicula Durrandii. (nov. spec.) 1885. 46. Asteromphalus living on Ihe Tynemouth Coast. 4885. 17. Some new diatomaceous foinis from « Sango-Chiefer of Dubràvica. (Cf. Science Grossip. 4885) 4885. 48. Diatoms and Bladderwort. 4885. 19. Balsam of Tolu as a médium for mounting. 4885. 20. Note on Achnanthes linearis. 4885. 24. Note on Styrax and Canada Balsam for mounting. 4887. 22. New species ofBiddulphia from Fiji. (B.esclunala). 4888. 23. A new species of Navicula. (N. venustissima). 4888. Journal of <|jiiekell IBici'o-Club. 4. îlemarks on tlie publication of New Gênera and Species from insutlicient materials. 1867. 2. Notes on Frencli Dialomacete. 4870. 3. Diatomaceous deposits from Jûtiand. 4874. 4. Notes on Diatoniacearum Dillwynii or the gênera and tlie species of Diatomaceai in tlie « British Conferva? » of Dillwyn. 1883. 5. On an Algal form growing in a solution of CupricSulfale. 4883. 6. Description of some new Diatomacea^ found in the sto- maclis of japanese Oysters, with a list of the species observed by E. Grove, F. B. M. G, and a Description of some newor undescribed forms from other localilies by F. K. 4884. 7. On the mysterious appearance of a Diatom. 4885. lti*i'bi.siirgli. On some Diatoniacece from the Island of Socotra. 1888. Aaiiericaii joui-nal of i^Hicroseopy. On Hyalodiscus sublilis and Flyalodiscus Californicus, with notes by prof. H. L. Smitli. 1878. (Cf. Brébissonia. 1879). The Ihallus of the Diatomacea^ (Késunié de « Le thalle des Diatomées » par M. le docteur Matteo Lanzi). 1879. Dry mounls for Ihe Microscope. 1880. /iiiiericaii llonlhly iSlieroscopical journal. Thin glass cels. 188!2. The préparation of Diatoms. 1882. Greiillea. 1. New Diatoms by A. Gruiiow. Traduction et notes de F. K. 2. On prof. H. L. Smilh's Conspectus of the Diatomaceai. Vol. 1. 187i>. 3. The natural History of the British Diatomacea\ Vol. II. 1873. •i. Conspectus of Diatomaceaî. The genus Amphora by prof. H. L. Smith. Vol. II. 1873-84. 5. New Diatoms. Vol. III. 1874. 6. CriUcal notes on some species of Diatomacea'. Vol. 111. 1874. I9S SOCIKTK ItKLGIi llK MICHOSCOIMK. 7. Keport on Schmidt's Atlas cJer Diatomacfenkunde. (Parti.) Vol. m. 1874-75. 8. Keport on Scliini.lt's Atlas der Diatomaceenkunde. (l'art U. III.) Vol. III. 1874-75. 9. Report on Schmidl's Atlas der Diatomaceenkunde. (Part IV. V.) Vol. IV. 1875-76. 10. Report on Schmidt's Atlas der Diatomaceenkunde. (Part VI. VII. VIII. j Vol. IV. 1875-76. 11. Report on Schmidt's Atlas der Diatomaceenkunde. (Part IX. X.) Vol. V. 1876-77. 12. Report on Schmidt's Atlas der Diatomaceenkunde. (Part XIII. XIV.) Vol. VI. 1877-78. 13. Catalogue of the Dialomaceaî by Fréd. Habirshaw. Vol. VI. 1878. 14. New Diatonis by prof. P. T. Cleve with notes by F. K. Vol. Vil. 1878. 15. Dialomaccœ of Kerguelensland, (de l'ouvrage « Algae aquîe dulcis Insulae Kerguelensis. Auctore P. F. Reinsch cum notulis de: disiributione geographica a. G. Dicku adjeciis.) Vol. VIII. 1879-80. Transactions of the Morfolk anil Morwich naturalistes Society. 1. On Growth and Reproduction in the Lower Forms of Vegetable Life. 1870-71. 2. On the spongeous origin of Flints. 1871-72. 3. Presidenlial address. 1878-74. 4. On Empusa musca and other Micro-fungi. 1873-74. 5. Farther note on the Spongeous origin of Flints. 1873-74. 6. Fauna and flora of Norfolk. Part 7. Diatomace*, being a list of DiatomaceiB occuring in Norfolk. 1876-77. 7. William Arderon, F. R. S. An old Norwich Naturalist. 1878. .8. Fauna and llora of Norfolk Diatomaceai. (List of Nor- folk Diatomaceae re-arranged wilh additions.) 1884. BULLETIN IlES SÉANCES. 1^9 niisccllaiiéest. Notes. — Lectures. — Lettres. 1866 à 1884. Transactions Norwich Geological Society. Naturalist's circular. Norwich Mercury. — Eastern Daily Press. — Norfolk Chro- nicle. — Norfolk News, etc., etc. LES ALGUES DE L'HERBIER SCHLEIGHER PAR Em. DE M ILDEMAX Nous avons pu, grâce à l'amaijilité de iM. le prof. Wilczeck, de l'Université de Lausanne, obtenir en com- munication l'herbier des Algues récoltées en Suisse par Schleichcr et conservé au musée cantonal de celte ville. C'est le résultat des observations faites sur ces matériaux que nous résumons dans les quelques pages suivantes. La plupart des échantillons de cet herbier, tout en étant fort bien préparés, ne sont plus détermiuables. Il en est de même d'ailleurs pour la plupart des spécimens d'Algues conservés en herbier; la dessiccation des Algues sur papier n'est en général pas pratique. On ne peut vérifier les déterminations, ni donner avec certi- tude un nom à presque aucune des Algues ainsi prépa- rées. Il faut excepter parmi les Algues les Desmidiées qui, même après dessiccation, reprennent assez bien leur forme, si on les traite par l'acide lactique à chaud. Ce mode de préparation peut, dans certains cas, faire revenir à leur forme presque normale un certain nouibre d'Algues; les Oedogonium, les Vaiiclieria, bien fructi- fies, peuvent se reconnaître. C'est ce procédé, indiqué par Lagerheim qui nous a permis de déterminer, dans la collection Schleicher, les Algues de la liste suivante. Plusieurs espèces se trou- BULLETIN ItES SEANCES. -JOl valent naturellement mélangées dans une même récolte. Les Diatomées sont naturellement éfudlables après dessiccation, leurc arapace siliceuse ne s'altère pas. Les Cyanopliycées peuvent aussi être déterminées, si leur préparation a été faite immédiatement après la récolte. Nous n'avons point étudié les Diatomées. La détermina- tion des Cyanophycées est due en grande partie à M. Gomont, qui a bien voulu examiner les échantillons que nous lui avons soumis. Parmi les 48 espèces et variétés rangées dans la liste alphabétique suivante, certaines d'entre elles nous paraissent signalées pour la première fois en Suisse; elles n'y ont, du moins à notre connaissance, pas encore été signalées. Une espèce est nouvelle pour la science, elle est décrite et figurée dans le Bul letin de l'Herbier Boissicr, c'est le Vauclieria Sclileicheri De W. Les indications d'habitat, accompagnant les échan- tillons, sont malheureusement très souvent peu pré- cises, nous avons tenu à reproduire les données exactes de l'auteur des étiquettes. Nous renvoyons pour chaque espèce, le lecteur à notre catalogue de la Flore algologique suisse, il trouvera là tous les renseignements désirables sur la dispersion de l'espèce et sur la bibliographie. Quand cette citation n'existe pas, l'espèce n'a point encore été signalée en Suisse. XXI i3 ALGAE SCHLEICHERIANAE Chaetophora Cornu-Damae (Rolh.) Ag.; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse, p. 50. « Bevieux in palude horti Bot. » Chaetophora pisiformis (Roth.) Ag.; De W. Cat. de la Flore aJg. Suisse, p. 50. « Ad saxa in rivulo puro propre Roehe. » Cladophora glomerata Kùtz.; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse, p. 55. « Ad fontes inque fossis. » CosMARiuM Botrytis (Borv) Menegh.; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse, p. 92. « Rosset ad fontem. Prope la Pissevaclie. » CosMARiLiw MABGARETiFERUM (ïurp.) Elir.; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse, p. 95, « Prope la Pissevache. » CosMARiuM Meneghinu Bréb.; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse, p. 93. « Prope la Pissevache. » CosMARiuM TiNCTUM Ralfs; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse, p. 96. « Prope la Pissevache. » Desmidium Swartzu Ag.; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse, p. 82. « Prope la Pissevache. » DispHiNGTiON coNNATUM (Bréb.) DBy; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse, p. 88. « Prope la Pissevache. » ULLLbTIN DKS SÉANCKS, iO'à Drapaknaldia glomkrata (Vauch.) Ag.; De W. Cal. de la Flore alg. Suisse, p. 51. « S' Maurice, ad saxa in fossis. » Hyalotheca uissiLiENs (Sui.) Brél).; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse, p. 81. « Prope la Pissevaclie. » HYDHunus PEiNiciLLATus Ag.; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse, p. 168. « Aux Mosses, Vall. Ormond, in rivulis, In rivulis purisad saxa in Valle Freniere. » Lemanea FLuviATiLis Ag.; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse, p. 171. « Sine loco. » NosToc COMMUNE Vaucli.; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse, p. IGi « Inpaludosis ad lacum Loison, Vall. Saanen. » Ophiocytilm cochleare (Eicliw.) Br.; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse, p. 64. « In fossis prope la Pissevaclie. Ad Rliodanum in aqui stagnantibus. » Peuiuinium TARULATUM Clap. et Laclim.; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse, p. 168. « Prope la Pissevaclie. » Phormidil'm autumnale (Ag.) Gomont ; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse, p. 22. « Ad domos. « Phormidium favosum (Bory) Gomont; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse, p. 23. « Ad douios. » — — var. /S Gomont. « In fundo linosa fossarum. .» '.Oi SOCIÉTÉ BELGK DE MICUOSCOIME. Phormidium subfuscum vai". Joannianum Gom.; De W, Cat. de la Elore alg. Suisse, p. :2i. « Leukerbad. Ad terrain in alpihus. » — — var. iJ Gomont; De W. loc. cit. « Ad domos. » Pleurotaeniopsis cucumis (Corda) Lagerli.; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse, p. 90. « Prope la Pissevache. » Pleurotanium truncatlm (Bréb.) Nag.; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse, p. 90. « Prope la Pissevache. » Raphidium polymorphl'm var. falcatum (Corda) Rbh.; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse, p. 64. « Prope la Pissevache. » RivuLARiA HAEMATiTEs Ag.; De W. Catalogue de la Flore alg. Suisse, p. 10. « Ad saxis in rivulis. » ScENEDESMus VARiABiLis var. coRNUTus Franzé ; Dc W. Cat de la Flore alg. Suisse p. (30. ce Prope la Pissevache. » ScHizoGONiuM CRisPLM Gay ; De W. Cat. delà Flore alg. Suisse p. 47. « In M"" Gemini. Jnxta stabulam in Valle S' Nicolaï. In locis uinbrosis sub riipibus in M"' S' Bernhardt. » ScYTONEMA ciNciNNATUM ïhur. ; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse p. 15. « Orsières an rivulis. » ScYTONEMA MMtARlLE. « In rivulis puris ad saxa. Ad lacum Yervaij. Gryon ad muros. » ScYTONEMA MYociiRous Ag. ; Dc W. Cat. de la Flore alg. Suisse p. 15. BULLETIN DES SÉANCES. 20r. « Ad. rupes Yall. du Grandeau prope pontem. » Staurastkum ALTERNA^s Bi'éb.; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse p. 100. « In Monte Foulij. « Staurastrum DEJECTUM Bréb.; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse p. 101. « Prope la Pissevache. ^y Staurastrum orbiculare (Ehr.) Ralfs; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse p. 105. « Prope la Pissevache. » Staurastrum TETRACERUM (Kiïlz.) Ralfs; De W. ( at. de la Flore alg. Suisse p. 104. « Prope la Pissevache. » Stigonema ocellatum Lyngb.; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse p. 15. « In torfaceis, aux Mosses Yall. Ormond. » Stigonema turfaceum Cooke. « lu Monte Foulij. » Tetmemorus levis Ralfs; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse p. 87. « M'" Foulij. » Trentepohlia aurea (L.) Mart,; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse p. 55. « Ad rupes umbrosas. » Yaucheria GEMiNATA (Vauch.) DC; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse p. 50. « Montreux. » Yaucheria racemosa Walz; De W. loc. cit. p. 57. « In fossis Yallesiae et Noville. » Yaucheria ornithocephala Ag.; De \Y. Cat. de la Flore alg. Suisse p. 57, « In fossis Yallesiae et Noville. » 206 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Vaicheria Schleicheri De W.; in Bull, de riierbicr Boissier. ce In fossis Yallesiae et Noville, » Vaucheria tetrestris Lyngl).; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse p. 57. (c Sine loco. » Vaucheria spec. — Un échantillon d'une espèce de ce genre portant la mention « Réservoir de l'abbaye à St-Maurice », était attaqué par Nolomnata Wernecliii, qui avait occasionné de grandes galles. Ce parasite a déjà été observé en Suisse, des dessins de galles de Vaucheria, se trouvent déjà dans les études de Vaucher. * * Nous trouvons dans le : « Compte rendu des travaux présentés par à la soixantième session de la Société Helvétique des sciences naturelles réunie à Lausanne le 6 septembre 4895 », quelques indications relatives à la dispersion de certaines Algues inférieures. Ces données seraient donc à ajouter à celles que nous avons consi- gnées dans notre « Catalogue de la Flore algologique Suisse. » JSavicula nobilis KïUz.; De W. loc. cit. p. 110. Lac de Champex (Studer). Euastrum oblongum (Grev.) Ralfs; De W. loc. cit. p. 98. Lac de Champex (Studer). Biilbochaete setigera (Roth.) Ag.; De W. loc. cit. p. m. Lac de Champex (Studer). Dinohrijon scrhdaria Ehr.; De W. loc. cit. p. 1()5. BULLETIN DKS SÉANCES. 207 Bois de Finge (Imbof). Dinobnjon elongatiim Imliof. Lac de Tanncy (Imliof). Peridinium tabulatiim Clap et Lachm.; De W. loc. cit. p. 1G8. Bois de Finge, Lacs de Lens, Lac de Tanney, Lacs des Chalets (Imhof). Ceratium cormitum Clap et Lachm.; De W. loc. cit. p. IGO. Bois de Finge, Lacs de Lens (Imhof). Ceratium kirundinella Millier; De W. loc. cit. p. 100. Lac du Mont d'Orge (Imhof). Depuis le moment ou nous terminions le manuscrit de cette Florule, un assez grand nombre de données sur la dispersion des Algues de la Suisse ont été publiées; nous n'avons point à relever ces travaux. Notre catalogue donne la liste des Algues connues en Suisse à la lin de l'année 1894, il y a probablement encore certaines omis- sions, aussi recevrons nous avec reconnaissance les ren- seignements que l'on voudra nous communiquer à ce sujet. MESURES DANS LES RECHERCHES MICROSCOPIQUES KT DETERMINATION DE LA DISTANCE FOCALE DES OBJECTIFS PAR P. FK4\COTTE Quand on introduit un micro-oculaire formé d'une lame de verre sur laquelle un demi centimètre est divisé en cinquante parties, dans l'oculaire 4 compensateur de Zeiss (1), et qu'en même temps on examine (la longueur du tube du microscope étant portée à 160 millim.) un micro-objectif (un millimètre divisé en 100 parties), on obtient les résultats suivants : a) avec l'objectif !(> millim. apocliromalique, 50 divisions du micro-oculaire couvrent 80 divisions du micro-objectif ou la valeur de 800 fjc ; D'où 1 division du micro-oculaire couvre la valeur de 800 ... b) avec C objectif 8 millim. apocliromalique. (I) Dévisser le verre do l'œil el placer le micro-ocukiii'e sur le diaiihragme. Tourner légèreiiieiil à droite ou à gauche le verre de l'œil de façon à mellre au foyer les divisions du micro-oculaire si cela est nécessaire. BULLETIN DES SÉANCES. 20!) 50 divisions du micro-oculaire couvrent 40 divisions du micro-objectif ou la valeur de 400 y.. 50 divisions du micro-oculaire couvre la valeur de 400 c) avec l'objectif 4 millim. apocliromatique, 50 micro-oculaires couvrent 20 micro-objectifs ou 200 ^, 200 1 micro-oculaire couvre donc la valeur de -^77 = 4/^. 50 d) avec l'objectif 2 millim. apochromatiqite, 50 micro-oculaires couvrent 10 micro-objectifs ou 100 y.. I • 1 ■ I 1 1 100 ^ i micro-oculaire couvre la valeur de -t^tt =2 f^. oO II résulte de ces essais que dans les conditions énoncées ci-baut, à savoir : la longueur du tube étant 160 millim. et l'oculaire employé étant le 4 compensateur de Zeiss, la valeur d'une division du micro-oculaire (1/2 centim. divisé en 50 parties) égale en microns le nombre qui exprime la longueur focale de l'objectif avec lequel on opère. A notre avis cette remarque a une grande importance; en effet, quand on voudra faire une mesure avec un objec- tif apocliromatique, il suffira de se servir de l'oculaire 4 muni d'un micro-oculaire ; cbaque division de ce dernier vaudra autant de microns que la distance focale de l'objectif vaut de millimètres. Ainsi une division du micro-oculaire vaudra avec le : 16 mm. apocb. 16 ^. 8 — 8 /u,. 4 — .4 /z. 210 SOCIÉTÉ DELGE DE MICROSCOPIE. ô mm. apocli. 5 //.. J5,o — ^>«^ /■'• -2-2 ,,„ 1 , 5 — 1 , f j /^ . Zeiss construit un oculaire micromètre spécial, sur le modèle de son ancien micromètre 5, en employant le compensateur 6; le micro-oculaire porte une division particulière calculée de façon qu'on obtient également la valeur d'une division par la distance focale de l'objectif. Cette construction était inutile, puisque l'ancien arsenal micrographique renfermait ce qui était suffisant à de nouveaux besoins; l'ancien micro-oculaire et le 4 com- pensateur employés comme oculaire micromètre réali- saient tout ce que l'on pouvait désirer; peut-être Zeiss ne s'est-il pas aperçu de cela? 11 est facile de s'assurer qu'en augmentant la longueur du tube du microscope la valeur d'une division du micro-oculaire diminue; réciproquement en diminuant celte longueur, l'inverse a lieu. De tout ce qui précède, on peut conclure que la valeur d'une division du micro- oculaire, pour un même oculaire, est fonction de la lon- gueur de tube et de la longueur focale de l'objectif; de là, il est possible d'arriver à la détermination de cette dernière valeur comme nous le verrons par la suite. La règle que nous avons établie plus haut peut être applicable à n'importe quel oculaire et à n'importe quel objectif. Un exemple va nous édifier à ce sujet : employons l'oculaire o de Zeiss (l'ancien oculaire micromètre muni du micro-oculaire 50 millimètres divisés en 50 parties); il faudra une longueur de tube de 140 millim. (les microscopes de Zeiss auront le tirage complètement BULLETIN IIKS SÉANCES. -2\ l fermé) pour arriver à ce que, avec l'objectif IG millim. apocliromatique, 50 divisions du micro-oculaire cou- vrent 80 divisions du micro-objectif ou 800 y,. L'expé- rience une fois faite, on verra qu'on se trouve dans les conditions relatées ci-haut pour les apochromatiques. Avec le S mm. apochrom. 50 micro-oculaires couvriront iOO/x.; » 4- mm. apochrom. 50 micro-oculaires couvrironl 200/^; » 2 mm. apochrom. 50 micro-oculaires couvriront 100 /x; Pour se trouver dans les mêmes conditions, avec l'oculaire 2 (le Zeiss le tirage doit être porté à 14o mm. Il est évident que n'importe quel objectif répond aux données qui précèdent si l'on observe les conclusions auxquelles nous sommes arrivés : ainsi avec l'oculaire 4 compensateurs, à 160 mm. de longueur de tube ; avec l'oculaire 2 d'Huyghens de Zeiss, à 145 mm. de longueur de tube ; avec l'oculaire 5 d'Huyghens de Zeiss, à 140 mm. de longueur de tube, une division du micro-oculaire vaudra combiné au : B de Zeiss, 12 mm. de foyer — 12 /x. C - 7 D - 4.5 E - - -2,7 F - - i,8 H - - 2 4 i /■^ 4,5 f/. 2,7 (j^ 1,8 y- 2,4 1-^ Nous avons constaté plus haut que la valeur d'une division du micro-oculaire pour un même objectif était fonction de la longueur du tube et de la longueur focale de l'objectif (la valeur d'une division du micro-oculaire est en effet en raison inverse de la longueur du tube et '2li SOCIÉTÉ RELGE ItE MICROSCOPIK. également en raison inverse de la longueur focale de l'objectif). De là, il est possible de déterminer, soit par le calcul, soit expérimentalement, cette valeur à l'aide d'un micro-oculaire et d'un micro-objectif en se mettant dans les conditions que nous avons établies ci-haut. Prenons encore un exemple pour fixer les idées : voici un objectif homogène de Leitz portant pour marque i/10 de pouce : voyons s'il a réellement un dixième de pouce de longueur focale. Prenons l'oculaire 4 compensateur muni du micro- oculaire, la longueur du tube étant 160 u)illim.; nous constatons dans ces conditions que 50 micro-oculaires couvrent 1*2,5 divisions du micro-objectif, soit 125 microns; une division du micro-oculaire vaut donc 125 — — = 2,5 y^. Donc la longueur focale de l'objectif est ou 2,5 millim. (à peu près le 1/10 de pouce). Voici un autre exemple : procédant comme précédem- ment nous voyons qu'avec le 6 de Nachet : 50 micro-oculaires couvrent 20 centièmes de mm. ou 200 /y.. 1 micro-oculaire couvre 20 centièmes de mm. ou 200 = 4 fX. 50 Donc le foyer du dit objectif est 4 millimètres. Inutile, pensons nous, de remarquer qu'avec l'ocu- laire 2 de Zeiss la longueur de tube devrait être 145 millim. et qu'avec l'oculaire 5, elle devrait être 140 millim. pour opérer les essais qui précèdent. L'expérience apprendra quelle sera la longueur du tube pour n'iuiporte quel oculaire, de n'importe quel conlructeur. De ce que l'on vient de voir nous pouvons BULLETIN DES SÉANCES. 213 tirer le règle suivante : la loniiiieur de tube du micros- cope étant fixée une fois pour toutes pour un oculaire quelconque, pour trouver la longueur focale d'un objectif, il suffît de déterminer, à l'aide de cet objectif, et d'un micro-objectif, la valeur d'une division du micro-oculaire; le nombre de i^ obtenus est le même que celui qui exprime en millimètres la longueur focale cliercbée. Cette règle résulte des expériences que nous avons décrites ci-baut. Il est regrettable que les opticiens n'adoptent pas pour cataloguer leurs objectifs et leurs oculaires la clas- sification créée par Abbe pour la désignation des apo- chromatiques et des compensateurs. Si en effet un objec- tif était désigné par sa longueur focale, et non pas par une lettre ou par uncbiffre arbitraire, combien l'on aurait de facilité dans la mesure des objets soumis à l'observa- tion et combien il serait facile d'apprécier toujours la valeur des grossissements. Zeiss dans son catalogue dit qu'il serait à craindre qu'une modification aussi profonde n'amenât des confu- sions. Que Zeiss sous ce rapport se rassure ! Tous les micrograplies seront heureux de voir remplacer des dénominations sans signification et qui nécessitent constamment des recherches. Servons nous encore d'un exemple pour nous édifier à ce sujet : vous avez fait une observation avec l'objectif B et avec l'oculaire 2 de Zeiss (long, de tube 160); il faut consulter la table qui est dans le catalogue du constructeur pour que vous sachiez que l'amplification du système est 85 diamètres; que le B soit désigné par le chiffre qui exprime sa longueur focale qui est 12 mm. En divisant ^^O millim. (la distance de 214 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. la vue distincte) par la longueur focale d'un objectif, tout le monde sait que l'on obtient ainsi le grossissement 250 propre de l'objectif; d'où -j^ = 20,9 est le grossisse- ment propre du B. Le grossissement propre de l'oculaire^ de Zciss est 4. En multipliant 20,9 par 4, on aura l'am- plification de la combinaison de l'oculaire 2 et de l'objectif B dont il-s'agit avec une longueur de tube de 100. On voit par ce qui précède que l'objeclitB devrait être appelé le 12 mm. et l'oculaire 2 devrait devenir le 4 nombre exprimant son amplification propre. Enfin la règle que nous avons indiquée ci-baut étant rendue applicable, cbaque fois que l'on devra faire des mesures avec l'objectif B ou le 12 mm. combiné à l'ocu- laire compensateur 4 (160 mm. de long de tube) ou à un oculaire 2 (146 mm. de long, de tube, etc.), la division du micro-oculaire vaudra 12 /y.. Combien les transformations que nous indiquons seraient faciles pour cbaque constructeur sans grands cbangements dans les formules de construction ! Ainsi les anciens oculaires d'Huygbens construits par Zeiss (1) porteraient : 1 la désignation nouvelle 5 (grossis, propre). -i — _ 4 _ _ 3 — _ 5,5 — — 4 — _ 7 _ _ 5 — _ 9 — —(2). (1) Nous conseillons aux constructeurs d'adopter pour la longueur focale deschitt'res ronds. (2) Nous supposons d'ailleurs que le loyer inférieur des oculaires arrive au même niveau pour toutes la série des oculaires, ce (|ui est vrai à i)cu de choses près. BULLETIN DES SfiANCES. 2lo Pour les objectifs : aa serait marqué ^C) mm. (pouvant être ramené à 25). A — J8 mu). B ,— 12 njm. D — 4,5 (pouvant être ramené à i). E — 2,7 - — 5. F — 1,85 — — 2. H — 2,5 — - 2,5. L'ancien 1/12 homogène, à un foyer de 2 m. Pour ce qui nous concerne, toutes les anciennes déno- minations arbitraires données tant aux oculaires qu'aux objectifs ont été démarquées dans notre laboratoire; nous ne désignons plus nos objectifs que par leur dis- tance focale; nos oculaires sont dénommés par leur grossissement propre. Que cette façon si rationnelle et si pratique soit mise en œuvre partout et les opticiens seront bien obligés de se conformer aux désirs des micrographes. Au reste pour éviter toute confusion, rien n'empêche d'indiquer comme marque des objectifs l'ancienne déno- mination en môme temps que la nouvelle en les distin- guant l'une de l'autre par un signe. COMPTES RENDUS Eï ANALYSES Boveri a publié, il y a quelque mois, un travail sur les centrosomes, où il contredit sur beaucoup de points, les théories d'Heidenliain. (Ueber das Ver ha lien der Cenlrosomen, Verhandl. der phijsik-medic. Gesellsch. Wïirzburg,t. 29, n" 1, 1895.) 11 rejette d'abord complètement le quadrille des centres, d'accord en cela avec Berg, Hertwig^ Wilson et Matthews. Le centrosome mâle produit seul les centro- somes de l'œuf. Il en donne comme preuve la féconda- tion polysperme; chaque centrosome se divisant en deux, il doit y avoir, si cette théorie est vraie, autant de fois deux centrosomes qu'il est entré dans l'œuf, de sperma- tozoïdes, ce qu'il a constaté; si le quadrille de Fol était vrai, il y en aurait deux de plus, provenant du centro- some femelle. L'ovocentre provenant du second fuseau de direction persiste cependant, car 0. et R. Hertwig ont pu, par la strychnine, obtenir la division d'œufs non fécondés. Boveri affirme ensuite que les cellules des métazoaires ne sont pas toutes homologues. Elles n'ont en commun qu'une seule chose : les chromosomes et leurs produits de transformation, qui subsistent du reste seuls pendant la karvokinèse. Le novau au repos est une maison bâtie pour les chromosomes. Il se peut qu'on y trouve des centrosomes, mais c'est comme hôtes et non comme propriétaires. Heidenhain fait dériver le noyau des cellules des métazoaires, du macronoyau des Infusoires, et les cen- trosomes du micronoyau. Boveri combat cette théorie, notamment par cet argument que rien ne prouve que les métazoaires dérivent des ciliés. BULLETIN l>ES SÉANCES. 1M7 Il n'admet pas (jue l'aslrosplièrc soit un organe con- stant (le la cellule, et rejette comme artiticielles la couche granuleuse de van Beneden et les sphères con- centriques d'Heidenhain qui, h.iir le même ohjel, peuvent exister ou être ahsentes. Il repousse aussi !a théorie des rayons organiques diriijfeant les mouvements du novau ; il trouve du reste qu'elle n'explique que les phénomènes se présentant dans les cellules au repos, et non ceux de la karyokinèse. Les centrosomes sont-ils simplement un centre d'in- sertion des rayons organiques ou ont-ils sur eux une influence matérielle? Van Beneden et Ileidenhain penchent pour la première hypothèse; mais Heidenhain attrihuait la seconde à Boveri qui s'en défend absolu- ment et admet la théorie du centre d'insertion. Enfin il repousse les définitions du microcentre et du centrosome qu'avaient proposées Heidenhain. D'après lui, on doit appeler centrosome, non par un petit point, mais, chez l'œuf de l'étoile de mer (objet de ses recherches), une sphère pale contenant des granulations qu'il appelle ccnlrioles. Il définit le centrosome : « Un organe unique, distinct, constant, se multipliant par division en deux et constituant un centre dynamique pour la formation ultérieure des cellules ». En somme, il résulte de la comparaison de ce travail avec ceux d'autres auteurs, que bien peu de notions sur les centrosomes peuvent être regardées comme sûres et inébranlables. Toutes du reste ne peuvent être géné- ralisées, les divergences d'opinioii provenant et de la différence des méthodes, et de la variété des sujets consi- dérés. René Sand. XXI II) âi8 SUC;ÈiÉ UKLGK ItK MICKOSCOI'IK * » Da.ngeard. — Mémoire sw la reproduction sexuelle des Basidiomij cèles (Le Botaniste, 4^ série, fasc. 4 et 5, août 1895). Dans le dernier numéro de son journal Le Botaniste^ Dangeard rend compte des résultats de ses recherches sur la sexualité des Basidiomycètes. A la suite des travaux de Brefeld, de de Bary, de Van Tieghem, on admettait généralement, jusqu'aujourd'hui, que l'on n'observe dans le développement de ces Cham- pignons aucun phénomène auquel on puisse reconnaître les caractères d'un acte sexuel. Pour Dangeard la baside des Trémellinées représente une véritable oospore dont le noyau résulte de la fusion préalable de deux noyaux sexuels, originaires de fila- ments différents anastomosés. (le n'est qu'après cette fusion, qui constitue pour l'auteur une fécondation typique, que la baside prend son développement, ses dimensions, son aspect définitifs. Mais bientôt le contenu de l'oospore subit une première bipartition, puis une seconde, et se divise de la sorte en quatre cellules contenant chacune une portion du noyau primitif et que l'auteur assimile à un promycelium. Celui-ci produira des sporidies. Le tube germinatif émis par chacune des cellules, se dirige vers la périphérie, donne naissance à un stérigmate qui se renfle en boule à son extrémité; le noyau s'engage enfin dans cette der- nière et celle-ci s'isole et constitue la basidiospore. Chez les autobasidiomycètes, les choses se passent un peu différemment. BULLETIN DES SÉANCES. 219 Après la fusion des noyaux sexuels, l'oospore ne subit aucun cloisonnement; seul, le noyau se divise en quatre portions qui passent avec une certaine quantité de pro loplasme dans les sporidies. Sauf quelques variations de détails, les piiénomènes reproducteurs s'accomplissent de cette façon dans les nombreux types étudiés par l'auteur (Dacryomycètes, Tliélépliorées, Agaricinées , Hydnacées, Polyporées). Chez ces derniers, notamment chez le Polijponis versi- color, l'auteur a pu suivre, dans ses détails, les phéno- mènes de division du noyau de l'oospore. Ils présente- raient une analogie remarquable avec ceux dont est le siège, le sac embryonnaire des végétaux supérieurs. Il résulte donc des travaux de Dangeard (1) que l'on trouve, dans l'évolution de tous les groupes de Cham- pignons, un moment où deux noyaux, d'origine diffé- rente, se fusionnent de manière à former le noyau d'une oospore. Cette dernière est susceptible de germer suivant des procédés divers : 1" En donnant un promycélium externe qui produit des sporidies externes (téleutospores des Urédinées, Uslilaginées), ou dans lequel se différencient des spo- ridies internes (asque des Ascomycètes) ; 2" En se fractionnant en cellules, formant donc un promycélium interne qui développe des sporidies externes (Protobasidiomycètes) ; 5° En fournissant directement, sans cloisonnement préalable des sporidies devenant externes (Autobasidio- mycètes). Si l'on admet, dès à présent, l'entière exactitude des 0) Le Botaniste, séries 5 et I. 2-20 SOCIÉTÉ IIIÎLGE DE iMICUOSCOPIE. observations de l'auteur, la seule objection que l'on puisse formuler contre l'existence d'une véritable sexua- lité chez les Champignons repose sur la parenté, souvent très rapprochée, des noyaux sexuels. Cependant, par les Entomophthorées, auxquelles tout le monde reconnaît une reproduction nettement sexuelle, on trouve des types [Entomoplitora l'cidicans) ou les noyaux sexuels ne sont séparés du noyau commun qui leur a donné naissance que par une seule génération. Il en est de même chez un intéressant ascomvcète décrit il y a quelque dix ans par Eidam, le Basidioboius ranarum. Quant à l'objection que l'on pourrait tirer du peu de complexité des phénomènes de fusion des noyaux sexuels, elle n'a qu'une valeur très relative, car il est bien des groupes végétaux et animaux où, d'après nos connais- sances actuelles, ils sont loin de répondre à la détinilion que donne Guignard de la fécondation : « La fécondation est la fusion de deux demi-noyaux et de quatre demi-centrosomes provenant d'éléments de sexe opposé, en un noyau et deux centrosomes formés par parties égales des substances des deux parents. » Si l'on admet avec Boveri que le phénomène essentiel de la fécondation se réduit à la fusion de deux noyaux, on ne peut que souscrire aux conclusions générales des remarquables recherches de Dangeard : ce Les Champ'ujnons supérieurs ont une sexualité qui ne di/fèreen rien, dans ses traits essentiels, de eellb des autres plantes et des animaux. » Km. Mahciial. BULLETIN DES SÉANCES. • 221 A. Feiîmi et G, MoNTESANO. — Die von den Mikrobeii bedingte Inversion des Holirzuckers (Cejitralb. f. Bak- teriol. ^1" Abt., Bd. I, n" 15, 14 et 15). Les intéressantes recherches de ces auteurs ont eu pour but de résoudre les points suivants : 1" Quels sont les microbes qui intervertissent la saccharose? 2° Quelle est l'influence de la réaction du milieu sur ce phénomène? T)" Quelle action la présence de la saccharose, de la glycose et de la glycérine, exerce-t-elle sur la production de l'invertine? 4" Combien de temps, après l'inoculation, la pré- sence de ces zymases peut-elle être constatée dans les cultures? 5" Quels sont les microbes capables de produire de l'invertine dans un milieu dépourvu de substances albuminoïdes? G" Comment se comporte l'invertine produite par (lifTérents microbes vis-à-vis des filtres en porcelaine? 7° Quelle est l'influence de la chaleur et de quelques agents chimiques (acides, alcalis, etc.) sur l'invertine et sur sa production par les microbes? 8" L'invertine est-elle dyalisable? Après avoir rappelé les travaux sur la matière de Guyon, Bourquelot, Beyerinck, Miller et de l'un d'eux (Frémi), les auteurs exposent la méthode suivie dans leurs recherches. Dans une première série de cultures, ils se servaient de bouillon neutralisé, additionné de 5 p. 100 de sac- 222 SOCIÉTÉ BELGE DE MICnOSCOPIE. cliarose et de quelques gouttes de tournesol, réparti dans des tubes à réactifs. Après inoculation, les cultures étaient placées à l'étuve à 50". Les jours suivants, on notait les modifications survenues dans la réaction cl, après 14 jours au minimum, on opérait la recherche du sucre réducteur par les réactifs de INvlander et dcRuhner- Penzoldt. Les recherches ont porté sur une septantaine de microbes divers; les suivanis seuls transforment la sac- charose en sucre réducteur : Bac. mcgcUcrium, bacille de Kiel, Proleus vuUjaris, Bac. fluresccns liqiicfaciens, levui'e rose. Cette propriété est peu fixe chez le Spirillinn c/iolerae asiat. et Metsclmikovii ; enfin elle fait défaut aux espèces suivantes : Bac. coli-communc, iiac. tijplii- similis. Bac. diplilheriae columhariim. Bac. diplitcriae Iwmimim. bacille du Hoy-cholera, Slapinjl. pyogoics aureiis, Si. pyog. albiis, St. pyog. ccreiis flavus, Slrcpt. cvesypclatis, Slrept. pyogcncs. Mie. pyogenes tenitis, Proteiis mirabilis, Pr. Zenkeri, Bac. alliaceiis. Bac. Odessae, Bac. fluorcscens non liqnifacicns. Bac. liitcus, Sai'c, alba, Sarc. lutca. Bac. pyocyancns, Bac. typhi. Bac. napolilamis, Bac. rhinosclcromalis. Bac. Fricd- lànderi, Bac. muriseplicus. Bac. cunicnlicida, Bac. cavicida. Bac. clwlerae galUnarum, Bac. anl/wacis. Bac. indiens, Bac. radiciformis. Bac. snblilis, Bac. acidi laclici. Bac. prodigiosns, Spir. Finkliri et Priori, Spir. Deneki, Bac. du lait bleu, etc. En bouillon légèrement alcalin, le Proleus vulgaris et le Bac. flnorescens liqnifaciens, demème que la levure rose ne sécrètent plus de zymasc; tandis (ju'une légère acidité du milieu est sans influence sur la production de cette dernière. BULLETIN DES SÉANCES. i."23 Parmi les autres conclusions du travail, citons les suivantes : 1° La production d'invertine s'observe dans les bouil- lons non sucrés additionnés de glycérine, mais fait défaut dans les milieux contenant de la giycose. 2" Le moment d'apparition de Tinvertine dans les cultures varie d'après les milieux et les espèces micro- biennes. Le plus fréquemment la zymase apparaît deux à trois jours après l'inoculation. Cette apparition paraît plus rapide dans les milieux glycérines que dans ceux additionnés de saccbarose. 5" Les microbes produisent de l'invertine, même en l'absence de matières organiques. Comme on le voit, le mémoire de FermietMontesano apporte une contribution importante et intéressante à riiistoire encore si obscure des zymases. ÉM. M. * * * Dans une note récente présentée à la classe des sciences de l'Académie de Belgique, le docteur C. De Bruyne, a fait connaître l'aspect et la disposition de la spbère attractive dans les cellules fixes du tissu con- jonctif. C'est le tissu instertitiel du foie et de la glande géni- tale mâle ou femelle de Palndina vivipara, qui a servi aux observations de l'auteur. Ce travail forme un apport intéressant à l'étude de ce composant étrange de la cellule, l'auteur nous montre l'aspect de la spbère, même sa division, dans les 20 figures de la plancbe qui accom- pagne le texte de la note. Celle-ci se termine par un •211 SOCIÉTÉ UÉLCK l>K MICUOSCOI'IE. index bibliograpliiqiie assez complet des différents tra- vaux publiés sur les spbères attractives. Nous ne pouvons naturellement reproduire les données de l'auteur, ce travail est à lire par tous ceux qui s'occupent de morpho- logie cellulaire. É. D. W. * » * M, Roland Thaxter, du Laboratoire de cryptogamie de la « Harvard Universily » vient de publier dans la Botanical Gazette, octobre 1895, n" 10, une note très intéressante. Elle est intitulée: « Newor peculiar aquatic fungi.il/o- noblepharis », et contient la description de deux espèces nouvelles de ce très curieux genre, dont on n'avait plus retrouvé de représentants depuis que Cornu l'avait décrit en 1871 dans le Bulletin de la Société botanique de France, et en avait publié une description plus détaillée, accompagnée de figures dans les Annales des Sciences naturelles de 1872. Cornu décrivit deux espèces sous les noms de.W. poty- morplia et i)/..s'p/jrtt'ricrt,lesdeux espèces de M.R.Taxter portent les noms de M. insignis et M. fasciculala. Toutes deux se rapprochent du M. pohjmorplia Cornu, elles diffèrent beaucoup par tous leurs caractères du M.sphae- rica. M. Thaxter a pu observer le cycle complet de l'évo- lution des deux nouvelles espèces, sa contribution est donc des plus imporlanle. La première de ces espèces a été observée dans le Massachuselt et dans le Maine, la deuxième uniquement dans le Massachusetl. Toutes deux sur des tiges submergées dans l'eau. BULLETIN DES SÉANCES. 22b Voici la description des deux espèces, telle qu'elle est donnée dans la notice citée. Monohlcpfiaris insignis Tliaxter. — Hyphes droits, rigides, hyalins ou d'un brun rougeâtre très pâle, pres- que cylindriques, rarement branchii; I 1/2-2 1/2 milli- mètres de long sur 8-15 y. de diamètre. Anlhéridies larges subconiques ou subcylindriques, droites ou légè- rement divergentes, à extrémité arrondie, souvent recourbée vers l'intérieur, presque symétriques ou souvent à base irrégulièrement protubérante du côté interne. Anthérozoïdes nombreux, de 24-52, uniciliés. oospores mûrissant dans l'organe, lisses d'un brun ambré, pâle, sphériques ou oblongues allongées, parfois irrégulières, 50-55 /-i sur 22-55 /x. Oogones de forme irrégulière, uniques ou superposés à plusieurs au som- mets des hyphes. Zoosporanges rares, semblables à l'oogone; zoospores biciliées? de 10-12 fx de diamètre. Monoblep/iaris fasciculata Thaxter. — Hyphes droits, rigides, cylindriques, simples ou rarement branchus, excepté aux sommets; de 1-2 millimètres de longueur sur () y. de diamètre. Anthéridies étroites, légèrement déprimées droites et non divergentes. Anlhéiozoïdes, 16 environ dans une anthéridie, 5 y de diamètre. Oogones ovales, oblongs ou elliptiques. Col étroit, proé- minent généralement plus court que l'anlhéridie toujours présente, unique terminale ou superposée sur des rameaux courts et serrés à l'extrémité des hyphes fertiles. Oospores plus ou moins régulièrement ovales, oblongues ou elliptiques, lisses d'un brun ambré pâle, mûrissant dans l'oogone, de 22 sur 18 y-. Zoosporanges 226 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. semblables aux oogones, zoospores biciliées de 5-(3 ij- de diamètre. Comme on peut le voir en comparant ces deux descrip- tions et en jetant un coup d'œil sur les figures de la planche qui accompagne la note de M. Thaxler, les deux espèces ne diffèrent guère que par la grandeur des fila- ments du thalle, des oogones, spores et zoospores. Ces deux formes méritent-elles d'être élevées au rang d'espèce? Il est certain que l'étude des Champignons aquatiques fournira encore de nombreuses formes intéressantes, M. Thaxter a déjà publié, nous l'avons signalé antérieu- rement ici, d'autres études sur des espèces curieuses qu'il a pu observer dans ses récoltes. É. D. W. * * Sous le titre « Les Broussins des Myriacées » M. le professeur Vuillemin de la faculté de médecine de Nancy, a fait paraître dans le tome II des « Annales de la Science agronomique française et étrangère » un travail des plus intéressants. L'auteur a pu étudier ces formations curieuses sur des échantillons qui lui ont été communiqués par le professeur de Yries d'Amsterdam et sur de nombreux matériaux réunis à Nancy. Après une introduction historique assez complète dans laquelle l'auteur passe en revue les travaux parus sur la question, il passe à l'étude des malformations observées par lui. Il a au cours de ses études sur la structure des renflements, des hernies des tiges des Eucalyptus, renconlré des filaments mycé- liens et des corps reproducteurs spéciaux. De l'ensemble BULLETIN DES SÉANCES. -Jiï des caractères présentés par le parasite, l'auteur a pu conclure qu'il s'agissait d'un Champignon appartenant au genre Ustilago. On n'a jusqu'à ce jour. décrit aucune forme de Champignon de ce genre chez les Alyrtacées, aussi le professeur Vuiilemin a-i-il proposé dans une note présentée déjà en avril I89i à l'Académie des Sciences, le nom de Ustilago Vriesiana pour le parasite occasionnant la formation de Broussins chez cette espèce à'Eucaiijptus. Voici de quelle manière l'auteur décrit dans son dernier travail le parasite en question. Les principaux caractères de l'espèce sont reproduits sur les planches accompagnant le travail de M. Vuiilemin. « Fructifications naissant dans les espaces intercellu- laires de l'écorce, du liher, du cambrium sous forme de pelotons mucilagineux très nombreux, inégaux, d'assez petite taille. Les organes de conservation que les auteurs appellent spores, mais qui sont en l'éalité des kystes, dépassent rarement le nombre de 20 dans chaque fructification. Leur nombre se réduit parfois à 1 ou 2. Chaque kyste jeune est entouré d'une enveloppe mucila- gineuse comprenant deux zones. La plus interne est hyaline et diminue d'épaisseur, à mesure que le kyste grandit à ses dépens; toutefois elle est encore visible quand la membrane est déjà colorée. La zone extérieure est granuleuse, surtout à la surface qui est comme tuber- culeuse. Rarement on distingue deux kystes avec une zone hyaline propre, plongés dans une zone granuleuse commune. Kystes murs d'un brun violacé ovales à n)en- brane lisse, épaisse de 0,4 /w. Au niveau de la petite extrémité, on distingue une calotte amincie, corresj)on- dant au point où s'effectuera la germination. Le centre 2'-'8 SOCIKTIi: liCLGl': DE MlCUOSCOl'lE. du kyste est occupé par une grosse goutte d'aspect oléagi- neux. Le kyste mesure 7-9 /y. sur 5,5-7 /y.. Tubes de germination émettant de courts tubes latéraux terminés par de jeunes spores. » L'auteur termine son article par des paragraphes con- sacrés à la pathogénie, à la marche de la maladie, au diagnostic, au pronostic et au traitement de cette maladie parasitaire. Il conclut à l'emploi du sulfate de cuivre pour combattre efficacement l'apparition des tumeurs des Myrtacées et en particulier des Eucalyptus. È. D. W. LISTE GÉNÉRALE des MEMBRKS DE LA SOCIÉTÉ BEKiE DE HICUOSCOPIE AU 14 OCTOBRE 1805. Mciiihi'os lioiioi*airc$« (*). MM, Abbe, prof, à l'Université d'Iéna (Allemagne). Balbiani, prof, d'embryologie au Collège de France, Paris. Butschli, professeur, à Heidelberg. Cohn, F., prof, de botanique à l'Université de Breslau. Jones Rupert, prof, 10, Uverdale Road, King's Road, Chelsea, Londres. Koch, R., prof d'hygiène à l'Université de Berlin. von Kôlliker, A., prof d'embryologie à l'Université, Wurz- bourg, Ranvier, L., prof d'histologie au Collège de France, Paris. Saccardo, directeur au jardin botanique de Padoue. Smith, H. L., prof , Hobart Collège, Geneva N. Y. (États-Unis). Sorby, Broomfleld (Sheffield). Strasburger, docteur Ed., prof, de botanique à l'Université de Bonn. Ward, R. H., Troy, New- York (États-Unis), 53, Fourtli Street. Stanley Hoog, F., 102, Palace Gardons Terrace, à Kensing- ton W. .^liMiil>i*<;s coi*ro$ii|>oiB(laiii!i$ (**). MM. Andrews, R. R., D. D. S., Haward street, 432, Cambridge, Mass. (États-Unis). (') Le nombre des membres honoraires est limite à iiuinze (art. 7 des Statuts). (") Le nombre des membres correspondants est limité à quarante (art. 7 des statuts). •2A0 SOCIIÏIÉ IU:LCK Dli iMICUOSCOI'lli. MM. Baumgarten, professeur, à Tiibingeu. Behrens, D*" W., directeur du Zeitschrift fiir mikroskopie, Gottingen. Bertrand, C. Eg., professeur à la Faculté des sciences, rue des Fleurs, 1, Lille. Bieler, vétérinaire, avenue Agassiz, Lausanne (Suisse). Boecker, docteur, Institut fur Mikroskopie, Wetzlar. Bonté, docteur J. H. C, secrétaire de l'Université de Cali- fornie, Berkeley, Cal. (États-Unis). Brun, professeur à l'Université de Genève. Boveri, Wurzbourg. Cox, C. F., grand central dépôt, Nom- York (Etats-Unis), Cox, D., à Cincinnati, Ohio. U. S. A. Crisp, Frank, secrétaire de la Société royale de Microscopie, King's Collège, Londres. Crosier, E. S., M. D., Market street, 277, New Albany, Indiana (États-Unis). Curtis, Thomas, membre de la Société royale de Microscopie, 244, High Holborn, Londres. Cutter, docteur Ephraim, 1730. Broadway, New- York, de Castracane (abbé). Comte François, Rome. Piazza délie Coppelle, 50. de Man, docteur J. G., Jerseke (Zélande, Pays-Bas). Dod, A. P., 279 1/2, Main street, Memphis (États-Unis). Engelmann , Th. W., prof, de physiologie à l'Université d'Utrecht. Gibier, docteur, aide naturaliste au Muséum, rue Palestro, 23, Paris. Guinard, E., rue du Cardinal, 15, Montpellier. Harrisson, docteur W. G., 26, Mount Vernon Place, East Baltimore (Maryland) États-Unis. Hueppe, Ferd., docteur professeur, Prague. Kinne, C. Mason, 422, California street, San Francisco, Cal (États-Unis.) Klebs, professeur à l'Université de Bàle (Suisse). Kowalewsky. Laiizi, docteur Matteo, 6, via Cavour, Rome, Lockwood, Samuel, Secretary to the New-Jersey Microsco- pical Society, Freehold, Monmouth County (New-Jersey), (États-Unis). Maupas, à Alger (Algérie). itULLEii.N iiKs si:a.\(;i;s. im MM. Metschnikoff, chef de service à l'Institut Pasteur, à Pai-is. Rosenbuscli, professeur de minéralogie à l'Université de Heidelberg, Stevenson, \V. C. 1525, Green street. Philadelphie, Pens. (États-Unis). Stidham, rev. J. F., Colorabus, Ohio (Etats-Unis). Treub, directeur du .Jardin Botanique de Buiteuzoï'g, à Java, Trois, conservateur de la collection scientifique de l'Institut royal des sciences. Palais ducal, à Venise (Italie). Van Bruj'ssel, chargé d'affaires de Belgique à Caracas (Venezuela). Ward, James W., Grosvenor Library, Buffalo (Étais-Unis). Zimmermann, 0. E. R., docteur, Ghemnitz (Saxe). Zirkel, Ferd., prof, de minéralogie à l'Université de Leipzig. MM. 'Bauwens, L. M., receveur des conti'ibutions, i-ue de ia Vanne, 33, Ixelles. Bayet, Adrien, docteur en médecine, agrégé à l'Université, boulevard de Waterloo, 78. Berteau, Zenon, chaussée de Jette, 561, Jette Saint-Pierre. Bommer, Ch., docteur en sciences, rue des Petits-Carmes, 19, Bruxelles. Bordet, Jules, docteur en médecine, rue de la Ruche, 42. Bordet, Charles, docteur en médecine, rue Rogier, 255, Schaerbeek. Bray, A., docteur en sciences, rue de Namur, 48, Bruxelles. Buys, Ed., docteur en médecine, rue de la Braie, 14. Carnoy, J.-B. (chanoine), professeur à l'Université de Lou- vain. Cogit, E., boulevard Saint-Michel, 49, Paris. Clautriau, G., docteur en sciences naturelles, rue de la Tribune, 5. Cooraans, V., chimiste, rue des Brigittines, 3, Bruxelles. Coomans, L., rue des Brigittines, 3, Bruxelles. Cousot, docteur en médecine, à Dînant. 'Crépin, directeur du Jardin Botanique de l'État, rue de l'As- sociation, 31, Bruxelles. {') Membre fondateur. 232 SOCIIiTli ItKLGK DK MICIIOSCOI'IE. MM. De Faj', J., docteur en médecine , rue de la Fiancée, 22. Bruxelles. De Lacerda, Antonio, consul de Belgique, à Baliia (Brésil). Delogne, C.-H., conservateur au Jardin Botanique de l'État, Bruxelles. Depage, A., docteur eu médecine, rue de l'Esplanade, 8. Depaire, J.-B., professeur à l'Université de Bruxelles, rue Royale, 54, Bruxelles . de Sélys-Loncliamps, Edm. (baron), sénateur, 34, quai de la Sauvenière, Liège. Destrée, E., docteur en médecine, rue de la Régence, 57, Bruxelles. De Wiideman, docteur en sciences naturelles, aide-natu- raliste au Jardin botanique de l'État, rue Verboeckha- veu, 29, Saint-Josse-ten-Noode Drosten, Rob., rue du Marais, 49, Bruxelles. 'Dupont, E., directeur du Musée royal d'histoire naturelle, Bruxelles. Durin, Th., chanoine honoraire, rue de Paris, à Moulins, (Allier). Errera, Léo, docteur en sciences naturelles, professeur à l'Université, Place Stéphanie, 1, Bruxelles. Fisch, opticien, rue de la Madeleine, 70, Bruxelles. Florez, docteur en médecine, Jésus Maria, 5, Lima (Pérou). Francotte, P., docteur en sciences, prof, à l'Athénée royal et à l'Université libre, rueGlllon, rt4, St-Josse-ten-Noode. Funclv, Maurice, docteur en médecine, rue de Livourne, 36. Gallemaerts, E., docteur en médecine, rue delà Régence, 33, Bruxelles. Garbini, A., docteur en sciences naturelles, Leoncino. 38, Vérone. Gedoelst, docteur en médecine, rue du Canal, 20, Louvain. Gilsou, professeur à l'Université de Louvain. Gravis, Aug., professeur de botanique à l'Université de Liège, rue Fusch, 22. Liège. Heger, Paul, docteur en médecine, professeur à l'Université, rue des Drapiers, 35, Bruxelles. Hendrix, Léon, docteur en médecine, rue Montoyer, 14, Bruxelles. (*J Membre fondateur. BULLETIN DES SÉANCES. 233 MM. Houzeau de Le Haie, professeur, à Hyon (Mons). Janson, Paul, rue Royale, 260. Lauieore, Aiifïusto, doctour en sciences, professeur à l'Uni- versité de Bruxelles, chaussée de Gharleroi, 1 19, Bruxelles. Laurent, Ém., professeur de botanique à l'Institut agricole de Gembloux. Lemoine, Auguste, ingénieur agricole, à Gilly. Lewin, docteur en médecine, rue de la Concorde, 68, Lxelles. Lochenies, G., botaniste, à Leuze. Loiseau, 0., ingénieur, à Ougrée. Mantin, Georges, quai de Billy, 54, Paris. Marchai, É., conservateur au Jardin Botanique de l'État, prof, à l'École normale, 55, rue Vonck, St-Josse-ten-Noode, Massart, assistant à l'Institut botanique, rue de la Grande- Haie, 65, Molle, docteur en sciences naturelles, professeur à l'École moyenne de Jodoigne. Nypels Paul, docteur en sciences naturelles, rue Forgeur, 7, Liège. Pechère V., docteur en médecine, rue de la Loi, 140, Bruxelles. Philippson, étudiant en sciences, rue Guimard, 12. Pottiez, Gh., pharmacien, à Fontaine-l'Évôque. 'Preudhomme de Borre, Villa des fauvettes, Petit Sacouuex, Genève. Rouffart, E. docteur en médecine, boulevard du Régent, 9, Bruxelles. *Rutot, A., ingénieur, conservateur au Musée royal d'histoire naturelle, rue de la Loi, 177, Bruxelles. Sand, René, boulevard du Nord, 95. Simon, J.-B. , docteur en médecine, rue Haute, 108, Bruxelles. Stappers, Léon, rue Jacobs, 59, à Anvers. Sury, H., pharmacien, rue d'Havre, 12, Mons. Tillier, Achille, architecte, Pâturages (Hainaut). Tocheff, professeur au lycée bulgare de Salonique (Turquie). Van Bambeke, prof, à l'Université de Gand, rue Haute, 7, Gand. Van Beneden, Ed.. professeur à l'Université de Liège. (*) Membre fondateur. XXI 17 234 SOCIKTfi BELGE HE MICUOSCOPIE. MM. "Vanden Broeck, Ernest, conservateur au Musée royal d'his- toire naturelle, 39, place de l'Industrie, Bruxelles. Vandervelde, P., docteur en médecine, rue du Trône, 19. Van Ermengem, professeur de bactériologie à l'Université de Gand, chaussée de Courtrai, 137, Gand. *Vau Heurck, Henri, docteur en sciences, directeur du Jardin Botanique, Anvers. Venueman, professeur d'ophtalmologie à l'Université de Louvain. Verhoogen, R., docteur en médecine, 16, rue de la Sablon- nlère, Bruxelles. Walker, industriel, boulevard Montebello, Lille (France). Walravens, Alfred, étudiant en sciences, à Tubize. Warlomont, René, médecin militaire, docteur eu sciences naturelles, Bruges. Wauthy, rue du Béguinage, 15. Wybauw, étudiant en médec, rue du Beau-Site, 7, Ixelles. Meiubres associé»». MM. De Nobele, docteur en méd., rue des Plantes, 14, Bruxelles. Dewèvre, Alfred, docteur en sciences naturelles, rue de la Linière, 12, Saint-Gilles. Dedroog, docteur en sciences naturelles, rue du Champs-de- Mars, 14, Ixelles. Demoor, J., docteur, rue Belliard, 186. Dineur, E., docteur en médecine, hôpital militaire d'Anvers. Hegenscheidt, Alfred, étudiant, rue Gauthier, 30, Molenbeek Saint- Jean. Lor, Louis, docteur eu médecine, rue du Midi, 76. Marchai. Em., ingénieur agricole, rue Vonck, 55, St-Josse- ten-Noode. Mersch, docteur en médecine, rue du Trône, 90, Bruxelles. Mills, Albert, docteur en méd., rue du Pépin, 30, Bruxelles. Van Rysselberghe, instituteur, rue du Heysel, 103, Laeken. Vindevogel, étudiant en médecine, avenue des Arquebu- siers, 25, Saint-Josse-ten-Noode. (*) Mem})re fondateur. ACADÉMIES, SOCIÉTÉS ET INSTITLTIO^S avec lesquelles LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE EST Ers KELATIONS D'ECHANGE. Belgique. Annales delà Société médico-chirurgicale, rue des Augustins, 26, Liège. Académie royale des sciences, arts et belles-lettres de Belgique Bruxelles. Académie royale de médecine de Belgique, Bruxelles. Association belge de photographie. Ch. Puttemaus, Palais du midi. Fédération des Sociétés d'horticulture de Belgique, M. Lubbers, au Jardin Botanique de l'État, Bruxelles. Gazette médicale de Liège, place Saint-Pierre, 16, à Liège. Musée royald'Histoire naturelle de Belgique, M. E. Dupont, direc- teur, Bruxelles. Société royale de Botanique, au Jardin Botanique de l'Etat. Bruxelles. Société entomologique de Belgique, au Musée royal d'histoire natu- relle, Bruxelles. Société scientifique de Bruxelles, rue des Ui'sulines, 14, Bruxelles. Société belge de géographie, M. Duflef, rue de la Limite, 1 16. Société géologique de Belgique, M. G. Dewalque, Liège. Société malacologique de Belgique, boulevard du Nord, Bruxelles. Société belge de géologie, de paléontologie et d'hydrologie, place de l'Industrie, 39, Bruxelles. Société médico-chirurgicale du Brabant, 181, rue Royale. Société royale des sciences, à l'Université de Liège. Société des sciences, lettres et arts du Hainaut, Mons. 236 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Société royale des sciences médicales et naturelles, D"" Galle- maerts, rue de la Régence, 33. Université de Bruxelles. Université de Gand. Université de Liège. Université de Louvaiu. Alloiiia^iie. Botanisches Centralblatt, D'" Uhlworm, Cassel. Kaiserliche Leopoldinisch-Caroliuische Akademie der Naturfor- scher, D"" Knoltauch, à Halle. Jahresbericht tiber die Fortschritte in der Lehre von den patho- genen Mikroorganismeu, professeur Baumgarten, à Tùbingen. Naturwissenschaftliche Gesellschaft, Chemnitz. Naturwissenschaftlicher Verein, Elberfeld. Naturwisseuschaftlicher Verein des Reg. Bez., M. Klittke, bibliot., Francfort s/Oder. Offenbacher Verein fiir Naturknnde, Offenbach S/M. Physikalisch-œkonomische Gesellschaft, Kœnigsberg. Société d'histoire naturelle de Colraar, docteur Faudel, secrétaire Colmar. Société d'histoire naturelle, rue de l'Évêché, 25, Metz. Verein fiir Naturkuude. D"" Akermann, Cassel. Zeitschrift fiir wissenchaftliche Mikroskopie und mikroskopische Technik, D"" Behrens, rédacteur en chef, à Gottingue. Zoologischer Anzeigor, professeur Garus, Querstrasse, 30, Leipzig. Centralblatt fiir algemeine pathologie undpathologischeanatomie. G. Fischer, à léna. Konigliche Biologische Austalt-Helgoland. Aiitriclic-llon^ric^. K. K. Naturhistorisches Hofmuseum, Vienne. K. Akademie der Wissenschaften, Vienne. Mittheilungen der Section fur Naturkuude des « Osterreichischen Touristen-club «, Burgring N° 1. Vienne. Bulletin international de l'Académie des sciences de Cracovie. Institut I. et R. géologique d'Autriche, Vienne. K. K. Zoologisch-Botanische Gezellschaft, Herrengasse, 13, à Wien L BULLETIN HES SÉANCES. 237 Naturforschonder Verein, M. StadhofT, Brùnn. Naturwissenschaftliclier Verein fiir Steirraark, Gratz. Ornithologischer Verein. Mittheilungen, Red. Von Pelzeln und C. Palliscli, à Vienne. Société des sciences naturelles de Croatie à Zagreb, Agram. Société royale hongroise des sciences naturelles, Budapest, Société adriatique des sciences naturelles, Trieste. Ungarischer Karpathenverein, Lôesc. Verein zur Verbreitung naturwissenscliaftlicher Kenntnisse, IV, techn. Hochschuleà Vienne. Espagne et Poriiijs^al. Boletin de medicina y farmacia, calle del Hôpital, 93, Piso 2", Barcelone. Gazeta Sanitoria à Barcelone. Casas consistoriales. Cronica cientifica. Barcelone, Réd. D'" Raphaël Roig y torres. Ronda de S. Pedro, 38. Gaceta Medica Catalana, D'" Rodriguez Mendez, à Barcelone. Sociedade de Instrucçao do Porto. S.-Domingos, 57, à Porto Largo. Revista clinica de los Hospitales. Madrid, PI. de Isabel, II. Revista de sciencias naturaes e sociaes, rua dos Clerigos, 96, à Porto. France. innales de l'Institut Pasteur, M. le professeur Duclaux, rue de Fleurus, 35b, Paris. Annales de micrographie, D'"Miquel, Rue Amelot, 100, Paris. Académie des sciences, lettres et beaux-arts de Dijon. Bulletin scientifique du nord de la France, M. le professeur Giard, Lille. Bulletin de la Société d'étude des sciences naturelles, à Béziers. Feuille des jeunes naturalistes, M. DoUfus, 35, rue Pierre Charron, Paris. Revue internationale de bibliographie médicale, D"" Raoult, 47, rue du Faubourg Saint-Jacques, Paris. Revue scientifique du Bourbonnais, M. E. Olivier, 10, Cours de la Préfecture, à Moulins (Allier). Le Botaniste. M. Dangeard, professeur à la Faculté de Poitiers. Revue bryologique, M. Husnot, à Cahan, par Athis, (Orne.) 238 SOCIÉTÉ riELGE DE MICROSCOPJE. Société Borda, à Dax. Société des sciences physiques, naturelles et climatologiques, D"" Bertrand, secrétaire-général, rue Bruce, à Alger. Société Liunéenne du nord de la France, M. R. Vion, rue Voi- ture, 8, Amiens, Société des sciences physiques et naturelles, Hôtel des Facultés, Bordeaux. Le Diatomiste, rue Saint- Antoine, 168, Paris. Société Linnéenne de Bordeaux. Société d'étude des sciences naturelles, 10,rueBourdaloue,Nimes. Société d'agriculture, sciences, belles-lettres et arts, M. Loiseliu, secrétaire général, à Orléans. Société des études scientifiques, Angers (Maine et Loire). Société française de photographie, rue Louis-le-Grand, 20, Paris. Société des anais des sciences naturelles de Rouen (Seine infé- rieure). Société d'histoire naturelle de Toulouse, 44, rue Saint-Rome. Société d'histoire naturelle de l'Hérault, Montpellier. Société des sciences naturelles, à Semur (Côte d'Or). Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne (Auxerre). Société des sciences naturelles, M. Le Jolis, directeur, à Cher- bourg (Manche). Société Linnéenne de Normandie, Caen (Calvados), M. Lignier. Société d'études scientifiques, 55, rue Pierre Charron, Paris. Société Liunéenne de Lyon, place Sathonay, Lyon. Grande- Bretagne. Brighton and Sussex natural history Society, Brigliton. Croydon Microscopical and natural history Club. M. B. Sturge, 20, the Waldrons, Croydon. Norfolk and Norwich naturalist Society, Norwich. Quekett Microscopical Club, Londres. Royal Microscopical Society, King's Collège, Londres. Royal physical Society of Edinburgh. Phylosophical Society, Cambridge. Patent Office Library,25, Southampton Buildings, Chancery Lane, London W. C. Science progress, The scientific Press Limited, 428, Strand W. C, London. BULLETIN DES SÉANCES. 239 llollaiiflo. Société hollandaise des sciences de Harlem, Société néerlandaise de zoologie, D"" P.-P.-C. Hook-, au Helder. Société royale de zoologie (Natura artis magistra) d'Amsterdam. Physiologiscli laboratorium. Université à Utrecht. Italie. Academia pontiflcia de Nuovi Lincei, Palazzo délia Cancellaria, Rome. Académie des sciences de l'Institut de Bologne. Académie des sciences, lettres et arts de Modône. Académie royale des sciences de Turin. Ateneo de Brei^cia. Bollettiuo scientilico, Pavie. Bolletino délia Societa Romane per gli Studï zoologici, Université à Rome. Comité géologique d'Italie, Via S. Lusama Rome. Institut royal des sciences, lettres et arts de Venise. Neptunia, rivista meusile per gli studi di scienza pura ed applicata sul mare et sui organism. Red. D^" David Levi-Morenos S. Stefano, calle dei Fatri, 3536, Venise. Notarisia, commentarium Phycologicura. Parte spéciale délia Neptunia. Société des naturalistes de Modène, D'" L. Piccaglia, secrétaire, à Modône. Societa italiana dei microscopisti, à Acireale (Sicile), Revista de Scienze naturali e bolletino dei naturalista, à Sieua, R, Academia dei fisiocritici à Siena (Italie), Nuova Notarisia, rassegna trimestrale consacrata alla studio délie alghe, D"" G. B. De Toni, Galliera Veneta (Padoue). Academia raedico-chirurgica di Pcrugia (Pérouse), Monitore zoologico italiano, Instituto anatoraico à Florence. Liixoiiiboiirj;;. Institut royal Grand-ducal. Section des sciences naturelles, place Guillaume III, Luxembourg. Fauna, Société des naturalistes Luxembourgeois, M, Kraus, Grand-Luxembourg. 240 SOCIÉTÉ BELGR DR MICROSCOPIE. Aarsberetning, Bergens muséum (Bibliothèque). «• Tromsoë Muséum " à Tromsoë (Norwège), Rédacteur des publications du « Stavanger Muséum -», Stavanger. Russie. Académie impériale des sciences, Saint-Pétersbourg. Société impériale des naturalistes de Moscou, maison Arkarklia- noff. Société des naturalistes de la Nouvelle-Russie, Odessa. Société des naturalistes de l'Université de Kleff. Institut impérial de médecine expérimentale, S'-Pétersbourg, rue Lopoukhinskaja, 12, Scripta Botanica, Horti Universitatis impérialis Petropolitanae (Bibliothèque de l'Université, Saint-Pétersbourg). ISiiède. Botaniska notiser, D*" Otto Nordstedt, 10, Kraftstorg, à Luud. Académie des sciences de Stockholm. ISuisse. Société des sciences naturelles (bibliothèque) Helraliaus, Zurich. Institut national genevois, M. H. Pazy, secrétaire général, à Genève. Naturforschende Gesellschaft, Muséum, Bàle. Naturforschende Gesellschaft, Berne. Société des sciences naturelles, à Coire. Schweizerische Entomologische Gesellschaft, M. Th. Steck, Berne. Société helvétique des sciences naturelles, Berne. Société des sciences naturelles, Neuchâtel. Société vaudoise des sciences naturelles, Lausanne. Turquie. Revue médico-pharmaceutique, 68, Ynksek-Caldirim, Galata, Constantinople. BULLETIN DES SEANCES. 2il Brésil. Museu Nacional do Rio de Janeiro. Boletin du Commissao geograpbica e geologica da provincia de S. Paille : Le Roy King. Boskurlter, à Sao Paulo (Brésil . Costa Rica. Officine de deposito y Cauje de publicatlones. Republica de Costa Rica (Amérique centrale). Cuba. Cronica médico-Quirurgica de la Habana. Calzada de la reina, 92 apartada 465. Etats-LIiiis flM.inéri<|tie. Academy of science, Rocbester (New-York). Académie des sciences de Philadelphie. American Monthly microscopical Journal. "Washington, D. C. W. Smiley. American uaturalist, prof. Kingsley-Malden, Mass. Boston Society of natural history, Boston. Collège of Physicians of Philadelphie. Essex Institute, Salem (Mass.). Journal of the New-York microscopical Society, M. Zabriskie, Waverley Avenue, Flatbush, L. S., New- York. Journal of mycology. N. S. Department of agriculture (section of vegetable pathology), à Washington. Minnesota Academy of natural sciences. Minneapolis, Rocbester Academy of science. G. W. Rafter, secrétaire, à Rochester N. Y. (États-Unis). Journal of comparative Neurology. C. L. Herrick, professer of biology. Denisou University, à Granville. Librarian of the Surgeon general's Office. U. S. Army, Washington. M. L. Brithon h. D. of the Columbia Collège school of Miner, New- York. Missouri Botanical garden, Saint-Louis, Mo. m SOCIÉTÉ BELGK \)E MICHOSCOPIE. Tufts Collège, Massachusetts, U. S. A. Scientiflc Association, Meriden, Connecticut. (États-Unis). The microscope, Washington, D. C. TheTreuton Natiiral history Society, Trenton. Wagner Free Institute of Science, Philadelphie. Smithsonian institution, Washington. Wisconsin academy of sciences, arts, letters, D'" W. H. Hobbs, secretary, à Madison. California Academy of Sciences à San Francisco (Etats-Unis). .flexiqiie. Sociedad Cientiflca « Antonio Alzate «, à Mexico. Observatorio Meteorologieo magnetico central, Mexico. Chili. Sociedad Pedro R. Videla, Santiago de Chile. Boletin de Medicina, Santiago de Chile, Delicias, 252. Actes de la Société scientifique française du Chili. Castilla, 12d, à Santiago de Chile (par Magellan). IVouvelie Galles du Niicl. Linnean Society of New-South Wales, Linnean Hall, Ehsabeth bay, Sydney. Fletcher Microscopical Society of Victoria, à Sydney, Melbourne, TABF.E GENERALE DES MATIERES CONTENUES DANS LE TOME XXI Dl BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE Pages. BULLETIN DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ. Composition du Conseil administratif pour l'exercice 1894-1890 S Séance iiu 22 OCTOBRE 1894 5 La localisation des alcaloïdes dans les solanacées, par M. Ph. Molle 8 Comptes rendus et analyses 21 Séance du 10 novembre 1894 23 Notes de technique 2o Séance du 17 décembre 1894 La feuille comme plaque photographique, par M. L. Errera 30 A propos d'un genre nouveau de Mucorinées, par M. A. DeWèvre 36 Notes de technique 40 Séance du 21 janvier 1895 41 Comptes rendus et analyses 43 Séance du 18 février 189o 49 Nouveaux appareils de maison Zeiss, par M. R. Dros- len 52 Comptes rendus et analyses 63 Séance du 18 mars 1895 66 J. É. Bommer, par É. D. W 68 La présence d'organes sexuels chez les Urédinées, par M. P. Nypels 70 244 TABLE DES MATIÈRES. Pages. L'oxychromatine et la basichromatine clans les noyaux des V^orticelliens, par M. P. Francotte. 75 Comptes rendus et analyses 79 Séance DE 22 AVRIL 1895. ' 81 Sur l'attache des cloisons cellulaires chez les végé- taux, par É. De Wildeman 83 Comptes rendus et analyses 94 Séance nu 20 MAI 1895 . ' 109 Sur quelques espèces du genre Endoderma, par É. De Wildeman 111 Comptes rendus et analyses 116 Séance DU 17 JUIN 1895 120 Julien Deby, par le docteur H. Van Heurck .... 122 L'appareil à projection du docteur Edinger, par É. De Wildeman 133 Comptes rendus et analyses 13o Séance DU 13 octobre 1895 153 Rapport sur les travaux de la Société pendant l'année 1894-95 153 Louis Pasteur, par Em. Marchai 159 Frédéric Kitton, par le docteur H. Van Heurck . . 189 Les Algues de l'Herbier Schleicher, par É. De Wil- deman 200 Mesures dans les recherches microscopiques et déter- mination de la distance focale des objectifs, par M. P. Francotte 208 Comptes rendus et analyses 216 Liste des membres de la Société 229 Liste des publications reçues en échange 235 FIN DR LA table DES MATIÈRES. ANNALES DF LA SOCIETE BELGE DE ilCROS J E TOME XXII i^^ FASCICULE BRUXELLES A. MANCEAUX, LIBRAIRE-ÉDITEUR 3, rue des Minimes, 3 1897 ANNALES DE LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSUOPIE >-'il. ANNALES DE LA SOCIETE BELGE DE MICR PIE tome: XXII LIBRARY NEW YORK BOTANICAL BRUXELLES A. M ANGE AUX, LIBRAIRE-ÉDITEUR 3, rue des Minimes, 3 1897 yVlÉMOIRES I PREMIERS APERÇUS SUR LA FORMATION DIS mum m PAR C.-KG. BERTRAND Résumé de la communication faite à la séance extraordinaire du 4 juillet 1897. PREMIERS APERÇUS. SUR LA FORMATION DES CHARBONS DE TERRE I 1. — Sous ce titre : Premiers aperçus sur la forma- tion des charbons de terre, je me propose de vous expli- quer ce que j'ai voulu montrer en présentant les objets que j'ai exposés dans les vitrines de la Société belge de Microscopie à l'Exposition internationale de Bruxelles. 2. — Nous avons été élevés scientifiquement avec cette idée que les charbons de terre représentent des accumulations prodigieuses de matières végétales qui ont exigé pour se produire un temps énorme. — Ainsi on a admis d'abord que la houille provenait de forêts enfouies sur la place où elles ont vécu ; mais la matière végétale vivante est extrêmement riche en eau, et par contre, pauvre en carbone. La totalité d'une futaie de cent ans répartie sur la surface qu'elle occupe ne donne- rait que quelques millimètres de houille. Par suite, le temps nécessité pour la formation d'une couche de houille exploitable serait très long, de nombreux siècles. — De plus il est nécessaire d'admettre que le bassin houiller s'est enfoncé graduellement pour permettre le dépôt des grès et des schistes qui séparent les couches de houille. 5. — Certains faits ont conduit les stratigraphes à 6 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. penser que raccumulation végétale s'était faite plus rapi- dement; qu'elle était le résultat d'un jlollage. — Dans cette hypothèse du flottage, l'ohligation d'expliquer l'accumulation de matière hydrocarbonée, qu'on voit solidifiée dans la houille, est une difficulté aussi grande que dans l'hypothèse des forêts enfouies sur leur sol de végétation. Il faut admettre que la masse végétale accu- mulée a été prodigieuse. Les grands radeaux du Missisipi et de l'Amazone, les barres végétales qui obstruent l'em- bouchure de certaines rivières sur la côte du Venezuela et des Guyanes, ne nous en donnent qu'une idée très affaiblie. 4. — Quelques faits exceptionnels, comme l'accumu- lation bitumineuse du lac de La Bréa, comme les exsu- dations de la Mer Morte, ont conduit certains auteurs à penser que la houille n'était peut-être que le résultat de coulées bitumineuses englobant des matières végétales. Cette idée a été reprise plusieurs fois dans ces dernières années. Elle a volontiers la faveur des chimistes parce qu'elle explique facilement l'accumulation de matières hydrocarbonées que nous trouvons dans la houille. — Cette hypothèse n'a pas été étudiée ni précisée dans ses détails. Toutefois les exemples de houille organisée sont si nombreux et si bien constatés, il est si facile de voir dans une couche de houille comme la grande couche de Commentrij , la part qui revientaux troncs de Sigillaires, de Cordaïtes, de Lepidodendrons, ainsi qu'aux feuilles interposées entre ces arbres, que l'hypothèse d'une inter- vention bitumineuse semble inutile. En dehors des chi- mistes, l'hypothèse de l'origine bitumineuse de la houille a trouvé bien peu de partisans. 5. — Lorsqu'on examine des coupes de charbon, on MEMOIRES. constate, dès le premier coup d'œil, des faits de conser- vation exceptionnels. Ce sont par exemple des cellules sécrétantes placées le long d'un canal gommeux qui présentent les détails de leur protoplasme et de leur noyau; ce sont aussi des êtres inférieurs comme des algues gélosiques avec leur gélose conservée, qui montrent dans celle-ci le protoplasme et le noijau de leurs éléments cellulaires. Ces faits se concilient mal avec l'idée des fermentations nécessaires à la transformation des masses végétales en produits charbonneux. Il est impossible quand on les a constatés, d'accepter, dans la forme où elles ont été données, les solutions qui ont été proposées jusqu'ici pour la genèse des houilles ; on pressent que la formation des roches charbonneuses exige la réunion d'un ensemble de conditions très spéciales. C). — Comme on le voit, cette question de la genèse de la houille est un de ces problèmes scientifiques qui depuis 60 ans reviennent sans cesse à l'ordre du jour. — Résolu pour un temps. On constate bientôt des faits que n'avaient pas prévus les solutions proposées. Les discus- sions reprennent sur de nouveaux arguments. — A diverses reprises les botanistes sont intervenus dans ces débats en s'appuyant sur la structure de la houille. La plus remarquable de ces tentatives, la dernière en date, est celle de Reinscli en 188"2. Cet auteur a cru voir que la houille représentait le travail d'êtres infiniment petits et les dépouilles de ces êtres. L'explication de Reinsch surprit, puis, comme on pût relever dans son travail des erreurs évidentes, son œuvre fut jugée mau- vaise et abandonnée. 7. — Je dois à la Société belge de Microscopie la com- munication des dix préparations de houille que Reinsch 8 SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE. lui a envoyées il y a quinze ans. Je viendrai vous dire une autre fois ce que contenaient ces préparations. Grâce à ces documents, il m'a été possible de me rendre compte des difficultés avec lesquelles Reinsch s'est trouvé aux prises. Reinsch est un observateur scrupuleux comme en témoigne ses dessins. Il s'est heurté contre des difficultés inouïes qu'on ne peut apprécier que quand on a tenté les mêmes recherches, alors qu'on a appris à ses dépens ce qu'il faut de temps et d'efforts pour faire quelques pas en avant dans cette voie. Aussi ai-je tenu à répondre immédiatement à l'appel de la Société quand, par l'intermédiaire de son dévoué secrétaire, M. De Wil- deman, elle a demandé à ses membres de participer à son Exposition. J'ai voulu, en joignant à ses collections les échantillons et les photographies de mes premières études sur les charbons, lui exprimer ma profonde gra- titude et la remercier de ce qu'elle a fait pour faciliter mes travaux. 8. — En étudiant des coupes minces de divers char- bons, j'ai eu occasion de faire quelques remarques qui me conduisent à des idées plus précises sur la genèse des roches charbonneuses. Comme premier résultat, j'ai pu reconnaître qu'il existe diverses classes de charbons, les uns sont très simples, faciles à lire, les autres sont beau- coup plus complexes ; ces derniers exigent la parfaite connaissance des premiers pour être compris à leur tour. Les échantillons et les photographies que j'ai exposés sont destinés à faire comprendre quelques charbons simples et à donner une idée de la manière dont il con- viendra d'interroger les charbons complexes comme la houille ordinaire. MEMOIRES. 9 II 9. — J'établirai en premier lieu qu'il y a des char- bons d'Alijues. 10. — On sait que les Algues sont de petits végétaux qui vivent dans l'eau ou dans les endroits humides. On les voit souvent flotter à la surface de l'eau. Par les temps> calmes, très éclairés, elles se multiplient beau- coup et torment les fleurs d'eau. Le Bolnjoccoccus des lacs suisses peut être pris comme type de ces Algues flottantes qui nous intéressent plus particulièrement. Il consiste essentiellement en cellules vertes englobées dans une gelée incolore transparente. — Ce qui est important dans ces algues au point de vue de la genèse des charbons c'est la gélose qui forme les parois de leurs éléments cellulaires. Dans les charbons d'algues, en effet, nous allons voir que la gélose est la substance organique prédominante, celle qui donne à la roche charbonneuse ses caractéristiques essentielles, par là ces charbons mériteraient d'être appelés c//rt?'/>o«s(/c'/oi7V/«e.s. 11. — Aujourd'bui que la notion du rôle des infini- ment petits dans une foule de phénomènes naturels se dégage de plus en plus nettement, nous ne sommes point surpris de voir que l'agent principal de certaines formations charbonneuses a été un infiniment petit. L'algue gélosique est en effet l'être microscopique qui a apporté, dans un temps très court, la matière nécessaire pour donner aux charbons gélosiques leurs caractéristi- ques. l'2. — Malgré l'importance de son rôle, la gélose con- serve dans ces charbons le caractère d'une matière acci- dentelle. 40 SOCIÉTÉ BELGE UE MICHOSCOPIE. 15. — L'accumulation de gélose s'est faite dans une gelée brune amorphe de nature humique. \i. — Contrairement à la gélose, celte gelée brune ne manque dans aucun des charbons que j'ai étudiés. Je lui donne le nom de gelée fondamentale. C'est une sorte de précipité gélatineux, faisant prise, et arrivant à la consistance de la gélose des algues. Elle a fait corps avec les boules de gélose qui s'y englobaient. 15. — La gelée brune, comme la gélose des algues vivante, est extrêmement riche en eau et par suite, d'une pauvreté extrême en carbures d'hydrogène et en carbone solides. La contraction verticale que j'ai relevée dans les charbons d'algues pour la gélose est comprise entre 2, 6 et 4 (1). C'est-à-dire qu'elle est très faible. Il est donc bien évident que la gélose et la gelée brune n'ont pu fournir à elles seules l'accumulation d'hydro- carbures solides que représentent ces charbons d'algues. Cette remarque donne une importance considérable au fait suivant que je tiens à bien mettre en relief. — « J'ai constaté, dans tous les charbons d'algues que j'ai étudiés, une impi'égnation bitumineuse très évidente». — Ce fait montre que la matière liydrocarbonée de ces charbons ne provient pas directement, dans sa totalité, du végétal où nous la trouvons. L'algue, et en particulier sa matière gélosique, deviennent les substratum de certains carbures dlujdrogène provenant de la matière bitumi- neuse qui a imprégné le dépôt. 16. — Nous aurons donc à tenir compte de trois termes dans les charbons d'algues : 1" La gelée brune fondamentale; 2" la matière gélosique qui sera la (1) La conlraciion de la gelée brune est toujours un peu plus forte que celle de la gélose. MEMOIRES. 11 matière organique prédominante, celle qui donnera au charbon ses caractéristiques, mais qui est une matière accidentelle; 5" le bitume imprégnant. 17. — Les charbons d'algues ne sont point un fait rare, une anomalie, l'Industrie les a remarqués depuis longtemps, elle les appelle des Boglieads du nom de la petite localité de Boghead, au sud de Bathgate (Ecosse), où ces charbons ont été d'abord exploités. — Les char- bons d'algues, très riches en carbures légers, donnent un gaz très éclairant. — Les trois boglieads types sont : le Kérosène sliale de la Nouvelle Galle du sud, le Boghead d'Autun et la Torbanile d'Êeosse. III 18. — Le Kérosène sliale est représenté par deux échantillon provenant des localités classiques de Hartley et de Joadja-Creek et par 12 photographies. Les échan- tillons montrent l'aspect spécial de ce boghead, les pho- tographies présentent la structure de l'algue qui l'a formé. 19. — Le Kérosène shale résulte de l'empilement des thalles d'une algue gélatineuse dans une gelée brune. L'être formateur a reçu le nom de Reinscliia australis. Il y a 5000 thalles par millimètre cube. Les Reinchias font les 0,900 du volume du charbon. Si nombreux qu'ils soient les thalles ne se touchent pas, ils sont séparés par une mince couche de gelée brune. (Pho- togr. 1 et 2.) 20. — Reinscliia est une algue libre en forme de sphère creuse. Elle possède une seule rangée de cellules pyriformes qui tournent toutes leurs pointes vers la sur- 42 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. face de l'organe. La plante est admirablement conser- vée. Les protoplastes sont teints en brun par le bitume, la gélose est colorée en jaune d'or. (Photogr. 3, 6, 7, 8.) L'état de conservation des thalles a permis de suivre leur développement. Le thalle âgé devenait cérébriforme et se lobait, la gélose, qui formait déjà la plus grande pai'tie du volume de l'algue jaune augmentait beaucoup dans le thalle âgé. — Fait très rare, la planle jeune possédait autant de cellules que la plante âgée. Ce carac- tère très spécial a permis de déterminer la place du genre Reinsckia dans la classification. Les Reinschia sont des plantes voisines de nos Yolvocinéennes. ^[. — Le Kérosène shale est formé de la même ma- nière dans ses divers gisements. Le Reinschia australis intervient seul dans sa constitution. Il n'y a d'exception que dans le gisement de Dougboy-Hollow où une algue gélatineuse, libre et flottante, le Pila australis, s'ajoute aux Reinschias dans la proportion de 9 pour cent thalles. 2iî. — Le mode d'empilement des thalles dénote un milieu absolument tranquille. — Dans le gisen)ent prin- cipal de l'ouest, à Hartley, qui a envoyé au Musée de Rruxelles un échantillon présentant la couche dans toute son épaisseur, le charbon cesse brusquement, non pas que l'algue ait disparu, mais elle n'est plus représentée au toit de la couche que par de très jeunes thalles où la matière gélosique est bien moins abondante. 25. — Une injection bitumineuse tardive a pénétré la masse végéto-humique. 24. La contraction verticale de la masse, gélose et gelée brune comprises, déterminée par compai'aison entre les parties charbonneuses et les parties silicifiées, I MLMOIHES. 13 est de 5,6. La confraclion horizontale ne dépasse pas 2,0. 25. — La transformation de la masse n'est pas le résultat d'un travail baelérien. Les seules traces de l'activité bactérienne qu'on ait pu relever sont des canne- lures gravées dans la substance de la gélose. Ces canne- lures ont été faites du vivant de la plante (photogr. Ll et 12). Les thalles donnent l'impression d'objets fixés, mais non celle d'objets pourris. 2G. — Je conclus de ce premier exemple : a) Que la gélose est la matière organique essentielle du Kérosène shale, celle qui lui a donné ses caractères spéciaux. h) Que l'intensité de l'intervention gélosique dépend plus du degré de développement des thalles que de leur nombre. c) Que vu son faible état de contraction, la gélose des Reinschias ne peut être la matière génératrice unique du carbone et de l'hvdroiiène du Kérosène shale, mais qu'elle a joué surtout le rôle de substratum pour les car- bures d'hydrogène apportés par l'injection bitumineuse. 27. — .Le Kérosène shale nous montre une couche de charbon d'algues qui a r"25 de puissance dans le gise- ment d'Hartley; c'est-à-dire que la couche végétale qui lui a donné naissance formait, dans la surface de l'eau brune génératrice, une épaisseur de 4 à 5 mètres. — Comme il n'y a aucune interruption de la base au som- met de la couche, je suis obligé de constater que nous avons là le résultai d'une seule période de végétation pendant le temps des basses eaux. — L'aecumulation végétale qui a produit le Kérosène shale s est faite avec une rapidité extraordinaire, sans forêts et sans tran- sports. 14 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. IV 28. — Le bofjhead d'Autnn est aussi un charbon d'algues. Il résulte de l'empilement des thalles d'une algue gélatineuse libre dans une gelée brune. Le bitume est intervenu tardivement par fillralion et par injection. (Photogr. 1 et 2.) 29. — L'algue qui a apporté la matière gélosique du boghead d'Autun a la forme d'un sac creux à éléments rayonnants rigides. Ses cellules ont toujours la même taille, que la plante soit jeune ou âgée. 11 s'agit donc d'une algue pélagique assez différente des Reinschias pour en faire un genre nouveau. On lui a donné le nom de Pila bihractensis. Les thalles avaient tendance à demeurer agglutinés et à former des bancs. Le genre Pila a été très répandu. On le connaît en Australie, en France, en Ecosse. Il a persisté pendant longtemps puisqu'il va du Culm aux terrains tertiaires. 50. — La forme et l'asjencement des cellules de Pila (photogr. 5 et 6) ont fait croire autrefois que ces corps n'étaient que des sphérolithes de carbures d'hydrogène à cristaux rayonnants. Il a été nécessaire d'établir que ces corps représentaient les restes d'organismes figu- rés, c'est ce que montrent bien les photographies 7, 8, 9. Chaque prisme de la masse du Pila montre un lenticule axial teinté en brun. Dans les thalles silicifiés on voit que ces lenticules ne sont autre chose que des masses protoplasmiques avec un gros noyau central. Malgré leur structure sphérolilhique, les corps jaunes du boghead d'Autun renferment donc un subslralum oi'ganisé. 51. — Le degré de conservation des thalles de Pila MEMOIRES. 15 montre qu'ijs ont dû êti'e fixés. — Les thalles de Pila, qui sont surtout de la gélose, forment les 0,755 du volume du bo^liead d'Autun. 52. — De même que le Kérosène sliale, le boghead d'Autun contient comme corps accidentels secondaires, des spores, du pollen, de menus débris humifiés. 55. — Les échantillons que j'ai présentés montrent le boghead de la grande couche d'Autun, mais ils font voir de plus une série de faits secondaires très instructifs pour la genèse des charbons, L'un d'eux, l'échantillon 585, nous montre au milieu du boghead une mince lame de charbon brillant, craquelée provenant d'im morceau de bois humifié qui a fortement condensé le bitume. Un autre échantillon n" 592 fait voir un coprolithe de reptile au milieu du boghead. Le coprolithe est conservé dans tous ses détails. Il n'a pas altéré les algues placées dans son voisinage immédiat. Il a fortement condensé le bitume. — La comparaison de ces premiers échantillons nous apprend que les divers corps, suivant leur nature^ gélose, bois liumifié, coproliUie, gelée brune, donnent des charbons de qualités difféi^entes. Certains d'entre eux, comme le bois humifié, les coproUthes, étaient plus particulièrement aptes à se charger de bitume. 54 — L'échantillon 515 montre un morceau de bois enfermé dans le boghead. Le centre du bois qui était pourri a été silicifîé. La région moyenne qui était movennemcnt humifiée est transformée en charbon bril- tant craquelé. La périphérie du morceau de bois, plus avancée dans sa transformation humicjuc, a donné du fusain. Un même tissu végétal, comme le bois, suivant le mode d'altération de ses parois cellulaires, et suivant le degré de cette altération a donné des charbons diffé- 46 SOGIliTÉ «ELGE UE MIChOSCOPlE. rcuts. par suite de la variation de sa capacité d'absorption et de rétention du bitume. — Dans ce milieu nous voyons se produire d'une façon régulière et normale les divers types de charbons que nous trouvons associés dans les houilles. La houillification était donc un fait normal et régulier dans ce milieu. 55. — Le boghead d'Autun présente d'autres nodules silicieux. La masse du boghead, encore à l'état de gelée, s'est fendillée verticalement, surtout dans sa région supérieure. Par suite d'une modification qui s'est pro- duite de chaque côté de ces fissures, la silice s'est loca- lisée dans ces régions du boghead et la matière silicifiée a pour ainsi dire échappé au retrait. Dans ces régions les thalles du Pila se montrent non contractés, disséqués même, présentant leurs masses protoplasmiques à nu, libérées de leur enveloppe de gélose. En comparant les thalles du boghead à ces thalles silicifiés il est possible d'évaluer la contraction que la masse végétale a subie pour donner le boghead. Cette contraction est de 2,6 en hauteur et de 1,6 horizontalement. Bien que le volume soit ainsi rendu sept fois plus petit, l'algue contractée était incapable de donner la totalité de la matière hydro- carbonée que représente le boghead d'Autun (1). L'injec- tion bitumineuse tardive, que Ton voit mise en évidence avec une netteté particulière dans les nodules silicifiés, rend compte de l'appoint de matière hydrocarbonée. — L'échantillon 595 montre deux de ces nodules silicifiés l'un est en plein boghead, l'autre émerge à la partie supé- rieure du boghead. Ils ont agi à la manière de corps durs pendant que les parties charbonneuses et schis- (1) Une algue gélatineuse en; boules, le Gleolrichin nalans conlicnt 1,6 de matière sèche pour 100 parlies de planics vivantes. MEMOIRES. 47 tcuses voisines se contractaient. On remarquera que les fentes primitiNcs auxquelles correspondent ces nodules sont ici parallèles. C'est par milliers qu'on trouve des nodules siliceux de cette sorte aux puits de Margenne et des Télols. 56. — La grande couche du boghead d'Autun s'arrête brusquement comme celle du Kérosène sliale d'Hartley, En un dixième de millimètre, on passe du boghead au schiste organique qui le recouvre. On retrouve dans ce schiste organique la gelée brune du boghead, ses divers organites, pollen, spores, thalles de Pila, les mêmes menus débris flottés, les mêmes copro- litlies. On y retrouve les mêmes incidents secondaires : bois transformé en charbon brillant craquelé, fusains, bois silicifiés, fractures diverses de la trame organique du schiste dont les bords sont silicifiés avec poches à bitume. C'est ce que montrent les échantillons n° 457 bois silicifié, n° 512 bois fusinifié, n" Gl 4 bois à la fois silicifié, fusinifié et transformé en charbon brillant, n°511, fracture du schiste à bords silicifiés avec poches pleines de bitume, — Les conditions de formation du dépôt n'ont donc éprouvé qu'une seule modification quand on passe du boghead au schiste qui le recouvre : les Pilas sont moins abondants lors de la formation du schiste organique. Tous les phénomènes de houillifieation per- sistent cependant réguliers et normaux. 57. — Le schiste organique supérieur au boghead contient des lenticules de boghead de tailles très varia- bles qui sont toujours dus à des accumulations de Pilas. C'est donc bien la gélose de la paroi cellulaire des Pilas qui est la matière indispensable pour donner le charbon d'algues. Échantillon i29 et 458. xxn 2 18 SOCIÉTÉ BELGE OE MICllOSCOPIE. 58. — La grande couche de bogliead d'Autun repose sur un schiste organique analogue à celui qui forme son toit. La base de la grande couche est constituée comme celle du moindre lenticule de boghead contenu dans les schistes supérieurs. Les schistes du mur sont riches en Protritons et en reste animaux dont chacun, coprolithe os ou écaille, a donné sa petite masse charbonneuse. Les cartilages, les écailles sont à l'état de corps jaunes, les coprolithes sont fortement bituminisés. Ce mur contient aussi des coquilles d'Ostracodes et des carapaces de Nectotelson. 59. — L'existence de Pila antérieurement à la grande couche de boghead est établie par sa constatation dans des couches schisteuses plus anciennes delà même formation. 40. — Les observations ci-dessus conduisent aux conclusions suivantes : a) Les conditions de la formation des boghaed ne sont pas autres que celles de la formation des schistes organiques. b) La production d'une couche de boghead n'est qu'un incident au cours d'une formation schisteuse. Elle cor- respond à une plus grande abondance des fleurs d'eau. En quelques belles journées celles-ci ont formé dans la nappe d'eau une épaisse couche végétale. Lorsque celle- ci est descendue sur le fond, elle a apporté, dans un temps très court, une quantité de gélose suflisante pour prédominer sur toutes les autres matières organiques et pour donner un charbon dont les caractères sont très particuliers. c) La production de charl)on brillant craquelé, de fusain et des autres variétés secondaires de charbon est normale dans ce milieu. Elle dépend de la nature des à MÉMOIKES. 49 corps enfouis et dejeur état d'altération. Elle dépend aussi du bitume imprégnant. Les corps moyennement humiliés ont fortement condensé le bituilie et donné du charbon brillant craquelé. Les tissus végétaux plus forte- ment humifiés n'ont pas retenu le bitume et sont à l'état de fusains. ]a's tissus pourris, non humiliés ont provo- qué la localisation de la silice. Dans les corps gélosiques le bitume a teinté les protoplastes par diffusion, la gélose transformée en corps jaunes est devenue substratum de carbures d'hydrogène très éclairants. — Dans les exem- ples, étudiés jusqu'ici, il s'agit de bitumes moyennement condensés qui ont pénétré tardivement dans la masse. 4L — L'énoncé de ces résultats me paraît montrer de quelle manière nous devrons interroger les charbons complexes lorsque nous voudrons connaître leur struc- ture pour en déduire les conditions de leur genèse. 42. — A la suite du boghead d'Autun, j'ai exposé un spécimen des schistes bitumineux d'Igornay. Ce sont des schistes organiques formés identiquement comme les schistes bitumineux du boghead d'Autun. Malgré l'épais- seur des dépôts intercalés entre les deux assises, les Pilas existent déjà dans les schistes d'Igornay. Il y a aussi des cropolithes transformés en charbon et en phosphates. Dans ces coprolithes nous avons trouvé, M. Renault et moi, des Bactéries et des Mucédinées. La conservation des bactéries est donc possible et courante. L'échantillon n° 48G montre le schiste d'Igornay. 550 est un coprolilhe avec Bacillus permieusisyool eslmi copro- litheavec mycélium et conidies du Mucediles slercorarius. 20 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. V[ 45. — Je n'ai pas encore publié la monographie de la Torbanite d'Ecosse. Cependant il m'est possible de dire qu'elle résulte, elle aussi, de l'accumulation des thalles de Pila dans une gelée brune. Les Pilas forment les 0,850 du volume de ce boi'head. Le Pila d'Ecosse diffère peu de celui d'Autun bien qu'il soit beaucoup plus ancien. La Torbanite contient des spores et des traces de Bretonia. Les menus débris humifiés y sont abondan'ts. Le bitume qui a imprégné la masse a pénétré tardive- ment, il est plus condensé que celui d'Autun. La Torba- nite est encore un charbon d'algues qui s'est formé comme le boghead d'Autun et le Kérosène shale. — Fait très important pour notre sujet, la Torbanite est régu- lièrement liée à des schistes iiouillers, à des lits de houille et de minerai de fer. J'ai exposé deux échan- tillons de boghead d'Ecosse, l'un provient de Torbane Hill, l'autre de Hardillpits. 44. — Les neuf échantillons qui suivent présentent une autre catégorie de charbons les Cannels Coals. Ces charbons contiennent encore des algues, bien souvent les thalles y sont très nombreux, mais la matière gélo- sique n'y a plus la prédominance. Ces cannels sont extrêmement répandus. Ceux que j'ai exposés provien- nent de pays très diff'érents : d'Ecosse n"' 5:22, 5i2, 449, 445, de Lancashire n" 477, du Kentucky n° 657 et 087, de Westphalie n" 250, du Pas-de-Calais n" 258. Je regrette de n'avoir pu y joindre des échantillons venant à I MÉMOIRES. 21 (le Mons, les coupes ont t^bsorbé tout le matériel dont j'ai pu disposer. 45. — Tous ces cannels contiennent des thalles d'une algue gélosique empilés dans une gelée brune. Il s'agit d'une algue libre et flottante, en sphère creuse dont nous avons fait, M. Renault et moi, le genre Tliijlax. Je crois que c'est la même espèce, le TInjlax bvilanni- cus, qui se retrouve dans les divers cannels coals que j'ai exposés. Jusqu'ici, je n'ai pu relever de différences suffi- santes entre les algues de ces charbons pour y distinguer plusieurs espèces. Chez Thijlax le développement de la matière gélosique est moins grand que chez lleinscliia et chez Pila. 46. — Dans les cannels, trois matières jouent un rôle prépondérant : la gelée brune, les menus débris humiliés et le bitume, ce dernier étant retenu par les menus débris. Nous sommes à la limite de deux classes de charbons, les charbons humiques et les char- bons de menus débris. Le bitume de ces cannels est plus condensé et plus coloré que celui du Kérosène shale. Tous ces cannels sont très noirs. L'intensité de leur coloration est telle qu'il devient très difficile d'amincir suffisamment les coupes minces et de leur donner la transparence nécessaire pour les étudier. De plus, par suite de leur contraction plus forte ces charbons sont coupés par de nombreuses fentes de retrait. — La pré- sence de nombreuses algues, à travers toute la masse, nous apprend que la gélose de ces corps s'y conservait à l'état de corps jaunes comme dans le boghead. Elle nous apprend encore que les cannels coals se sont formés comme les charbons d'algues, à cela près, (jue les matières organiques, accumulées pour les produire, sont 22 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOI'IE. d'une autre nature. Ici nous avons une gelée fondamen- tale plus abondante, une plus grande quantité de menus débris, quelaues algues pélagiques, enfin plus ou moins tardivement une large intervention de matières bitumi- neuses. 47. — Les cannels coals sont très intimement liés aux houilles. 11 est fréquent de rencontrer un lit de cannel coal dans une couche de houille. Inversement on voit des filets de houille et des amas de houille dans un lit de cannel coal. L'échantillon 445 fait voir un cannel- coal à Tliijlax, se continuant par un lit de houille. Dans le n" 419, des filets de houille régulièrement stratifiés, sont enfermés dans du cannel coal. — Le mélange de ces deux classes de charbons nous apprend que les condi- tions de la genèse des houilles diffèrent peu de celles de la genèse des canels coals. VII 48. — Je ne dirai qu'un mot des charbons de spoi^es. Le grand naturaliste Huxley a cru pouvoir conclure des études de M. T. E. Newton sur la Tasmanile et sur le Better Bcd, de Bradford, que certains charbons sont dus à des empilements de macrosporcs dans du bitume. On peut prévoir théoriquement une telle origine. D'autre part nous avons vu que le pollen et les spores intervien- nent dans la formation des charbons d'algues. C'est souvent' pour une part bien faible de 0,001 à 0,005. Dans le schiste bitumineux de l'Allier, dont je parlerai plus loin, certains filets sont si riches en pollen et en spores qu'ils mériteraient l'appellation de charbons de pollen, charbons de spores, charbons sporopolliniqnes; MEMOIRES. 23 mais dans ces charbons il y a une gelée brune fondamen- tale qui agglutine les spores dont riiypollièse de Huxley ne tient pas compte. — La structure des.organites for- mateurs de la Tasmanite et du Botter Bed n'est pas encore complètement élucidée. Il conviendra de s'adresser à des exemples où ces corps sont mieux conservés comme le charbon de la veine Marquin d'Hardinghen. Mais quelles que soient les hésitations qu'on ait sur les affi- nités de cet organite, comme on le voit très fréquemment mêlé avec les algues des cannels coals et avec celles des bogheads, sa présence nous dit que les charbons regardés par Huxley comme des charbons de spores se sont pro- duits dans des conditions de genèse bien peu différentes de celles des bogheads. 49. — Ces charbons dits de spores sont encore plus intimement mêlés aux houilles ordinaires que les can- nels coals. Cela ressort avec évidence des échantillons 499 et 498 où on voit la houille et le charbon de (spores ?) mêlés dans toute la hauteur des morceaux. Le premier est un spécimen du Better Bed de Bradford. Le second provient de la veine Jausq nette exploitée à la fosse la Sentinelle de Boussu. Je le dois à la bienveillance de M. le docteur Gilbert de Bruxelles. Le charbon de (spores ?) de la veine Jausquette est identique à celui du Better Bed. 50. — Je connais ces mêmes organites à Carvin et à Hardinghen dans le Pas-de-Calais, dans les charbons du Kentucky. Il est donc fréquemment représenté, son aire d'extension est aussi considérable que celle des Thylax avec lesquels il est très souvent mêlé. 51. — Dans le Better Bed et dans le charbon de (spores?) de la veine Jausquette, la gelée fondamentale. 24 SOCIETE BELGE DE MICIIOSCOPIE. les iDenus débris liuinifiés interviennent pour une part aussi importante que dans les cannels coals, à part l'organite dominant, ces charbons se sont formés comme les cannels à Thylax. 52. — Toutefois pour montrer que l'hypothèse de Huxley, même dans la forme qu'il lui a donnée peut réa- liser un charbon, j'ai présenté sous le n" 580 un échan- tillon de S/9o?'ife de la Réunion. C'est une terre qui forme le sol de la Grotte du Piton des Roches. Sur une profondeur de 0™60 environ le sol est formé de spores de Cyathéacées et de Mucorinées. Qu'un peu de bitume traverse une pareille masse, il sera partiellement retenu et on aurait une roche charbonneuse. Après expérience j'ajoute que pour laisser les spores facilement visibles comme le sont les corps jaunes du Retter Red, l'addition de bitume devrait être extrêmement faible. Des organites comme les spores de Mucorinées noyées dans du bitume très dilué échappent complètement à l'observation. YIII 55. — Les échantillons qui viennent ensuite sont des débris de taille; ce qui m'est resté des spécimens où j'ai prélevé mes préparations microscopiques. Malgré leur apparence j'ai tenu à les exposer, parce qu'ils pré- sentent un très grand intérêt pour la genèse des char- bons. Ils nous apportent une notion nouvelle celle de charbons produits par des accuuiulatiuns de gelée Inimiijiie. Ils résultent de la précipitation de la gelée brune fondamentale. Ce sont les charbons les plus sim- ples qui se puissent produire au cours d'une formation schisteuse. Ils relient entre eux, d'une part les schistes MKMOIUES. organiques avec les charbons organiques, et d'autre part, les divers types de charbons organiques entre eux. — Ces Charbons liumiqucs devant faire l'objet d'une confé- rence que je donnerai à la Société belge de Géologie au mois d'octobre prochain, je me limiterai, dans la pré- sente communication, à quelques indications très som- maires sur ce sujet. 54. — Le type des charbons humiques est le Brown Oilshale de la région de Broxburn à l'ouest de Bathgate (Ecosse). Le Brown Oilshale (échantillon n° 515) est uni- quement formé par une accumulation de gelée brune amorphe. Ce charbon est pauvre en débris animaux. On ne peut donc attribuer à sa gelée brune une origine animale. D'autre part, au contraire, les matières véij;é- lales y sont toujours représentées sous les trois états de menus débris humifiés, de poussières végétales récem- ment mortes et d'algues. Dans ces conditions je pense qu'il faut se borner à voir dans la gelée brune abandon- née par les eaux génératrices une matière humique. Cette matière est semblable à la gelée brune qui forme la trame des schistes organiques, elle est chargée des mêmes corps bactériformes. Je ne puis me prononcer encore sur la nature de ces corps bactérioïdes, inclusions ou restes d'organismes figurés? Je constate leur présence constante dans la gelée brune alors qu'ils manquent dans le bitume. Si l'on réussit à établir que ces corps minus- cules ne sont point de simples figures pseudoorga- niques, mais qu'à chacun d'eux correspond un substra- tum organisé comme une cellule bactérienne, il en résulterait probablement que la gelée brune serait due à l'activité de ces microorganismes. Une fois de plus on aurait un exemple de l'intervention des organismes infé- 26 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. rieurs dans la genèse des roches sédimentaires. Ce résultat imposerait certainement l'obligation de reprendre l'étude de la genèse des calcaires et des argiles qui ren- ferment des inclusions analogues. Devant des consé- quences si importantes je crois qu'une très grande réserve m'est imposée. — Par rapport à ce qu'on voit dans les autres charbons, la gelée du Brown Oilshale est très peu chargée en bactérioïdes. 55. — La gelée fondamentale du charbon de Brox- burn est différenciée en zones inégalement chargées de bactérioïdes. Les zones pauvres sont jaune d'or ou orangées. Les zones riches sont rousses. — L'ensem- ble des corps accidentels qu'elle contient ne forme pas 0,001 du volume total du charbon. Ce sont des spores, des menus débris, il y a même quelques thalles d'une algue gélatineuse libre. Tous ces corps sont très bien conservés. Les matières cellulosiques non humitiées et la gélose sont à l'état de corps jaunes comme dans le boghead ; les menus débris, convenablement humiliés ont condensé le bitume. On retrouve ici tous les phéno- mènes de houillification qui accompagnent la formation des boc;heads. F) 56. — La gelée brune du Brown Oilshale a fait prise comme de la ijjélatine. Sa consistance était celle d'une solution aqueuse de gélose à 6 ou 7 pour mille. Lors de son premier retrait cette gelée s'est contractée massive- ment, puis elle a cédé en se coupant par de grandes fentes. Les objets qu'elle contenait taisaient corps avec elle car ils sont coupés par ces fissures. Les morceaux de la gelée se sont déplacés en glissant les uns sur les autres. On voit des fragments plies une ou deux fois. La matière était encore |)ai'faitement plastique au moment MÉMOIRES. 27 de ces glissements. Sur une coupe verticale de 2 à 5 cen- timètres carrés, on peut trouver tous les accidents d'un système de couches stratifiées . 57. — Le Brown Oilsliale a été pénétré tardivement par un bitume très clair. Ce bitume s'est répandu dans la masse par une sorte de diffusion générale. 58. — La charge du Brown Oilshale, en matières minérales tardivement individualisées, est très forte, 67,18 p. 100 (I), je range cependant ce schiste bitumi- neux dans les charbons parce la matière organique y joue un rôle prépondérant et dirige toutes les manifes- tations de la matière minérale. 59. — Le schiste bitumineux tertiaire de la gorge du Bois d'Asson (ii) est un second exemple de charbon humique. (Échantillon 452). — Cette roche est essen- tiellement formée de gelée brune. Les algues pélagiques et le pollen sont toutefois beaucoup plus abondants que dans le Brown Oilshale. Pour la première fois nous trouvons dans un charbon de nombreuses diatomées et des spicules d'épongés. Les Diatomées sont des espèces d'eau douce. — L'intervention du bitume est particu- lièrement hâtive. Le bitume est individualisé en goutte- lettes, en masses affaissées et en lames minces. Il inter- vient pour une proportion sensible dans ce charbon. 60. — La gelée fondamentale du schiste du Bois d'Asson a fait prise comme celle du Brown Oilshale, mais étant moins consistante, elle a commencé à se déchirer en réseau lors de sa première contraction. 61. — Dans le bogliead crétacé de Ceara (échantillon (1) Analyse de M. le professeur A. Buisine, de Lille. (:2) Le Uois d'Asson se trouve dans la vallée de la Largue, à l'est du village de S'^'-.Mainie, départemcnl des liasses-Alpes. 28 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOME. n" 575) nous avons encore un exemple de cliarbon liumique (1). Ce charbon brésilien ne mérite par l'appel- lation deboghcad qui lui est donnée à cause de son aspect macroscopique. Ce n'est pas, en effet, un cliarbon gélo- sique. Il ne contient pas du tout de gélose. Mais, fait très intéressant, il montre qu'un charbon humique prend le faciès macroscopiquedes charbons commerciaux lorsque la charge de la roche en matières minérales tardives s'abaisse un peu. Le charbon deCeara contient encore 40,65 p. 100 de matières minérales. Il est vrai qu'on devrait enlever de ce nombre 22,40 de calcite de formation particulière- ment tardive qui n'est pas incorporée à la masse. 02. — Le charbon de Ceara est uniquement formé de gelée brune humique consistante. En quelques points cette gelée s'est coupée comme celle du Brown Oilshale et des déplacements se sont produits. Les corps acciden- tels y sont rares. Ce sont des spores de cryptogames yas- culaires, des grains de pollen à cellules groupées en tétrades comme ceux des Rhododendrons, de menus débris humifiés, plus deux autres catégories